Suivre son panache blanc ?

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arton6592Ce qui suit n’est pas une réponse à l’article du 25 mars de Joël Braud sur A@P. Il ne sera pas question de politique locale et guère de François Bayrou, même si l’auteur de ces lignes a observé une concordance de vues entre son article « Mains propres » et les propos du président du Modem quant au respect de l’institution judiciaire.

Pour ce qui est de ce point, qui est inscrit dans la constitution, la concordance était toute naturelle. Pour ce qui est de notre sujet aujourd’hui, à savoir l’entretien télévisé de François Hollande sur France 2, François Bayrou ayant devancé à peu près tous les commentateurs, il sera plus difficile de s’en démarquer. Mais ce n’est pas l’objectif recherché, ni le but à éviter. D’autant que les commentateurs et sans doute la majorité des auditeurs affichent leur déception. Pourtant, on pouvait s’attendre à peu d’effets d’annonce, et, à moins de croire au Père Noël, on ne pouvait espérer que par le verbe présidentiel la situation difficile du pays serait d’un coup illuminée d’horizons radieux. Pour ma part, j’avais pris quelques travaux de couture afin de tromper l’ennui attendu.

Aussi, peut-être par contraste, j’ai trouvé du neuf. Pas simplement dans le ton. Je n’attends pas du Président qu’il soit un histrion capable de jouer tous les rôles, de faire vibrer les cordes sensibles, quitte à prendre le contre-pied de ce qu’il assénait quelque temps auparavant. Au contraire, la cohérence me sied. Bien des commentateurs auraient souhaité des mesures énergiques et que « l’on renverse la table », comme s’ils faisaient cela chez eux. Pour faire quoi ? Sortir de l’Europe, comme le souhaite le Front National parce que François Hollande peine à convaincre qu’il faut une politique de croissance ? Au contraire renforcer la rigueur, voire instaurer l’austérité comme le préconisent les « libéraux » de tous poils ? Dans un langage Churchillien, ils préconisent « la sueur, le sang et les larmes ». Je suis désolé, nous ne sommes pas au temps des bombardements de Londres et du fascisme triomphant. Ou plutôt, je m’en réjouis. Certes, la France n’a réduit qu’à 4,8% son déficit public au lieu de 4,5%  en 2012, mais c’est que nos clients ne sont pas en si bonne forme ; ils sont même en récession pour plusieurs d’entre eux. De plus, un calcul rapide montre que le surcroît de dette contracté par la France sous le précédent quinquennat  pèse d’au moins 15 milliards sur le budget de l’Etat. Ce n’est pas rien. Certes, le coût du travail a augmenté de 35% en France contre 16% en Allemagne entre 2001 et 2010. Il se monte à 36,30 euros en France contre 35,20 euros en Allemagne. Mais n’est-il pas préférable d’être plus proche de la Suède (41,90 euros) que de la Bulgarie (3,70 euros) ?

La boîte à outils qui nous a été présentée tient certes  de l’attirail du bricoleur ou de l’artisan : point de chalumeau ou de marteau piqueur. Mais comment réparez-vous votre vélo, vous, afin de mieux changer de braquet (une métaphore très utilisée) ou de freiner plus efficacement ? La ponction sur les années à venir via l’emprunt, la glissade en matière d’emplois industriels ne datent pas de quelques mois, hélas. Certaines recettes comme le déblocage de l’épargne salariale n’ont pas produit tous les résultats escomptés. Il est douteux que les mesures adoptées ou en voie de l’être comme les contrats de générations, les accords de compétitivité-sécurisation, la rationalisation des dépenses de l’Etat suffisent à elles seules à redresser la situation. L’action des entrepreneurs, la détermination de la population sont des leviers plus puissants.

Puissent les uns et les autres aimer suffisamment leur pays et être suffisamment en empathie avec les demandeurs d’emploi pour agir en un sens positif plutôt que de se lamenter inutilement ou de condamner de manière partisane. Notre Henri a su mettre un terme aux guerres intestines. Le pays était pourtant dans un bien piteux état.

Redressons-nous avec panache et un peu de sueur, quelle que soit notre religion, notre chapelle ou la couleur de notre chapeau.

– par Paul Itologue

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2 commentaires

  • Mais de quel panache est-il donc question ici ? D’un panaché peut-être. Mi-bière amère, mi-limonade sucrée ? Mi-chèvre mi- chou ? Mi-terrand, mi-molette ?

  • Le problème c’est que le bateau France avance avec un nombre de rameurs plus faible que celui de l’Allemagne et transporte une cargaison de fonctionnaires beaucoup plus importante.
    Et là, pas un mot pas une piste du capitaine du pédalo.
    Quant à la réduction du déficit, il arrivera tout juste à 3% en fin de quinquenat…
    A force de jouer la montre, il y aura bien un jour du sang et des larmes

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