Pau / Oloron, c’est la route actuelle qu’il faut améliorer !

carte    Les projets routiers du Conseil Général font débat, après le « hauban de Sauvagnon » dont l’inutilité le dispute au nuisible, la liaison Oloron Poey de Lescar est vivement contestée. Ce genre d’investissement très lourd (4 à 500 millions d’euro dont la très grande majorité à charge du contribuable local) doit être examiné de près.
La route actuelle est largement suffisante pour absorber le trafic inter citées
Si l’on analyse les flux entre Pau et Oloron, on note qu’ils se composent comme pour toutes les liaisons inter citées d’un flux très fortement augmenté aux abords des villes, ce surplus correspondant aux déplacement des banlieusards.
Comptages des flux (source : Gestion RN 134)
Jurançon: 18000 véhicules/jour
Bélair: 8000 véhicules/jour
Entrée Oloron: 11500 véhicules/jour
Sur le flux de 8000 véhicules/jour on estime que le très grande majorité correspond à des usagers qui effectuent la liaison complète Pau Oloron on peut estimer à 1000 v/j le nombre correspondant à des trajets incomplets. 7000 v/j constituera donc la base actuelle du trafic maximum qui pourrait être reporté sur une éventuelle nouvelle route.
Comme pour toutes les entrées de ville une forte proportion du trafic est local, constitué par les pendulaires qui vont sur leur lieu de travail ou les déplacements loisir.
Le trafic actuel de la Pau Oloron (8000 v/j) peut être absorbé très facilement par la route actuelle dans sa partie médiane, encore plus si elle est améliorée.
Car les flux stagnent depuis des années et la tendance est confirmée
On consultera utilement le rapport 2009 « Les Comptes des Transports en 2009 » du Ministère de l’Ecologie du Développement Durable des Transports et du Logement, validé le 30 juin 2010 dont l’annexe C recense l’évolution de la circulation. On y note qu’après une augmentation dans les années 1990, la circulation en France reste stable voire est décroissante depuis 2001 (en milliards de véhicules-km)
2001   2002   2003   2004   2005   2006   2007   2008   2009
398     401      404      403      398     396      398      394      396
Les comptages Jurançon et entrée d’Oloron confirment dans le temps cette stabilité. On note même une très légère décroissance entre 2006 et 2010. Cette tendance à la décroissance ne peut qu’être amplifiée par l’augmentation actuelle, et inéluctable, des prix des carburants ainsi que par toutes les politiques locales qui visent a favoriser les transports collectifs (en particulier la liaison par train avec Oloron, Bedous puis l’Espagne).
Une nouvelle route ne concernerait qu’un flux très limité
On a vu que le flux des véhicules effectuant le trajet et qui constitueraient la base des « clients » de la nouvelle route à péage est au maximum de 7000 véhicules/jour.
Il faut enlever de ce flux potentiel une partie des véhicules pour qui la nouvelle route constituerait un allongement du temps de parcours, ceci est valable pour tous les véhicules venant ou allant au centre ville de Pau, à l’est ou au sud de l’agglomération. En effet, quand on arrive à Poey de Lescar, on est bien loin d’être arrivé au centre ville ! Nous estimons ce flux à 1500 v/j au minimum, et c’est sans doute beaucoup plus.
Il faut aussi enlever de ce flux potentiel tous les automobilistes qui sont allergiques au péage. Estimons là aussi a 30% du flux ces allergiques soit 2200
Il reste un potentiel maximum de 3300 v/j pour une nouvelle route. Potentiel insuffisant et stagnation, voire décroissance des flux, cette nouvelle route n’a bien évidement aucune justification en terme de besoin, ni pour demain, ni pour les 20 prochaines années.
Les pouvoirs publics, sous la pression des élus et des lobby viennent de faire une erreur catastrophique avec l’autoroute Langon Pau (une deux fois deux voies sur le tracé actuel était la solution efficiente). Il est majeur qu’il soit tiré la leçon de ce fiasco retentissant, et qu’il ne soit pas reproduit entre Pau et Oloron.
Une nouvelle route n’apporterait pas d’amélioration significative sur les encombrements de la RN 134 en particulier aux abords de Pau
Revenons à nos encombrements de sortie de ville. Une nouvelle route enlèverait mécaniquement 3300 v/j. On aurait alors un flux autour de 16000 v/j entre Pau et Gan, ce qui diminue les flux, mais pas de manière significative puisque les flux principaux sont centrés sur les heures de pointe alors que le flux reporté sur une nouvelle voie est plus régulièrement réparti au long de la journée. D’ailleurs, comme pour toutes les entrées de Pau, les chiffres sont sous estimés car une partie des usagers, confrontés au problème permanent de ces bouchons utilisent des itinéraires de « délestage » dont la fréquentation est gonflée (exemple : via Buros pour le Nord de Pau, via Gelos pour le sud, …etc)
Une nouvelle route ne dispenserait pas d’investissements coûteux pour améliorer la circulation sur la route actuelle
Il faut prendre en compte le fait que pour longtemps encore, le flux actuel de véhicules particulier va cohabiter avec les transports en commun. L’exemple de Bordeaux qui possède dix années d’avance sur Pau en matière de transport en commun montre toutes les limites du tram (ou du BHNS), très performant en cœur d’agglomération, et de moins en moins utilisé au fur et à mesure que l’on s’éloigne.
Il faut donc absolument améliorer le réseau viaire autour de Pau, en commençant par sa rocade nord et Sud.
Au sud elle dessert l’Est de Pau, Pau centre avec son arrivée via l’avenue du 14 juillet, puis les 4 ponts successifs qui traversent le gave. Une seule route à deux voies ne peut bien évidement collecter les flux de ces 6 directions. Son élargissement à deux fois deux voies est indispensable jusqu’à l’autoroute, ainsi que jusqu’à l’entrée de Gan. C’est la portion clef qui va permettre d’apporter une réponse non seulement aux oloronais, mais aussi aux ossalois et aux banlieusards.
Avec une nouvelle route, les investissements seraient fait deux fois
L’amélioration de la route actuelle réglerait le problème des points noirs accidentogènes
Même si l’accidentologie sur la route actuelle n’est pas anormalement élevée, l’amélioration de la route actuelle entraînera une amélioration des conditions de sécurité significative. Une première série d’améliorations est lancée par l’Etat (suppression du passage a niveau d’Herrère, élargissement entre Bélair et Oloron, etc…)d’autres améliorations seront ainsi réalisées.
Une nouvelle voie serait un désastre écologique inutile
Tracer une nouvelle route au travers des coteaux du Béarn va bien évidement induire une consommation importante d’espaces agricoles ou forestiers, non seulement par l’emprise de l’ouvrage, mais surtout par la consommation liées à des implantations nouvelles qui ne manqueront pas de venir en « miter » les abords. De plus, ce tronçon n’est que la première partie du désastre, il est bien sûr visé de prolonger cette route en vallée d’Aspe défigurant définitivement ce site exceptionnel, qui constitue un des joyaux touristique du Béarn, potentiel majeur de ressources durables. A l’époque du Grenelle 2 ceci est tout à fait contraire et à l’esprit et à la loi.
Le projet le plus efficient, dans tous les domaines, et de très loin, consiste à améliorer l’existant
Un projet d’élargissement et d’amélioration de la route actuelle est la meilleure solution, dans tous les domaines. Le projet implique un élargissement à deux fois deux voies de la voie entre Gan / Jurançon / périphérique sud, permettant une circulation à 70km/h sur ce parcours. L’amélioration de l’existant passe par la création de portions à deux fois deux voies ou zones de dépassement (trois voies) dans les portions où le relief le permet entre Gan et Oloron. Il passe aussi par la sécurisation des points noirs identifiés.
Ce projet rassemble tous les avantages :
Il permet une liaison Pau Oloron plus rapide et sécurisée
Il permet d’apporter une très grande amélioration pour les déplacements des habitants de Pau et sa périphérie (Jurançon, Gan )
Il permet d’améliorer fortement la liaison vers Arudy et la vallée d’Ossau
Il permet un investissement phasé, étalé dans le temps car ces travaux peuvent être fait par tranches successives.
Il permet de diminuer considérablement les coûts non seulement car le projet sera beaucoup moins cher qu’une nouvelle route, mais aussi parce que au coût d’une nouvelle route (500 millions d’euro) il faut rajouter les indispensables améliorations sur la route actuelle.
La remise en service de la ligne de chemin de fer Pau / Bedous, puis l’Espagne est bien évidement un projet complémentaire qui va dans le sens de l’amélioration des conditions de déplacement entre Pau, Oloron et l’Espagne via la vallée d’Aspe. Il constitue également un vecteur important en terme de développement touristique et économique.
Il faut se rassembler pour faire triompher le bon sens
Une large mobilisation est indispensable pour stopper un projet qui n’apporterai rien ni au béarnais ni au Béarn.
Ce projet de nouvelle voie est soutenu par le département et les lobby du transport routier, CCI/BAP en tête. Il vise à créer une nouvelle voie routière pour les routiers espagnols (alors que ce mode de transport sera obsolète et doit absolument décroître), avec ensuite le prolongement au travers de la vallée d’Aspe qui serait défigurée à jamais.
Une tentative a déjà été menée par le Conseil Général pour un projet analogue à Saint Jean Pied de Port. Les Basques se sont mobilisés et ont réussi à repousser ce projet. Il est important que les Béarnais se mobilisent d’une manière tout aussi efficace pour obtenir l’amélioration de la route actuelle.
Un appel très large est en cours de diffusion par de nombreuses associations, collectifs, organisations diverses, élus et citoyens. Les premières signatures sont : CODE Béarn, SEPANSO Béarn, COCLIPAU, DUT (Défense des Usagers des Transports) Aquitaine Grand Pau, Usagers des Routes du Nord de Pau, ATTAC Béarn, EELV Béarn,…etc.
–                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        par Daniel Sango
Pour rejoindre l’appel : contact@codebearn.org

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