La voiture autonome, futur moyen de transport collectif mais individuel


????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????Cette fois c’est fait. Un grand constructeur a décidé d’investir dans la voiture autonome et va y mettre les moyens. Il aura fallu attendre une dizaine d’années au cours desquelles nous avons vu  se préciser les conditions dans lesquelles une auto peut se mouvoir seule et sans être conduite, dès lors qu’elle sait où elle va (GPS), qu’elle sait où elle est (GPS, géolocalisation et caméras inboard), qu’elle sait aussi se déplacer toute seule (direction et motorisation électriques, châssis contrôlé) et se repérer au milieu d’autres mobiles (radars embarqués).

Tous les éléments du puzzle sont déjà disponibles aujourd’hui et montés sur des véhicules haut de gamme auxquels ils apportent un indéniable complément de sécurité et de confort. Une voiture moderne sait lire les panneaux de signalisation et reporter sur son tableau de bord la vitesse à ne pas dépasser. Son programmateur de vitesse couplé à un radar de proximité, à un accélérateur électronique et à des freins électriques, permet à un véhicule de s’insérer dans un flot de circulation en gardant une distance de sécurité idéale et en progressant à la vitesse de la voiture qui la précède et ce jusqu’à l’arrêt complet. Son volant vibre quand la voiture franchit une bande blanche. Sa direction électrique n’est plus reliée mécaniquement au volant, ce qui lui permet d’effectuer seule des corrections de trajectoire. Elle sait aussi se garer toute seule entre deux voitures. Mieux encore, un premier parking automatique a été mis en œuvre qui permet au conducteur de descendre à l’entrée du parking, puis à sa voiture d’aller automatiquement se garer « très serré » puisqu’il n’y a plus de portes à ouvrir. Gain de place 30%. A son retour la voiture vient le prendre à la sortie. Mieux encore, les progrès de la recharge par induction permettront aussi aux voitures électriques de ne plus être branchées pour être rechargées.

Les premiers démonstrateurs réalisés par des universités américaines dès 2004 à l’occasion d’un challenge organisé par le DARPA, Defense Advanced Research Projects Agency (agence chargée des projets de recherche avancée pour la Défense US ) ont obtenu très vite de très intéressants résultats. Google a développé ses « Google Cars ». 10 d’entre elles ont parcouru 200000km en Californie sans provoquer d’accident. Le Nevada vient d’autoriser leur circulation sur route ouverte, mais avec un conducteur capable de reprendre le contrôle si nécessaire.

A une époque où les avions savent se déplacer de manière totalement automatique dans les 3 dimensions, il fallait bien qu’enfin, nos vieux mobiles à roulettes y parviennent aussi dans les deux leurs, ce qui fut démontré au cours de toutes ces expériences, mais sans que les constructeurs automobiles, ces templiers du conservatisme technologique, ne daignent s’en préoccuper vraiment. Mais il semble que cette fois les événements se précipitent puisque Nissan vient d’annoncer être en mesure de commercialiser dès 2020 un véhicule totalement autonome et disposant de suffisamment de technologie à son bord pour se mouvoir dans un environnement non préparé et sans géolocalisation, contrairement au prototype Google.

Daimler-Benz a immédiatement surenchéri et il y a lieu de croire que cette industrie très oligopolistique se mettra en route comme un seul homme d’ici peu. Personne ne peut gagner, personne ne peut perdre, mais tous peuvent mourir. Il y va donc de son avenir. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes que de voir des constructeurs d’automobiles nous ouvrir les voies du transport individuel autonome collectivisable qui, fluidifié, densifié, dépollué et régulé pourrait bien prendre la suite de ce qui nous est imposé aujourd’hui’ hui comme la seule et unique solution pour nos déplacements individuels. La pensée unique est une pensée d’expérience, certes, mais de celle du passé.

Alors en 2020, il sera peut-être possible de demander à sa voiture ou à celle d’ IDELIB, de venir vous chercher à domicile, de vous emmener Place Clemenceau, d’aller se garer dans un grand silo Place de Verdun en attendant la fin de vos courses, puis de vous ramener à la maison. Avec un mot aimable issu de son synthétiseur vocal et un clin d’œil avec ses phares.

 Je dédie ces quelques lignes pleines d’espoir aux conducteurs d’IDELIS qui sont en grève aujourd’hui afin qu’ils puissent se préparer à cette grande révolution que nous attendons tous avec confiance. Je suis décidément terriblement positif.

http://www.youtube.com/watch?v=BD5a0Y9tuDg

http://www.youtube.com/watch?v=53ZGeKAr-D0

À propos Oscar

Il suffit de passer le pont...

Comments

  1. Larouture says:

    Finalement, il existe des innovateurs qui savent anticiper les mutations des villes.
    Ils n’ont pas écouté les discours des tenants de la prolongation de l’existant.
    N’ont-ils pas su traduire le langage « piverts »?

  2. Helene Lafon says:

    Et que devient le plaisir de conduire ? Et que deviennent la compétition, les courses automobiles ? L’Usage de la bouteille de champagne agitée par le vainqueur pour arroser le public, sera-t-il lui aussi programmé ?

    Mais, il y a quelques 120 ans, Oscar aurait très certainement écrit le même article sur la future voiture « automobile » et les adeptes du forum les mêmes commentaires inquiets et dubitatifs. Quant à moi, je vous aurais rappelé quelques agréments des voyages à cheval, en calèche ou même en diligence.

    • Et que devient le plaisir de conduire ? Et que deviennent la compétition, les courses automobiles ? L’Usage de la bouteille de champagne agitée par le vainqueur pour arroser le public, sera-t-il lui aussi programmé ?

      Le plaisir de conduire tend très nettement à disparaître dans les conditions du moment et celles à venir. En proportion du nombre de panneaux ronds cerclés de rouge qui prolifèrent en bord de route. Mais je suppose que les voitures autonomes auront également un bouton « off » pour ceux qui voudront profiter des derniers espaces de liberté. 🙂
      Pour ce qui concerne la compétition, j’espère voir un jour des courses de voitures autonomes. De quoi développer les logiciels les plus pointus, capables d’optimiser trajectoires et performances mais surtout la course en « paquets ». Gare au bug !

      Une bonne idée pour le GP de Pau: y créer le premier challenge pour voitures de course sans conducteurs. Avec bouteille de Jurançon à LED pour les geeks vainqueurs !

  3. Le Gof JF says:

    La société humaine s’est outillée, puis mécanisée, informatisée et maintenant elle se robotise. L’intelligence artificielle concurrence l’intelligence humaine, la dépassant parfois même. Les robots de plus en plus produiront, réfléchiront, surveillerons, parleront, agiront et… conduiront des véhicules. Se posera le problème du partage des richesses créées, des revenus au niveau d’un pays, d’une ville, puisque le travail deviendra de plus en plus rare. Alors quelle réflexion nos experts, nos hommes politiques ont a nous proposer à l’heure actuelle ? Les 32 h ? Les 20 h ? Un revenu d’existence pour tous ?…

    • Je pense qu’il est erronné de voir la technologie comme une alternative au travail humain. L’histoire démontre justement le contraire. Ce n’est pas l’absence de travail qui pose problème aujourd’hui, c’est plutôt son déplacement ou sa nouvelle répartition que l’on qualifie de mondialisation. Vue par un chinois, le progrès technologique est bien une formidable opportunité.

  4. Je ne vois pas en quoi cela pourrait remplacer les transports en commun. Le gain de place sur un parking est sans doute de 30% mais pas sur la route.

    • La conduite automatique accroitra à la fois la densité des véhicules sur la voie ( en réduisant les distances intercalaires) et la fluidité de la circulation. Démarrage et freinage simultané, vitesse optimisée pour des feux synchronisés etc..etc…
      Les véhicules urbains seront également de dimension plus réduite

      • C’est possible. Mais ça ne remplacera pas les transports en commun pour autant. Aux périodes d’embouteillage par exemple, les voitures sont actuellement collées les unes aux autres. Elles ne peuvent pas l’être davantage.

        • Si bien sûr. Elles sont collées à l’arrêt, mais entre le démarrage de la première et celui de la dernière il va s’écouler du temps représentant la somme des temps de réaction des conducteurs ainsi que des distances de sécurité. En conduite automatique les voitures circulent comme les wagons d’un train, reliés entre eux par un crochet invisible. On doit pouvoir facilement doubler voire tripler le débit

          • Oscar: « entre le démarrage de la première et celui de la dernière il va s’écouler du temps représentant la somme des temps de réaction des conducteurs ainsi que des distances de sécurité ».
            Le conducteur « de derrière » récupère rapidement la seconde qu’il a perdu au démarrage sur la voiture « de devant ».
            Ensuite, les 2 secondes de sécurité, c’est « sur la route », à 90 km/h. En ville, à 50 km/h et bien souvent moins que ça, en pratique, il y a moins de 2 secondes.

            • Désolé de vous avoir apporté la contradiction !

              • Ce n’est pas à moi que vous apportez contradiction mais à la mécanique des fluides..

                Traduction rapide: 22 véhicules circulent en rond à la même vitesse 30km/h et à la même distance. Très rapidement, les distances entre véhicules varient, des ralentissements se produisent qui se propagent en arrière de la queue de véhicules à la vitesse moyenne de 20km/h. Le phénomène est de nature ondulatoire . Il ne peut être maîtrisé que par un contrôle strict des distances entre véhicules, de leurs vitesses et de leurs temps de réaction..

              • D’accord pour ce qui est de véhicules qui tournent en rond, mais imaginez 20 voitures arrêtées à un feu rouge, aux heures de pointe, en CV. Elles vont passer à ce feu lorsqu’il sera vert avec une seconde d’écart entre chacune, -même écart entre des voitures automatiques (on peut difficilement imaginer un écart de moins d’une seconde entres voitures pour des raisons de sécurité)-. Sur les 20 voitures, il y aura sans doute un conducteur qui va traîner et empêcher certaines de passer derrière lui, mais en parallèle de cela, il ne passerait pas le double de voitures automatiques dans les mêmes conditions.

  5. On ne devient pas constructeur automobile comme ça, le « ticket d’entrée » est extrêmement élevé. D’où la (relative) passivité des constructeurs actuels sur le sujet jusqu’à aujourd’hui : ils peuvent se bouffer entre eux, mais craignent assez peu l’arrivée d’un concurrent sortant de « nulle part », même bardé de plein de nouvelles technologies comme Google.

    Relative passivité, parce qu’en réalité le sujet de la voiture autonome n’est pas si récent que ça. Google l’a mis sous le feu des projecteurs ces dernières années, mais les recherches en ce sens existent depuis plusieurs décennies, y compris de la part de constructeurs classiques. Les différents systèmes d’assistance à la conduite disponibles aujourd’hui (ABS, antipatinage, radars de calandre, systèmes de détections de franchissement de ligne blanche,…) sont ne sont d’ailleurs rien d’autre que des évolutions incrémentales vers une conduite automatisée.

    Les voitures autonomes (sans personne à bord, ou avec quelqu’un ne pouvant pas intervenir sur la conduite) c’est encore chose. même si on peut imaginer que la technologie sera mature dans quelques années, cela pose des problèmes légaux importants : en cas d’accident, qui est responsable ? Dans un avion, même piloté entièrement en automatique, le commandant de bord reste responsable du truc.

    • C’est une vision pour le moins naïve. Tous les automatismes du monde ne peuvent réduire le risque à zéro, et il y a 36000 raisons pour lesquelles un système complètement automatique de conduite peut « faire une erreur ». La reconnaissance automatique de caractères, après des décennies de recherche et de progrès, n’est toujours pas fiable à 100%, et pourtant reconnaître des caractères est à priori un exercice plus facile qu’analyser une scène sur l’environnement extrêmement complexe et imprévisible qu’est une route ouverte (surtout en ville).

      Je crois d’ailleurs assez peu au véhicule autonome dans un environnement ouvert, qui ne lui est pas réservé.

    • Georges Vallet says:

      « Sans doute le propriétaire de la voiture si ce n’est plus son conducteur »
      Si j’ai bien compris, c’est le cas maintenant puisqu’on est flashé par derrière.
      Vous ne craignez pas les bouchons et les problèmes de stationnement avec toutes ces voitures individuelles?

      • Ces solutions ne seront certainement pas exclusives de modes de transports de masse plus classiques et de toute façon moins onéreux, sinon pour la collectivité au moins pour les individus . Ce que j’ai voulu simplement dire c’est que la voiture autonome ouvrirait de nouvelles perspectives au transport individuel et qu’il ne fallait donc pas l’ enterrer trop vite . Par exemple, si les voitures « savent » aller se garer toutes seules, on doit pouvoir densifier l’utilisation des parkings existants ou en construire d’autres qui ne soient pas nécessairement adaptés à une fréquentation humaine.régulière. La généralisation de l’autopartage sera de toute façon corrélée avec le développement de la voiture autonome.
        Intéressant de constater à ce propos, que la SNCF vient de prendre le contrôle de la société Green Cove, le principal opérateur de co-voiturage site 123envoiture.com