C ‘est pourtant simple, il suffit de sortir de l’ Euro…


Le mal français est bien connu. L’ Europe  nous a privé de notre monnaie, ce Franc salvateur et tutélaire,  et avec lui de notre « politique monétaire et budgétaire » dont nous étions si fiers, celle qui nous permettait d’ajuster notre compétitivité à coups de dévaluations et de déficits, au fil d’une inflation endémique et d’oublier ces forcenés d’Allemands, ces bons élèves de la croissance maîtrisée. Oubliées la perte d’influence continue du Franc et les transactions internationales que nos grandes entreprises devaient faire en $ ou en DM. Oubliée l’explosion du SME en 92 et l’accrochage résigné du Franc à ce qu’il était convenu d’appeler la zone Deutsch Mark. Ce bouton « Fast Rewind » (retour en arrière accéléré) que des nostalgiques d’une époque bien révolue, celle des marchés cloisonnés, des magnétoscopes arrêtés à Poitiers, des voitures japonaises interdites de circulation en France et de l’indexation des salaires sur les prix, voudraient actionner pour nous sauver, n‘a à l’évidence aucune chance de remédier à des problèmes structurels dont la monnaie n’est que la traduction et non pas la cause. D’ autant que la globalisation de l’économie est désormais irréversible, qu’elle est la condition d’une meilleure répartition des richesses dans un monde sans conflits et partant, la meilleure solution à terme pour un contrôle de notre démographie et donc de nos besoins de croissance.

Mais soit, cédons un instant à la tentation du doigt magique et sortons de l’ €, rien que pour voir. Comme nous sommes encore en France des gens respectueux des traités que nous signons, examinons d’abord si nous pouvons nous délier de nos engagements vis à vis du système monétaire européen que nous avons largement contribué à créer avec nos amis allemands. Premier problème, aucune disposition ne nous permet d’en sortir. Rien, sinon la porte ouverte en pointillé à une sortie de l’ UE prévue par le Traité de Lisbonne en 2009. Sortir de l’ € de manière « civilisée » passerait donc , soit par une renégociation du Traité de Lisbonne entraînant pour de nombreux pays un nouveau processus d’approbation par referendum. Soit par une sortie de l’ UE, avec toutes ses conséquences. Rien qui puisse se faire de manière instantanée, dans un domaine où l’effet de surprise est essentiel, afin d’éviter les réactions de panique et les mouvements de capitaux désormais réalisables en une fraction de seconde et d’un clic de souris. Un animal que le Général de Gaulle ne connaissait pas.

Mais imaginons que nous mettions au pouvoir un parti qui assure à ceux qui ont la faiblesse de le croire qu’une sortie de l’ € est la solution immédiate à nos problèmes et examinons ce qui pourrait se passer si  ils le faisaient. Sans trop aller dans les détails, car peu ou pas d’études se sont sérieusement attaquées au sujet, tant l’ampleur du cataclysme qui en résulterait dépasse notre capacité d’imagination ou de calcul. Les paramètres à mesurer sont en effet si nombreux et si aléatoires qu’il faut bien en conclure qu’une telle décision nous amènerait pour l’essentiel dans l’inconnu et donc dans l’improvisation. On en imagine les conséquences avec aux commandes des apprentis sorciers sans expérience et sans réseaux d’influence et tout autour, des prédateurs ou des défenses hérissées…

Bref, allons-y pour un petit cauchemar .

Premier tour des présidentielles 2017. Les résultats et les sondages indiquent que Mme Le Pen a des chances sérieuses de passer au second. En l’espace de 15 jours, les banques françaises sont littéralement vidées de leurs liquidités, tous les épargnants qui le peuvent encore transférant leurs avoirs en € sur des comptes ouverts à la Deutsche Bank. Les queues s’allongent devant les guichets et des incidents violents sont signalés. Le gouvernement intérimaire est obligé d’intervenir et d’instaurer un blocage des dépôts afin d’éviter la défaillance des banques françaises.  Imaginons le pire et supposons que malgré une situation devenue quasi-insurrectionnelle, Mme Le Pen soit néanmoins élue au 2ème tour et mette en œuvre son « grand plan ».

Le Franc est donc rétabli en grande pompe, dans un premier temps en parallèle à l’ € et exclusivement pour les comptes publics, en attendant la mise en œuvre d’une monnaie papier, tandis que des négociations s’engagent avec l’ UE pour gérer la nécessaire période de transition. Imaginons que dans un premier temps, une parité 1FF=1€ soit fixée afin de simplifier les termes de la conversion. Immédiatement, le premier problème posé au nouveau gouvernement par ses créanciers est celui de la dette colossale de notre pays .. Il n’y a guère que 3 mauvaises solutions pour cette dette de 2000 milliards d’ € ou plus d’ici là…

  1. La traduire en FF : les banques et tiers détenteurs anticipent sur l’inéluctable et la déprécient immédiatement de 30 à 50% en enregistrant en conséquence dans leurs bilans des pertes considérables. Les banques françaises, particulièrement exposées sont mises instantanément en difficulté, ce qui accroît leur risque d’illiquidité. Elles doivent donc être immédiatement nationalisées. Elles sortent de fait du système bancaire européen lui-même très fortement touché. La BCE se voit contrainte de racheter à ces banques de la dette française ce qui fait baisser le cours de l’€ et par effet induit celui du nouveau nouveau Franc.
  2. La laisser en € : elle se voit techniquement majorée du fait de l’ffondrement rapide des parités et vient faire peser sur le budget de l’Etat à court terme, une augmentation de charges équivalente, soit 30 à 50 % qui est traduite par une augmentation drastique des taux d’intérêt et de la charge de remboursement. Une option techniquement impossible à supporter et qui, de plus, rendrait toute cette opération inutile. La financer par création de monnaie ne ferait qu’aggraver le phénomène.
  3. La déclarer irrécouvrable en tout ou partie. La dette française est à passer en pertes et profits, provoquant immédiatement un effet château de cartes dont on peine à mesurer et à chiffrer les conséquences sur la stabilité cette fois non plus européenne mais mondiale et sur la crédibilité de la signature française. On se souvient encore des emprunts russes.

Dans tous les cas et quelle que soit l’option, la France se trouve à très court terme privée de sa capacité internationale d’emprunt  sauf à la marge et à des taux incluant une prime de risque très importante de l’ordre de 20-30 % pour des durées très courtes. Une situation qui devient rapidement intenable et implique l’intervention du FMI. La France se voit contrainte de se retirer de l’Otan et de gager ses réserves d’or auprès du FMI. Sa position au Conseil de Sécurité est contestée. L’Allemagne accepte de la remplacer, tandis que l’UE vole en éclat. L’Allemagne rétablit le Mark, appelé euromark, suivie par la Pologne, le Benelux et les pays du Nord. La BCE se déclare insolvable et n’assure plus la convertibilité de l’ € contre les monnaies nationales sauf l’ euromark. Tout le système bancaire européen doit être nationalisé ou maintenu artificiellement en survie et un strict contrôle des changes établi. Le gouvernement français annonce un prélèvement obligatoire de 10% de tous les avoirs détenus par des banques opérant en France.  Les derniers Français les plus aisés quittent le pays.

En France, les agriculteurs sont dans la rue. La suppression des aides européennes a mis en évidence des prix de revient bien plus élevés que ceux des pays de l’Europe du Sud, dont il faut désormais taxer les importations. Ceux-ci, suivis par tous les pays de l’UE instaurent des droits de douane équivalents à la dévaluation du Franc qui quelques semaines après son rétablissement a déjà perdu 30% par rapport à l’ € de référence, tandis que l’ euromark , tend à le remplacer comme une monnaie de transaction intra-européenne. La zone DM est donc rétablie de fait. Les taux d’intérêt en France, d’abord portés à 10 puis 20%, atteignent désormais 30% pour des durées limitées à un an maximum, renouvelable. Les entreprises se trouvent incapables d’emprunter pour se financer. La construction est arrêtée. La Bourse de Paris, contrôlée par le NYSE est fermée après avoir déposé son bilan. Les entreprises du Cac 40 délocalisent leurs sièges sociaux. Les prix des produits importés, les carburants à la pompe, les médicaments et les produits alimentaires subissent des majorations insupportables et l’inflation devient rapidement incontrôlée. La Banque de France produit et injecte des liquidités qui permettent au gouvernement d’éviter une insurrection populaire en instaurant la RCN (Rémunération citoyenne nationale) qui vient en remplacement des différents systèmes d’assistance aux plus démunis mais qui est limitée aux citoyens français de parents français. L’exil des étrangers chez nos voisins limitrophes entraîne de leur part la fermeture et le contrôle de leurs frontières et une grande insécurité, tandis que des manifestations hostiles et xénophobes se multiplient. L’armée recrute, tandis qu’un service national est rétabli et elle se voit engagée dans des opérations de sécurité intérieure au cours desquelles des incidents graves sont signalés.

Nous  arrêterons là ce cauchemar éveillé. Le rêve d’un retour au statu quo ante, même s’il pouvait nous rendre un tant soit peu d’illusoire autonomie en régime de croisière, passe dans tous les cas par une période d’incertitude et d’instabilité qu’on a peine à évaluer et qui  ne nous ouvrirait pas d’autres portes à très court terme que celles d’un chômage accru (L’Institut Montaigne parle d’une destruction d’un million d’emplois et d’un cinquième de la richesse nationale). Car même si on imaginait pouvoir revenir dans la compétition internationale en masquant nos faiblesses par des pansements monétaires, nous ne serions plus en mesure de trouver les moyens d’investir ou le know-how nécessaire pour reprendre des parts de marché à la concurrence internationale, au moins à court terme. Ne subsisterait dans notre tissu économique que ce qui le tue aujourd’hui, à savoir un système parasitaire et pseudo-entrepreneurial à base de fonds publics qui draine et prélève sa dîme sur les 56% du PIB contrôlés par l’ Etat, lui-même alimenté par sa planche à billets,  dont la part relative serait amenée à croître inexorablement . Avec son cortège de dérives criminelles, de corruption et d’abaissement continu, pour le plus grand profit d’un système devenu totalitaire isolé et nécessairement répressif.

On ne le dira jamais assez. L’ Euro et l’ Europe ne sont certes pas des panacées, mais on n’a encore rien trouvé de mieux en France,  pour nous protéger de nos propres errements lorsque la République vacille et que nos élus nous conduisent avec constance sur des voies sans issue.

                                                                                                                              – par Oscar du Pont

Références:

 http://www.chiffrages-dechiffrages2012.fr/propositions/lepen-sortir-de-l-euro

http://www.les-crises.fr/lordon-sortir-de-l-euro/

À propos Oscar

Il suffit de passer le pont...

Comments

  1. Comme l’Espagne ne peut pas dévaluer sa monnaie, elle pratique la « dévaluation interne » (sic), c’est-à-dire, la baisse des salaires pour regagner en compétitivité. Une baisse de 12% en 3 ans et 60% des salaires qui seraient inférieurs à 1000 €. Le FMI lui recommande de baisser encore de 10%….

    • Bernard Salsé says:

      @RDV
      Pour se payer un logement à 1 000 E par mois, ( loyer ou crédit ) cela coute à l’employeur 2000 E en France. Et sur Paris les frais de bureau sont bien encore de 1000 E pour un cadre. Beaucoup d’entreprises partent à Barcelone à cause de cela. Même avec un salaire plus faible, il vit mieux à Barcelone qu’en France. Cela explique bien des choses. Multiplier les aides sociales ne fait qu’aggraver le problème économique en France. Il y a le même problème avec les retraités français. Avec 1500 E en France le retraité français ne vit pas très bien. Beaucoup filent en Espagne. Ils prennent un logement plus que correct à 300 E et ils ont un bon niveau de vie. Et je vous conseille un métier en Espagne. Eleveurs de lapins ! 100 lapins au M2, 5E par lapin tous les 6 mois, 500 E de CA tous les 6 mois,100 E par m2 par mois ( le prix d’une location aux Champs Elysées) et en Espagne vous avez des milliers d’immeubles à louer pour lapins. Fortune assuré, et bientôt le Big Mac Rabbit !

  2. « C’est pourtant simple, je beaucoup de l’Europe dans mon petit livre » ( citationniste :le général Le Goff). Si vous êtes ouvert à la critique sur ce site, je mettrai deux ronds à l’Escampette, pour vous permettre quelques royalties et l’écriture du tome 2 : « Phoebus, le prince qui aimait les hommes ». Good luke, Lucky ! (et vice versa)

  3. Vous n’auriez pas un franc? c’est pour acheter un collier.

  4. Il est très difficile (impossible) de décrire le processus de la sortie de l’euro pour un grand pays et ses conséquences. Notons cependant que des pays comme la Grèce ou l’Irlande ou le Portugal ne s’y sont pas risqué…
    Pourquoi?

    Si on veut avoir une idée de ce qui pourrait se passer, on peut jeter un oeil en Argentine qui a refusé de rembourser en partie sa dette et qui survit avec des barrières à l’importation drastiques on ne peut importer sauf si on exporte le même montant), une inflation de plus de 25% par an, et ce malgrè des productions intérieures importantes.

    D’ailleurs, pourquoi vouloir quitter l’euro puisque les banques centrales pratiquent la dévaluation compétitive par injection de milliards de dollar, d’euro ou de yen.
    (85 millards de dollar par mois de création de monnaie pour la FED, 20 % de dévaluation du yen par injection de liquidités, et idem en partie pour la BCE qui utilise tous ses moyens pour créer de la monnaie et racheter les dettes).

    C’est d’ailleurs cette situation internationale des dettes publiques qui est la plus préoccupante car personne ne propose aujourd’hui de solution perenne pour sortir de cette crise majeure qui peut conduire à la ruine de toutes les économies.
    Sauf évidement ce qu’attendent nos politiques, un bon coup d’inflation a 4% pendant 10 ans qui permettra de plumer les petits épargnants.

    • Georges Vallet says:

      « C’est d’ailleurs cette situation internationale des dettes publiques qui est la plus préoccupante car personne ne propose aujourd’hui de solution perenne pour sortir de cette crise majeure qui peut conduire à la ruine de toutes les économies. »

      J’ai entendu dire à plusieurs reprises que la dette publique provenait en partie de la transformation de la dette privée en dette publique, quand l’Etat a renfloué les banques lors de la crise immobilière.
      Le bon sens populaire constate que maintenant les banques ne se portent pas trop mal!! Elles empruntent à un taux plus faible que celui qu’elles font aux entreprises et particuliers; les charges payées par les possesseurs de compte sont en pleine croissance. Ce même bon sens ne comprend pas pourquoi maintenant elles ne participent pas au renflouement de la dette publique et qu’au contraire elles participent activement à la disparition des petites entreprises par leurs contraintes insupportables.
      Pourquoi ne pas avoir fait des nationalisations quand elles étaient en déficit?
      Un très innocent contributeur!

      • Chaque banque est un cas particulier.
        Certaines n’ont pas survécu, d’autres ont eu une aide (en fait des liquidités ou des garanties de l’Etat pour débloquer la pompe des prêts) qu’elles ont remboursé, d’autres encore sont dans les mains de l’Etat (Dexia ou certaines banques espagnoles). Et dans ce cas elles ne valent plus rien..

        Leur dette est très faible par rapport à celle de l’Etat, et les Etats n’ont fait de cadeau à personne. C’est plutôt le contraire puisque la dette grecque a été partiellement absorbée par les banques et leurs clients.

        Par contre, une disposition majeure et fondamentale n’a pas été prise: la séparation absolue banque d’affaire/banque de dépot.
        Ceci serait une assurance pour les particuliers (pas de risque de faillite) et pour l’Etat qui pourrait laisser couler la banque d’affaire sans bouger le petit doigt.
        Pourquoi Hollande n’a fait que du cosmétique?
        Voilà une bonne question…

        • Helene Lafon says:

          La « séparation absolue entre banque d’affaires et banque de dépôt »s… là encore un serpent de mer depuis plus d’un siècle, avec plusieurs retours en force : Etats Unis puis Europe en 1929 par exemple. Et en France, dans les années 60-70 comme le choix entre transport ferroviaire et routier. Presque 50 ans que l’Etat est une énorme machine humaine de plus en plus énorme même et qu’il est sans pouvoir réel dans ce qui est sa première mission légiférer efficacement pour les citoyens. Et à quoi assiste-t-on actuellement ? A la mise sur le marché d’une neo-activité la Banque-Assurance. Tout est bon pour capter l’épargne des ménages.

        • Georges Vallet says:

          Merci Mr D. Sango pour cette réponse.
          « Par contre, une disposition majeure et fondamentale n’a pas été prise: la séparation absolue banque d’affaire/banque de dépot.
          Ceci serait une assurance pour les particuliers (pas de risque de faillite) et pour l’Etat qui pourrait laisser couler la banque d’affaire sans bouger le petit doigt.
          Pourquoi Hollande n’a fait que du cosmétique? »

          En effet, c’est une bonne question! Encore des luttes d’influence sans doute.
          Le drame actuel est qu’il n’est pas possible de faire quoi que ce soit sans avoir une levée violente de boucliers pour défendre des intérêts corporatifs. C’est du poujadisme je crois.
          Je ne vois vraiment pas qui serait à même de faire une politique efficace dans l’intérêt de la collectivité, les résistances sont trop grandes et trop nombreuses. L’individualisme règne en maître et les donneurs de leçons, qui se font sans doute plaisir, seraient incapables d’appliquer leur recette; de recettes d’ailleurs, il n’y en a pas, c’est le mode de vie et les rapports humains qu’il faut changer, ce qui est tout aussi utopique!
          Une seule consolation, la France en a vu d’autre, le tempérament gaulois prend par moment le dessus; les divisions qui se produisent en ce moment dans la contestation permettront , souhaitons-le de mieux « régner »!

      • G.Vallet écrit « maintenant les banques ne se portent pas trop mal!! Elles empruntent à un taux plus faible que celui qu’elles font aux entreprises et particuliers  » .

        Tiens donc, Vallet découvre cette réalité avec surprise(?), alors que c’est pourtant une évidence incontournable.
        Oui il FAUT un différentiel positif entre ces taux (sous peine pour le banquier de passer rapidement dans une mauvaise position).
        Il n’y a eu, à ma connaissance, qu’une banque Crédit Local de France/DEXIA qui prêtait à un taux plus faible que le taux auquel elle avait emprunté. On a vu le résultat! Malheureusement comme l’Etat garantissait « sa » banque des collectivités locales… c’est plus de 6 milliards qu’ont du éponger nos impôts http://www.20minutes.fr/economie/1190077-20130718-dexia-comment-france-deja-debourse-66-milliards-euros

        nota: les dirigeants de CréditLocal-Dexia étaient tous des hauts fonctionnaires. Peut-être que ceci explique cela ?

  5. Emmanuel Pène says:

    Oui, c’est le discours qu’aurait pu tenir un aristocrate en 1788 sur l’hypothèse de la fin de la royauté.. La France en faillite, mise au banc des nations, ses élites partent en exil, etc.. pourtant, l’histoire est passée. Les élites accrochées à leurs privilèges sont toujours incapables de changer leur façon de penser. Mais l’histoire a toujours fini par renverser les consensus..

    • larouture says:

      La révolution Française a fait la république. Une prochaine pourrait tout simplement la défaire.
      L’Alsace pourrait rejoindre l’Allemagne. L’Ile de France et Rhône-Alpes ne s’en porteraient que mieux si elles étaient indépendantes. Les autres régions se débrouilleraient comme elles pourraient. Elles rejoindraient le niveau des autres pays du Sud.
      Il faudrait donc un nouveau Bonaparte pour garder la cohésion de l’ensemble.

      Mais c’est de la fiction. Le pain est encore abondant et il n’y a pas de pénurie de blé en vue pour fédérer les mécontentements.
      A moins que la mauvaise récolte de maïs annoncée soit le déclencheur. Plus de maïs pour nourrir les cochons. Les PIGS vont faire la révolution.

  6. La zone euro ne va pas exploser. En dernier recours, la BCE émettra qqes centaines ou milliers de milliards d’euros pour rendre les dettes publiques de certains pays soutenables et faire baisser le niveau de l’euro. Les Allemands sont les plus europhiles et savent que le retour à un DM plus fort que l’euro compliquerait leurs exportations. Ils iraient même jusqu’à instaurer un salaire minimum ! Ils savent également qu’une explosion de la zone euro pourrait avoir des conséquences politiques lourdes au niveau européen et que l’Histoire a parfois tendance à se répéter…
    D’ailleurs, devant les troubles sociaux français, la Commission devient immédiatement conciliante et valide le budget français…