Découvrir la ruralité béarnaise du 1er au 5ème siècle

DSC_2020Oui, vous avez bien lu… il y a plus de 15 siècles ! C’est l’exploitation de la découverte et des fouilles archéologiques de la villa gallo-romaine de Lalonquette par l’espace muséographique de Claracq qui la rend possible. Ces deux villages distants de quelques kilomètres sont, en effet, dans les Pyrénées-Atlantiques, plus précisément dans le canton de Thèze.

 1843, un jeune séminariste de passage en Béarn, découvre dans un pré quelques mosaïques. Il les reconnaît comme étant très anciennes comme on peut le lire dans le Mémorial des Pyrénées en date du 13 septembre 1843.
19ème siècle, fouilles sporadiques sans suite concrète. 1959-1972, l’archéologue, Jean Lauffray met à jour les vestiges de la villa. 1994, l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) reçoit la mission de reprendre les fouilles et de formuler de propositions quant à leur devenir. Les résultats sont suffisamment encourageants pour qu’en 2001, soit lancé un projet de fouilles coordonné par F. Richin, Maître de conférences d’Histoire Ancienne à l’UPPA.

Qu’a-t-on, alors, découvert ?

la villaUne villa, simple ferme au 1er siècle et qui n’a cessé de s’agrandir. Une villa imposante qui, au 5ème siècle, s’étend sur deux hectares environ. Une villa « confortable », équipée de l’équivalent à l‘époque du chauffage central et d’une piscine (thermale) ! Résidence principale ou peut-être secondaire, d’un notable. Pourquoi a-t-elle été abandonnée ? Rien ne permet d’émettre une hypothèse. Seule certitude, ce n’est pas la conséquence d’un incendie dont nécessairement les fouilles auraient montré les traces.

C’est la Communauté de Communes de Thèze (18 communes et autour de 5000 habitants donc, moins que Gan) dont font partie Claracq et Lalonquette qui a pris l’initiative d’exploiter les résultats de cette dernière prospection. Son but était de créer un outil de développement culturel et touristique autour de deux sites, la villa gallo-romaine de Lalonquette et un espace muséographique à Claracq entièrement à inventer. Pour relier les deux, un sentier, 1,7 kms un peu escarpés certes, mais parfaits pour allier culture, sport et promenade de découverte.

Le coût du projet et son financement ?

Un projet de 700 000 € environ dont 65 % apportés par la Communauté de communes de Thèze, le reste (35%)  étant couvert par l’Etat, la région Aquitaine et le département des Pyrénées Atlantiques.

Un espace muséographique pour quoi faire ?

DSC_1906L’objectif premier du musée est pédagogique.
La visite se déroule selon quelques grands thèmes : l’historique des fouilles, le train de vie des aristocrates, l’exploitation du domaine, la construction des bâtiments, leurs décors très colorés, leurs sols de mosaïques.
Des images, des reproductions d’objets, de murs, de mosaïques illustrent comment on construisait, on travaillait au début de notre ère. Des maquettes tactiles aident les plus jeunes à se représenter la campagne environnante.
L’un des points remarquables du musée de Claracq, est l’exposition de pavements de mosaïques, celles qui ornaient les sols de la villa. Il s’agit des vraies mosaïques retrouvées sur le site et reconstituées dans le musée. Elles font l’objet de jeux pour retenir l’attention des jeunes visiteurs. Entre autres, on leur fait mémoriser les caractéristiques des motifs à l’aide de petits puzzles.

Deux autres projets importants vont ou sont sur le point d’être réalisés.
Le premier est en cours de construction. Il s’agit d’un abri en bois, espace qui accueillera des fosses aménagées pour permettre aux enfants de s’initier aux fouilles archéologiques. Une expérience grandeur nature.
Le deuxième a pour vocation de faire sortir le visiteur du musée pour lui faire découvrir la villa de Lalonquette. Après avoir assuré sa protection et sa sauvegarde, le site fera l’objet d’un traitement paysager qui permettra au visiteur de toucher du doigt l’immensité du site et la distribution générale des pièces de ce palais campagnard.

logoUn musée ouvert au plus grand nombre
Le musée a le  label « Tourisme et Handicap »  donc, quel que soit le handicap d’une personne, moteur, visuel, auditif, elle peut accéder aux différentes salles et comprendre le discours scientifique des commentateurs .

Qu’ai-je retenu de la visite du musée, qu’est-ce qui m’a le plus frappée ?

C’est l’existence d’un Béarn immémorial.
A Claracq, on a la confirmation que cette villa Gallo-Romaine du début du 1er siècle après Jésus-Christ, était dans le pays  » Béarn ». Ce pays faisait partie de l’Aquitaine où vivaient des populations plus proches des Ibères que des Celtes établis plus au nord de la Garonne ; plus proches des Ibères par la langue, les coutumes et les lois.
Les vestiges retrouvés lors des fouilles permettent d’affirmer que les cultures développées autour de la villa étaient celles caractéristiques du Béarn. Dans la plaine on faisait pousser des céréales, du blé, pas du maïs bien entendu ! Sur les hauteurs, on élevait des troupeaux : vaches, porcs et moutons. Ces derniers déjà pour la laine. Le pastoralisme pyrénéen existait  déjà, et la transhumance aussi ! On y cultivait quelques vignes et la proximité avec le Madiranais n’est certainement pas le fruit du hasard.
Enfin, petit clin d’œil de l’histoire à notre 21ème siècle, la villa gallo-romaine de Lalonquette, construite dans vallée du Gabas était à proximité de la voie romaine reliant Bordeaux à Saragosse !

J’ai été conquise par cet espace créé dans une vieille ferme entre mairie et château. La mairie de Claracq est une belle bâtisse avec fenêtre à meneaux. Le château est une belle gentilhommière entourée de quelques vieux arbres. Le château est la propriété de Claracq. La commune a engagé les dépenses pour restaurer les façades, les menuiseries extérieures et la toiture. Un gros effort financier pour une commune de 250 habitants. L’intérieur reste à faire. Dommage, car il y a là un potentiel complémentaire du musée à exploiter : exposition, hôtellerie, restauration, tout reste à inventer et les partenaires à trouver.

 copie DSC03040Je suis allée visiter Claracq seule. Et j’ai découvert à plus de 60 ans, des vestiges de l’histoire de mon pays, le Béarn avec intérêt parce que les animateurs adaptent leur discours au visiteur, à son âge et à son attente. Mais, parce que cet espace a aussi la vocation de s’adresser à des enfants, j’y reviendrai avec les jeunes de ma famille, le côté ludique de la visite intéressera les jeunes et même, les très jeunes.

– par Hélène Lafon

Les horaires et les tarifs, c’est ICI

Contact : Espace muséographique de Claracq – 64330 CLARACQ – 09 67 13 86 69 – musee@cc-theze.fr

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Un commentaire

  • Merci Hélène j’ai lu votre reportage avec le plus grand intérêt,d’autant plus que je connaissais le sujet, mais avec moins de détails.

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