L'Homme a fait son temps, le Transhumanisme s'épanouit, le Post-Humanisme n'est pas loin!

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GV

  • Une émission de C dans l’air sur «La France de Jules Verne.»
  • Un texte d’Oscar sur la voiture autonome.

«…. en 2020, il sera peut-être possible de demander à sa voiture…., de venir vous chercher à domicile, de vous emmener Place Clemenceau, d’aller se garer…. Place de Verdun, en attendant la fin de vos courses, puis de vous ramener à la maison. Avec un mot aimable issu de son synthétiseur vocal et un clin d’œil avec ses phares.»

  • Une participation de Le Gof JF:

«L’intelligence artificielle concurrence l’intelligence humaine, la dépassant parfois même. Les robots de plus en plus produiront, réfléchiront, surveilleront, parleront, agiront et…»

  • Des propos tenus par Pierre-Yves Oudeyer:

«Alan est un robot de type développemental. Doté de modèles informatiques de curiosité artificielle et d’apprentissage, ainsi que de mécanismes innés, il est capable d’exprimer son état interne sous la forme d’expression du visage et de sons. Alan s’aperçoit que certaines entités externes réagissent de manière très particulière à ses expressions faciales ou ses vocalisations et découvre ce que nous appelons «humain». Il le désigne par le symbole GX-29.»
Pure fiction? Pas tout à fait, c’est l’image des prototypes élaborés dans le cadre des recherches en robotique développementale et sociale menées par Pierre-Yves Oudeyer et ses collègues du monde entier.
La voiture autonome n’est qu’une étape, apparemment très séduisante, dans le transhumanisme qui propose une amélioration progressive de notre condition par l’usage des sciences et des techniques.
Le post humanisme n’est cependant pas très loin, c’est-à-dire le développement d’une nouvelle humanité; les technoprophètes proposent en effet une évolution radicale. La convergence de l’électronique avec les bio et nano-technologies a permis l’émergence de techniques autonomes capables de prendre des initiatives, de s’auto-hybrider. Cette révolution inédite qui promet de l’imprévisible est appelée, dans le jargon des post-humains, la «singularité». Elle initierait des mutations pour nous conduire vers l’ère de l’après-humanisme. La séquence du génome étant devenu bon marché, on devrait pouvoir, prochainement, détecter l’influence des gènes sur les traits comme l’intelligence et être capable d’agir sur eux.
Si l’on parvient à sélectionner des embryons humains sur la base de la personnalité et des capacités cognitives, que devront faire les parents? La société?
La question de l’eugénisme ressurgira. Pour Ray Kurzweil, écrivain phare de cette mouvance, en 2030, une intelligence non biologique sera prête. Les premières étapes sont déjà palpables dans notre société: la promesse d’arrêter le vieillissement grâce à la nanomédecine, celle d’augmenter la mémoire, de procréer de manière totalement in vitro….
Mais voilà, ces offres ne concerneront qu’une catégorie de la société.
A terme, il existera un être inédit, avec des capacités post-humaines, et des individus qui n’y auront pas accès et conserveront uniquement leurs capacités humaines…seront-ils de citoyens de second rang?
De nombreux penseurs de la modernité ont considéré favorablement une telle perspective. Beaucoup sont hésitants: «Une humanité techniquement clivée comprenant des êtres aux capacités d’empathie sectorisées et à la compassion circonscrite serait-elle encore une Humanité digne de ce nom ?» Etienne Klein
Ce qui défint l’homme, c’est sa fragilité. Cette vulnérabilité nous distingue des machines, elle est l’essence même de notre société. Une humanité sans blessures serait fermée sur elle-même.
Pour Jean-Marie Besnier:«Nous sommes des êtres de désir car nous sommes en manque et il n’y a pas plus fondamental en l’homme que le désir. Le transhumanisme tue le désir.»
Hélène Lafon, au cours de sa participation au forum, l’avait évoqué, à sa manière, quand elle disait:«Et que devient le plaisir de conduire ?»
Depuis les premiers bifaces, la technologie n’a cessé de progresser à une vitesse accélérée et de plus en plus incontrôlée.
Le but de la vie s’est noyé dans un grand flou, comme le nuage d’électrons autour du noyau; on ne sait plus où il est !
Face aux promesses du bonheur que les révolutions technologiques, politiques, civilisationnelles devaient apporter, nous sommes passés, dans le monde occidental, de la grande illusion à la grande désillusion! La dernière en date, l’explosion des technologies numériques risque de suivre le même sort. Internet décuple en effet nos capacités de découvertes, de mémoire et d’intervention; mais, d’un autre côté, il contribue à favoriser le retrait de la réalité et à banaliser le processus de clivage. Le monde s’y révèle à travers des fenêtres qu’il suffit, par un clic, de fermer pour oublier ce qu’elles nous montraient quelques instants auparavant. Les technologies numériques sont autant au service du lien que de la fuite, du link que du leak.
Il existe au cœur de l’être humain deux désirs opposés qui s’affrontent depuis l’origine: celui d’emprise, qui consiste à vouloir contrôler son prochain, et celui de réciprocité, qui pousse à établir avec lui des liens, de reconnaissance et d’enrichissement, mutuels. Les technologies numériques servent aussi bien l’un que l’autre. Il n’a jamais été aussi urgent de choisir si nous ne voulons pas basculer dans la fin du droit au secret, de la surveillance généralisée, de la prévention prédictive et finalement, de la barbarie.
Face à cette révolution d’une ampleur équivalente à celle de la révolution néolithique, mais d’une rapidité sans commune mesure avec celle du passé, une adaptation de la collectivité, complètement débordée, est fondamentale, afin de lui permettre de s’intégrer à cette nouvelle société, de profiter de ces progrès fabuleux mais aussi d’être capable de limiter ses dérives négatives, ce qui est moins sûr !
La transition est difficile car:

  • La vitesse d’intégration des acquisitions nouvelles par le cerveau humain est beaucoup plus lente que celle de l’apparition des produits sur le marché.
  • Bien des jeunes d’un bon niveau intellectuel s’orientent vers la finance, le commerce et l’écononomie, d’où la désertification des formations scientifiques, les seules capables, d’une part, de participer à la recherche fondamentale et appliquée dans ces domaines, et d’autre part de permettre une adaptation plus rapide à ces nouvelles nécessités.

La condition essentielle de la réussite de cette transition «transhumanistique» passe par l’accompagnement éducatif de la population; l’instruction, surtout dans le domaine des sciences, est la seule solution de fond pour lutter contre l’obscurantisme, le désespoir, le chômage, la violence…Il faudra du temps, à la fois pour changer les esprits et pour résorber, le plus possible, toute une tranche de la population à la dérive du fait de son abandon par les pouvoirs publics, du désespoir et de ses conséquences dramatiques.
Il est toujours temps pour améliorer le sort de l’homme !
Nos cerveaux, seulement humains, laisseront aux neurones trans et posthumanoïdes :

  • La résolution des problèmes que nous ne savons pas résoudre: énergie, dettes, retraites, pauvreté, pollution, etc., désignation des bonnes listes électorales et des futurs Présidents !
  • et celle des nouveaux qui ne manqueront pas de surgir ! Y parviendront-ils ?

– par Georges Vallet

Crédit photos: robotcub.org

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4 commentaires

  • Et oui l’homme a fait son temps, vive les petits robots !!!

  • « Ni fréquenté des enfants de « primitifs » »
    Même avec des parenthèses le terme de » primitif » que le sieur Peyo utilise me semble « hasardeux » car il a des présupposés malheureux!
    Lévi-Strauss a montré que la pensée des peuplades dites « primitives » n’était pas moins complexe et « intelligente » que la nôtre; votre affirmation n’a donc rien de contradictoire avec mon texte.
    Des « primitifs » , au sens où vous l’entendez, il n’est pas nécessaire d’aller aussi loin pour en trouver!! Nos sociétés occidentales en fabriquent; c’est à ceux-là, entre autres, que cette phrase pourrait s’appliquer.

    • Monsieur Vallet c’est vous qui avez lancé le débat, en choisissant même le titre L’Homme a fait son temps, etc. Alors , plutôt que tergiverser en parlant à côté du sujet, revenez donc sur votre « fulgurance » pour la mettre à notre portée:
      « La vitesse d’intégration des acquisitions nouvelles par le cerveau humain est beaucoup plus lente que celle de l’apparition des produits sur le marché « 

  • Vallet écrit « La vitesse d’intégration des acquisitions nouvelles par le cerveau humain est beaucoup plus lente que celle de l’apparition des produits sur le marché « . Une affirmation hasardeuse, mais probablement que le sieur Vallet n’a pas beaucoup voyagé en dehors de son microcosme. Ni fréquenté des enfants de « primitifs », qui en une génération ont su passer de l’âge de pierre à l’excellence universitaire.

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