Langues régionales et municipalités

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Mairie Pau Hestiv OcDéfendre ou développer les langues régionales apparaît aux yeux de beaucoup de monde comme incongru, inutile ou démodé. Pourtant, parmi ceux-là, nombreux sont ceux qui vont voir un concert de Nadau, ou qui sont fiers d’écouter un Jean Lassalle chanter « Aqueres Mountagnes » à l’assemblée nationale. Si on parle du Pays Basque, il est évident que l’euskara joue un rôle social voire économique qui dépasse la simple communication. En réalité, on touche là à des notions plus profondes, mélange d’identité, de patrimoine, et de vie en société. La première question est donc quelle est l’importance réelle des langues régionales ou plutôt pourquoi est-ce important de sauvegarder une langue régionale ? Il est ensuite intéressant de regarder comment sont gérées, aujourd’hui ces langues par les collectivités locales, et en particulier par les municipalités : qui décide des politiques et qui les met en œuvre ? Enfin, au travers du constat qui est fait, en particulier dans les collectivités du Béarn et de Gascogne, d’une délégation complète de ces politiques à des associations privées militantes, nous tenterons de proposer des solutions pour une reprise en main citoyenne dans les municipalités.

D’après le Larousse, une langue est « un système de signes verbaux propre à une communauté d’individus qui l’utilisent pour s’exprimer et communiquer entre eux ». Ainsi, outre l’aspect utilitaire de communication, une langue est aussi reconnue comme un marqueur d’une communauté ; c’est donc aussi un élément identitaire, ce qui est mis en avant par la socio-linguistique. L’évolution défavorable des langues régionales en France, à laquelle la langue béarnaise n’a pas échappé, a conduit à une quasi-disparition de la valeur utilitaire de celle-ci, désormais cantonnée à certaines familles, aux générations âgées, au folklore, ou à quelques groupes de militants. En revanche, la valeur identitaire de la langue est restée. Les Béarnais y sont d’ailleurs très attachés, comme on le voit au travers des succès commerciaux de Nadau ou des tee-shirts « adishatz » pour ne citer qu’eux.

L’histoire est une dimension importante d’une langue, en ce que sa profondeur et son importance historique renforcent sa légitimité présente. On peut ainsi noter que le béarnais revendique des siècles d’utilisation dans les textes de loi ou de coutumes locaux, depuis au moins le XIIIè siècle et jusqu’à la révolution française. Gaston Fébus écrivait dans cette langue comme il écrivait en français, et les gouvernements municipaux de Morlaas, Orthez, ou même Bayonne ou Bordeaux utilisaient quasi-exclusivement le gascon dans leurs écrits au moyen-âge. Le béarnais fut langue officielle au parlement de Navarre jusqu’au rattachement par Louis XIII à la France, et même après la révolution française et la généralisation du français, de nombreux écrivains, ouvrages, almanachs, continuèrent à être publiés.

Héritage de l’histoire, les langues régionales ont donc aussi une valeur patrimoniale, ce qui d’ailleurs fut consacré par l’introduction de l’article 75-1 de la constitution française le 23 juillet 2008, qui dit de manière laconique : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». On notera au passage que le législateur n’a pas souhaité mettre les langues régionales au même niveau que le français, qui lui, à l’article 2, est « LA langue de la République »

Tout cela participa à faire de ces langues un élément de l’identité parfois renaissante des communautés régionales. Cet effet est particulièrement fort dans certaines régions comme le Pays Basque ou la Catalogne, ou la langue est devenue un fédérateur et un catalyseur d’un développement culturel, social et économique. Cela peut être critiqué, on peut être contre, mais il faut reconnaître, que, dans le cas du Pays Basque, les effets bénéfiques dépassent largement les inconvénients, du moins tant que les extrémismes ne s’expriment pas violemment, ce qui est le cas en France pour le moment.

Et le Béarn ? Il n’a pas su tirer profit de son patrimoine culturel comme le Pays Basque. Certes, ce dernier et la Catalogne bénéficient d’une aide culturelle en provenance de leurs homologues du nord de l’Espagne, et qui représentent tout de même les deux régions parmi les plus riches de ce pays, mais cela n’explique pas tout. Les Béarnais n’ont pas compris qu’ils avaient là un patrimoine d’exception, et ont laissé ce chapitre de leur identité à quelques associations militantes, au folklore et aux bouquinistes spécialistes de régionalisme. Les responsables politiques ont ainsi, à l’exception de quelques indiens éparpillés sur les coteaux, délaissé ce champ qu’ils jugeaient peu vendeur, ou ont fait mine de s’y intéresser en distribuant quelques subventions ou en favorisant telle initiative ou évènement. Pour cela, voulant éviter d’avoir à gérer ce sujet directement, ils ont massivement délégué à des associations militantes de défense des langues régionales, non seulement l’action publique elle-même, mais aussi la réflexion et la stratégie sur le développement de ces langues. Pour le béarnais/gascon/occitan (appellation « consensuelle » décidée au conseil général 64), ce sont ainsi dans l’écrasante majorité, des associations ou organismes liés au mouvement « occitaniste »,  mouvement qui, il faut le reconnaître, a su développer un réseau d’associations important dans tout le sud de la France, ainsi que les calandretas, écoles en occitan pour les enfants, ce qui a fini par donner l’impression qu’en dehors d’eux, nulle politique en faveur du béarnais n’était possible.

Or, toute association militante est par essence politisée, même si le sens de politique n’est pas à prendre au sens de l’échiquier gauche-droite. Chaque mouvance défend en effet sa vision du monde, et un projet bien particulier. Pour les occitanistes, c’est l’existence et la promotion d’une langue du sud de la France, l’occitan, et de son corollaire, l’Occitanie, pays défini dans ses frontières par l’aire sur laquelle est parlé l’occitan. Les béarnistes ou gasconnistes, ne veulent pas être englobés dans un  occitan dont certains nient l’existence, et défendent un projet caractérisé par la défense du patrimoine existant et d’un certain statu quo. Hors de ces mouvements, une grande majorité qui n’a guère de goût pour ces joutes byzantines sur fond de graphie, des gens qui aiment leur langue et qui ont conscience que cela fait partie de leur identité, mais qui ne se sentent pas légitimes pour la défendre autrement que par quelques joutes verbales ou chants de fêtes..

C’est cet état de fait – abandon des politiques et des actions en faveur des langues régionales à des associations spécialisées mais politisées – que je dénonce. Il y a certes des réussites, comme le carnaval biarnés à Pau, mais en dehors de quelques jours de fêtes, le béarnais et plus largement le patrimoine culturel béarnais, ne mobilise pas grand monde. Le monopole laissé aux associations militantes, et le désintérêt des collectivités locales pour prendre en compte directement ce sujet, font que le béarnais est vu par la plupart des personnes comme un sujet de peu d’importance, ou qui ne concerne pas le citoyen lambda.

De plus, ces associations ont souvent tendance à faire passer leur message et leurs revendications avant la langue elle-même. C’est ainsi que l’on voit régulièrement, lors d’évènements organisés avec l’argent du contribuable, des messages faisant l’apologie de l’Occitanie, drapeau du Languedoc déployé, quand ce ne sont pas des messages purement politiques, « antinucléaires » ou « pro-palestiniens » pour ne citer qu’eux. Ceci contribue encore plus à ce que la population se détourne de ce qu’elle perçoit comme un combat sibyllin.

Certains diront toutefois qu’il convient de laisser ce combat aux acteurs de terrain, et à ceux qui connaissent, donc qui défendent tous les jours la langue. Certes, mais pourrait-on imaginer alors que la politique en faveur de l’emploi fût laissée au patronat seul, ou aux syndicats seuls ; ou que la politique environnementale fût laissée aux seuls écologistes ; ou encore que la politique en faveur du patrimoine fût abandonnée aux associations de mécènes ? Non, bien sûr : le pouvoir public doit prendre en main ces choses-là et définir une action politique ; alors pourquoi en serait-il différemment des langues régionales, et donc du béarnais ?

Les langues régionales ne sont pas en simple artefact de l’histoire. Elles sont un des éléments (certes pas le seul) de l’identité d’un peuple, d’une communauté. Plusieurs régions, au premier titre le Pays Basque, ont su développer une identité forte et un dynamisme culturel jaillissant sur toute la société, basé sur une appropriation de leur langue régionale. Le Béarn a aussi sa langue, le béarnais. La population y est attachée, mais il est insuffisamment mis en avant car les collectivités locales – à de rares exceptions comme certaines initiatives du conseil général 64 – ont délégué la gestion de ces dossiers à des associations militantes n’ayant pas, par nature, vocation à représenter le plus grand monde.

Il est donc nécessaire que les futurs magistrats des municipalités proposent un vrai programme sur les langues régionales, qui ne se résume pas uniquement à laisser faire des associations subventionnées, et permettent surtout que le citoyen s’approprie ce qui lui appartient, car, qu’il parle ou non le béarnais, qu’il la comprenne ou non, qu’il soit d’ici ou qu’il vienne d’ailleurs, c’est bien du patrimoine de tous les Béarnais qu’il s’agit.

Par Emmanuel Pène (www.emmanuelpene.com)

(Ancien Président de l’Institut béarnais et gascon 2006-2009)

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  • Je viens de lire cet article qui m’a été signalé par message circulaire de son auteur, en m’étonnant de ne pas l’avoir trouvé dans AltPy n° 321 de ce jour… Pourtant, ses commentaires sont mentionnés dans la liste figurant à droite de la fenêtre WEB des articles de ce numéro : bizarrerie technique.
    Sur le fond, je suis globalement d’accord avec E. Pène ; j’y ajouterais seulement que la place de l’article 75-1 dans le Titre XII sur les Collectivités territoriales donne à ces Collectivités le premier rôle dans la préservation de leur patrimoine linguistique, ce qui est de pur bon sens.
    Mais le commentaire de M. Poulot qui se dit « « Béarnais cap e tout » » en citant Simin Palay m’amène à plusieurs observations :
    – d’évidence, ce Monsieur ne sait pas écrire le béarnais car il fait précéder « cap et tout » béarnais du mot « Béarnais » qui est français, alors que béarnistes, gasconistes et occitanistes s’accordent pour l’écrire « Bearnés » ou « Biarnés » en authentique langue du pays. C’est mal plaider pour notre langue que de la mélanger au français, comme un « franchimand »…
    – M. Poulot attribue à Simin Palay l’expression « Biarnés cap e tout », mais je l’ai vainement cherchée dans son roman Lous tres gouyats de Bordebielhe et dans le recueil posthume de Tros causits publié par l’Escole Gastoû Febus. Son Dictionnaire mentionne seulement « cap e tout » dans un exemple du mot cap, « qu’ey û àsou cap e tout, c’est un âne bâté; » et lui consacre l’article suivant :
    « cap-e-tout; cap-y-tout (Ol.); loc. adv. — La tête et tout le reste, entièrement. S’emploie pour renforcer ce que l’on dit. Est remplacé quelquefois par cap e cames. Que l’y passarà cap e tout, il dépensera tout (dans cette affaire), toute sa fortune y passera. »
    – « Biarnés cap e tout » signifierait donc « entièrement Béarnais » ; soit ! Mais les emplois cités par Palay sont plutôt péjoratifs… Quant au mot à mot, il suppose une race béarnaise ; en dehors de tout débat idéologique sur le mot et la notion de « race », je doute fort que l’on puisse caractériser une telle race dans l’espèce humaine.
    – et surtout, travaillant beaucoup sur notre histoire — seule valeur sûre et accessible pour la recherche de notre identité —, je n’ai jamais rencontré d’allusion quelconque à une telle spécificité humaine de « Los habitans dèu present Pais » (Fors e Costumas, 1552, éd. 1715, p. 45) ou « lôs habitans déu present Pays & Soveranitat » (Stil de la Justicy, 1564, éd. 1716, p. 9) : droit du sol, exclusivement ; mais en dehors de la filiation, la qualité de « vesin » d’un lieu, avec les droits qui s’y attachaient, ne pouvait s’acquérir que sous conditions (Fors e Costumas…, pp. 108-109).
    – au demeurant, n’étaient à l’origine « bearnenses » que les habitants du Béarn primitif, qui ne comptait ni ce qui deviendrait la vicomté d’Oloron, ni le Montanérés, ni les régions d’Orthez et de Salies (de la vicomté de Dax et pays des Tarbelles) que conquêtes et mariages ont annexées à la vicomté ; quant à l’actuel canton d’Arzacq, hormis Vignes, il faisait partie du Tursan et n’appartint jamais au Béarn, puisque c’est la départementalisation de 1790 qui, tout en supprimant le Béarn, l’a placé dans les Basses-Pyrénées.
    – de fait, je n’ai pas connaissance de texte officiel nommant les habitants du Béarn « Béarnés », « Biarnés », ou« Béarnais » ; quelqu’un en connaitrait-il ?
    D’où mes questions :
    – combien d’habitants des Pyrénées-Atlantiques se savent et se disent « Béarnais » ?
    – combien ont une idée de ce qu’est la langue béarnaise et gasconne ?
    – combien de ces derniers, et de moins de 60 ans, sont prêts à faire un effort personnel pour apprendre le « béarnais » ?
    Et ma crainte : les politiques sont plus ou moins conscients de toutes ces questions et estiment que la langue béarnaise, et même l’identité béarnaise, ne sont pas des thèmes porteurs auprès des électeurs.
    Combien de ceux qui prétendent lui être attachés sont capables de se rencontrer pour tenir un discours unique scientifiquement fondé ?
    Car c’est à mon avis une condition indispensable de la réussite de l’intelligent article d’E. Pène.

    • Commençons par débarrasser la ville de ces ridicules panneaux « Cor historic » qui sont autant d’insultes à notre « béarnitude.  »
      Pour le reste, le béarnais est une langue paysanne dont l’évolution a été figée à la fin du 19ème siècle, que les bourgeois en particulier palois se sont gardés de parler depuis belle lurette et dont l’usage était strictement proscrit dans l’ école de la République comme nous l’ont rappelé nos parents souvent humiliés lorsqu’ils le parlaient ou le mélangeaient avec le français.. Sa pratique a aujourd’hui presque disparu y compris dans nos campagnes pour les générations d’après-guerre ce qui est certainement regrettable mais inévitable. Son maintien souvent très artificiel ici ou là manque tellement d’authenticité, dans le phrasé, la prononciation qu’il en devient au mieux ridicule et au pire déplaisant pour ceux qui en ont gardé la douceur dans l’oreille. Sans même parler de l’abondance des néologismes béarnisés, Alors oui, gardons en la mémoire, apprenons-le si nous sommes assez courageux pour le faire auprès de ceux qui le parlent ou mieux l’écrivent encore, mais ne comptons que sur nous-mêmes pour entretenir notre jardin. Personne ne pourra le faire refleurir de force. C’est hélas l’ anglais qu’il faut désormais apprendre (d’urgence) à nos enfants.
      Et faisons en sorte cependant que cette culture qui nous est si chère ne soit pas récupérée par des associations régionalistes aux objectifs douteux soutenus par des élus en mal de racines et qui pensent flatter les traditions d’un peuple qui s’en f…

    • « Je viens de lire cet article qui m’a été signalé par message circulaire de son auteur, en m’étonnant de ne pas l’avoir trouvé dans AltPy n° 321 de ce jour… Pourtant, ses commentaires sont mentionnés dans la liste figurant à droite de la fenêtre WEB des articles de ce numéro : bizarrerie technique. »
      Aucune bizarrerie technique dans ce que vous avez constaté.
      Seulement les faits suivants :
      La newsletter hebdomadaire est mise en place par les membres du bureau de l’association. Les contributeurs savent que ce travail est généralement fait le samedi et que donc, en principe, ne figurent pas dans la Newsletter les articles mis en lignes postérieurement au vendredi soir. Bénévole n’est pas encore synonyme d’esclave. Ceci c’est la règle.
      Dans le cas d’Emmanuel Pène, il a mis son article en ligne il y a exactement 12 heures, donc aujourd’hui 9 décembre et la newsletter a été expédiée hier dimanche à 21h56. Donc aucune bizarrerie. Une impossibilité temporelle, c’est tout.
      Les commentaires ne sont pas dans la newsletter hebdomadaire mais dans le site d’AltPy qui lui est mis automatiquement à jour en temps réel.

  • Et voilà que l’on retombe dans le sempiternel combat « Pour ou contre les langues régionales »! La France doit donc avoir honte des ses cultures séculaires (je ne parle pas d’agriculture) et uniformiser son sabir afin que ses enfants se comprennent. Qu’elle sera belle cette francophonie sans accents, sans particularismes régionaux! Parce que c’est bien ce que vous prônez sans le dire, cher Daniel. Et attaché à mon accent que d’aucuns trouvent « paysan » je suis « Béarnais cap e tout » comme l’écrivait Simin Palay . Quand aux extrémistes, n’oublions jamais qu’ils sont minoritaires, sinon, ils sont influents et représentent la majorité dont on se revendique volontiers. La culture béarnaise ne se vend pas au plus offrant. Elle est multiséculaire et vous ne l’assassinerez pas sur l’autel de l’annihilation de l’histoire. Mais apprenons ensemble à la respecter, à la faire vivre, et à la développer. Le Béarn est un pays accueillant, sinon les étrangers ne s’y seraient jamais installés pour devenir « Béarnais de coeur ». Or, combien revendiquent ce titre? Et nous n’aurions plus de langue propre? Elle serait désuète, folklorique? Tentez donc d’expliquer ceci à nos voisins Basques, justement, eux qui, pour partie, vivent en France tout comme nous. Ou encore aux Aragonais, aux Catalans, le long de la frontière espagnole. Même la Chine aurait le droit d’entretenir tous ses dialectes au nom d’une culture millénaire, mais nous, en Béarn nous devrions oublier nos géniteurs? Je suis européen, je vis avec le monde, mais je suis et je reste Béarnais, même si je m’exprime en Anglais ou en Espagnol à l’occasion.

    • +1 Poulot

    • « Qu’elle sera belle cette francophonie sans accents, sans particularismes régionaux! Parce que c’est bien ce que vous prônez sans le dire, cher Daniel. »
      Mais non mais non, je respecte tout à fait votre accent ou votre amour pour le gascon.
      Par contre l’Etat n’a pas a financer ces particularismes.
      « Et nous n’aurions plus de langue propre? Elle serait désuète, folklorique? »
      Et oui, c’est la réalité, désuète et folklorique.
      « Défendre ou développer les langues régionales apparaît aux yeux de beaucoup de monde comme incongru, inutile ou démodé. »
      Et oui.

      • On subventionne bien le patrimoine; or, la langue fait partie du patrimoine.
        De plus, et je le redis, c’est une partie de notre identité, même si on ne la parle pas, tout comme le français d’ailleurs. Daniel, vous illustrez exactement mon propos, à savoir que vous dénoncez les excès d’un système dans lequel des subventions sont données sans contrôle à des associations qui les utilisent d’abord pour défendre leur fond de commerce. C’est pourquoi je dis que le citoyen et par conséquent leurs représentants politiques doivent se réapproprier ce patrimoine et définir une politique publique.

  • Non, je ne pense pas que les électeurs de J Lassale soient fiers de ses pitreries à l’Assemblée Nationale.
    A part pour une minorité de passionnés, les langues régionales et le folklore associé sont bien la partie visible de l’iceberg de mouvements politisés, communautaristes et pour certains, indépendantistes.
    Et cela va à contre-courant total de notre monde.
    Le scandale français de l’enseignement en langues régionales montre tout simplement le manque de courage de nos politiques.
    Il est scandaleux que dans un pays qui prône l’égalité , dans un ministère qui prétend donner le même enseignement pour tous (exemple: enseignement primaire et collège unique) on fasse des enseignements dans des langues mortes ou au mieux moribondes et dans tous les cas totalement inutiles pour les enfants.
    Que les pouvoirs publics subventionne les langes régionales au même titre que l’association des Archers de Gascogne ou les joueurs de jeu de paume, pourquoi pas.
    Mais pas plus.
    Fermer les calandretes et apprendre l’anglais dès le primaire, voilà une vraie politique du futur.

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