Béarn-Bigorre : Un partenariat plein de promesses

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Capture d’écran 2013-07-04 à 09.36.14Grand messe, le 3 juillet, à la CCI de Tarbes avec près de 300 décideurs économiques et politiques du Béarn et de la Bigorre. Objectif : renforcer les liens entre le Béarn et la Bigorre. Acte un : la signature d’une convention entre les CCI de Pau et de Tarbes créant les conditions d’un dialogue approfondi entre les deux organismes consulaires autour des thématiques communes aux deux territoires.

Les Béarnais et les Bigourdans peuvent remercier les Basques. Sans le vouloir, ces derniers, à force de chercher à obtenir une collectivité territoriale à statut particulier, ont contraint les Béarnais, administrativement liés aux Basques dans le cadre du département des Pyrénées-Atlantiques, à tourner leurs yeux vers les « partenaires » les plus naturels qui soient : les Bigourdans. Même géographie, mêmes racines culturelles, même tradition industrielle, grande proximité et une toile de fond identitaire incomparable : les Pyrénées.

Il y avait urgence à organiser ces « retrouvailles » car « les forces centripètes » rejettent Béarn et Bigorre en-dehors des zones d’influence des métropoles régionales, Bordeaux et Toulouse, dont on sait que les pouvoirs vont s’accroître à l’occasion de la mise en place de l’acte 3 de la décentralisation.

Alors, faire avec les 600.000 habitants, des zones d’emplois de Pau et de Tarbes-Lourdes, une « métropole » qui puisse jouer dans la cour des grands était dans le tête de tous les participants présents au colloque. Regrouper Béarnais et Bigourdans, pour atteindre une masse critique minimum, devenait une obligation, face aux deux métropoles régionales mais aussi face à celle qui monte, la métropole basque française avec ses ramifications vers la puissante Euskadi « espagnole ».

Pour autant dans la tête de nombreux participants, les contours de la zone qui se dessine n’étaient pas figés : le sud du Gers, le sud des Landes et même le Pays Basque subissent aussi cet éloignement des capitales régionales. Béarn-Bigorre doit pouvoir devenir l’élément moteur d’une entité en gestation. Retour aux Pays de l’Adour ?

Au-delà des grands concepts, les intervenants du monde économique ne manquaient pas d’en appeler à du pratique, du concret : regrouper les actions de promotion pour les 6 stations thermales bigourdanes et les 3 béarnaises, travailler ensemble sur la formation des métiers de la métallurgie, défendre groupés l’accès direct par LGV du Béarn et de la Bigorre, l’amélioration de la RN 134, la TCP, la N21 ou encore la réouverture du « Canfranc », lutter contre le futur « désert ferroviaire au pied des Pyrénées » entre Bayonne et Toulouse etc.

Et pour montrer que Béarn-Bigorre n’est pas un vain concept mais déjà bien une réalité concrète au quotidien ; une réalité qui ne demande qu’à se développer, les exemples ne manquent pas : le Parc National des Pyrénées, N’Py, l’UPPA, le Crédit Agricole Pyrénées-Gascogne, le Parvis ou encore la Biscuiterie Védère, installée à Montgaillard (Bigorre), Monein (Béarn) et… Espelette (Pays Basque). Tous n’ont pas attendu après une hypothétique métropole pour faire vivre, chacun dans son domaine, le partenariat Béarn-Bigorre.

Les CCI de Pau et de Tarbes veulent accélérer le mouvement. Des commissions thématiques vont se réunir. Une cartographie de l’excellence des deux territoires va être mise en place. Des points vont être réalisés régulièrement. Une démarche qui tombe à pic, alors que les métropoles régionales vont être dotées de pouvoirs supplémentaires qui amplifieront notre « éloignement ».

Au citoyen maintenant de soutenir l’initiative. Alors, les politiques suivront…

– par Bernard Boutin

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7 commentaires

  • « … lutter contre le futur « désert ferroviaire au pied des Pyrénées » entre Bayonne et Toulouse etc… »
    A-t-on parlé du contrat d’axe ferroviaire de la région Aquitaine pour le 64 ? Une extension de ce contrat au 65 ainsi qu’au 40 ne pourrait-il pas s’envisager ?
    « Tous n’ont pas attendu après une hypothétique métropole pour faire vivre, chacun dans son domaine, le partenariat Béarn-Bigorre. »
    Il me semble que MM. Glavany ou Labazée ne disaient pas autre chose dans A@P.
    « Les CCI de Pau et de Tarbes veulent accélérer le mouvement. »
    Je partage la conclusion de M. Pène sur le fait que « Les CCI seules n’arriveront pas à faire bouger sensiblement les choses. ».
    J’ajouterais qu’un fonctionnement plus unitaire de agglo de Pau serait un préalable et que l’activisme de la CCI sur la politique territoriale m’interpelle.

    • « l’activisme de la CCI sur la politique territoriale m’interpelle »
      Les chambres consulaires doivent se réorganiser pour faire des économies. Les petites comme Pau ou Tarbes s’agitent pour exister…

  • Mais personne n’a parlé du vrai problème, à savoir les divisions administratives qui nous rejettent non seulement dans des départements différents, mais aussi dans des régions différentes. Les CCI seules n’arriveront pas à faire bouger sensiblement les choses. C’est une collaboration au niveau des grandes communiautés d’agglo de Pau et de Tarbes qui est nécessaire (et là je rejoins Bernard sur sa critique de la maire de Pau)

  • Traversée ferroviaire centrale des Pyrénées, Canfranc, RN 134, RN 21, LGV sont l’avenir de ces deux domaines, sans eux, le temps s’arrête au XXe siècle

  • « désert ferroviaire »…
    Ne pas oublier non plus les lignes de bus qui irriguent les vallées des Pyrénées (et autres endroits). Elles sont peu empruntées, en dehors de qqes touristes en sac à dos l’été et des jeunes l’hiver pour le ski. Mais elles existent. Peut-être pourrait-on en tirer un meilleur usage, faut-il au contraire les supprimer ou en diminuer la fréquence ? Voilà un vrai sujet. Mais je ne sais pas qui pourrait en parler ici. Personne sans doute…

  • J’ai zappé un mot à la fin: la « taxe professionnelle ».

  • Ah, la LGV… les grimaces de nos édiles qu’elles sont belles. Quel manque de sérieux ! Quelles grossièretés devant le bon peuple ! La TCP idem.
    Un « désert ferroviaire » entre Bayonne et Toulouse ??? Même s’il existe un jour une LGV Bx-Dax (hypothèse moyennement probable), Des TGV pourraient effectivement relier Bayonne à Toulouse en 2h contre 3h30 pour la ligne actuelle. Mais je m’interroge sur le taux de remplissage potentiel des TGV sur cette ligne… et les tarifs y seraient nettement plus élevés que sur la ligne actuelle.
    Donc, quels nouveaux projets de coopération, précis et concrets ? Rien ? Ah, c’est bien ce qu’il me semblait. Et c’est en partie à l’organisation de ces colloques que sert à la professionnelle ?

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