Oloron – Politique locale : les nouvelles initiatives

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imagesOù il est question de moderniser et de dynamiser la politique locale.

Dans le petit monde politique local (Raymond Barre, en son temps, parlait de microcosme) les esprits s’agitent, les listes se montent, les ambitions s’affûtent. Le plus petit monde encore des chroniqueurs politiques locaux en fait son miel (sachant qu’avec l’addition du local on arrive au national).

Les partis roses, bleu pâles voire bleu horizon, souvent rehaussés de vert dans notre beau sud-ouest, désespérément modéré et radical, voire bruns ou rouges carminés ailleurs échafaudent des alliances et des stratégies. Et choisissent ou subissent leurs champion(ne)s.

Même si les véritables enjeux sous-jacents sont entre productivistes et décroissants, d’une part, européens, souverainistes, ou mondialistes d’autre part. Avec des césures qui fragmentent largement les camps et les couleurs et qui redessinent un nouveau tableau. Des enjeux qui rassembleraient ensemble les roses, les bleu pâles, et les verts dans un camp les rouges, les bruns et les bleus horizons, voire les verts de gris, dans un autre camp.

En effet au printemps prochain, avec le retour des hirondelles, les nouveaux maires seront élu(e)s et les intercommunales devront désigner leurs nouveaux chefs ou leurs nouvelles cheftaines. Suivront les européennes et les autres élections locales.

Au milieu de cela la population souvent tétanisée, mais aussi, parfois, revigorée par la crise, vaque à ses occupations et tente de surnager par les moyens du bord. Parfois par nouveaux modes de débrouille et d’organisation dans lesquels le net, apprivoisé et non subi, amène de nouvelles opportunités.

Les enjeux électoraux seront pour plus tard.

D’autant que, par paresse, pusillanimité ou esprit de clan, de très opportunes occasions on été manquées. On peut et l’on doit évoquer :

La désignation des patrons des intercommunalités directement par les électeurs dont parlait déjà Pierre Mauroy, il y a plus de 20 ans. Une réforme indispensable pour dépasser le cadre communal trop corseté et trop mal adapté pour gérer toute la complexité des bassins de vie. Ceci Sans forcément supprimer les communes à l’exception des plus petites d’entre elles.

La désignation des conseillers territoriaux, issue d’une très heureuse réforme, qui permettait de rapprocher les départements et les régions en modifiant les statuts dépassés des conseillers départementaux (ex-généraux) et régionaux fondus dans un seul corps. Le résultat, prévisible autant que paradoxal, en cédant à une certaine vulgate parisianiste étant la disparition des départements au contraire de l’idée d’en faire un échelon organisé de la région avec des pouvoirs propres.

Comment ne pas évoquer le retour à la compétence générale pour les départements et les régions qui leur permet de sortir sans limites de leurs espaces naturels pourtant déjà bien fournis. Avec la conséquence de gonfler les dépenses qui, par ailleurs, doivent être réduites.

Face à cela on doit signaler de très heureuses initiatives locales comme les présentes alternatives paloises devenues alternatives pyrénéennes. Une initiative qui conduit une véritable mission de service public désintéressée par la critique constructive et la proposition qui devait exister à l’échelle de chaque bassin de vie.

De fait on est souvent consterné par le manque de vision des équipes politiques locales toutes obsédées par des enjeux idéologiques ou les questions (pas illégitimes il est vrai) de préséances des personnes et de choix du chef.

A ce propos, je me permets de mettre en exergue sur le territoire d’Oloron une initiative d’auto-organisation, non pas pour se substituer aux politiques et à l’administration, mais pour l’aiguillonner et être un interlocuteur. Son nom : Oloron en transition. Son programme : La transition énergétique.
• L’agro-écologie et l’alimentation ;
• L’habitat ;
• Le transport ;
• La création d’un réseau ;
Bien d’autres points

A L’évidence un programme structuré et ambitieux et surtout concret qui doit pouvoir être force de proposition vis à vis des nouvelles équipes politiques qui vont se mettre en place et qui, elles, seront revêtues de l’onction démocratique comme il se doit en saine démocratie.

Puisque nous sommes sur un site béarnais, devenu pyrénéen, je me permets de penser qu’au niveau de tous « les pays » ou de micro-régions qui forment le territoire en montagne et dans le piémont avec la très grande richesse humaine et naturelle qu’on y trouve de telles initiatives pourraient utilement essaimées et être déclinées.

D’autant que la susdite exceptionnelle richesse et la diversité qu’on y trouve pourrait représenter un terreau particulièrement fertile. Le tout au large des grosses entités urbaines à prétention métropolitaine de Bordeaux de Toulouse voire de Montpellier avec lesquelles on ne peut que composer et dialoguer. Sans oublier Barcelone, Bilbao ou Saragosse.

Mais la définition des Pyrénées, mère ou frontière des terres occitanes, ce sera pour une prochaine chronique.

A chaque jour suffit sa peine….

– par Pierre Yves Couderc
Oloron

Références utiles :
http://www.oloronentransition.org

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5 commentaires

  • J’aime aussi cet article sur Oloron, et même je le savoure, car écrit par Pierre Yves Couderc, dont les initiales font : PYC, et si l’on ajoute une touche de vert espérance… Cela va faire enrager Oscar !
    Vite, Chérie, fuyons à Herrère où nous attend notre petit coucou à hélices, et destination les Mayos de Riglos!

    • Mais non cher Antoine le vert ne me fait pas voir rouge. Chez les daltoniens (qui tirent moins vite que leur ombre) c’est d’ailleurs généralement le contraire

  • « La désignation des patrons des intercommunalités directement par les électeurs dont parlait déjà Pierre Mauroy, il y a plus de 20 ans.  » : Voilà, à nouveau, une démonstration de l’incapacité de la France à faire bouger son cadre administratif.
    La France n’avancerait-elle que par des révolutions ?
    Cette incapacité à bouger ne serait-elle pas due au « trop-plein » de pouvoirs donnés à ceux mis en place, quels que soient les échellons ?
    On le sait, une fois les politiques élus, plus rien ne les challenge… jusqu’à l’élection suivante.
    Nous vivions dans une « démocratie à accoups » et non dans une « démocratie permanente » avec ses contre-pouvoirs.
    Pour preuve, regardons le pouvoir des maires mis en place pour 6 ans. Qui pour s’opposer à eux pendant leur mandature ?
    En attendant, il nous faut 1000 A@P en France…

    • BB: »On le sait, une fois les politiques élus, plus rien ne les challenge… jusqu’à l’élection suivante. »
      A Pau peut-être mais pas partout. Pour ce qui est des maires, qui sont bien plus près de la population que les députés on conseillers généraux, certains font avancer leur ville. Les Baudis, Juppé, Trémège ont accompli des choses.
      A Pau, le grand illusioniste Labarrère, d’apparence si brillante, laisse un bilan catastrophique à l’échelle de 35 ans de règne, cautionné par ses sbires MLC, YU, JP et d’autres. YU-maire a été particulièrement nuisible en un an et demi de pouvoir et MLC-maire continue la frénésie de distractions sportives et culturelles, ni d’aborde le pb des sur-effectifs. Son bilan est faible, même s’il sera présenté comme étant extraordinaire.

  • Merci pour ce texte bien dans l’esprit d’Alternatives Pyrénées et pour la très belle vue d’Oloron qui l’illustre. Merci de l’hommage que vous rendez au défunt site Alternatives Paloises. Pour aider le tout jeune Alternatives Pyrénées à prendre son envol, faites nous lire et commenter autour de vous. Et pour ceux qui aiment prendre la plume, rappelez-leur que tous les sujets même les plus décalés ont leur place dans Alternatives Pyrénées, la seule condition : respecter notre charte éditoriale.
    A bientôt dans nos colonnes !

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