Une pub fait rebondir la polémique !

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GVLes magasins Super U proposent, pour Noël, un catalogue de jouets où la dînette n’est pas associée aux filles ni les voitures aux garçons.
La réaction est vive, en particulier celle des opposants au mariage pour tous, signe, d’après eux, d’une décadence de la civilisation.
En gommant les genres, l’enseigne, par cette pub, a bien réussi !
Des conservateurs sont offusqués par cet anti-sexisme commercial, une occasion pour raviver les braises et la flamme d’une opposition passéiste.

La polémique est relancée !

Sur les réseaux sociaux, les anti-mariage pour tous sont déchaînés : hargne des protestations, vulgarité des propos, etc. Cela apparaît peu à la télévision et à la radio car beaucoup de ces traditionnalistes tiennent à leur image de «bonne famille». Mais, avec l’anonymat !!!

Qu’y a-t-il de si provocateur dans ce catalogue ? On y voit des fillettes conduire des voitures et utiliser des perceuses tandis que des garçonnets s’amusent à faire la cuisine. Et alors ?

Montrer de futures femmes au volant, c’est non seulement une banalité mais une réalité et une nécessité, dans la société actuelle !

De futurs hommes aux fourneaux, c’est une orientation professionnelle de choix dont chacun peut jouir des résultats. C’est aussi une question de survie pour le célibataire, situation de plus en plus fréquente, ou le partage des tâches dans le couple.

Ces conformistes «à la pointe de l’Antiquité» (Astérix chez les Pictes), n’ont pas compris que le milieu, au cours de l’histoire, avait changé !

Petit rappel pour ceux qui l’auraient oublié:

Le sexe est biologique, le genre est culturel.

Aucune personne nantie d’un minimum de culture anthropologique ne le conteste.

Le développement des organes sexuels est le résultat d’interactions entre de multiples facteurs. On parle successivement de sexe génétique, gonadique (testicule ou ovaire), phénotypique (organes génitaux externes).

La sexualité englobe les phénomènes de la reproduction biologique des organismes : les comportements sexuels et les phénomènes culturels liés à ces comportements. Elle permet un brassage des gènes donc la diversité génétique et l’adaptation à l’évolution de l’environnement, sans lequel nous ne serions pas là.

Chez les mammifères où le cerveau est très développé : Homo sapiens, Chimpanzé, Bonobos, Orang-outan, Dauphin.., les hormones et les phéromones «intellectualisent» le comportement sexuel ; la pulsion reproductrice n’est plus majeure mais «la récompense» qui est associée.

La sexualité humaine varie avec les époques et les cultures. Des différences sont observées dans les pratiques érotiques, mais surtout dans la très grande diversité des mœurs, des croyances, des valeurs, et des représentations sexuelles.

Ces observations ethnologiques montrent l’importance majeure de la culture dans le développement sexuel et dans l’expression de la sexualité humaine.

Il y a donc, dans la sexualité, une part de génétique, de physiologique, de psychologique et d’environnemental, donc de biologique et de culturel.

L’idée de « normalité « appliquée à la sexualité n’a aucun sens.

Au départ, chaque individu a une bisexualité psychique, c’est-à-dire la possibilité de pencher du côté du masculin ou du féminin, quel que soit son sexe anatomique. Le chemin pris dépend du vécu, d’un modèle de référence : parents, éducateurs, camarades, amis, rencontres, plus âgé(e)s, proches affectivement ; la société marque l’enfant par son organisation, ses rites, sa culture, etc.

Aucun chemin n’est donc plus « normal » qu’un autre ; seule la société, par son impossibilité de concevoir, de gérer la diversité, et sa volonté de valoriser les majorités, définit des «anormalités».

Une partie des sciences humaines, «à la française», a été longue à s’intéresser au concept de genre et en a fait une idéologie antinaturaliste.

«D’un seul coup, le genre s’oppose au sexe et le déterminisme chromosomique est vu comme «un fascisme génétique». Femmes, hommes, enfants, libérez-vous de vos chaines nucléotidiques !» dit Pascal Picq. Voilà comment, d’après lui, un concept mal compris se retrouve dans «les émissions culturelles», «revisité selon notre bonne vieille ontologie dualiste et archaïque qui persiste à opposer nature et culture.». C’est ainsi que les conservatismes du genre sexiste s’en sont toujours remis à Dieu ou à la nature pour justifier les différences du genre : les prétendues «lois naturelles».

Qu’on montre des filles et des garçons jouer ou pas avec des voitures et des poupées participe à la construction du genre, mais pas forcément à la sexualité. La pire construction du genre est celle qui enferme les femmes et les hommes dans des tâches séparées, en prétextant un statut «naturel».

«Que je sache, il n’y a pas plus d’homosexuels chez les chefs cuisiniers que de lesbiennes dans la police !» P. Picq

Celles et ceux qui, en colère contre le mariage pour tous, endoctrinent leurs enfants, allant jusqu’à leur faire scander des propos racistes contre Christiane Taubira, quel genre d’éducation donnent-ils ? Celui du machisme, du sexisme, du racisme, en bref la dangereuse et haineuse inflation des « ismes » ! Belle éducation familiale traditionnelle !

Les enfants construisent leur genre sur un kaléidoscope composé des images des adultes, de leur environnement familial plus ou moins élargi, des autres enfants, des lieux sociaux fréquentés et des représentations véhiculées par les médias (contrôle parental ou pas ?). C’est là que réside la vraie signification du genre.

«Imaginez, histoire de ré enchanter la longue nuit du 24 décembre, que la Mère Noëlle soit noire ?» Pascal Picq.

Le sujet peut être abordé aussi sous l’angle de l’évolution culturelle imposée par l’environnement.

Si Homo sapiens s’est construit une culture originelle basée sur un partage des tâches et des responsabilités, c’était une question de nécessité. La femme du néolithique, dans un milieu très hostile, portant le fœtus puis l’enfant, se devait de rester auprès des jeunes et assurer les contraintes domestiques ; moins forte et moins résistante physiquement que l’homme, c’est à lui qu’était réservé le soin de chasser et de défendre le groupe familial.

Depuis, les conditions de vie ne sont plus du tout les mêmes car l’environnement a changé. La société occidentale, du fait de l’ouverture à tous de la connaissance et de l’instruction a, par la lutte, lentement et difficilement, car les résistances sont grandes, ouvert un espace de plus en plus grand de liberté à la femme : légalement mais théoriquement seulement, le même que celui de l’homme !

Cette conquête a d’abord été intellectuelle, morale, humaniste ; les luttes ne sont pas terminées, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que l’obscurantisme disparaisse de bien des esprits ! D’autre part, l’évolution de la technologie et les besoins de l’économie, celle des mœurs, ont fait que les femmes ont été obligées de protéger cette indépendance acquise grâce à un travail rémunéré. L’instruction lui a permis d’acquérir les mêmes compétences que l’homme, la technologie a gommé de plus en plus la nécessité de la force physique si bien qu’elle peut s’orienter, suivant ses goûts ou les opportunités, vers des spécialités jadis réservées aux hommes. C’est peut-être cela qui est mal vécu par certains ? La ségrégation des rôles n’est plus une nécessité.

La technoculture a changé le genre.

– par  Georges Vallet

Crédit photos: europe1.fr

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7 commentaires

  • Article très intéressant… Je retiens l’importance de la culture dans l’orientation sexuel de l’individu. Henri IV, dont c’est l’anniversaire aujourd’hui 13 décembre (460 ans déjà… t’es vieux mon pote !) a donc du trop trop joué en 1553-60 avec des des poupées Barbie pour ensuite collectionner autant de maîtresses… j’ai bien compris le sens de l’article, c’est ça ?… Euh, bon… nous la fêterons à 14 h 30 à l’espace socioculturel du CHP de Pau, au programme : lecture de passages de mon livre « Henri IV, le roi qui aimait les femmes » (Edilivre, 2013) avec Jean-Paul Louradour, débat sur sa vie et pour finir gâteau !

    • Mais où ?
      Mais quand ?
      Pour parler de Ricou de Navarre
      ou de Elizabeth Barbie de Montmorency.
      Du vert galant
      ou de l’accorte jeune fille toute de rose vêtue
      Du rose au vert y a t’il seulement une question de genre ?
      que la sévérité de madame jeanne d’Albret
      plutôt de noir vêtue
      aurait pu rendre encore plus incertain

  • Je suis d’accord sur l’analyse scientifique, sauf que la science seule ne doit pas régir tous les rapports humains :
    ne pas mettre de garçon ou de fille ou mettre les deux serait vu comme une neutralité, alors que de mettre une fille sur ce qui est supposé « masculin » et un garçon sur le supposé « féminin » témoigne d’une volonté de « corriger », d' »orienter les choses dans un sens qui n’est pas contre-nature, mais qui est contre-civilisationnel au sens de notre civilisation historique. Ce n’est pas parce que notre civilisation a produit une certaine division des genres, qu’elle est mauvaise, et qu’il faut la corriger. Disons que c’est un équilibre qui s’est construit avec les millénaires, et comme tout équilibre, il est dangereux d’y toucher..

  • pïerre Uves Couderc

    Et si mon gendre est une fille ?
    une Barbie de super U
    et non pas un barbu rendu imberbe
    par la déconstruction de la théorie du genre
    un gypaète décoiffé
    assassiné sur le mont chauve
    plus qu’une aimable poulette bien pourvue
    du côté de son mont de vénus
    voire une trainée de mauvais genre
    une Irma si douce
    qui désargente les gendres trop naïfs.
    C’est ‘il la faute à Super U, à Point S, ou aux nouveaux commerçants ?
    Kant Montaigne Deleuze
    voire un gars de chez nous
    un Barthe de l’Adour expert en fragments amoureux
    veuillez, derechef, éclairer notre lanterne
    Un petit texte censuré de ses fautes d’orthographe qui font, toujours,mauvais genre

  • Un petit garçon commandant une « Poupée Barbie » sera-il Médecin ou proxénète.?
    une petite fille commandant une petite voiture sera-elle championne du monde du pilotage automobile,, ou concepteur de bolides?
    le choix d’un jouet, n’est pas source d’orientation, mais le plaisir des parents.
    pour les cuisines, mieux vaut les offrir aux petites filles car les « chefs étoilés sont plus souvent des hommes, et les femmes les reines du surgelé

  • Super U a réussi un buzz favorable à sa notoriété. Evidemment, peu de fillettes vont vouloir qu’on leur offre des petites voitures. Ryanair utilise souvent cette technique, avec des déclarations « choquantes » comme faire payer plus cher les personnes en surpoids, fermer les 3/4 des toilettes dans les avions. A Pau, on voit des jeunes bariolés se promener avec une pancarte « Orange », « SFR » dans le dos… La débilité est fréquemment employée afin d’impreigner une marque commerciale dans l’inconscient du con-sommateur. Vive la débilité ! [ironie].

    • pïerre Uves Couderc

      Et si mon gendre est une fille ?
      une Barbie de super U
      et non pas un barbu rendu imberbe
      par la déconstruction de la théorie du genre
      un gypaète décoiffé
      assassiné sur le mont chauve
      plus qu’une joli poulette bien pourvu
      du côté de son mont de vénus
      voire une trainée de mauvais genre
      une Irma si douce
      qui désargente les gendres trop naïfs
      C’est ‘il la faute à Super U à Point S ou aux nouveaux commerçants ?
      Kant Montaigne Deleuze
      voire un gars de chez nous
      un Barthe expert en fragments amoureux
      veuillez, derechef, éclairer notre lanterne

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