Développement économique : gabegie à tous les étages


Dessin-humoristique---Chaunu---Ouest-France-5-mars-2009

    S’il est un domaine dans lequel chaque homme politique veut montrer son implication, c’est celui du développement économique. La commune, l’intercommunalité, le Pays, le Département, la Région, l’Etat, et l’Europe, chacun y va de son bilan extraordinaire en faveur du développement économique. C’est en fait une immense gabegie.

 

Profitant d’une organisation territoriale unique au monde et totalement invraisemblable qui permet à chacune de nos strates administratives de s’occuper de tout, tous nos politiciens mettent en avant leur action déterminante dans le domaine du développement économique, thème sensible pour les électeurs dans cette période de chômage élevé.

Le Conseil Général des PA dont bien sûr le développement économique ne fait pas partie des compétences, nous délivre dans la dernière édition de son journal « publicitaire » « 64 » (que vous avez dû recevoir dans votre boîte aux lettres) cinq pages sur ce thème où, à l’en croire, il a une action déterminante. Cela fait sourire, mais ce sont quand même 24 millions d’euro qui ont été dilapidés en 2013 dans ce domaine, par un saupoudrage totalement inefficace. Evidemment il faut rajouter l’action ubuesque de ce même Conseil Général dans le domaine des stations de ski dont il est propriétaire/exploitant, à grand renfort de subventions.

Le Conseil Général à trop d’argent pour faire face à ses seules compétences, il en cherche d’autres, il faut s’en souvenir et leur demander de baisser les impôts locaux.

Les candidats aux municipales font aussi de l’emploi (et donc du développement économique) un domaine dans lequel les promesses, toutes plus fumeuses les unes que les autres, sont légion. Ils oublient quand même de dire que c’est l’intercommunalité qui a pour compétence obligatoire le développement économique…(15,7 millions d’euro pour la CDAPP en 2013)

C’est pourtant la Région qui a (aussi) cette compétence et donc il ne faut pas s’étonner de la voir en première ligne dans ce domaine. Avec 400 millions d’euro utilisés (30% de son budget) l’Aquitaine  cherche entre autres, à organiser les grandes filières. On peut douter de son efficacité, les grands groupes comme dans l’aéronautique se situant au minimum au niveau des Etats pour discuter de leur organisation et de leurs implantations.

L’Etat quant à lui est bien sûr un acteur majeur dans la recherche, l’organisation des filières et le sauvetage des entreprises en difficultés (Montebourg, Ministre du redressement productif).

Et que dire de l’Europe qui subventionne beaucoup de secteurs à commencer par la filière agricole.

Dans cette désorganisation inextricable et incohérente on imagine aisément les difficultés d’un patron de PME à la recherche de subventions, ou le nombre de postes de fonctionnaires qui pourraient être économisés.

Aux commandes de ce fouillis, nos élus ont en plus un handicap majeur, ils n’ont pour la plupart jamais travaillé, et encore moins dans l’industrie, même si le développement économique a aussi d’autres facettes.

L’exemple récent de la Bretagne montre bien que l’anticipation des problèmes n’est pas là, malgré tous ces politiques qui veillent sur notre développement économique…

La France est bien un bateau avec quatre rameurs et six passagers qui fait la course avec les autres pays qui ont six rameurs et quatre passagers, mais en plus les barreurs sont nombreux et ne connaissent  rien à l’aviron.

par Daniel Sango

« On coule! »  AP du 5/12/2013

« Courage fuyons! » AP du 10/11/2013

Comments

  1. Cluchague says:

    Depuis la fin de la dernière guerre, les fonctionnaires ont pris progressivement le pouvoir. Aujourd’hui ils maîtrisent la nation et l’effet de boule de neige n’est pas prêt de se dégonfler. Quel candidat à la présidence de la République, oserait envisager dans son programme la réduction massive de leur nombre, sachant que les 22,45% qui on voté NON dans le sondage de la semaine sont probablement fonctionnaires….?
    Le risque de voir une France de fonctionnaires prendre le pas sur les productifs se profile à l’horizon….

  2. Chaque citoyen devrait poser au moins 2 questions aux candidats aux municipales:
    1. Engagez vous à ne plus augmenter les impôts locaux (municipaux et intercommunalité)
    2. Engagez vous ainsi que votre équipe pour ne non cumul des mandats.

  3. Le Gof JF says:

    Le Conseil Général est grave ici, il dépense sans compter des millions d’euros pour rien… C »est inadmissible vraiment ! Mais s’il n’y avait que cela… Dans un autre domaine, que dire de la protection de l’enfance qui laisse à désirer, que dire de l’ASE (aide sociale à l’enfance), une machine folle, totalement incontrôlable et qui broie les être humains comme du vulgaire papier ? L’ASE est une machine infernale et ne respectant pas les Droits de l’Homme ! Cela fait 6 mois que je n’ai pas vu mes enfants. Merci le Conseil Général, merci Georges Labazée !

  4. l'ours du bois says:

    La France est bien un bateau avec quatre rameurs et six passagers qui fait la course avec les autres pays qui ont six rameurs et quatre passagers, mais en plus les barreurs sont nombreux et ne connaissent rien à l’aviron.

    il n’est pas nécessaire d’avoir plus de rameurs, quatre sont suffisants/ un par point cardinal !!!!

  5. Bernard Salsé says:

    Un empilement dont on ne se remet pas. Et vous avez oublié la kyrielle de SMTU, qui prend le fric via l’URSSAF, et les SMI et autres. A Pau, la SMTU a pris une partie de ce qui était géré par la CDA. Et hop on empile des structures. en plus. On ne connait pas le cout du SMTU, pas de budget publiés, un vague rapport annuel, Et cela peut être illégal. Dans le cas des SMTU, elles semblent sortir du contrôle de la Cour des Comptes. La SMTU devrait être une EPCI, mais on ne trouve pas sa déclaration. Il y a des procès menés par des entreprises payant la taxe transport., et qui ont gagnés en Cassation. Les SMTU doivent rembourser quelques dizaines de millions et sont à la limite de la faillite. Cela concerne entre la SMTU Tolossine à Toulouse. De la à ce qu’on trouve que les contrats sont mal ficelés à Pau et le Bus Tram n’est plus financé. Je crois qu’il faut commencer par supprimer cet empilement. La régionalisation n’a fait que multiplier les points de corruption.

    • B Salsé écrit « De là à ce qu’on trouve que les contrats sont mal ficelés à Pau et le Bus Tram n’est plus financé » .

      Un avant-goût de la réponse est disponible dans le rapport du Comissaire-enquêteur daté du 5 décembre, page 111

      « Les ressources financières du SMTU-PPP :

      Au titre des comptes administratifs 2011 et 2012, le SMTU a respectivement perçu 27,5 et 30 millions d’euros au titre du versement transport. Sur cette somme, près de 20 millions sont dédiés au financement du déficit d’exploitation du service public « IDELIS, IDEcycle, IDElib’ ». Le solde est affecté aux investissements, à raison de la moitié pour financer les équipements du réseau actuel (bus, abris-bus et abri-vélos, travaux d’aménagement des quais pour mise en accessibilité des personnes à mobilité réduite, …), et l’autre moitié au financement du futur Bus-Tram.
      Le projet fera l’objet d’une ingénierie financière permettant de lisser le remboursement sur la durée de vie du projet (20 à 30 ans) ».

      Donc avec 30 millions de versement-transport tombant au SMTU il y a en fait que 5 millions qui restent « disponibles » pour le Bus-tram. Alors ça paraît faible quand l’investissement total autour de la seule première ligne Gare-Hopital va dépasser 100 millions.

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