Avec CAP Ecologia, partageons-nous vraiment un avenir durable?

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VG ecologiaEn juillet 2013 « La République Des Pyrénées » publiait: «Pollution à l’incinérateur de Lescar : Novergie condamnée».

Le tribunal correctionnel de Pau, en juillet dernier, condamnait en effet Novergie-Suez pour «mise en danger de la vie d’autrui par une personne morale». Trois directeurs en tant que personnes physiques étaient condamnés à des amendes. Les deux anciens cadres de Lescar écopaient en plus de huit et quatre mois de prison avec sursis. Au total 120000 euros d’amendes et indemnités. Il faut maintenant attendre l’appel et peut-être la cassation.

Les faits reprochés remontent au 28 février et 16 mai 2011. Le Directeur de l’usine d’incinération de Lescar-Pau fait déverser dans la fosse de réception des ordures ménagères d’énormes quantités de «Refiom», résidus pulvérulents provenant du lavage des fumées d’incinération des ordures ménagères. Ces substances sont très toxiques: cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, chargées de métaux lourds, furanes, dioxines, hydrocarbures.

Normalement, le stockage doit se faire dans un silo et le transport, en camions, par la société ORLEC, vers une décharge classe 1.

Le déversement de 15 et 8 m3 dans le hall a mis en danger, en premier lieu, le personnel et les visiteurs éventuels, mais, par la suite, l’environnement urbanisé, du fait du rejet des résidus crachés par les cheminées.

«Toutes les personnes travaillant sur le site ont été exposées à ces substances cancérigènes » explique le vice-procureur Sébastien Ellul qui rappelle que «l’ancien directeur du site est décédé de maladie professionnelle (en 1998) et que plusieurs anciens salariés sont malades pour avoir respiré ces métaux lourds»

Pour la Sepanso, qui s’était portée partie civile«Le très lourd dossier de l’enquête de la police révèle qu’en 1998, en effet, un directeur de 45 ans est mort des suites mêmes de l’exposition au Refiom et à l’amiante des fours qu’il manipulait sans gant, sans masque, avec barre à mine pour dégager les electro-filtres colmatés, avec pelle et brouette pour faire vite.»

Un des prévenus reconnaît que cette pratique était monnaie courante à la fois sur le site de Pau et sur tous les autres sites: Angoulême, Agen, Montauban, Besssisères, etc.

Or, les directives européennes interdisent clairement et formellement de remettre en fosse le Refiom.

Une enquête préliminaire avait été ouverte en février 2012, par le parquet, suite à une plainte déposée par Martine Lignières-Cassou, présidente de la CdA. «La vraie question qui se posait était de savoir s’il s’agissait d’une pratique exceptionnelle ou régulière, voire généralisée à l’ensemble des incinérateurs exploités par Novergie.» L’enquête a permis d’établir et donc de confirmer qu’il s’agissait d’une pratique générale à Lescar » estime le vice-procureur Sébastien Ellul.

Aucune information ne serait parvenue ni à la DREAL, ni au grand public, si un chef de quart, Alain Martinez, n’avait lancé une letttre ouverte à la Ministre et à la Maire de Pau le 10 août 2011. Il avait alerté le Comité d’Hygiène et l’Inspection du travail: rien ne bougeait.

Comble du scandale, les salariés, paniqués à l’idée de perdre leur place, leur treizième mois et autres avantages, se retournèrent contre le lanceur d’alerte! Devant les pressions il a été obligé d’accepter une convention de départ!

En 2011, l’aglomération de Pau avait confié le traitement des ordures à un syndicat mixte (le SMTD: 80 agents), qui confia l’usine à « Béarn Environnement »(32 personnes) qui délégua cette usine à Novergie (23 personnes à Pau). Partenaire des collectivités locales dans la gestion de leurs déchets depuis 1962, Novergie conçoit, réalise et exploite une quarantaine d’unités de traitement et de valorisation énergétique des déchets ménagers et assimilés ainsi que 6 centres de tri de déchets issus de collectes sélectives en France.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

On n’est jamais si bien servi que par soi-même n’a plus cours; on considère maintenant qu’un mille feuilles de sous-traitants fait mieux pour moins cher! Bizarre!

Du coup, les responsabilités se diluent.

Alain Martinez, l’ancien employé qui a envoyé la vidéo et attaqué Novergie déclarait : « Je suis satisfait de la décision du tribunal mais avec un bémol, je suis surpris que Béarn Environnement (le propriétaire de l’incinérateur, NDLR), qui avait un devoir de contrôle, n’ait pas été inquiété»

S’il n’était pas coupable, la responsabilité n’était-elle pas de surveiller le bon fonctionnement de l’entreprise sous-traitante; les cadres avaient sous les yeux le cahier de quart décrivant les manœuvres illégales!

Pour la Sepanso «Voilà une usine aux normes ISO 14002, mais dirigée de manière irresponsable et sans scrupule.

Pour un cas révélé au grand jour, combien de pollutions massives et clandestines?»

dont les retombées sanitaires, entre autres, sont prises en charge par la Secu!

Pour le Vice-Procureur, Sébastien Ellul la décision du tribunal «est très satisfaisante; l’infraction de mise en danger de la vie d’autrui sanctionne un comportement habituel et non pas ponctuel. Un comportement toléré par l’ensemble du groupe Novergie et pratiqué par l’ensemble des sites pour la recherche du profit et au mépris de la santé des travailleurs et de l’environnement»

La morale n’est plus une valeur incontournable. Si l’air que nous respirons est classé cancérigène certain, il y a des raisons!

Que la vie humaine a peu de poids!!

Aujourd’hui, Béarn-Environnement exploite directement l’usine. Novergie ayant été congédié pour faute grave le 15/11/2011.

«La visite de Cap Ecologia est ouverte aux scolaires toute l’année»

Parents, enseignants, est-ce vraiment une bonne idée de s’y rendre?

– par Georges Vallet

crédit photos: ecoledelees2011.canalblog.com

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10 commentaires

  • Georges Vallet était bel et bien vice-président de la Sépanso.
    Alors cette explication alambiquée à la simple question de Peyo « quels sont les liens du rédacteur Vallet Georges avec Sepanso » est pour le moins surprenante!
    Ça demande une clarification sur cet « oubli » dans sa mémoire.

    • Quel oubli? On me demande, à la suite de l’article, quel EST le lien, j’ai répondu!
      Si on m’avait demandé quel ETAIT mon lien il y a 10 ans, j’aurais répondu, soit que c’est du domaine privé, soit ce que vous avez l’amabilité de signaler.
      Aurais-je commis un délit en lisant et en citant « Sud-Ouest nature »?

      • Il y a 10 ans ? Vous avez signé dans le N° 137 de la Revue Sud-Ouest Nature en mai 2007 sous votre identité de Vice-Président de la Sepanso un article consacré aux accidents en vallée d’ Aspe.. Vous vous y déclariez d’ ailleurs pour la petite histoire favorable à une taxe routière poids lourds, . Même si la Sepanso prend beaucoup de soin à garder un caractère occulte à ses organes de direction en en dissimulant soigneusement la composition, faut-il que vous soyez à ce point honteux d’en avoir fait ou d’en faire encore partie « à titre privé sous votre nom public » ? Ou bien votre mémoire vous jouerait-elle des tours ?
        Georges VALLET,
        Vice-Président SEPANSO Béarn
        Président de la Maison
        de la Nature et de
        l’Environnement de Pau

        • Non, rien de rien, je ne regrette rien……
          Je n’ai pas à me disculper car il n’y a rien d’infame à avoir fait partie de la Sepanso. C’est, une fois de plus des attaques méprisables à la personne privée et non au fond de ses publications.
          Quel est le rapport avec le contenu du texte publié?

        • Il n’a pas dit qu’il ne l’était plus (vice-président) en 2007 il me semble. Il l’a été, il ne l’est plus, what else ?
          Et puis bon, quand vous publiez un article signé « Oscar », on ne sais pas non plus qui vous êtes réellement, ni à fortiori à quelles entités vous « appartenez ».

          • @PierU
            Il y a deux manières d’intervenir sur ce genre de forum. Soit on le fait sous son nom car on estime son point de vue personnel suffisamment intéressant pour mériter une large audience, une adhésion à ses thèses ou que l’on recherche une forme de reconnaissance personnelle ou celle du cercle de ses amis ou l’ empathie de ses lecteurs. En le faisant, on engage également sa personnalité publique si on en a une. Son histoire, son passé. A chacun ensuite d’ en gérer les conséquences dans la transparence. Ou de prendre un pseudo..
            Car la seconde manière qu’il semble que vous ayez également choisie, consiste justement à ne pas engager sa personnalité publique dans des débats où l’on estime n’avoir à témoigner qu’en fonction de sa propre expérience ou de sa propre vision des choses, sans nécessairement en faire une affaire de personne privée ou d’engagement personnel public. En effet pour ce qui me concerne je n’ai de leçons à donner à personne. D’autant que je ne représente que moi-même, faut-il le préciser.

          • « En le faisant, on engage également sa personnalité publique si on en a une. Son histoire, son passé. A chacun ensuite d’en gérer les conséquences dans la transparence »
            Autrement dit, d’après vous, sans doute, j’aurais du vous dire aussi, si oui ou non, j’avais été opéré de la prostate!!!!!

          • Ces attaques sont réconfortantes et justifient de continuer car, comme disait Clemenceau: »Si vous n’avez pas d’ennemis, c’est que vous n’avez rien fait »!!

  • Article signé Georges Vallet, pouvant être commenté à l’infini puisque les faits avérés sont noyés dans quelques extrapolations incertaines.
    Toutefois Monsieur Vallet, puisque vous faites référence à Sepanso(*), il serait bon que vous appliquiez un principe éthique incontournable: quels sont les liens du rédacteur Vallet Georges avec Sepanso?
    (*) Sepanso = Fédération des Sociétés pour l’étude, la Protection et l’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest

    • Comme vous sans doute, je me documente le plus possible grâce à la lecture de nombreux ouvrages de diverses tendances.
      En ce qui concerne le texte ci-dessus, je fais référence à « La République des Pyrénées »; je vous signale, puisque c’est votre question, que je n’ai aucun lien privilégié si ce n’est de lire parfois ce journal, comme je le fais pour le Nel Obs, Sud Ouest ou le Figaro (un peu moins c’est vrai pour ce dernier!).
      Quant à La Sepanso, elle publie une revue trimestrielle intitulée « Sud-Ouest nature » que je me procure régulièrement. J’y trouve des informations intéressantes qu’il est difficile de se procurer ailleurs.

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