Bientôt à Pau, Le Salon du champignon*

assochampiLes relations des champignons avec l’homme sont anciennes : maîtrise du feu (amadou), fabrication du pain, du vin, du fromage, (roquefort, camembert..), rôle en pharmacologie et médecine (antibiotiques). Ils participent à la formation de l’humus, de la tourbe, du charbon, pétrole, etc. et à notre plaisir de les chercher, les ramasser, les manger.
La passion des champignons anime de très nombreux aquitains. Leur  recherche et leur cueillette est un véritable sport (gratuit et de plein air) qui se pratique en famille et mobilise du plus vieux au plus jeunes.
Mais, attention, même jolis, ils ne sont pas tous comestibles !

Vous trouverez au Salon de la Société mycologique du Béarn * des 19 et 20 octobre 2013 des réponses à toutes vos questions.

Dans l’ornière moussue,
Vit le cèpe ventru.
Sous le chêne feuillu,
Il prospère, joufflu.
L’embonpoint maximum aujourd’hui le menace.
Mais il s’en soucie comme
De sa première limace.

Le cèpe Champisart **

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Les champignons forment, avec les végétaux et les animaux, un troisième règne bien différencié, très varié, aux innombrables espèces. Un des objets de l’exposition est d’en montrer quelques unes. L’appareil végétatif est formé de filaments microscopiques appelés mycélium. Ce que vous appelez «champignon» est en réalité une partie spécialisée des champignons supérieurs dans la formation de spores, c’est-à-dire la reproduction, la multiplication, la dispersion. Longtemps placés dans les végétaux, ils ont été séparés car ils n’ont pas de cellulose, de chloroplastes, d’amidon; par contre ils contiennent de la chitine comme les insectes, du glycogène, ce qui les rapproche beaucoup des animaux. La nutrition est une absorption d’eau, de sels minéraux et de matières organiques décomposées.

On sait que la majorité des plantes est associée à des champignons. Grâce à ces «mycorhizes», le champignon transfère à la plante de l’eau et des sels minéraux qu’il puise dans le sol. En retour, il reçoit une partie des sucres que la plante verte produit par photosynthèse. Ces réseaux mycorhiziens peuvent ainsi alimenter, dans un sens ou dans l’autre, suivant la saison, de nombreuses espèces végétales. Sans eux, les forêts n’existeraient pas. On parle d’alliance vitale «plantes-champignons», ajoutons donc «homme»!

Ces relations avec l’homme sont anciennes: maîtrise du feu (amadou), fabrication du pain, du vin, du fromage, (roquefort, camembert..), rôle en pharmacologie et médecine (antibiotiques). Ils participent à la formation de l’humus, de la tourbe, du charbon, pétrole, etc.

Ce sont des bio-indicateurs de milieux, des accumulateurs de polluants (métaux lourds, radioactivité). Ils jouent un rôle dans la lutte biologique comme insecticide, nématicide, herbicide.

Très prisé comme aliment, l’analyse donne:

82 à 92% d’eau, 0,5 à 1,5 % de matières minérales (phosphates, potassium…) à un taux supérieur aux légumes courants, à peu près égal à la viande, 3 à 6% de glucides, la plupart non assimilables, 1% de lipides, 2 à 4% de protides dont une partie seulement est assimilable. Oligoéléments (Zinc, cuivre, aluminium, fer….), vitamines : A, B, C, D,….La valeur nutritive est donc faible et tout n’est pas assimilable.

«Dis-moi quels champignons tu consommes, je te dirai quel peuple tu es.»

Petite leçon d’ethno-mycologie par celui qui reste le totem de l’anthropologie française. Lévi-Strauss, amateur de champignons, a évoqué leur importance en sociologie (espèces hallucinogènes). Il existe une ethnomycologie.

Par contre, on connaît des nuisances possibles :

>Des intoxications alimentaires peuvent être provoquées par l’ingestion de composants toxiques propres au champignon mais aussi par les produits absorbés de l’environnement (pesticides, herbicides, produits radioactifs) Il faut être de la plus grande prudence en collectant dans les zones agricoles ou urbanisées.

>Les mycoses de la peau et des muqueuses: muguet, teignes de l’homme et des animaux. Dans la revue Nature, on apprend que des chercheurs ont collecté des échantillons provenant de la peau de dix personnes saines, sur 14 zones du corps souvent colonisées par des champignons: pieds, mains et plis des bras. Le genre le plus représenté est celui des Malassezia, retrouvé dans 11 des 14 endroits étudiés. Les pieds sont le lieu privilégié: 80 genres différents sur les talons, 60 sur les ongles et 40 entre les orteils ! Les plis du bras, l’intérieur de l’avant-bras et la paume de la main, renferment entre 18 et 32 genres de micro-organismes fongiques. Les zones les plus pauvres sont le dos, le cou, les oreilles et les sourcils qui abritent moins de 10 genres différents. Ils ont un rôle majeur dans l’équilibre de l’écosystème cutané.

>Dégâts occasionnés aux cultures et aux élevages, altérations des matières premières industrielles et agricoles: céréales et dérivés, produits laitiers, viandes, oléagineux, œufs, fruits, légumes, boissons, papiers, liège, bois, cuir, matières plastiques, peintures, colles, produits pétroliers, le verre même (lentilles oculaires).

Leur importance culturelle est souvent ignorée.

Lors d’un test, en 2009, à Osnabrück, en Allemagne, un violoniste, caché derrière un rideau, a joué de cinq violons différents devant 180 personnes chargées d’apprécier la plus belle sonorité. Avec 39 voix, un instrument du maître luthier italien Stradivarius, estimé à 2 millions d’euros, n’a décroché que le deuxième prix. Quel était donc celui qui a obtenu les 90 voix ?

C’est un instrument conçu par chercheur Suisse Francis Schwarze. Pour réaliser cette prouesse, il a employé des champignons lignivores pour traiter du bois d’érable, constituant du fond du violon. Lorsqu’il attaque le bois, ce champignon réduit sa densité. Il ne s’attaque qu’aux cellules du bois tardif, qui ont une paroi épaisse, et non à celles du bois précoce, à paroi mince. Ainsi, le bois possède une densité faible et homogène, tout comme celui qu’utilisait Stradivarius.

Les champignons ont inspiré les peintres flamands du 16e siècle, ils étaient souvent associés à l’Enfer. En Angleterre, à l’époque victorienne, on liait les champignons aux fées. Avec son chapeau rouge ou orange tacheté de blanc, l’amanite tue-mouche semble le champignon préféré des lutins. On la voit dans les livres d’enfants, dans la publicité et même sous la forme des décorations de jardin.

Au cours des siècles, les champignons sont apparus chez divers auteurs; de Shakespeare à J.K. Rowling en passant par Molière. Dans La tempête, par exemple, Prospéro fait remarquer que les lutins fabriquent les champignons à minuit. En 1664, Molière emprunte le personnage de Tartufo de la comédie italienne en le rebaptisant Tartuffe. En italien, tartufo veut dire truffe. Molière montre son goût pour ce champignon en donnant le nom de Périgord à son château; le Périgord est la région de France où pousse la merveilleuse truffe noire. Plus récemment, Harry Potter a rappelé les liens étroits entre les champignons et la sorcellerie.

Le champignon littéraire le plus connu est sans doute celui que mange Alice au pays des merveilles. En grignotant un côté du champignon, elle devient plus grande et en grignotant l’autre, elle rétrécit. Lewis Carroll, savait sans doute qu’un des effets hallucinogènes de l’amanite-tue-mouche était d’agrandir ou de rapetisser les objets aux yeux de l’usager.

Un peu d’humour

«Les amours sont comme les champignons, on ne sait si elles appartiennent à la bonne ou à la mauvaise espèce que lorsqu’il est trop tard. » Tristan Bernard

A l’examen de Docteur en pharmacie.
L’examinateur: «comment reconnaît-on les champignons mortels ?»
Le candidat: «à l’autopsie».

L’urbanisation, l’industrialisation, la déforestation, le piétinement, l’assèchement, la pollution par les usines, l’agriculture, etc., sont autant de facteurs de disparition des champignons ; ce ne sont pas des erreurs mais de fautes !

– par Georges Vallet.

Crédit photos: société mycologique du Béarn.
*  Salon du champignon de la Société mycologique du Béarn, les 19 et 20 octobre 2013.
Salle festive Gaston Bonheur  (près Piscine Caneton) – 136, avenue de Buros 64000 PAU
Société Mycologique du Béarn – Président Yves Cestac
Ecole Primaire Henri IV, 2/4 pl République, 64000 PAU
Tel : 05 59 27 19 62 – mél : smyco.bearn@wanadoo.fr
** la source du poème « Le cèpe », c’est ICI

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