Tout va très bien madame la marquise…


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Après un an de gestion pépère, François Hollande reste d’un optimisme inoxydable, malgré des sondages calamiteux et les remontrances polies mais fermes des pays européens du Nord et de la Commission. La courbe du chômage sera inversée à la fin de l’année.

Pourtant, sur le tableau de bord de la France tout les voyants sont au rouge. La croissance est nulle, et les prévisions, si elles penchent pour une très légère remontée, ne sont pas franchement optimistes. En conséquence le chômage a augmenté de 10% pour atteindre 11% en mars 2013 et sa hausse continuera puisqu’il faudrait une croissance de l’ordre de 1,5% pour ne serait-ce que le stabiliser. Quant à sa baisse, ceci reste un rêve inaccessible.

Et l’entreprise France n’est pas mieux lotie. Avec un déficit de la balance commerciale de 64, 7 milliards d’euro en 2012, la situation est intenable même si on note une très légère amélioration par rapport à 2011.

La dette française atteignait 1834 milliards d’euro (90,2% du PIB en 2012) et comme l’équilibre budgétaire reste improbable à moyen terme, elle continuera d’augmenter. On comprend l’intérêt de Hollande pour une mutualisation de la dette des Etats au niveau Européen et pour sa monétisation (planche à billets) car en cas d’augmentation des taux, la France rejoindra immédiatement l’Espagne ou le Portugal.

Le déficit public de la France atteindra 3,9% en 2013 (au lieu des 3% prévus). Au delà de ce mauvais chiffre se pose la question de savoir comment on pourra atteindre ne serait-ce que l’équilibre budgétaire?

Avec 46,3% du PIB en impôt, la France va battre le record absolu des prélèvements obligatoires (46,5% en 2014). Ce n’est donc pas de ce côté que viendra la diminution du déficit, le niveau frôlant l’insupportable. Côté économie, par contre, il existe un gisement gigantesque puisque la dépense publique atteint aussi des records (9 points de PIB de plus que la moyenne européenne ou que l’Allemagne). Mais dans ce domaine, c’est silence radio.

Cela ne peut durer. Hollande a annoncé une réduction de cette dépense de 10 milliards par an, mais on ne sait toujours pas où…

Le 28 mai, dans son rapport sur les résultats de la gestion budgétaires de l’Etat en 2012, la Cour des Comptes a appelé le gouvernement à se concentrer sur des « économies structurelles réalisées dans une perspective pluriannuelle ». Au delà du travail très professionnel fait par la Cour des Comptes, saluons le courage de Didier Migaud (et de ses prédécesseurs qui ont suivi l’exemple Seguin) qui essuie régulièrement les réflexions acides de ses collègues socialistes.

Le 29 mai c’est au tour de la Commission européenne qui confirme que Paris avait obtenu deux ans de plus pour ramener le déficit sous la barre des 3% du PIB, mais en échange de réformes ambitieuses… Et ce ne sont pas les réactions des élus de la majorité, offusqués de cette « ingérence » qui changeront les réalités.

Mais l’opposition de droite ne se montre guère à son avantage non plus. Voilà les conditions optimales réunies pour faire enfin passer de vraies réformes. Pourquoi la droite et le centre ne prennent-ils pas une position constructive de coopération avec le gouvernement Hollande pour faire enfin passer ces réformes qu’ils n’ont pas osé faire eux mêmes quand ils étaient au pouvoir?

Regardons là aussi du côté de l’Allemagne pour aller vers un débat politique plus efficient, plus intelligent, plus intelligible.

Tout va très bien, tout va très bien.

– par Daniel Sango

Comments

  1. Pierre Saubot says:

    Je suis d’accord avec l’analyse de Daniel Sango. Même dans la situation où se trouve la France , il y a des solutions simples , immédiates et gratuites pour commencer à résorber le chômage dans notre pays.

  2. Georges Vallet says:

    Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, c’est manifestement le cas!
    Comment est-il possible d’imaginer que dans l’état où la France avait été laissée, il soit possible de retourner la situation en un an!!
    Quelqu’un, que vous n’avez sans doute pas apprécié, avait rappelé qu’il fallait laisser du temps au temps.
    Le rendez-vous, donc le bilan, est dans 4 ans; c’est un peu tôt pour ouvrir la campagne électorale.
    Les Français en ont marre de vivre dans cette atmosphère de dénigrement, de catastrophisme; c’est vrai que le chien qui mord est celui qui n’a pas trouvé d’autre solution pour s’en sortir.
    L’actualité judiciaire est déjà suffisamment dramatique, il est vraiment malsain de se décarcasser pour amplifier la dépression sociale; l’opposition ne ferait pas mieux, c’est elle-même qui le dit parfois.
    Elle devrait d’abord s’organiser et définir le programme à appliquer dans quatre ans pour, en un an:
    combler le déficit,
    résorber le chômage,
    refaire partir l’économie
    reconstruire le lien social………

    • Nous attendons toujours les économies sur le secteur public. Ce n’est pas en vendant quelques bouteilles de vin de l’Elysées, que nous ferons diminuer notre déficit.

  3. « Cela ne peut durer. Hollande a annoncé une réduction de cette dépense de 10 milliards par an, mais on ne sait toujours pas où… »
    Il y aura des coupes dans l’armée. Ca fait partie de l’électorat fonctionnaire le moins à gauche.

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