Normal oui normal !

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Aire de Pau« Normal et équilibré » a été le diagnostic martelé par Laurent Davezie, peut-être avec un brin de malice, à propos de l’état économique de l’aire de Pau. Sa conférence au Palais Beaumont, sur invitation de Mme Lignières-Cassou, Présidente de la Communauté d’agglomération de Pau, le 11 avril donnait envie d’en savoir plus.

Il n’est pas facile de rendre compte de cette rencontre car elle était nourrie d’une grande quantité de chiffres lancés à vive allure. Par ailleurs, malgré une explication pédagogique des concepts utilisés, l’auditoire n’était sans doute pas entièrement préparé à une telle analyse. L’analogie avec le diagnostic médical a été fournie par le conférencier lui-même, qui a caractérisé son propos comme « un bilan de santé de l’agglomération » et évoqué les effets indésirables de certains médicaments administrés improprement pour qualifier les effets de certaines politiques locales. La nouveauté de cette analyse réside dans le fait qu’il n’existe pas d’indicateurs économiques pour des territoires d’étendue inférieure à celle d’une région.

Pour le département des Pyrénées atlantiques le classement en 2008 en termes de PIB s’établissait au rang de 28eme sur 96. La progression en 1996 le qualifiait au 6eme rang ; il reste au 9eme rang pour la période 2000-2008.

Pour établir une analyse du territoire il faut :

  1. mesurer le revenu provenant de l’extérieur,
  2. mesurer l’offre à l’intérieur du territoire, ce qui ne parait pas évident. De nombreux emplois offerts sont à ranger dans l’économie résidentielle. Parmi ceux-ci, 30% d’emplois sont des emplois d’ouvriers des services. La ventilation des revenus s’établit ainsi, en termes arrondis :

17% pour les revenus productifs (Montbéliard 30%, Menton 4,5%)
47% pour les revenus résidentiels (retraites, tourisme) (beaucoup plus sur la côte basque)
11% pour les salaires publics non locaux
24% pour les revenus sociaux.

Il s’agit donc d’une répartition dans la moyenne nationale.

laurent DaveziesLa crise de 2008-2009 s’est traduite par un choc sur l’emploi qui a créé un recul de 1,9%. En France le revenu n’a pas baissé, mais la consommation a reculé, puis a augmenté en raison de la baisse du prix des matières premières. Ainsi on a enregistré localement en 2010 un regain de l’ordre de 5% (en France de 1,8%). C’est l’emploi productif qui a fait redémarrer l’économie locale. La zone Pau-Orthez fait partie des zones pour lesquelles le chômage a le moins progressé. On note que les pauvres sont concentrés dans les centres-villes, ce qui s’explique par le fait qu’ils y trouvent le plus d’opportunités et ne sont pas confrontés à des difficultés de déplacement. Le solde démographique (naissances-décès) démographique de la région paloise est passé de 2% à 0,2% entre le début des années 2000 et la fin de la décennie ; son solde migratoire s’établit à +4,5% .

Ainsi, la zone urbaine de Pau a manifesté des capacités de résilience et de rebond. Elle constitue une sorte de modèle réduit de la France.

Cette zone souffre d’un enclavement qui est dû aussi bien au coût des déplacements vers Paris que du temps de parcours (il n’y a pas pire, à part Tarbes et Foix). En revanche, elle bénéficie d’un environnement très favorable à proximité en termes d’espaces naturels. Il y a une complémentarité et une solidarité de destin entre les agglomérations de la Bigorre à l’océan.

La crise qui vient est occasionnée par l’accroissement de la dépense publique qui a été le Médiator de l’économie française. Sur 300 zones territoriales, il y en a 120 qui ont crée plus d’emplois dans la fonction publique locale que d’emplois privés. Dans le département on compte 3 emplois (en fait 2,7%) dans la fonction publique territoriale sur 100 alors que la moyenne nationale est de 2,9%. En fait, ce taux varie de 2% (Bas Rhin et Loire atlantique) à 4% (dans les départements de faible densité). Contrairement à ce qui est souvent clamé haut et fort, l’impôt sur le revenu en France est faible, et même anecdotique si on le compare à l’impôt indirect (TVA), qui est anti-redistributif. Des échanges ont permis de préciser certains points évoqués. En particulier, le fait que l’économie béarnaise s’appuie sur trois piliers ( agro-alimentaire, aéronautique et techniques pétrolières) explique la résilience observée.

L’auteur de ce bref compte-rendu sera reconnaissant aux auditeurs qui voudront bien rectifier les erreurs qui se seraient glissées dans ces notes à la volée.

– par Jean-Paul Penot

Les personnes intéressées par l’économie pourront nourrir leur réflexion en assistant à la réunion publique du jeudi 25 avril 2013 à 20h30 à l’auditorium de la Cité Multimédia à Pau, en présence de Jean-Louis Levet, auteur de « Réindustrialisation, j’écris ton nom » et sur invitation de Martine Lignières-Cassou et Georges Labazée intitulée : Les outils pour restaurer la compétitivité de notre pays

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Un commentaire

  • Reduire les depenses publiques car elles ne creent pas de richesse, et ne creent pas de bonheur non plus (sinon la France serait le pays le plus heureux au monde)

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