Rentrée 2013 : L’éducation nationale prépare-t-elle à la mondialisation ?


rentreescolaireDe l’entretien avec Jean Lassalle ressort un petit phrase qui pèse son lot de conséquences : « Nous, les élus, n’étions pas préparés à la mondialisation ». Et, si cela concernait tout les Français ?

Les petits sont rentrés. Nos valeureux enseignants vont-ils leur inculquer les valeurs de remise en cause, de « challenge » ? Vont-il leur faire prendre conscience que le monde change à toute vitesse ? Que celui qui n’avance pas recule ?

Vont-ils leurs inculquer la nécessité primordiale qu’il y a à maîtriser une ou plusieurs langues étrangères ? Maîtriser, pas baragouiner.

Vont-ils leur faire prendre conscience qu’au delà des « valeurs de la République », il y a une mondialisation qu’il faut reprendre à notre compte. Une mondialisation à ne pas subir mais utiliser pour rendre notre Nation plus forte encore.

Jean Lassalle cite le rejet de l’Europe par les Français qu’il rencontre. Il est est même « estomaqué ». Ne nous reste-il plus qu’à remettre frontières, droits de douane, quotas d’importation et refuser cette mondialisation qui nous bouscule ?

Astérix vit dans un village de huttes. Pendant ce temps, les Romains, planétaires, marquent durablement une grande partie de l’Europe et la Mare Nostrum. De quel côté aurions-nous voulu être ?

L’Education Nationale prépare-t-elle à la mondialisation dès le plus jeune âge ? A ce combat, toujours plus difficile pour se faire une place « au soleil ». Si elle reste la même que celle qu’ont connue nos élus, on peut en douter ?

Lire, écrire, compter ne sont que des moyens mais surtout pas des comportements, des attitudes, des savoir-être. Lire, écrire, compter ne sont que des savoirs.

Quels comportements nos enseignants veulent-ils transmettre à nos enfants ?

– par Bernard Boutin

crédit photo : http://www.buzzecolo.com/wp-content/uploads/2009/08/rentreescolaire.jpg

Comments

  1. mondialisme et non pas mondialisation qui elle existe depuis que l’homme commerce
    avec le reste du monde

  2. Larouture says:

    Les jeunes ont-ils vraiment besoin de l’éducation nationale pour se préparer à la mondialisation ?
    Ils l’ont intégrée seuls.

    • Georges Vallet says:

      Alors que les organisations politiques, économiques, financières..ont été incapables de prévoir, d’appliquer le principe de précaution, donc «d’intégrer » la mondialisation, la jeunesse l’aurait été sans l’aide de l’expérience d’une réflexion culturelle, philosophique, scientifique, historique, biologique….?
      Ou alors, on ne parle pas de la même intégration!
      Savoir pianoter plus habilement que ses parents sur un ordinateur ne signifie pas que l’on est mieux intégrer!
      S’intégrer c’est trouver activement sa place dans un ensemble complexe.
      Connaître la gestion d’un ensemble complexe est-ce à la portée de l’esprit humain ou de la machine la plus sophistiquée? Rien n’est moins sûr!
      Alors, tout seul, sans expérience et sans l’aide d’un encadrement le plus large possible???

      • Georges Vallet says:

        «La mondialisation ne se gère pas.»

        Plutôt, comme le dit très justement «marsoin», le mondialisme.
        N’est-ce pas le mondialisme que les grandes puissances de ce monde veulent gérer?

        «A condition bien sûr d’avoir envie de bouger et donc d’apprendre à marcher et à nager.»

        En effet, pour apprendre à marcher et à nager, je n’ai eu besoin de personne mais c’est comme savoir lire et écrire ces fonctions ont deux contenus.
        Si c’est bouger pour bouger, cela, ils savent le faire.
        Mais «savoir nager», savoir «bouger» intelligemment, c’est savoir combiner ses acquis; notre «ordinateur personnel neuronique» ne peut pas être efficace si on ne lui introduit pas des données. Cela demande des connaissances, apportées par les anciens, de plus en plus nombreuses et variées, de la réflexion, de l’expérience qu’il est difficile d’acquérir seul. Il faut être capable, ensuite de choisir le bon cap, les bonnes références, les bonnes alliances parfois.

        «Enfin sans celle des générations qui les précèdent et on les comprend puisqu’elle ne leur servirait à rien pour justement affronter le nouvel environnement qui est le leur.»

        Si je comprends bien, vous n’êtes pas un adepte des vertus de l’histoire; à supprimer sans doute des programmes de l’EN! Des économies à faire!

        Même si l’histoire n’est pas un éternel recommencement, c’est la multiplication des expériences du passé, salutaires ou non, qui a construit la diversité dans laquelle il a toujours été possible de puiser pour une adaptation à un nouvel environnement, possibilité, c’est vrai, qui n’a toujours pas été utilisée à bon escient!
        L’homme biologique et culturel s’est progressivement construit à partir de l’évolution de structures anciennes remontant à des milliards d’années; face au changement de l’environnement elles se sont modifiées, créant ainsi une biodiversité dans laquelle les bonnes solutions, momentanées, ont pu être retenues et améliorées.
        Sans la connaissance de son passé un enfant a énormément de mal à se construire, c’est le problème de beaucoup d’enfants adoptés.
        La vie est un slalom géant où les bornes, qui ne peuvent être ignorées, ont été posées par le passé; la culture, la science, la technologie etc., ne peuvent efficacement avancer en ignorant ce passé avec ses réussites et ses échecs.
        S’imaginer que l’on peut tout créer seul, à moins d’être provocateur ou créationniste, c’est pure utopie.

  3. Helene Lafon says:

    Deux remarques sur l’article  » Rentrée 2013 : L’éducation nationale prépare-t-elle à la mondialisation ? » et le commentaire de Georges Vallet :

    1 – Aujourd’hui un nouvel exemple des défaillances de l’Europe : une entreprise se délocalise de la France vers la Pologne. Les employés français sont licenciés mais il leur est demandé, avant la fin de leur préavis de former sur les machines, les employés polonais. L’une des causes de cette délocalisation est la différence du coût du travail entre les 2 pays membres de l’UE. Dans une Union qui prône la libre concurrence, cette délocalisation est plus que fondée. Les vrais responsables du désastre humain qu’elle sous-tend, sont les politiques qui n’ont jamais été au bout du nécessaire : poser les principes fondamentaux d’une Europe sociale puis légiférer pour faire naître progressivement un droit commun.

    2 – Dans l’école de la République, les apprentissages de la lecture, de l’écriture et du calcul se doivent d’être terminées à la fin du CP (cours préparatoire). Un cours bien nommé : il prépare à autre chose ! Ensuite, les écoliers français ont de nombreuses années (11 jusqu’au bac et on va souvent au moins jusqu’à + 2) pour compléter le simple apprentissage dans les sens où vous, Bernard et vous, Georges l’indiquez. Il est certain que les langues sont parmi les compléments les plus indispensables au XXIème siècle. Mais préparer les jeunes à la mondialisation ne peut s’arrêter à la maitrise d’au moins deux langues, c’est aussi comprendre les peuples, leurs aspirations, leurs difficultés. La Mondialisation ne peut pas être étudiée sous le seul angle de la compétition économique, il faut y replacer l’humain.

    C’est vrai l’école de la République fonde trop le futur de notre nation sur l’étude de son passé – nos ancêtres les Gaulois… – et pas assez sur les réalités actuelles : les grands déséquilibres économiques mais aussi sociaux qui sont en train de naître dans le monde.

    • Georges Vallet says:

      « La Mondialisation ne peut pas être étudiée sous le seul angle de la compétition économique, il faut y replacer l’humain. »

      Oh! Comme je vous rejoins!

  4. Georges Vallet says:

    Dans notre société, le contenant a toujours plus d’importance que le contenu, la forme plus que le fond….., finalement l’aspect fait le moine!
    Pressés par le temps, les échanges se limitent à des stéréotypes, de plus en plus souvent à des sigles, des codes qui sont attachés à des valeurs chiffrées, enregistrées, bien définies donc, pour être comptabilisées. Ainsi, chaque mot est rattaché à une valeur particulière: le moral des Français est réduit à la possibilité ou non d’acheter, un mort sur la route est comptabilisé si le décès est antérieur à 30 jours après l’accident; c’est sans doute identique pour les irradiations nucléaires, c’est pourquoi le nucléaire ne tue pas!

    «Jean Lassalle cite le rejet de l’Europe par les Français qu’il rencontre. Il est même « estomaqué ». Ne nous reste-il plus qu’à remettre frontières, droits de douane, quotas d’importation et refuser cette mondialisation qui nous bouscule ?»

    Voilà l’exemple type de la valeur désinformative de sondages et de l’interprétation superficielle de propos relevés à la hâte.
    Refuser le traité constitutionnel, refuser les décisions prises par les directives européennes, ce n’est pas refuser l’Europe, c’est ne pas vouloir subir les choix politiques et économiques du libéralisme économique, c’est ne pas accepter qu’on remplace la notion de citoyen par celle de consommateur, c’est de ne pas supporter que la législation ne soit pas la même dans tout le domaine européen: travail, fiscalité…..
    Une très large majorité des Français sont des européens convaincus au contraire, mais ils ne veulent pas de celle-là; ils veulent tout simplement une Europe qui respecte ses citoyens.
    Ne nous voilons pas la face, il y a bien longtemps que «l’abandon de souveraineté» a eu lieu!

    «Lire, écrire, compter ne sont que des moyens mais surtout pas des comportements, des attitudes, des savoir-être. Lire, écrire, compter ne sont que des savoirs.»

    Pas d’accord du tout, lire, écrire, compter, ne sont pas que des savoirs, loin de là!

    Savoir lire, ce n’est pas être capable seulement de déchiffrer, c’est être capable de «décrypter» donc de comprendre, c’est être capable d’acquérir des connaissances, d’évaluer, de comparer, de juger, de faire une étude critique afin de ne pas devenir des «moutons de Panurge»…Sinon, on ne sait pas lire!!

    Savoir écrire, ce n’est pas seulement pouvoir recopier un texte, c’est être capable de transcrire et de transmettre le fruit de ses réflexions, de sa pensée,…..

    On pourrait ajouter, savoir écouter.

    Compter, c’est être capable d’évaluer le pour et le contre d’une dépense ou d’une recette afin d’assurer une adaptation des dépenses, des besoins, des possibilités….

    En bref, lire, écrire, compter, comporte deux étapes; c’est, au-delà d’une simple mécanique acquise, l’ensemble des comportements que l’enseignant doit favoriser pour permettre d’exercer pleinement les capacités de l’intelligence humaine et de faire acquérir la culture la plus large possible pour permettre l’épanouissement de la personnalité, des capacités de l’individu, donc de développer «des comportements, des attitudes, des savoir-être.»!

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