Eboueurs : les enseignements d'une grève irresponsable

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20130501_103637Ça y est ! la grève des éboueurs est terminée à Pau. Les sacs poubelles éventrés débordants des bacs et remplissant les caniveaux ne seront bientôt plus qu’un lointain souvenir. Pour autant, on n’est pas passé loin de la catastrophe ; je ne parle pas de l’envahissement de notre ville par nos déchets alimentaires non ramassés, qui n’est certes pas une publicité extraordinaire pour les rares visiteurs de passage à cette époque, ni un plaisir des sens pour des palois habitués à mieux en cette saison du muguet, mais de la catastrophe qu’aurait pu être une mauvaise gestion de cette crise par nos politiques.

La revendication des grévistes, une hausse de leur prime de « pénibilité », de six euros par jour, ne manque pas de surprendre en cette période où nombre de français, et donc de béarnais sont touchés par la crise et le chômage : jeunes en mal d’emploi, seniors mis au placard, ouvriers victimes de plans sociaux, chefs d’entreprise en faillite, commerçants sans rémunération, intérimaires sans mission, .. La liste serait longue d’une société courageuse, qui se bat tous les jours pour sortir la tête de l’eau, et pourtant toujours plus sollicitée par un Etat « tout-fiscal » qui ne sait plus où prendre de l’argent. La « pénibilité » est un concept bien pratique pour des organisations syndicales qui n’osent plus revendiquer la simple augmentation des salaires dans cette période de disette budgétaire ; mais qu’est-ce que la pénibilité ? Est-ce le dépassement d’horaires ? Est-ce l’effort physique usant pour l’organisme ? Est-ce le salaire faible ? Est-ce le manque de temps de repos, de pause ? Est-ce le manque d’effectifs ? Rien de tout cela pour nos amis éboueurs, ou en tout cas rien qui ne dépasse en difficulté de nombreuses professions.
Pour ces raisons, pour la décence et la solidarité dans cette période de crise, mais aussi par respect envers les contribuables qui n’en peuvent déjà plus de payer des impôts toujours plus élevés, il ne fallait pas céder à ces revendications décalées, anachroniques et irresponsables, résiduelles d’une époque où la paix sociale était achetée avec l’argent du peuple ou pire avec l’endettement, ce qui revenait à faire payer nos enfants.
Reste la mission de service public. Les palois ont le droit élémentaire de disposer des services qu’ils payent, en l’occurrence ici le ramassage des poubelles. Ce service n’a pas été assuré durant 5 jours. A ce moment-là, la situation aurait pu empirer, et Pau plus belle vue de terre aurait pu devenir aussi laide et puante que Naples plus belle vue de mer et ses décharges tenues par la mafia. Il faut donc saluer la décision salutaire de faire appel à ce moment-là à des entreprises privées pour assurer le ramassage. Une sorte de service minimum qui ne dit pas son nom, mais dont nul résident palois ne se plaindrait. Peut-être d’ailleurs faudrait-il envisager un passage complet à la sous-traitance privée, d’autant que cela aurait peut-être l’effet bénéfique de faire baisser la facture pour l’agglomération, et donc, l’espoir fait vivre, de faire baisser notre fiscalité locale..

A la lecture de ce conflit, on peut donc doublement féliciter nos politiques palois, et au premier chef Madame la Maire et son équipe. D’abord pour avoir pris les mesures permettant d’assurer la continuité d’un service public élémentaire, et ensuite pour avoir trouvé les moyens de mettre un terme à cette affaire sans alourdir encore une fois les dépenses publiques et donc la facture du contribuable. On peut s’en réjouir, en espérant toutefois qu’il n’y ait pas eu des contreparties différées dans le temps ou se traduisant par une diminution du service rendu aux administrés.

– par Emmanuel Pène

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7 commentaires

  •  » respect envers les contribuables qui n’en peuvent déjà plus de payer des impôts toujours plus élevés »
    1°) Je ne pense pas que beaucoup d’éboueurs aient à payer des impôts sur le revenu! On peut penser que cela ne soit pas prioritaire pour eux!
    2°) Quand je suis allé changer ma carte Idelis sénior pour 2013, on m’a demandé si j’étais imposé sur le revenu; j’ai répondu que j’avais cette chance, beaucoup, en effet, ne l’ont pas!

  • Mon oncle a travaillé toute sa vie à la ville de Pau comme éboueur et malgré la dureté et le travail ingrat, il coule paisiblement une retraite tranquille, en pleine santé, à plus de 80 ans. Et les conditions étaient encore pire il y a 20 ans!!
    Par contre une sté privé ne sera certainement pas plus économique, moins efficace comme à chaque fois… il faut pas rêver non plus.
    Et MLC en faisant preuve de fermeté marque encore quelques points..
    Les Français sont de plus en plus résignés par crainte du chomage et n’apprécient pas plus les manifs des éboueurs que celles des antis mariage pour tous qui n’ont apparemment pas beaucoup de problèmes dans leur vie pour mobiliser tant d’energie sur ce sujet…

  • Il serait intéressant de connaître le détail du conflit.
    Quelles sont les conditions exactes de travail?
    Bénéficient ils du fini/parti?
    Si oui combien d’heures par jour?
    ..?.etc

  • Adishatz,
    Cet article n’apporte rien à la démarche des grévistes à mon sens. Ils demandaient juste une revalorisation de leur travail (certainement le plus gratifiant et plus glamour qui soit) alors que le service venait d’être réduit de 2 tournées (si je me souviens de ce que j’ai lu). Une juste redistribution de l’économie engendrée je dirais plutôt.
    Bref, au contraire, MLC a montré encore une gestion rigide de son exercice qui j’espère arrivera bientôt à son terme…

    • « Cet article n’apporte rien à la démarche des grévistes à mon sens »
      C’est sur qu’il ne va pas dans le sens des grévistes
      « Une juste redistribution de l’économie engendrée je dirais plutôt »
      Non, la rétribution devrait aller à la réduction du budget de l’agglomération et des impôts.

    • J ‘aime bien l’idée de « participation aux économies ». C’est plus sophistiqué que la bête participation aux bénéfices.On devrait donner des primes d’ économies à nos élus. Payables en espèces (protégées)

  • Une belle plume pour servir la voix de la raison…. et les voies de l’agglo !

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