Usine de TMB-méthanisation de Bordères sur l’Echez

Capture d’écran 2013-09-15 à 11.11.17Le cadre de vie, la qualité de l’air et la santé des riverains menacés. Il semblerait que certains élus et porteurs du projet de l’Unité de Traitement et de Valorisation 65 (UTV 65), future usine de TMB-méthanisation (Traitement-Mécano-Biologique) de Bordères sur l’Echez, soient atteints du mal dénommé : « le syndrome de Pinocchio »…

Les signes permettant de repérer la ou les personne(s) atteinte(s) se manifestent toujours de façon identique : discours redondant occultant VOLONTAIREMENT toutes les facettes dérangeantes de la réalité.

Cette ancienne pathologie a apparemment refait surface en 2012 et les premiers symptômes ont été détectés chez certains élus, qu’ils soient Vice-président, Maire de commune, Président d’un Syndicat Mixte…

Voici les meilleurs extraits auxquels nous apporterons des précisions.

Le maire de Bordères sur l’Echez, le 14 décembre 2012 dans son bureau en présence d’un témoin :

« Nous avons visité l’usine d’Angers, avec une délégation d’élus. Cette installation ne dégage aucune odeur… Peut-être un peu à l’intérieur des hangars…/… Nous avons doublé les capacités de filtrage de l’air vicié, par rapport à l’usine d’Angers. »

« Si je me représente et si je suis élu, en cas de dégagement de nuisances par l’usine que nous allons faire construire à Bordères, je prendrais mes responsabilités de maire, je ferais stopper le fonctionnement de l’usine jusqu’à ce que des modifications soient apportées afin qu’elle n’occasionne plus de nuisances… »

Le maire de Bordères sur l’Echez, le 04 juillet 2013, lors d’une réunion publique à Bordères sur l’Echez :

« Même en cas de nuisances, on ne peut pas faire arrêter l’exploitation d’une usine de 50 millions comme ça… »

Le 1er Vice-président de la Communauté de Communes du Grand Tarbes, dans un article du magazine l’Agglo n° 40, à propos de la future usine TMB-méthanisation :

« Les gens ont été rassurés. Mais je tiens à préciser que, ni le Grand Tarbes, ni la Mairie de Bordères, ne se sont lancés à l’aveugle sur ce projet. Nous sommes allés visiter une demi-douzaine d’usines de méthanisation en Allemagne et en France. Nous avons constaté que selon les procédés que l’on désire, il y a peu de nuisances ou aucune nuisance. L’usine d’Angers, installée au milieu des lotissements, ne génère pas la moindre odeur. »

Monsieur le maire et 1er Vice président du Grand Tarbes, dire et écrire que l’usine d’Angers ne génère aucune odeur, c’est se moquer ouvertement des riverains de cette installation, qui souffrent au quotidien depuis sa mise en service en 2011. Et c’est prendre les personnes que nous représentons pour de simples NIMBY (1)

Effectivement, une délégation d’élus de Bordères sur l’Echez et du Grand Tarbes est allée visiter l’usine BIOPOLE d’Angers. Il y a eu trois visites :

· Le 04 novembre 2010, BIOPOLE n’était pas en service.

· Le 28 mai 2011, l’association SEBIO (2) nous confirme qu’à cette période, les riverains subissaient des nuisances olfactives et une invasion de mouches.

· Le 21 mai 2012, l’association SEBIO nous confirme qu’à cette période, les riverains subissaient des nuisances olfactives et une invasion de mouches.

Et pour preuve, l’association en question nous a envoyé la copie des mails des riverains signalant ces nuisances. Nous les tenons à votre disposition.

Vous tenez le discours qui a été tenu aux riverains de l’usine Biopole d’Angers, à qui on a même dit que les erreurs de Montpellier ne se reproduiraient pas. Mais le discours tenu était fallacieux.

Vous avez également annoncé (dans le cas d’une hypothétique candidature et d’une non moins hypothétique réélection) : «  Je prendrai mes responsabilités de maire. Je ferai stopper le fonctionnement de l’usine jusqu’à ce que des modifications soient apportées afin qu’elle n’occasionne plus de nuisances« .

Pourtant, plus haut, le 04 Juillet 2013, vous avez dit :« Même en cas de nuisances, on ne peut pas faire arrêter l’exploitation d’une usine de 50 millions comme ça… »

Auriez-vous oublié l’article L.2212-1 et 2 du Code Général des Collectivités Territoriales, qui stipule que le maire d’une commune a le devoir d’assurer :

· la sécurité, qui tend à éviter les dangers menaçant la collectivité ou les particuliers

· la tranquillité, qui tend à prévenir certaines gênes excédant les inconvénients normaux de la vie en société

· la salubrité, qui est la prise en compte des préoccupations liées à l’hygiène ou la santé publique au sens large

Le Président du SMTD 65 dans un article de presse de la Nouvelle République des Pyrénées, le 04 juillet 2013 :

« Les investissements nécessaires à la qualité de vie des riverains seront faits à l’unité de méthanisation de Bordères…/… Certes, les nuisances olfactives subies par les riverains des usines d’Angers et de Montpellier se sont effectivement produites. Mais elles ont conduit les collectivités à engager de nouveaux travaux pour y remédier. Le président assure que le projet de Bordères tient compte des difficultés rencontrées par les premières usines construites en France et bénéficie de tous ces retours d’expériences. »

Monsieur le Président du SMTD 65, nous constatons que vous avez bien appris votre leçon, ou qu’on vous a particulièrement bien soufflé les réponses….

Vous vous basez sur des chiffres, comme tous ceux qui ont décidé de ce projet, sans qu’il y ait eu de véritable étude(s) comparative(s) sérieuse(s). Pour notre part, nous fondons notre jugement sur des faits réels et le vécu des riverains des ces installations.

Pour information, entre autres, une société proposait une solution associant les technologies suivantes : tri-extrusion, méthanisation, production de carburant (partenariat avec CENTRIEX, ROCANDA/DOMUS). Cette solution innovante semblait pourtant présenter un réel intérêt sur un plan technique mais également financier pour le Conseil Général 65. De plus, ce procédé ne dégage absolument aucune nuisance.

L’A.D.R.I.S.E, l’UNPI 65 et la PPR 65 s’interrogent sur les raisons ayant conduit à écarter ce procédé innovant du dialogue compétitif. S’il s’agit uniquement d’un manque de recul par rapport à ce procédé, que peut-on dire alors du recul que vous avez par rapport au procédé Tri Mécano-Biologique, qui montre ses limites partout où il est mis en place et notamment à Montpellier et à Angers ?

A ce jour, sur l’installation d’Angers, le surcoût est de 21,5 millions d’euros depuis la mise en service. Et les nuisances sont toujours présentes !

L’usine que vous projetez de construire à Bordères/Echez est quasiment une copie conforme de celle d’Angers, mis à part qu’elle ne produira pas d’électricité et d’eau chaude. Malgré vos propos faussement rassurants, nous connaissons déjà le triste scénario et nous demandons à chaque lectrice et lecteur de bien s’imprégner des lignes qui suivent pour s’en faire l’écho.

Nous sommes certains, que, dès le début du fonctionnement de cette installation, nous aurons à subir de fortes nuisances olfactives qui s’étendront, selon les vents porteurs de 2 à 3km à la ronde. Rapidement, s’ensuivra une invasion de mouches.

Concernant les mouches, au début, on nous dira qu’il n’y en a pas plus qu’à l’accoutumée, que ça ne vient pas de là,…, que c’est le changement climatique. Mais quand le ton montera, on nous répondra : « mais les mouches ce n’est pas sale ! » Durant à peu près un an, pour nous calmer, on nous dira que l’usine est en phase réglage. »Ne vous inquiétez pas ça va s’arranger »: diront les porte-parole.

Mais on peut vous garantir que ça ne s’arrangera pas. Et quand l’exploitant en aura assez d’essuyer les plaintes liées aux odeurs et aux mouches, il emploiera des produits masquant et des insecticides. Bien entendu, avec ces produits, il y a des risques pour la santé. Personne ne l’ignore, mais on va le faire quand même, comme à ANGERS.

Face à la durée des nuisances, on nous dira qu’on cherche une solution. Et ça durera, ça durera encore des semaines, et des mois. Bref, ça durera des années ! Des années où il ne fera plus bon vivre dans nos demeures. Des années durant lesquelles chacun se dira : « si on avait su ». De bien mauvaises années.

Un autre effet, sera la baisse des biens immobiliers allant jusqu’à 60%, selon la distance qui les sépare de l’usine.

Ne négligeons pas non plus le fait que l’UTV 65 et l’usine EDEN AGRO (autre usine ayant pour but de traiter les déchets agro-alimentaires…) seront quasiment côte à côte. Nous sommes certains que l’exploitant de L’UNE ne manquera pas de rejeter la faute sur l’AUTRE.

Enfin, la partie écologique de ce projet se résume uniquement par la réinjection de gaz dans le réseau GRDF, dont les quantités encore une fois, ne sont basées que sur de savants calculs. Vous annoncez une production de gaz équivalente à la consommation de 20 000 habitants.

Ce que vous ne dites pas, c’est que pour arriver à ce résultat, vous allez détériorer gravement le cadre de vie et la qualité de l’air d’environ 5000 à 6000 personnes, et pour de nombreuses années. Quant au compost produit, il ne trouvera pas preneur et finira soit à l’incinération puis en décharge, soit en décharge directement, au Bécut à Bénac, avec un surcoût par rapport à vos prévisions.

N’hésitez pas à relire cet article, à le conserver et le faire circuler car nous ne noircissons pas le tableau, nous vous informons pour que vous réagissiez avant qu’il ne soit trop tard. A cet effet, nous demandons à toutes et à tous de vous mobiliser contre ce projet qui n’a rien à faire si près des habitations.

Nous demandons aux élus impliqués dans ce projet de bien réfléchir aux orientations prises car ils auront à en répondre dans un proche avenir. Le moment est venu de faire preuve de probité et de courage intellectuel.

Nous demandons aux élus des communes avoisinantes de se positionner au plus vite sur ce projet qui va impacter leur population.

Nous demandons aux élus et aux habitants des communes plus éloignées de nous soutenir dans notre démarche.

Nous demandons à chacune et à chacun de bien prendre la mesure de ce qui nous attend, de ce qui attend vos enfants, vos petits-enfants et tous vos proches, ainsi que vos amis et de se mobiliser pour que le cadre dans lequel nous vivons ne devienne pas rapidement et irrémédiablement invivable.

Nous utiliserons tous les moyens légaux que les lois de la République mettent à notre disposition pour faire avorter ce projet insensé de TMB-méthanisation, pour que le Plan d’Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés (PEDMA) soit modifié et que l’on étudie très sérieusement une solution de traitement des déchets ne produisant aucune nuisance.

Au final, si nous n’obtenons pas de résultats positifs nous n’hésiterons pas un seul instant à faire de Bordères sur l’Echez, un second « Notre Dame des Landes ».

(1) Le terme NIMBY est employé par les pouvoirs publics pour dévaloriser le point de vue des habitants, qui ne doit pas être négligé, ne serait-ce parce qu’ils raisonnent à une échelle différente et qu’il est nécessaire, en géographie et aménagement, de prendre en compte toutes les échelles
(2) SEBIO : Association Sauvegarde Environnement Biopole.
le site de l’A.D.R.I.S.E : https://sites.google.com/site/associationadrise/
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