Décadence morale

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Les aveux de Monsieur CAHUZAC constituent évidemment une bombe pour le monde politique qui, assez curieusement, s’élève plus contre le mensonge qui n’est qu’une faute morale (dont beaucoup ne sont pas innocents, toute vérité n’étant pas bonne à dire) que contre la fraude fiscale qui est infiniment plus grave.

Six cent mille € de 2001 feraient combien aujourd’hui? Combien le fisc a-t-il perdu? Les sommes dissimulées ont échappé au moins à l’impôt sur le revenu et à l’impôt sur la fortune, et cela depuis vingt ans! Pour bien moins, un voleur serait probablement sous les verrous! De même un chef d’entreprise qui aurait fait échapper un tel montant aux diverses cotisations patronales (assedic, urssaf) et diverses impositions. Mais de fait nous vivons une décadence morale depuis trente ans au moins. Qu’avons-nous connu?

Un Président de la République qui a dissimulé une double vie matériellement assurée par l’Etat, qui a fait établir de faux bilans de santé et avait ,en 1959 , faussement fait croire qu’il avait été victime d’un attentat ; un autre Président de la République condamné pour des emplois fictifs, un Premier ministre condamné pour corruption, un Président de l’Assemblée Nationale pour complicité de trafic d’influence, l’actuel Premier ministre pour favoritisme, et nous apprenons tous les jours de nouvelles condamnations ou des mises en examen de responsables locaux qui usent de leurs pouvoirs pour s’assurer une réélection ou pour favoriser des amis. Sans compter l’occupation par eux-mêmes ou leurs proches de logements à loyer modéré.

Monsieur CAHUZAC a demandé pardon au Président de la République et au Premier Ministre pour leur avoir menti, mais c’est au peuple français qu’il doit faire des excuses puisque c’est lui qui est financièrement sa victime. Monsieur CAHUZAC déclare qu’il va rapatrier les fonds sur un compte en France:  j’espère qu’ils seront aussitôt saisis à titre conservatoire .

Le Président de la République vient de déclarer qu’ « un homme politique doit être irréprochable » et parle d’ « une impardonnable faute morale ». C’est bien dit mais lui-même n’est-il pas gêné par les promesses fallacieuses qu’il a faites lors de la campagne présidentielle ou tout simplement par l’entretien par la République de celle qui n’est pas son épouse?

Oui, la morale est en cause et il est surprenant d’apprendre qu’un édile local s’est élevé contre les propos d’un évêque qui constitueraient « un retour à l’ordre moral » comme si un tel ordre serait contraire à l’harmonie sociale.

La solution passe par des sanctions sévères, la case prison ferme et l’inéligibilité à vie.C’est cela l’ordre moral et, heureusement, bien des français en conviennent.

– par Pierre ESPOSITO

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