Réflexions personnelles sur les projets gouvernementaux pour l'avenir?

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Capture d’écran 2013-07-12 à 22.23.10«Les investissements d’avenir», présentés par le Premier ministre tiennent compte d’un débat lancé depuis des semaines sur la transition énergétique.
Pour juger de la pertinence et de la valeur des décisions, il convient de rappeler ce qu’est la transition énergétique?
Pour Wikipedia: «La notion de transition énergétique désigne le passage du système énergétique actuel utilisant des ressources non renouvelables vers un bouquet énergétique basé principalement sur des ressources renouvelables; ceci ne sera possible que par le développement de solutions de remplacement des combustibles fossiles et des matières radioactives (uranium, plutonium), qui sont des ressources limitées et non renouvelables (à l’échelle humaine). La transition énergétique prévoit leur remplacement progressif par des sources d’énergies renouvelables pour la quasi-totalité des activités humaines (transport, industries, éclairage, chauffage, etc.)
La transition énergétique implique une transition comportementale, sociotechnique, et une modification radicale de la politique énergétique.»
Elle représente la synthèse de transitions: énergétique sensu-stricto, économique, sociologique, écologique et politique.
Naturellement, du fait de notre lourd passé et des contraintes actuelles, il ne fallait pas s’attendre à une révolution mais à une orientation progressive raisonnable.
Est-ce le cas?
A première vue, au niveau des mots, des idées, des chiffres et de la répartition des sommes, on note une volonté d’aller dans le bon sens comme l’importance donnée:

  • à la recherche et à l’université.
  • au transport ferroviaire favorisant la rénovation du matériel et des lignes existantes et repoussant à plus tard les LGV. Dans «Usine nouvelle», le 27 juin 2013, J-M Ayrault annonçait que le programme des milliers de lignes nouvelles à grande vitesse ainsi que les nouvelles autoroutes prévues par le Grenelle de l’Environnement était «une erreur et un mensonge». Ceci est conforme aux vœux des français: 82% préferrent l’amélioration du réseau secondaire à la construction de nouvelles LGV (sondage signalé dans Sud Ouest). A part ceux qui pensent qu’il est vital de gagner une heure entre Bayonne et Paris, il y a ceux qui souhaitent plutôt un matériel de meilleur qualité pour un service adapté aux besoins de la population: plus de ponctualité, moins de pannes, rénovation de lignes transversales, entretien voire création de lignes secondaires pour permettre de remplacer voitures et camions, par le train, pour de nombreux travailleurs et pour les marchandises; sans pour cela diminuer les possibiltés existantes de liaison avec l’étranger. MLC a raison de se désolidariser de la participation financière au Tours-Bordeaux.
  • à la rénovation thermique et aux logements économes en énergie.

De nombreux points soulèvent cependant un questionnement:

  • La recherche et l’université recevront 3,65 milliards d’euros mais la dotation restera sur un compte de l’Etat, dont seuls les intérêts (une centaine de millions d’euros par an) seront effectivement versés! Quelle en sera l’utilisation? L’aide privilégiée de pôles d’excellence est-elle judicieuse? Connaît-on la bonne filière dans 5 ou 10 ans? Heureusement, un suivi est prévu. La recherche fondamentale en fera-t-elle partie?
  • On privilégie la lutte contre le gaspillage, c’est très bien, mais il n’est pas question de freiner la consommation et la multiplication des matériels très consommateurs d’énergie comme les nouvelles technologies de l’information; j’en passe et des meilleures!
  • On n’envisage pas de diminuer le gouffre financier du nucléaire. De plusieurs sources (Nel.Obs.et autres), l’estimation liée à la rénovation des centrales pour une durée de vie allongée, serait en train d’être révisée par EDF. Ce ne serait plus 45 milliards d’euros, mais soixante-dix milliards d’euros au minimum, voire plus, puisque l’ASN vient d’exiger une refonte des piscines des centrales nucléaires où sont stockées les déchets. Toujours suite à Fukushima.

Un expert pense que l’addition finale flirtera avec les 100 milliards d’euros. Combien de postes de fonctionnaires faudra-t-il alors supprimer pour payer, en plus, les dividendes des actionnaires dont l’Etat?

  • Les énergies renouvelables seront-elles vraiment concernées? Actuellement c’est le seul domaine pouvant assurer des emplois d’avenir en grand nombre, c’est la voie par excellence d’applications technologiques importantes. La France est privilégiée; l’IGN indique que nos côtes, le long des 3 façades maritimes, sont estimées à 5 850 km; que de posibilités pour les hydroliennes et pour les éoliennes!

Nous sommes entrain de perdre la chance de pouvoir développer un haut niveau de compétence et de compétitivité, comme le font les Allemands et les Chinois. Si les prix ne sont pas compétitifs, cela dépend comment ils sont calculés!
La différence entre le nucléaire et les énergies renouvelables est qu’avec les recherches et l’expérience, les prix baissent avec le renouvelable et augmentent avec le nucléaire!

  • Il est prévu 1,7 milliard d’euros pour l’innovation dans une industrie «durable», les réseaux intelligents, les agrocarburants. Il conviendrait de préciser ces termes.

> Si on peut concevoir une industrie qui peut durer dans le temps, on ne peut pas concevoir une industrie écologiquement durable, il y a là un oxymore!
> Les agrocarburants ne permettent pas une transition écologique; ils continuent, par combustion, à faire produire du CO2 par nos moteurs. D’autrepart, ils sont gros consommateurs de «terres agricoles», de pesticides et d’herbicides. Ils sont un des facteurs du développement de la pauvreté et de la faim dans le monde.
«La surface agricole nécessaire pour alimenter les voitures européennes en agrocarburants en 2008 aurait pu permettre de produire assez de blé et de maïs pour nourrir 127 millions de personnes pendant un an.» Oxfam.
Il en est de même des sites de méthanisation du lisier que l’on souhaite implanter dans le domaine rural; récupéré, ce biogaz, peut être valorisé sous forme d’électricité, de chaleur, de carburant automobile. S’il est fabriqué par un processus biologique bactérien anaérobie, il ne contribue pas à lutter contre l’effet de serre car la combustion génère, comme les combustibles fossiles, du CO2; l’action à mener est de diminuer la quantité de lisier donc de réduire l’élevage et favoriser la transition alimentaire en rééquilibrant notre régime carné source de bien de nos maux de santé. La transformation des lisiers en terreau par la lombriculture permet une meilleure transition écologique en fabriquant un fertilisant organique directement assimilable par les plantes. Actuellement dans le monde, 40% des céréales cultivées vont au bétail et non à l’alimentation humaine!
> Quant aux réseaux intelligents, ils permettraient une réelle économie énergétique si, en même temps, on ne multipliait pas les relais consommateurs; finalement la demande énergétique ne diminuera pas! C’est comme pour les voitures, elles consomment de moins en moins, mais le nombre de véhicules augmente!
Il faudra bien un jour prendre conscience que ce n’est ni une croyance, ni une théorie, mais une évidence: le mode de croissance dont on vante les bienfaits est plus qu’une erreur mais une faute! Il y a non assistance à société en danger. .
Des faits non contestables sont déjà là par milliers au niveau du climat, de la santé physiologique, reproductive et psychique, des relations entre nous: la pauvreté, la faim, la soif, la violence, la mort, sont devenues des sujets de tous les jours qu’on occulte par habitude, par lassitude, par désespoir.
La croissance, oui, c’est possible mais autrement, en utilisant ce que notre environnement nous apporte régulièrement, c’est-à-dire en consommant seulement les intérêts de la gestion du capital naturel, il est énorme: soleil, mer, terre, en adaptant notre consommation à cette contrainte.
Plutôt que de copier l’Allemagne, copions le fonctionnement des écosystèmes, cela fait des milliards d’années qu’ils perdurent.

– par Georges Vallet

Crédit photos: emoniteur.fr

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6 commentaires

  • Je livre un simple chiffre que tous les industriels connaissent: hors gap technologique qui peut apporter une baisse plus sensible, le simple fait de multiplier par 10 la quantité produite d’un objet fait baisser son prix de revient de 30%. A intégrer dans vos raisonnements.

  • Je ne vois pas de transition énergétique possible sans décroissance économique et démographique et usage parcimonieux d’une énergie devenue trop chère. L’objectif est vertueux, mais son atteinte passera par des sacrifices tels qu’ils feront passer la crise cyclique actuelle pour une aimable distraction. Elle suppose aussi une appréciation et un consensus universel qui ne seront possibles que lorsque les ressources à bon marché seront épuisées globalement. La transition énergétique sera dans les faits une révolution énergétique si la science nous en donne les clés. Ou une terrible déflagration, si l’obstacle du stockage de l’énergie est resté devant nous.

    • Une partie importante de la solution existe pourtant: bâtiments économes en énergie, utilisation du solaire thermique et de la géothermie: énergies renouvelables et bon marché, concentration de l’habitat pour favoriser les déplacements en transport en commun et à vélo (et à pied). Transport sur les grands axes de type Paris-Marseille ou Paris-Toulouse sur LGV plutôt qu’en avion, covoiturage.
      Maintenant, la voiture rstera indispensable à la campagne, comme l’avion sur les longs trajets et là, c’est clair que ça coûtera beaucoup plus cher.

      • Paris Madrid par Pau est aussi un grand axe

        • Par la route, ça peut l’être effectivement, en faisant sauter le dernier ralentissement, qui est le trajet Pau-Oloron.
          Par le train, non. D’abord, une LGV Paris-Pau-Madrid ne remplacerait pas l’avion puisqu’il faudrait 5h de trajet minimum, ensuite, au niveau du transport de camions ou de marchandises, la question ne peut se poser que si les grands axes LGV Est et Ouest sont réalisés et si sur ces trajets-là, la ligne LGV + la ligne classique sont saturées. On en est à des années-lumière.

  • GV « La différence entre le nucléaire et les énergies renouvelables est qu’avec les recherches et l’expérience, les prix baissent avec le renouvelable et augmentent avec le nucléaire! »
    L’éolien est une technologie arrivée à maturité. Il y a longtemps que les prix ne baissent plus.
    Sur les PV, il y a eu un progrès important avec les panneaux à couches minces. Il faudrait plus de recherche. On ne sait pas jusqu’où le prix peut baisser.
    Quant au stockage de l’énergie à un prix raisonnable, à part les capacités limitées du pompage-turbinage, et le solaire thermodynamique (viable dans les pays du Sud), aucune solution n’a été trouvée à ce jour. Il existe d’autres solutions techniques mais non envisageables financièrement. La biomasse est également une solution très limitée.
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