Les dépêches AFP (Agence France Pau) : Les rêveries du promeneur solitaire au bord du gave au 14 Juillet

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feu-de-la-saint-jean-lanleff-080628-10.1214756498-300x225Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même Martine. Le plus sociable et le plus aimant des humains que je suis a été proscrit du conseil de quartier du 14 Juillet par Danièle Iriart, conseillère municipale et responsable du conseil, placardisé depuis durant des mois par elle.

Elle a cherché, dans les raffinements de sa haine, quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, à moi Jean-François Le Goff, et elle a brisé violemment tous les liens qui m’attachaient à eux. J’aurais aimé les hommes en dépit d’eux-mêmes, tu vois ma chère Martine. Ils n’ont pu qu’en cessant de l’être se dérober à mon affection. Les voilà donc étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi puisqu’ils l’ont voulu et ne tiennent pas compte de nos idées, habitants d’ici, nous méprisent vraiment. Mais moi détaché d’eux, de tout et de mon cher conseil de quartier, que suis-je moi-même ? Voilà ce qui me reste à chercher, triste promeneur au bord du gave passant sous le joli pont du 14 Juillet dans le quartier éponyme qui rêve à des jours meilleurs.

Une cathédrale de feu brûle au milieu du square Mazoyer et une ronde improvisée tourne autour d’elle dans une immense allégresse comme chaque année. Les deux palettes arc-boutées tombent, disparaissent dans le feu ardent, les braises rougeoyantes chauffent l’air de ce samedi, jour de la fête de la Saint-Jean dans le quartier du 14 Juillet. Et la ronde d’hommes, de femmes et d’enfants tourne, tourne autour des braises à n’en plus finir, les rires fusent de toutes parts… J’ai beaucoup discuté avec mon ami Casimir, il m’a encore parlé du bon temps de Salazar, une époque vraiment merveilleuse, les dictatures ont toujours du bon vous savez. Les gens se tenaient à carreau au moins. Casimir a gardé durant 2 ans le palais présidentiel à Lisbonne mais il ne l’a jamais vu ce cher Salazar. Il adore ces sœurs, Martha et… je ne sais plus… me les a déjà montrées plusieurs fois dans un magnifique livre rempli de photos en noir et blanc qu’il a sur ces années bénies et ce grand personnage de l’histoire du Portugal. Un bon dictateur qui aimait son peuple, emprisonnait les voleurs et tuait les terroristes, les opposants politiques (PIDE, police secrète)…Il les jetait à la mer parfois d’un avion m’a dit Casimir nourrissant même ces pauvres requins ainsi, un humaniste quoi…

Les convives attablés ont discuté jusqu’au bout de la nuit après ce merveilleux repas-partage suivi du bal où beaucoup ont aussi dansé devant la sono. A l’apéritif, Martine Lignières-Cassou, notre chère maire de Pau habillée d’une jolie robe, est venue prendre un verre avec nous et discuter avec Michèle Etchvery, présidente du comité du quartier du 14 Juillet Pau Rive Gauche, et nous les habitants tout contents de la voir là. J’adore le feu de la Saint-Jean, je rêve déjà du prochain, que verrai-je dans le feu ?… Une cathédrale, un palais en flammes ou un volcan en éruption ? A quoi rêverai-je en regardant les flammes dévorer comme un ogre affamé la cabane de bois sur la place ?… Et Saint-Jean disait « Je suis la lumière du monde »… la lumière qui m’éclaire dans cette nuit radieuse jusqu’au ciel damassé d’étoiles brillantes et bienveillantes, nous manquons tous tellement de lumière…

– par Jean-François Le Goff

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