Balade à Oloron via le chemin de fer

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Dans le cadre des petites chroniques oloronaises le chapitre 1 : Allons prendre le train pour visiter la médiathèque.

Le but du voyage c’est d’abord le voyage. Un voyage, via la ligne Pau Oloron rénovée qui n’est qu’un tronçon de la Pau Canfranc, elle même continuation de la Ligne Paris Dax Bayonne exploitée, en son temps par les chemins de fer du midi. Un voyage dans le temps et le piémont mais surtout,espérons le, un voyage dans le futur .Sinon un retour vers le futur.

Ce ne sera pas le voyage de monsieur Perrichon. Encore qu’il s’agisse d’un voyage à finalité littéraire sur une des plus formidables lignes inaugurée en 1928 par Doumergue et Barthou et le roi d’Espagne soi-même. La pièce d’Eugène Labiche (le voyage de monsieur Perrichon) et les prémices de la ligne sont contemporains soit l’opulent et très entreprenant second empire qui reste comme un climax insurpassable du capitalisme français. Dans ce contexte, le sud-ouest sans doute sous l’influence de l’impératrice Eugénie, de son petit nom Maria Eugenia Palafox Portocarrero y Kirkpatrick de Closbourn, ci-devante princesse espagnole et épouse de Napoléon III, y fut particulièrement favorisé. Sans doute, également, sous l’influence des frères Pereire, banquiers d’origine séfarade, nés à Bordeaux, et qui ont, entre autres, créé, de toute pièce, la station d’Arcachon et sa ville d’hiver et investi, beaucoup, dans le ferroviaire.

Mais revenons à nos moutons qui, très heureusement, parsèment la ligne de leur épaisse toison avec les vaches, les chevaux, et les jolies fermes béarnaises enchâssées dans les collines. Avec, en second plan, en ce début de printemps triomphant la haute montagne toute poudrée de neige.

De temps en temps des viaducs et des tunnels joliment maçonnés d’où on s’attendrait presque à voir sortir les volutes noires des anciennes locomotives (encore que la ligne ait été pionnière en matière d’électrification) . Et pour rappeler que les béarnais ont beaucoup voyagé dans le nouveau monde dans les cours des fermes les toupets de palmier souvent un peu maigrelets comme des plumeaux insolites émergeant des collines .

On doit noter que cette ligne est la jumelle du petit train jaune du pays catalan qui monte depuis Villefranche de Gonflent jusqu’en Cerdagne. Les deux lignes, toutes deux portées par des politiques pyrénéens qui avaient de la vision, du cœur au ventre et..certainement de relations bien placées. Sans parler du génie des ingénieurs saint-simoniens et des sacrifices des ouvriers, auteurs oubliés de ces travaux, pharaoniques encore que graciles et délicats, qui aux deux bouts de la chaîne franchissent la grande muraille mur pyrénéenne .

Après 35 minutes arrivée à la gare d’Oloron : Comme souvent le plus vilain quartier de la ville. Puis départ à pied vers le centre ville via la rue Sadi Carnot, le jardin public et le pont sainte-claire, d’où on a le meilleur point de vue, à droite, sur les très beaux immeubles qui dominent le gave d’Aspe à et, à gauche, et sur la confluence.
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Et là au milieu de la confluence, sur des friches industrielles, cet étonnant objet architectural au milieu du gave relié aux berges par deux passerelles de bois qui, de très haut, dominent le gave.
Quelque chose comme un île de la cité à la mode pyrénéenne.

Un ouvrage totalement zen, conçu pour s’enchâsser exactement dans son environnement, et surtout permettre au lecteur de lire dans un étonnant paysage nautique et montagnard. De très grands espaces qui forment une architecture plutôt fonctionaliste et très structurée. Une architecture qui a été récompensée par l’équerre d’argent, rien moins que le plus grand et le plus prestigieux prix d’architecture au niveau français… Les palois apprécieront…

Faute d’argent cet ouvrage ,qui faisait partie de programmes démesurés, reste un peu isolé sur un parvis en voie d’aménagement. Il est vrai qu’à hauteur de 7 000 000 € il a notablement participé à mettre en péril les finances de la communauté de communes d’Oloron autant par l’endettement nécessité que par le besoins en fonctionnement. Peut-être une nécessité de pour faire émerger un petit Beaubourg béarnais qui n’était qu’une partie du programme démesuré de l’ancien maire.
Un programme, généreusement sponsorisé par la SEPA, la société d’aménagement du conseil général, certainement plus qualifiée pour produire des aménagements que pour en vérifier la pertinence économique… Sur la droite du bâtiment un projet assez peu identifié, à vocation touristique, dont on peut imaginer qu’il participe, également, à un approfondissement du trou financier.

Voilà une première proposition pour découvrir une ville d’Oloron, très méconnue des palois, qui hésite entre des immeuble souvent très beaux, mais un rien décatis dans un environnement naturel tout à fait singulier et exceptionnel.

A la différence d’Orthez, un peu sa sœur jumelle, elle a, néanmoins, su conforter son passé industriel, qui a fait sa fortune, en confortant de très puissants atouts industriels autour des usines Lindt, d’une part, et Messier Safran d’autre part.

Des atouts industriels qui devraient aider la communauté de communes, par les taxes professionnelles générées, à amortir ces jolis objets…
On peut toujours y rêver en revenant à la gare via le pont Laclau d’où on a le plus beau point de vue sur la ville et le gave dominé de plusieurs centaines de mètres.

Le reste cela sera pour un autre jour…

– par Pierre Yves Couderc

Références utiles :
http://reseau-train-ho-de-paquito40.e-monsite.com/
http://cauhape.bernard.free.fr/Canfranc.htm

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