Le verbe, des verbes

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Le verbe, il était dans la bouche de François Bayrou, détendu et visiblement en joie de voir que son appel à l’unité ait été entendu. Les verbes étaient projetés sur deux écrans. Ils étaient disposés de façon à donner le ton : Réunir, Mobiliser, Ecouter, Dialoguer, Se rencontrer, Participer, Se retrouver, Oser, Réussir.

Visiblement, la leçon a été comprise, non seulement par François Bayrou mais par ses invités : « La division c’est l’échec. Malgré les 60% de voix qui se sont portées aux dernières municipales sur les listes de F. Bayrou et Y. Uriéta ils ont tous deux perdu ». Certes, il reste des aspirants à la candidature qui préfèreront jouer une carte personnelle, mais l’abondance des ralliements montre que cette évidence a fait son chemin. On assiste ainsi à une envolée d’amabilités qui auraient parues peu dignes de la politique fiction il y a encore quelques mois. Heureusement, les intervenants ont la franchise de dire que dans le passé les querelles n’ont pas manqué. « Comme dans les familles »

Outre ce réalisme, le moteur de cette unité est sans doute à chercher dans les sondages qui montrent une large déception des électeurs vis-à-vis du parti socialiste plus que dans les lézardes qui fendillent le pouvoir tout puissant de la majorité, aussi bien sur le plan local qu’au niveau national. Sans parler des rivalités au sein de l’U.M.P.

Les ralliements les plus notables sont ceux de Marc Cabane (ancien préfet du département, sans étiquette à la suite de l’absence de soutien de l’UMP) qui affirme « adhérer totalement à ce qui a été dit par François Bayrou », celui de Jean Arriau (ancien maire de Billère, UMP), celui de Véronique Lipsos-Sallenave (conseillère municipale, Nouveau centre UDI) et celui de Patrick de Stampa (Président de la C.C.I.). C’est Marc Cabane qui trouve les mots les plus raffinés pour affirmer « qu’il faut faire litière de tout ego » afin de présenter un front uni et un projet. François (dans l’équipe en marche on s’appelle par son prénom et l’on marque son plaisir d’être ensemble) avait donné le la : « Ce n’est pas pour moi. C’est une démarche désintéressée ». Le croit qui veut. Mais avec tous les appels pour qu’un chef soit rapidement désigné, notamment par l’ancien maire d’Idron qui piaffe d’impatience comme un jeune homme, ce n’est pas facile. Mais il est vrai que François Bayrou pourrait avoir d’autres projets. Pour Jean Arriau, le panache est déjà sous tous les yeux.

Le maître de cérémonie écarte cette problématique et considère qu’il faut d’abord faire un projet et mobiliser. Il appelle l’audience à participer à l’élaboration et à s’engager dans six groupes de travail.

Le diagnostic de Jean Lacoste (Modem) sur la ville est partagé par l’ensemble des intervenants, qu’ils soient dans l’orchestre réuni par François Bayrou ou dans la salle : « Cette ville est en souffrance, en déclin, en perte de vitesse ». Le chef opine et affirme : « J’ai vu ce qu’un maire peut faire, comme à Bordeaux avec mon ami Alain Juppé ou à Bayonne avec Henri et Jean Grenet ou à Biarritz avec Jean Borotra. » Il ajoute que ce n’est pas une question d’étiquette politique : à Lyon et à Bordeaux les transformations ont été menées par deux hommes d’orientations différentes.  Dans son discours liminaire, F. Bayrou avait d’ailleurs pris le soin de distinguer les options prises pour le pays et les choix à faire sur le plan local.

L’ancien ministre de l’Education veut faire passer la leçon « L’unité est une condition nécessaire [du succès] ; ce n’est pas une condition suffisante ». Il enregistre une audience passée de 25 (dans une petite école de Bizanos, il est vrai) lors de son avant-dernière réunion électorale dans l’agglomération à environ 250 le 23 mai 2013.  Un facteur dix ne peut que l’encourager. Et aiguillonner l’équipe en place.

– par Jean-Paul Penot

PS J’allais omettre deux mots figurant à la suite des verbes, mais qui n’en sont pas : maintenant  Pau. En les attachant à la suite du prénom (ou initiale).nom @ et en les faisant suivre de  .fr on doit avoir une chance  de communiquer ses idées ou ses aspirations aux animateurs retenus pour les différents thèmes. Si tous les candidats en font de même, la ville et la démocratie y gagneront, à condition que l’usage qui sera fait de cette possibilité reste mesuré.

« Centre-ville, circulation, urbanisme, animation » autour de Véronique Lipsos-Sallenave

« Vie des quartiers, solidarité, environnement » autour de Josy Poueyto

« Gestion municipale, finances » autour de Jean-Louis Pérès

« Economie, commerce, tourisme » autour de Patrick de Stampa

« Gouvernance et territoire » autour de Marc Cabane

« Education, culture, vie associative, sports » autour d’André Lestorte

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3 commentaires

  • oups, erratum, c’est moi qui ai lu l’article trop vite et confondu avec le fait qu’YU avait assisté à certaines réunions organisées par FB.

  • En 2008, YU (avec 21,4% des voix au second tour) a fait échec à FB (38,8%) face à MLC (39,8%). 21,4% des voix au second tour… un score atteignable par N. Patriarche, dont les électeurs se souviendront du vote « Hollande » de Bayrou et l’ont fait largement passer à la trappe aux précédentes législatives. Ca dépendra de l’habileté politicienne de NP.
    Le plus « drôle » est le ralliement d’YU à FB !

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