Les toxicomanes ne sont pas toujours ceux à qui on pense!

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GV intoxVivianne Forester publiait en 1996 «L’horreur économique».

Les délires de la Finance, depuis, ont largement supplanté ceux de l’économie. Aujourd’hui, c’est la mise en coupe réglée de nos démocraties, peuples et gouvernants confondus, par les folles logiques de la cupidité financière. Périodiquement, l’actualité nous offre de nouveaux exemples de cette déraison. Voilà le dernier en date.

«Mardi 7 mai, la société générale (154000 salariés dans le monde) a rendu publique sa décision de supprimer un millier d’emplois, au prétexte que les profits prévus pour 2013 n’étaient que de 364 millions d’euros. Cette décision est justifiée par le fait qu’il faut atteindre trois objectifs:

  • Réduire les coûts.
  • Renforcer la compétitivité.
  • Simplifier le fonctionnement du groupe et renforcer les synergies.» J-C Guillebaud.

En rédigeant leur communiqué, les dirigeants de la Société Générale n’ont sans doute pas eu conscience qu’ils reprenaient mot pour mot le discours que prête Costa-Gavras aux personnages dans son film «Le Capital» sorti en novembre 2012.

Tandis que les peuples d’Europe sont abandonnés à la tempête et livrés à l’austérité, alors même que la pauvreté gagne sur le vieux continent; quand le chômage et la précarité s’étendent, la finance renoue avec les bonus.

Si on voulait provoquer une explosion de violence, on ne s’y prendrait pas autrement.

Un certain nombre de médicaments, les neuroleptiques par exemple, deviennent dangereux quand ils sont mal dosés ou pris pendant trop longtemps car, d’une part, l’organisme devient dépendant et il faut augmenter la dose régulièrement, et d’autre part, ils ont des effets secondaires qui peuvent être irréversibles.

Pour sortir de cette dépendance, les doses doivent être réduites progressivement.

Un plongeur qui descend dans des profondeurs de plus en plus importantes peut être atteint de «l’ivresse des plongeurs» lui faisant perdre tout son self contrôle. Pour remonter sans danger, les plongeurs doivent faire des paliers réguliers de décompression afin d’éviter les embolies gazeuses.

On pourrait citer le cas des toxicomanes qui utilisent, comme un patient, mais de façon non contrôlée par des thérapeutes, des psychotropes, analgésiques ou autres molécules chimiques; les médicaments sont devenus des drogues.

Dans ces exemples l’organisme par une utilisation continue et accentuée de substances développe une addiction qui peut être redoutable et dont il faut s’extraire progressivement.

Il est tout à fait curieux de constater que notre civilisation a un comportement tout à fait semblable; l’homme est devenu «accro» à l’argent, à l’énergie, à la vitesse! Nous sommes devenus des toxicomanes légaux et notre dépendance est favorisée par les « dealers » de la finance et de l’économie qui, eux, se portent plutôt bien car l’argent est blanchi sans problème!

Depuis le XIXème siècle, avec une accélération croissante du fait des avancées de la technologie, la demande énergétique, sous toutes ses formes, non seulement augmente, mais devient une consommation dont nous ne pouvons plus nous passer. Sans voiture, sans radio ou télé, sans ordinateur, etc., c’est l’exclusion!

Les grands voyages, les grosses voitures, la vitesse… sont autant de plaisirs qui gomment provisoirement le mal-être, les angoisses de ne pas être reconnus, de ne pas avoir un niveau de vie supérieur à son voisin ou son patron.

Et, en prime, c’est agréable!

C’est là qu’il peut y avoir confusion entre plaisir et bonheur. On se croit heureux pour quelques heures mais le plaisir est fugitif et s’estompe au fil des prises. Il faut donc les renouveler: nouveaux voyages, plus loin en général, nouvelle voiture, 4×4 cette fois, nouvel appartement, nouveau congélateur ou télé, pour obtenir le même résultat. Ce passage à des «produits» plus valorisants risque de se couper de la réalité, celle d’être en mesure de payer, d’où la dépendance à l’argent, à la vitesse, à la consommation et donc cette recherche permanente de nouveaux gains pour davantage de reconnaissance.

Le plaisir et le bonheur de contempler la nature: ses couleurs, ses parfums, ses chants; avoir la curiosité de tenter de mettre des noms sur des animaux ou des plantes, de chercher à connaître leur mode de vie, leur utilité, dans le maintien de l’écosystème qui permet à l’homme de vivre; tout cela c’est presque gratuit. Si c’est inutile pour le PIB, c’est le bien être assuré, et il n’a pas de prix!

Face à cette dépendance, dès lors qu’on s’éloigne des paramètres économiques les plus basiques: croissance, productivité et tutti quanti, l’absence de vision et de projet est terrifiante.

En France, ni la gauche ni la droite n’ont plus grand chose à proposer à leurs électeurs respectifs. Comme l’écrit E. Morin, citant Paul Valéry: « Jamais l’humanité n’a réuni tant de puissance à tant de désarroi, tant de connaissances et tant d’incertitudes».

La classe politique dominante est à court d’idées! Comme une armée en campagne qui manque de munitions, elle avance dans ce début de millénaire en état de pénurie intellectuelle. Renvoyée dans l’opposition, la droite ne sait plus quoi dire à ses électeurs. La gauche ne va pas beaucoup mieux, nonobstant sa présence au pouvoir, ce qui n’aide qu’illusoirement. Quant aux formations radicales elles puisent dans la nostalgie révolutionnaire ou «nationale» de quoi faire rêver, ou faire peur.

Les nouvelles logiques qui gouvernent la démocratie d’opinion sont responsables de cette misère collective. Dans notre univers de l’immédiateté, du tweet, de la web-rumeur et de l’amnésie, les idées ne sont plus que de vagues figures de style ou de buzz. Elles durent ce que durent les roses et se détruisent à mesure. «L’appareil médiatico-politique consomme des idées jetables, comme on brûle du combustible.»

Ainsi rejetons-nous sans cesse un trop-plein de dogmes provisoires et de vérités d’autant plus périssables qu’elles n’étaient pas aussi vraies que cela.

«Souvenons-nous: le modèle britannique qu’il fallait suivre, la (fausse) réussite des Pays-Bas en matière de chômage, le rajeunissement de la social-démocratie par la grâce de Tony Blair et de Gerhard Schröder, le miracle immobilier en Espagne sous Luis Zapatero, la sécurité garantie par l’euro, l’efficience des marchés, le pacifisme de Barack Obama, les vertus de la Grèce devenue européenne, etc. Il ne reste plus rien.»

Le début de la désintoxication et du sevrage, c’est pour quand?

En partie, d’après Jean-Claude Guillebaud.

– par Georges Vallet

crédit photo: agoravox.fr

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13 commentaires

  • « Le plaisir et le bonheur de contempler la nature: ses couleurs, ses parfums, ses chants; avoir la curiosité de tenter de mettre des noms sur des animaux ou des plantes, de chercher à connaître leur mode de vie, leur utilité, dans le maintien de l’écosystème qui permet à l’homme de vivre; »
    Soyons honnête : ce sont surtout des activités de vieux… Non. Soyons encore plus honnête : c’est carrément chiant.
    Explorer, construire, bâtir, se battre, innover, perdre mais parfois aussi gagner car à triompher sans péril, on triomphe sans gloire? Non ? Absolument pas ? Aucun intérêt ?
    Et le bouquin de Vivianne Forester (paix à son âme) c’était quand même un bouquin de vieux qui lamentait la disparation du monde d’avant face aux mutations du monde d’aujourd’hui. … « O temps ! Suspends ton vol ! »
    Si tout ce que vous offrez comme horizon à la jeunesse de France c’est la contemplation bucolique des champs et des campagnes… eh bien il ne faudra pas vous étonner si cette dernière à une folle envie de mettre les voiles en ce moment.
    Comme le dit si bien Chateaubriand : « La vieillesse est un naufrage » Permettez juste que ceux qui le peuvent encore se dirigent vers les canots de sauvetage.

    • Vous savez, les canots de sauvetage sont remplis de choses pas belles et notamment de ceux qui sont incapables de faire face à leur condition humaine. Sachez que même sur un tas d’immondice, les hommes s’entretuent pour un vieux bout de pneu. Votre panique à bord ne donne ni envie aux vieux ni aux jeunes. Et c’est regrettable que la vie vous fasse autant cxxx quand il s’agit de la ressentir ou de la penser.
      Coin le canard me fait dire vive le foi gras !

    • Canard je viens avec vous, mais c’est vous qui ramez hein ?

    • Coin le Canard,
       » Le canard du coin » que je contemple au cours de mes sorties le long des lacs de la région, cancane allègrement et aime bien barboter dans l’eau à la recherche de sa nourriture; non, il ne se fait pas »….. » comme celui du forum.
      « avoir la curiosité de tenter de mettre des noms sur des animaux ou des plantes, de chercher à connaître leur mode de vie, leur utilité, dans le maintien de l’écosystème qui permet à l’homme de vivre; »
      La curiosité intellectuelle serait-elle un domaine « …… » pour vous? Si oui, je vous plains!
      « Soyons honnête : ce sont surtout des activités de vieux »
      Vous n’êtes pas honnête. Les vrais vieux sont friands de voyages en groupe aux ventas, de tournois de belote, de matchs de foot et de rugby à la télé et de nanas sur Internet!
      Je n’ai pas l’occasion de voir souvent des »vieux en état de détresse » dans la nature ou alors, pour vous, on est vieux à partir de 30 ou 40 ans. Par contre, dans les sorties nature organanisées par de nombreuses associations, il y a énormément de jeunes; au cours des sorties organisées par l’association mycologique de Pau, il y a le monde du travail qui a besoin de se ressourcer après une semaine de contraintes (parfois plus: lire le dernier Nel.Obs!), des infirmières, des pharmaciens qui sont confrontés à des demandes de clients apportant des champignons qu’ils voudraient bien consommés sans risques. Ces mycophages sont souvent des jeunes. Parmi les pêcheurs ou les chasseurs, en plaine ou en montagne, il n’y a pas que des vieux. Tous ne se font pas « ….. »!
      La vieillesse est à redéfinir; elle n’a d’ailleurs jamais été franchement caractérisée. Est-ce un âge, un état d’esprit, un handicap?
      Quant aux canots de sauvetage, ils ne sont pas pour ceux qui veulent fuir l’univers chiant des vieux, mais ils sont remplis de jeunes qui fuient la pauvreté, la faim, les horreurs de la guerre, du fait « des mutations du monde d’aujourd’hui », comme vous dîtes! Combien survivent?
      D’autres jeunes voudraient bien prendre »des canots de sauvetage » mais ils ne le peuvent pas car ils ont besoin du toit et des pensions, souvent modestes des vieux, pour vivre et faire vivre leur famille alors qu’ils n’ont pas ou plus de travail!
      A notre époque où grâce à la science, à la recherche, aux thérapeutiques, le « naufrage » dont vous parlez a bien reculé depuis Chateaubriand. Il a été remplacé par la possibilité d’acquérir des connaissances nouvelles, de les synthétiser, de diffuser l’expérience, la sagesse, le savoir réfléchir avant d’agir, autant de réflexions, d’expériences dont l’acquisition ne serait vraiment pas un luxe pour les jeunes qui veulent « mettre les voiles » La mer est redoutable!!!!

  • Moi j’ai bien apprécié cet article, car parler de toxicomanie pour faire le parallèle avec les processus économiques qui nous ont conduits à augmenter les doses jusqu’à la mise en danger de notre société n’est hélas plus un abus de langage. La thèse se confirme. La France sera bientôt un immense musée de sa grandeur passée sur fond de misère sociale si nous continuons à nous intoxiquer de la sorte.
    Il y a une tonalité qui vous est propre, Monsieur Vallet, comme à chaque fois que vous écrivez. Et même si vous reprenez des thèses exposées par d’autres, voire éculés par les lieux communs où l’on vous a reproché des choses justes, il y a à redire et redire encore, et je trouve votre plume pétrie d’une humanité sensible et sage.
    Rien d’outre-cuidant comme le prétendent certains qui ne pensent pas comme vous et prennent la plume pour dégrader votre légitimité de voir les choses autrement.
    Dès notre premier jour de travail, Oscar, nous avons tous fait des choix pour nous inscrire dans la société. Je ne vois pas pourquoi cet article vous rend venimeux sur la carrière de son auteur. Certes, un crachat sur les fonctionnaires ça défoule, et je n’en serai pas dupe comme vous alors qu’on passe tous entre leurs mains de notre naissance jusqu’à notre mort ….Vous devriez vous faire offrir une box « séjour insolite » avec marche tout nu dans la nature, ou un voyage à travers le monde hors des hôtels climatisés…ça vous aiderait à penser un peu hors de votre culture même si vous comme moi on y parvient toujours difficilement. En tout cas ça vous destresserait un peu et peut-être que vous en ressortiriez un brin créatif.
    A vous lire je crois que nous ne partageons certainement pas les mêmes certitudes sur le monde mais il y a une chose que pour ma part je souhaite conserver : c’est la valeur de l’écoute de celui qui ne pense pas comme moi. Et pour preuve en est que lors du débat entre Cahuzac et Mélenchon, j’ai trouvé ce débat de bon niveau, d’options politiques et économiques pas uniquement dans le déclaratif de l’image et j’ai même trouvé M. Cahuzac intelligent et convainquant.
    Dites-moi donc où on en est là ?

    • Certes Carola. Mais tant que Georges Vallet utilisera dans ses notes « sages et mesurées » des propos de ce genre:

      notre dépendance est favorisée par les « dealers » de la finance et de l’économie qui, eux, se portent plutôt bien car l’argent est blanchi sans problème!

      ,
      il prendra un coup d’escopette. Comme vous pouvez le constater vous-même, je peux rester très modéré en réponse à des propos qui ne le sont pas moins et dont je vous remercie.
      Donc on en est là. 🙂

      • Manifestement, cela vous énerve beaucoup d’être confronté à une divergence profonde d’opinion, un manque d’habitude sans doute; vous deviez évoluer dans un milieu où la contestation, disons, était mal vue!
        Tout nous oppose, nous n’avons pas la même culture ne vivons pas dans le même monde, nous n’avons pas suivi les mêmes études, eu la même carrière, eu les mêmes contacts avec l’environnement social, même le spirituel nous sépare!
        Mon médecin m’a dit dernièrement que tout le monde était fatigué en ce moment; je suis désolé d’y participer en ce qui vous concerne. De mon côté vos propos stimulent ma motivation de combattre votre vision du monde.
        Ou je vous fatigue trop et vous cessez de me lire, ou, dans l’intérêt du forum, vous continuez à démontrer l’inexactitude de mes propos, en cessant, si cela ne vous dérange pas trop, d’émettre certains jugements de valeurs qui n’apportent rien à la démonstration si ce n’est de l’irritation.
        Je me cache souvent, c’est vrai, derrière des propos d’E.Morin, M.Serres, J-Cl Guillebaud et de nombreux scientifiques, car je trouve chez eux la confirmation de mes convictions. Je suis d’autant plus conforté que je pense qu’ils sont largement aussi intelligents que vous; la grosse différence vient du fait que vous vivez dans une culture individualiste, déconnecté totalement de la complexité du monde, donc très réductionniste. C’était, jadis, la position des généticiens: «un gène, un caractère ou une fonction».
        Cette vision a été totalement supprimée quand on a pris conscience que le raisonnement linéaire n’existait pas dans la nature. Les auteurs cités considèrent que dans la nature et dans la culture, tout est collectif, tout est relié à tout, toutes les relations et interactions sont en réseau, c’est un pour tous. C’est la vraie globalisation!
        Comment voulez-vous faire vivre 7 milliards d’individualistes sans guerre? La politique que vous défendez nous y conduit tout droit en ce moment; les américains retirent leurs derniers chars d’Allemagne, la Russie arme massivement, défend la Syrie, l’Europe n’a pas d’armée commune! Comment voulez-vous rester optimiste?
        En ce qui concerne les générations d’étudiants, ne vous faites pas de soucis; ils ont reçu des connaissances que vous n’avez sûrement pas acquises (ou oubliées), comme beaucoup. Il est en effet impardonnable de ne pas connaître les grandes lois de la République, les grandes lois de l’économie, mais on comprend très bien que l’on ignore celles qui gèrent son propre corps! Je ne pense pas avoir enseigné un contenu négatif, comme vous le dîtes, en apprenant ce qu’est un homme: physiquement, physiologiquement, psychologiquement, socialement; de votre côté,vous prétendez que les citoyens doivent être des producteurs rentables et des consommateurs insatiables. Chacun, en jouant son rôle, a permis d’acquérir une tête bien faite et non formatée.
        Mais ce qui m’a le plus irrité dans votre réponse, c’est: « le fonctionnaire que vous êtes n’a jamais cotisé que partiellement, sans avoir à penser à la manière dont elle est collectée, tant que nous paierons des impôts pour vous la servir»
        Pendant mon activité professionnelle, j’ai participé, avec les autres, à l’enrichissement global du pays, cette richesse a fructifié depuis, des progrès importants ont été faits. Maintenant on est de trop car les impôts paieraient ma retraite! Dans ce cas, je participe toujours au financement de ma retraite.
        Heureusement que les retraités sont là pour créer des emplois et augmenter le PIB: tourisme, kinés, médecin, aides à domicile, infirmières, jardiniers, etc.,etc.
        Heureusement que les retraités sont là pour loger, nourrir petits enfants et enfants qui après des années d’étude ne trouvent pas d’emplois.
        Durant toute ma vie professionnelle j’ai versé des cotisations pour financer les retraités de l’époque. Avec la politique néolibérale il faut du chômage pour limiter les prétensions des salariés; en parallèle, la multiplication des machines, en diminuant l’effectif du personnel, diminue les ressources pour payer les nouveaux retraités.
        Les retraités subissent donc la double peine, ils ont payé pour faire vivre leurs séniors et ils ont à payer faire vivre leurs descendants. Quant à eux, ils ne sont même pas bons pour les mouroirs car c’est trop cher.
        Dernier point: « Vous ne vous êtes jamais posé la question de savoir comment vous pourriez garantir à votre famille un toit et une assiette. Moi si.»
        Dans la situation d’incertitude du monde actuel que le politiques précédentes ont construite, vous êtes bien prétentieux d’affirmer que votre famille aura toujours un toit et une assiette; je le souhaite bien évidemment, mais bien d’autres le croyaient, ils sont maintenant à la rue!

        • Vos certitudes m’obligent à vous reprendre lorsque vous versez par trop dans l’arrogance, cher Georges , une attitude assez commune à ces Messieurs les Professeurs des Universités, dont bien que visiblement vous me preniez pour un primate, j’ai eu à supporter l’enseignement il y a de longues années, parfois avec intérêt. Mais il ne s’agissait que de sous-science, puisque nous y traitions d’économie.

          Manifestement, cela vous énerve beaucoup d’être confronté à une divergence profonde d’opinion, un manque d’habitude sans doute; vous deviez évoluer dans un milieu où la contestation, disons, était mal vue!
          Tout nous oppose, nous n’avons pas la même culture ne vivons pas dans le même monde, nous n’avons pas suivi les mêmes études, eu la même carrière, eu les mêmes contacts avec l’environnement social, même le spirituel nous sépare!


          C’est vrai, mais je ne m’énerve qu’en cas d’abus de répétition. Je suis surpris par contre de vous voir informé à ce point sur ma vie spirituelle.

          Mon médecin m’a dit dernièrement que tout le monde était fatigué en ce moment; je suis désolé d’y participer en ce qui vous concerne. De mon côté vos propos stimulent ma motivation de combattre votre vision du monde.
          Ou je vous fatigue trop et vous cessez de me lire, ou, dans l’intérêt du forum, vous continuez à démontrer l’inexactitude de mes propos, en cessant, si cela ne vous dérange pas trop, d’émettre certains jugements de valeurs qui n’apportent rien à la démonstration si ce n’est de l’irritation.

          Comptez-sur moi pour continuer à démontrer l’incohérence de vos théories, et mes jugements de valeur ne sont que bien peu de choses par rapport aux vôtres, cela vous pouvez, je pense l’admettre. A moins que vous ne souhaitiez que je reprenne vos posts précédents.

          Je me cache souvent, c’est vrai, derrière des propos d’E.Morin, M.Serres, J-Cl Guillebaud et de nombreux scientifiques, car je trouve chez eux la confirmation de mes convictions. Je suis d’autant plus conforté que je pense qu’ils sont largement aussi intelligents que vous; la grosse différence vient du fait que vous vivez dans une culture individualiste, déconnecté totalement de la complexité du monde, donc très réductionniste. C’était, jadis, la position des généticiens: «un gène, un caractère ou une fonction».


          Qu’en savez vous vraiment ? Est-ce une attitude « scientifique » que de le prétendre sans me connaître ?

          Cette vision a été totalement supprimée quand on a pris conscience que le raisonnement linéaire n’existait pas dans la nature. Les auteurs cités considèrent que dans la nature et dans la culture, tout est collectif, tout est relié à tout, toutes les relations et interactions sont en réseau, c’est un pour tous. C’est la vraie globalisation!
          Comment voulez-vous faire vivre 7 milliards d’individualistes sans guerre? La politique que vous défendez nous y conduit tout droit en ce moment; les américains retirent leurs derniers chars d’Allemagne, la Russie arme massivement, défend la Syrie, l’Europe n’a pas d’armée commune! Comment voulez-vous rester optimiste?

          Vous me trouverez toujours en travers de toute idée de collectivisme. J’ai d’excellentes raisons pour cela. C’est même génétique, voyez-vous. Inutile d’essayer de convaincre vos lecteurs par une pseudo-approche scientiste, dont on a vu les effets lorsqu’ils ont été mis au service des pires idéologies. En tout cas pas moi. Bas les masques Monsieur Vallet

          En ce qui concerne les générations d’étudiants, ne vous faites pas de soucis; ils ont reçu des connaissances que vous n’avez sûrement pas acquises (ou oubliées), comme beaucoup. Il est en effet impardonnable de ne pas connaître les grandes lois de la République, les grandes lois de l’économie, mais on comprend très bien que l’on ignore celles qui gèrent son propre corps! Je ne pense pas avoir enseigné un contenu négatif, comme vous le dîtes, en apprenant ce qu’est un homme: physiquement, physiologiquement, psychologiquement, socialement; de votre côté,vous prétendez que les citoyens doivent être des producteurs rentables et des consommateurs insatiables. Chacun, en jouant son rôle, a permis d’acquérir une tête bien faite et non formatée.
          Mais ce qui m’a le plus irrité dans votre réponse, c’est: « le fonctionnaire que vous êtes n’a jamais cotisé que partiellement, sans avoir à penser à la manière dont elle est collectée, tant que nous paierons des impôts pour vous la servir»
          Pendant mon activité professionnelle, j’ai participé, avec les autres, à l’enrichissement global du pays, cette richesse a fructifié depuis, des progrès importants ont été faits. Maintenant on est de trop car les impôts paieraient ma retraite! Dans ce cas, je participe toujours au financement de ma retraite.
          Heureusement que les retraités sont là pour créer des emplois et augmenter le PIB: tourisme, kinés, médecin, aides à domicile, infirmières, jardiniers, etc.,etc.

          Bravo c’est très bien. Une petite précision tout de même qui va vous donner des raisons de détester d’avantage encore l’économie et les comptes publics. Le PIB se définissant par la somme des valeurs ajoutées produites auxquelles il convien d’ajouter les impôts, il est à craindre que votre retraite (tout à fait légitime) ne participe pas au PIB puisqu’elle est financée par l’impôt. C’est tout à fait regrettable, j’en conviens.

          Heureusement que les retraités sont là pour loger, nourrir petits enfants et enfants qui après des années d’étude ne trouvent pas d’emplois.
          Durant toute ma vie professionnelle j’ai versé des cotisations pour financer les retraités de l’époque.

          C’est une réalité que vous semblez ignorer. Vous n’avez pas cotisé au régime général de l’assurance vieillesse et ce n’est certes pas de votre faute. Vous avez cotisé pour couvrir les retraites des fonctionnaires plus âgés que vous lorsque vous étiez en activité. Mais votre retraite à vous vous est servie par le budget de l’état aujourd’hui du fait de l’inversion de la pyramide des âges de la fonction publique, car les cotisations des fonctionnaires en activité ne permettent plus de couvrir les rémunérations des fonctionnaires retraités. Mais vous ne courez cependant pas de risque de la voir diminuer. C’est tout ce que j’ai voulu vous dire.

          Aucune diatribe anti-retraités, j’en suis moi-même un. Mais c’est vrai, ma retraite est bien moins assurée que la votre. Je me suis donc efforcé ma vie durant de faire en sorte de ne pas être exclusivement dépendant de la capacité des plus jeunes à financer ma vieillesse tout en participant activement au système par répartition contre lequel je n’ai pas de vision dogmatique. Comme vous le savez, la seule retraite capitalisée qui bénéficie de réductions fiscales est celle qui a été imaginée pour le compte des fonctionnaires par eux-mêmes car ils sont de brillants esprits. il s’agit de la retraite Prefon, dont j’espère cher Georges que vous êtes un heureux bénéficiaire, ce dont je vous félicite.

          Dernier point: « Vous ne vous êtes jamais posé la question de savoir comment vous pourriez garantir à votre famille un toit et une assiette. Moi si.»
          Dans la situation d’incertitude du monde actuel que le politiques précédentes ont construite, vous êtes bien prétentieux d’affirmer que votre famille aura toujours un toit et une assiette; je le souhaite bien évidemment, mais bien d’autres le croyaient, ils sont maintenant à la rue!

          Je n’affirme rien. Je vous disais au contraire que ces certitudes étaient de votre côté et que le relatif confort intellectuel ou matériel qu’elles vous conféraient devraient de temps en temps vous inciter à modérer vos anathèmes sur ce que vous appelez « l’économie » et que je qualifierais plus prosaïquement de secteur marchand, même si je prends le risque à vos yeux d’apparaître comme un subalterne.
          Pour conclure, je lirai toujours avec intérêt des notes tirées de votre véritable savoir, celui que vous avez acquis et enseigné et dont le contenu scientifique que je respecte est indéniable. Je suis sûr qu’il contient assez de merveilles pour me passionner. Je n’ai en revanche aucun espoir de vous émerveiller par mon propre savoir, puisque votre a priori est de le nier.
          Mais je vous combattrai sans relâche lorsque par une sorte de perversité de l’esprit qui vous est propre et que je ne considère absolument pas comme innocente, j’ai trop de respect pour votre intelligence, Monsieur le Professeur, vous tenterez de procéder à des amalgames qui ne servent que le radicalisme d’une pensée politique que je considère comme socialement dangereuse et suicidaire pour notre pays, même si elle tente de se cacher derrière un faux-nez vert aussi long que celui de Pinochio.

    • Mon message, bien tardif, s’adresse à Carola.
      A la suite de votre intervention, je tenais simplement à vous dire:
      Lu et approuvé, bien sûr!
      Le milieu universitaire et le milieu associatif (que j’ai beaucoup fréquenté) sont des milieux ouverts: à la culture, à la créativité, à la connaissance, à la discussion…
      L’Autre, que l’on rencontre, est toujours une richesse car il apporte quelque chose de nouveau par sa différence.
      Les nombreux débats qui ont lieu apprennent: à respecter l’interlocuteur, à l’écouter, le comprendre; ce qui ne signifie pas qu’on doit être d’accord avec lui, mais, comme lorsqu’on fait un voyage à l’étranger, on ne sort jamais des relations vécues, identique à ce qu’on était avant. Cela permet d’évoluer, d’avoir une connaissance qui s’agrandit, qui s’élargit, qui se diversifie sans cesse, et permet d’aborder les problèmes, non pas dans la linéarité mais dans leur globalité c’est-à-dire leur complexité.
      C’est, je crois, ce qui manque à beaucoup, d’où les incompréhensions souvent redoutables.

  • Effectivement il y aura toujours une très profonde différence entre nos deux amis…
    Il faut sans doute beaucoup d’Oscar et un peu de Georges pour trouver le juste milieu.

  • « En France, ni la gauche ni la droite n’ont plus grand chose à proposer à leurs électeurs respectifs. »
    Le personnage politique le plus intéressant de ces dernières années est à mon avis Nicolas Hulot. Son programme n’était sans doute pas entièrement applicable, mais une partie pouvait l’être. Il était honnête, capable d’avoir une vision et de négocier avec d’autres partis. Il aurait dû se méfier de ce groupuscule d’extrême gauche qui lui a fait payer sa réussite médiatique et commerciale et se présenter sans aller chercher l’étiquette EELV.

  • Vivianne Forester, il ne manquait plus qu’elle…. Je vais essayer de rester courtois. Vos antiennes désespérées et jamais renouvelées deviennent fatigantes Monsieur Vallet . Redondances ou radotages, je n’en sais rien, mais toujours est-il qu’en ces périodes difficiles, leur pessimisme revendiqué, la noirceur des tableaux que vous tracez, l’absence totale de solutions crédibles que vous nous présentez sous couvert de citations d’ Edgar Morin ou d’autres parangons d’objectivité dont vous tentez de recouvrir la minceur de vos arguments, sont profondément décourageantes pour ceux qui vous lisent et ont la faiblesse de vous croire. J’ose à peine imaginer ce qu’en ont retenu les générations d’étudiants que vous avez formées, si vous leur en avez livré le contenu obsessionnel et profondément négatif. Dramatique pour notre pays.
    Faut-il que je relève une fois de plus dans cette note votre incroyable outrecuidance ? Car reprocher à une banque de diminuer ses effectifs devenus redondants et hélas inutiles, car on lui interdit, de développer des activités de marchés dites spéculatives et qualifiées par vous de dangereusement addictives, qui justement lui avaient permis de créer des emplois, ce n’est pas qu’une contradiction en soi, c’est la preuve d’une ahurissante mauvaise foi ou d’une incompétence qui ne l’est pas moins.
    Il faudrait savoir Georges. Je suppose que dans vos rêves éthérés, quand vous vous promenez dans la nature en fleur , en écoutant les petits oiseaux et en grattant le ventre des hannetons, vous n’avez pas besoin de banques. Il faudra donc à terme virer tout le monde. Et aussi ceux qui fabriquent des 4X4 puants, des grosses voitures hideuses, puis des petites aussi puisque nous marcherons à pied.,
    Nous vivrons nus et heureux grâce à vous Georges Vallet. Sauf vous peut-être, Car bien entendu, vous continuerez à bénéficier de la confortable retraite pour laquelle le fonctionnaire que vous êtes n’a jamais cotisé que partiellement, sans avoir à penser à la manière dont elle est collectée, tant que nous paierons des impôts pour vous la servir. Cela vous autorise sans doute à jeter tous les anathèmes courroucés sur « l’ économie », ce grand marigot sordide et sale, la » finance », ce lupanar pour usuriers cupides et « l’entreprise », le collège de tous les vices.
    A ce point de vue, il y aura toujours entre vous et moi une très profonde différence. Vous ne vous êtes jamais posé la question de savoir comment vous pourriez garantir à votre famille un toit et une assiette. Moi si. Et dès mon premier jour de travail.

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