Le Billet de… (2)

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alexisa1Ce dimanche Midi, Monsieur le curé de Sainte-Cluque nous a rejoint à l’auberge, après ses deux messes paroissiales, et de suite, Couillandrou, qui est un tantinet anticlérical, l’a entrepris sur les déclarations du Pape François :
« Alors ça y est, Monsieur le Curé, on évolue ? Il paraît que bientôt, en vous mariant, vous pourrez faire des enfants pour suppléer à la crise des vocations ! »

Monsieur le curé, n’en est pas à la première estocade, et les sarcasmes glissent sur lui comme la mise en examen sur la peau d’un député. Il répond avec un sourire :
« Hé bien, même si c’est pas demain la veille, l’Eglise ne ferait que revenir à son point de départ : Saint Pierre était marié, et c’est sur lui que le Bon Dieu a bâti son Eglise ! Qu’est-ce que tu trouverais à y redire, Aristide ?

«  O moi rien ! Mais ma femme m’a dit qu’au grand jamais elle ne se confesserait à un curé marié ! Des fois que sur l’oreiller il pourrait en causer avec sa bobonne ! »

Latrufe intervient : Ca veut dire quoi, Aristide ? Que ta femme a des choses inavouables à confesser ? Comme de te faire cornette par exemple ?

Aristide pâlit un peu : Depuis qu’une garce de voisine lui a dit que son dernier ressemblait au facteur, il ne peut s’empêcher d’avoir des doutes. Lapistole intervient pour calmer le jeu :
«  O tu sais Aristide ce que dit le proverbe : « Tout ce qui naît dans la bergerie appartient… au Bélier ! »

«  Et heureux que quelque chose nous appartienne ! » intervient Pipaùtoû, avec un peu de colère ! Avec ce que le gouvernement nous vole avec les nouveaux impôts, et ce que nous volent les « Gitous » et les autres, il ne nous restera bientôt que la peau des fesses : Vous avez vu ? Même madame Cresson a porté plainte !  Non seulement les « Gitous » lui volent ses pommes et ses poires, mais ensuite ils vont les chier dans son potager ! »

Birecouyoû intervient : « Qu’est-ce que tu veux Jules, c’est leur culture qui veut ça. C’est la Taubira qui l’a dit ! Et c’est leur façon aux gitans de restituer ce qu’ils ont emprunté. D’ailleurs, Madame Cresson qui est du parti de la rose devrait savoir que c’est sur le fumier qu’elle pousse le mieux ! »

Couillandrou se sent obligé d’intervenir pour défendre le parti de la rose, parce que le neveu de la tante de son beau-frère va être candidat à la Mairie de Mourenx, dont Habib ne veut plus : «  En tout cas, vous avez vu que Valls n’a pas molli : Vous l’avez entendu ? Il a dit : Les Roms en Romanie ! »
«  A oui, reprend Jules de plus en plus furax, Tu vas voir comment le Syndicat de la magistrature va te le faire Valser ton Valls ! Ces fils de pute ont déjà porté plainte contre le président du tribunal  qui avait dit à des « Gitous » qui avaient volé du fil électrique  qu’on n’allait pas les laisser piller notre pays ! Et Valls a fermé son clapet ! Alors Aristide si l’on ne peut pas dire à un voleur qu’il est un voleur,  où on va ?

Couillandrou est un peu pris de court. C’est le Maire qui rétorque : «  Bah, un autre proverbe dit : c’est un pauvre pays que celui où il n’y a ni putes ni voleurs ». Et si les « Roms » viennent voler en France, c’est qu’il n’y a rien à voler dans leur pays !  Mais bien sûr, je ne veux pas dire qu’il faut se laisser voler ! »

Cyprien, l’aubergiste rétorque : « Oui, mais l’embêtant avec la loi, c’est que si tu t’en prends  a un cambrioleur, c’est toi qui seras condamné pour violences ! C’est la loi : Tu n’as le droit de tuer quelqu’un, qu’après qu’il t’ait tué ! C’est un peu dur à comprendre, mais c’est comme ça ! »

Pipaùtoû reprend : «  Hé bien, moi j’ai pas hésité : Une nuit mon chien a aboyé en direction de la grange ou j’ai mon chai, et j’ai compris qu’on me volait du vin. J’ai sauté sur mon fusil et j’ai pris deux cartouches au hasard, sans savoir si c’était du petit ou du gros plomb, et j’ai entendu le type qui s’enfuyait dans un chemin creux. Alors, Pam Pam, J’ai tiré les deux coups au hasard, à hauteur des fesses ! Et bien depuis, mes barriques dorment en sûreté !

Tout de même, quelque temps après j’en ai parlé au brigadier de gendarmerie de Lescar, et vous savez ce qu’il m’a répondu ? Il m’a dit : « Ecoute Jules, s’il t’arrive la nuit en croyant tirer sur un renard, de toucher une plus grosse bête : Ne viens pas surtout nous en parler. Tu l’enterres sur place, et tu fais dessus des pommes de terre. Et dans les 10 ans, il y aura prescription ».

« Et tout ça, dit Monsieur le curé en se levant,  c’est parce que des gens ont oublié de leur catéchisme, le : Tu ne voleras point !  Quant à toi, Aristide, Tu peux rassurer  ta femme. Comme je n’ai pas l’intention de me marier, elle peut donc venir se confesser en toute tranquillité. Et toi aussi d’ailleurs ! »

Birecouyoû comme d’habitude a dit : « Amen ».

– par Panturle

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