Collectivité basque : Plus de cow-boys que d'indiens !

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Capture d’écran 2013-06-04 à 10.03.21Les médias locaux, principalement ceux soutenus par les basques du sud, Eitb et Enbata, nous promettaient un grand moment samedi 1 juin pour la manifestation de soutien au projet de «Collectivité Territoriale Pays Basque». Finalement, ce sont 4100 manifestant selon la police et 6000 selon les organisateurs qui ont battu le pavé à Bayonne.

Un chiffre assurément décevant pour les organisateurs et les politiques, de tous horizons, qui appuyaient la démarche. Auraient été présents 110 maires sur les 158 communes du Pays Basque, plus de nombreux parlementaires. Sachant qu’il s’agissait d’une samedi après-midi, on peut imaginer que nombre d’entres-eux étaient venus en famille ainsi que leurs conseillers municipaux. Beaucoup d’élus dans le cortège. Les élections municipales pointant leur nez, il ne fallait pas manquer de se montrer. Que de postures politiques dans cette affaire pour plaire à l’électorat abertzale !  Bref, à l’arrivée y avait-il plus de cow-boys que d’indiens ?

D’autant plus que, parmi les indiens, de forts contingents de basques espagnols étaient présents (sur le forum, de Sud-Ouest, on parle de 2.000. Allez savoir…)

Le citoyen basque moyen semble avoir été peu attiré par un projet de réforme institutionnel, trop théorique à leurs yeux, et très éloigné de leur quotidien (chômage). Pour un enjeux sensible, ils sont d’ailleurs capables de se mobiliser en masse : le risque de voir la LGV défigurer le paysage entre Bayonne et Hendaye n’a-t-il pas mobilisé 15.000 basques à manifester en 2010, contre ce projet.

Pour un travail entrepris en 1994, année où était mis sur les rails de « conseil de développement du Pays Basque suivi en 1995 du « conseil des élus », les résultats de la participation populaire, près de 10 ans plus tard, peuvent être jugés décevants. Pas d’élan véritable.

Ce travail ne doit pourtant pas s’arrêter là. Il est évident qu’à l’heure d’une Europe de plus en plus standardisée, le besoin de se retrouver « chez soi » autour de  valeurs , est de plus en plus vif partout sur le continent européen et en France comme ailleurs.

Si le travail de réflexion effectué par le élus basques a une quelconque valeur, il devrait tête présenté à la nation dans le cadre de la réflexion sur l’acte 3 de la décentralisation. Car ce qui est bon pour le Pays Basque doit pouvoir être bon pour de nombreux territoires de France et pour le Béarn en particulier.

Mais le problème est là, les « élus basques » ont voulu la jouer « perso », en particulier par rapport aux Béarnais avec qui ils siègent au conseil général des Pyrénées-Atlantiques.  A travailler de concert avec les Béarnais, leur projet aurait gagné en profondeur et en crédibilité. Il aurait aussi gagné l’assentiment de la deuxième moitié du département mais voilà les Basques en avaient décidé autrement…

Ce projet de collectivité Basque semble mal engagé. Le collectif qui le porte sera t-il capable de le relancer ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus qu’une fois les élections municipales passées, début 2014, il y a fort à parier qu’il perdra de son intérêts « politicien ».

– par Bernard Boutin

Crédit photo : Enbata

Plus sur le sujet

Eitb : http://www.eitb.com/fr/infos/politique/detail/1360120/metropoles–espagnac-depose-amendement-relatif-au-pays-basque/

Enbata : http://www.enbata.info/articles/ce-nest-quun-debut-continuons-le-combat/#comments

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3 commentaires

  • A noter également que, du côté béarnais, David HABIB, Martine LIGNIERES-CASSOU et Georges LABAZEE se sont prononcé contre ce projet de collectivité territoriale basque. Le plus ferme dans ses propos, a été David HABIB, les deux autres sont plus nuancés.

  • Cette démarche est un fiasco.
    Pour une raison majeure, c’est que l’organisation de cette collectivité est totalement incompréhensible pour le citoyen français, même informé sur notre mille feuille.
    D’ailleurs les politiques à l’origine de cette démarche sont incapables d’expliquer comment elle fonctionnera à côté d’un département, d’une région, et d’une agglomération puissante. Et pour cause…
    Mais cela a l’avantage de montrer le vrai visage de certains élus.

  • Je n’ai pas grand chose à dire, ce n’est pas une raison pour me taire!
    Je n’ai pas suivi de A à Z cette histoire, certains penseront peut-être que je devrais me taire, mais je me demande si le fond du problème ne se manifeste pas au grand jour, au cours des défilés. Il y a vraiment beaucoup de drapeaux basques et des slogans en basque, où sont les drapeaux français? Les basques espagnols sont nombreux dans ces cortèges.
    Un E.T.A. bis n’est peut-être pas loin! Au moment où la solution semble la réduction des représentations territoriales, je me demande si la revendication séparatiste est défendable. Ou alors, il y a des intérêts privés sous-jacents!
    On peut très bien revendiquer et lutter pour vivre son identité culturelle dans notre pays (les associations prolifèrent et sont subventionnées), comme on peut très bien rester français dans une fédération européenne. Les américains nous prouvent que la diversité culturelle est gérable avec des états unis.

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