Un Maire pour Pau


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A l’heure des vœux, il m’a semblé utile d’essayer de dresser le portrait de synthèse du futur premier magistrat que nous sommes en droit de nous souhaiter, puisque nous aurons la chance en 2014 d’en désigner un tout neuf. 

Sans craindre les foudres des associations féministes pétaradantes ou dépoitraillées dont les expressions diverses m’insupportent et qui ont fini par faire croire aux peuples que la cause des femmes valait mieux que la leur, vous avez sans doute remarqué que je me suis risqué au masculin dès mon avant-propos. Mais loin de moi toute pensée machiste. Il s’agit bien ici de parité. Martine s’étant retirée, j’en conclus qu’elle souhaitait laisser la place à un homme. Nous méritons donc désormais un maire et personnellement je m’en réjouis. Je le préfèrerais jeune et frais.

Je me suis ensuite posé la question de la couleur politique de l’impétrant en me demandant si l’heure était encore en 2014 aux guerres de religions. Les vœux que le Président de la République vient d’adresser aux Français m’ont paru sur ce point particulièrement novateurs. Ils mettent en évidence (enfin..) l’étroitesse du chemin qui s’ouvre à nos élus dans un contexte de raréfaction croissante des ressources publiques. Un chemin qui n’est ni de droite ni de gauche et qui impose la prise en compte de priorités claires sur la base de choix réalistes et pragmatiques. La désignation partisane d’un candidat et les alliances politiques qui en résultent n’ont strictement aucun sens lors d’une élection municipale. Le Maire de Pau devra donc être un homme capable de décider et de justifier ses choix sans recourir à un dogme, à des alliances de circonstance ou à un code de bienpensance.

Décider oui, mais quoi ? Le futur Maire de Pau doit très certainement avoir une vision à moyen long terme de sa ville et être capable de nous la présenter, parce qu’il nous faut bien à nous un peu de rêve et à lui un guide-chant pour diriger la chorale discordante des élus. Mais il lui faut aussi et je dirais surtout, une politique à mettre en œuvre à court terme sur des dossiers en cours et qui nous concernent tous à un point tel qu’ils ont signé l’échec de l’équipe sortante. Problématique du centre-ville, état de la voirie, plan de circulation, projet bus-tram, rééquilibrage est-ouest, développement économique, fiscalité et gestion de l’agglo. Quant aux grands projets, oublions les très vite. Notre ville n’en a pas besoin pour le moment.

Mais décider avec qui ? L’organisation de la gestion municipale passe malgré tout par le contrôle d’une majorité claire. Nous nous distinguons à Pau par un éparpillement politique et associatif qui fait de notre paysage municipal une sorte de conservatoire d’intérêts particuliers, de musée idéologique et associatif que nous entretenons avec soin et à grands frais. Il nous reste même des communistes vivants , des écologistes fondamentalistes et des occitanistes anti-béarnais. Notre candidat devra donc être capable de se passer d’eux s’il veut être cru. La constitution d’une liste homogène, constituée de personnalités qu’il aura choisies d’avantage pour leur compétence que pour leur « couleur » sera donc révélatrice de sa capacité à mettre en œuvre son projet pour la ville et de la sincérité de son engagement. Il n’aura pas le temps d’arbitrer les susceptibilités des uns et des autres s’il veut réussir vite.

Et l’agglo ? C’est bien le paradoxe le plus évident de cette prochaine élection. Nous nous proposons d’élire le Maire de Pau et le pouvoir réel sera dans les mains du Président de l’agglo. A l’évidence et si nous voulons que cessent le plus vite possible ces gestions communales égoïstes et coûteuses qui ont conduit notre agglomération à s’éparpiller dans l’espace et à se déséquilibrer au détriment du centre ville, il est indispensable que le Maire de Pau soit également le patron de l’ agglo. A cet égard l’ arbitrage de pacotille rendu par le PS entre David Habib et André Duchateau est éliminatoire et ne devrait donc pas résister aux prochaines semaines .

Sur le plan de la gouvernance municipale, je sais bien que la mode est à la  « participation citoyenne », à « l’écoute des électeurs » ou à la « proximité » tous ces parangons de démocratie qui sont autant de raisons pour ne rien faire. Comme si la définition de priorités et la mise en œuvre de choix forcément exclusifs les uns des autres pouvaient être issus de la synthèse d’opinions ou  d’intérêts particuliers et généralement divergents. C’est l’honneur d’un Maire que d’engager sa responsabilité personnelle devant ses électeurs et avec son équipe pour un projet collectif  et d’en accepter les conséquences lors de chaque rendez-vous démocratique. Peu de fonctions électives sont aussi exposées à la sanction. En contrepartie de la confiance qu’il lui délègue, il est légitime pour l’électeur d’exiger de son Maire, une grande disponibilité personnelle, une grande capacité de travail et une certaine autorité. Le Maire de Pau devra être un homme de caractère et de leadership. Il devra vivre et rêver de Pau à 100% de son temps. S’il peut avoir en plus une expérience de gestion réussie, nous ne bouderons pas notre plaisir.

Je réclame donc pour Pau et je nous souhaite en cette année toute neuve, un homme de caractère et de  décision. Un homme concentré sur ses objectifs et pas dispersé dans je ne sais quel jeu politique national dont les Palois n’ont que faire. Un homme capable non pas de faire l’unanimité, mais de réunir une équipe de personnalités compétentes et engagées sur le même projet sans s’embarrasser de considérations partisanes excessives.

Un homme d’action, un patron. Et tant pis s’il est « de gôche »…

À propos Oscar

Il suffit de passer le pont...

Comments

  1. Il me semble que l’on peut craindre avec Bayrou un grand auditorium pour y faire de beaux discours pour faire rayonner la ville, un grand stade, un grand autre machin très coûteux et pas du tout prioritaire. Un ego plus que démesuré qui devra être satisfait par de grands caprices, de grands palais portant sa marque. Pendant ce temps, nombre de rues resteront dans un état lamentable et les impôts locaux très élevés. Son modèle: Labarrère. Et l’on dira ensuite que la ville va mal, qu’elle perd de l’attractivité etc mais que c’est la faute « à » la municipalité précédente, « à » l’Etat, « à » l’Europe ou « au » Pape.
    Il me semble également que certaines cervelles fragiles ont déjà oublié le bilan de FB au conseil municipal: à mon avis quasiment aucun travail constructif pour proposer des ajustements dans les projets ou des projets alternatifs, ni dans les économies dans le fonctionnement de la ville et de l’agglo. Mais pourvu qu’un roitelet leur serve qqes niaiseries, elles seront conquises.

  2. Bruno Laborde says:

    Le portait présenté ici du futur Maire de Pau ne laisse pas de place à Bayrou et a Urieta.
    Il n’y a que David qui correspond au profil.

    • Pour qu’il devienne Goliath, il y a un ou deux préalables à régler cependant…Pour le moment il aurait plutôt choisi l’option petit bras 😉

      • Bruno Laborde says:

        Je vous rappelle que David a terrassé Goliath qui parvenait pourtant a franchir sans encombre des grilles fermées.
        Petit bras ou petite main?

    • Larouture says:

      Jusqu’à présent il a eu à régler un problème de fronde. Et puis la destinée de Goliath n’est pas très enviable. Mais je réagis trop vite car c’était certainement ce que vous sous-entendiez.

  3. (Pourquoi avoir commencé cet article par une diatribe anti-féministe hors sujet ?)

    La promotion d’un « maire-patron » et efficace mettant à la poubelle la « démocratie participative » peut être séduisante… mais elle rappelle un peu trop le cas Labarrère. Le « maire-patron » -pour ne pas dire autocratique- c’est bien, tant qu’il est clairvoyant. Sinon, toutes les dérives sont possibles, et pas forcément sanctionnées dans les urnes. Labarrère, réélu et encore réélu, alors qu’il ne faisait plus grand-chose de bon pour la ville depuis longtemps.

    « Comme si la définition de priorités et la mise en œuvre de choix forcément exclusifs les uns des autres pouvaient être issus de la synthèse d’opinions ou d’intérêts particuliers et généralement divergents. « 
    Et pourquoi pas ? La démocratie participative (il faut bien donner un nom) ne prétend pas priver les élus de leur rôle de décideurs. Parmi les associations engagées dans la vie politique d’une manière ou d’une autre, il y a de tout et donc forcément un peu de n’importe quoi, mais aussi des compétences ou tout simplement des connaissances qui peuvent être utiles aux élus. A eux (les élus) justement de synthétiser et de prendre leurs décisions avec le plus d’éléments possibles.

    Et sur le fond, vaut-il mieux des citoyens engagés (dans le sens où ils prennent part d’une manière ou d’une autre à la vie de la cité) ou des citoyens-clients-réclamants ? Les maires type Labarrère préfèrent bien sûr les seconds : il suffit de leur distribuer quelques friandises pour les garder dans la poche.

    • Helene Lafon says:

      (Pourquoi avoir commencé cet article par une diatribe anti-féministe hors sujet ?)

      Peut-être parce qu’en France, la conception politique et constitutionnelle du féminisme est absurde ! Des listes comprenant autant de femmes que d’hommes et les alternant à quoi cela rime-t-il ? Et pourquoi seulement une pour un ? Pourquoi ne pas faire proportionnellement à la population totale ? Et pourquoi seulement l’égalité pour le sexe ? Pourquoi ne pas rechercher aussi une représentation plus « égalitaire » par tranche d’âge ?
      Pour moi, c’est ramener l’égalité à une simple équation mathématique et c’est bafouer peu ou prou la liberté de chacun de s’engager en politique.
      Seule l’indépendance économique donne une vraie liberté à la femme tout comme à l’homme d’ailleurs !

      • Merci Hélène . C’est exactement ce que je voulais dire

        • mmmhh… ce n’était pas vraiment limpide, on va dire. Et assez HS par rapport au thème de l’article.

          Imposer des quotas ne constitue pas une solution idéale ou parfaite, mais parfois c’est une solution qui marche. Ca a permis d’accélérer l’ascension sociale des noirs et autres minorités aux USA, par exemple. Je n’ai pas vérifié si c’était toujours le cas, mais il n’y a pas si longtemps il y avait en France moins de femmes à l’assemblée nationale qu’en Iran par exemple : c’est fort…

          • Ouf, j’échappe de peu aux foudres des censeurs moraux et de la pensée adéquate. Je m’en sors bien…J’ai cru que j’allais être embastillé avec des Femen 🙂

  4. J’aime bien la vignette : deux jolis pompons mais pas de tête ! Pas de cravate, un bouton qui se balade en dehors de l’oeillet, une veste et un pantalon moche ton sur thon (etc), au secours MLC, Josy, Eurydice ! vive les femmes !!!

  5. emmanuel Pene says:

    L’enjeu n’est pas tant l’âge du capitaine que le renouvellement de son équipe. Ce qui mine l’action publique ce sont les habitudes, les rentes et le clientelisme; bref le systeme Labarrere qui perdure encore aujourd’hui. Oui, il nous faut un Mao qui nous fasse sa revolution culturelle; prime donc au premier qui traversera le gave à la nage..*

    * on considere que Mao declencha la revolution culturelle en Chine apres avoir traversé à la nage le yang tse jiang

  6. Georges Vallet says:

    Pourquoi pas! Beaucoup sont sans doute séduits par la forme.

    En cette période encore proche de Noël, les vœux pieux sont encore recevables. Toutefois, cela me semble en contradiction avec l’obligation de ne pas recourir à «un dogme et à un code de bien-pensance.»!

    Si l’on retire les électeurs faisant partie «du conservatoire d’intérêts particuliers, de musée idéologique et associatif, les communistes vivants , les écologistes fondamentalistes et les occitanistes anti-béarnais»,les pro-béarnais occitanistes ou anti-occitanistes, les anti-ours, les pro-ours, les pro tram-bus, les anti tram-bus, les commerçants, les banquiers, la petite mémère qui veut promener son chien….. Si l’on élimine à priori femmes et quadra maximum, quelqu’un ayant un curriculum de gestion réussie aux yeux de tous, je crains qu’il reste peu d’électeurs capables d’amener la liste à la majorité nécessaire pour la désignation de ce maire idéal capable de satisfaire l’intérêt général!

    «Comme si la définition de priorités et la mise en œuvre de choix forcément exclusifs les uns des autres pouvaient être issus de la synthèse d’opinions ou d’intérêts particuliers et généralement divergents.»

    Une ville étant constituée d’une somme d’intérêts et d’opinions particuliers, je ne vois pas comment il serait démocratique de faire des choix qui n’en tiendraient pas compte.

    Il serait quand même «préférable» que «les priorités claires, sur la base de choix réalistes et pragmatiques», soient proposées avant qu’après!

  7. Le seul problème, et il est de taille, c’est que le Maire d’Oscar ne se présente pas aux suffrages des électeurs…
    Phénomène d’ailleurs très largement répandu en France.

  8. Chaque municipalité qui compose la CAPP peut légitimement vouloir accéder à sa présidence. L’important c’est la conception de l’intercommunalité que se feront les équipes municipales qui seront élues le 30 mars 2014. Mon souhait c’est que ces équipes aient un esprit d’ouverture et de solidarité et, comme elles sont élues pour être au service de l’intérêt général, considèrent le territoire de la CAPP comme devant être un espace de coopérations.

  9. Occitaniste ant-béarnais ??!!
    Bona annada…

  10. Pierre Lafon says:

    Bonjour et bonne année à toutes et à tous,
    Nous avons eu, coup sur coup, deux articles – intéressants – relatifs au profil de la prochaine équipe municipale et de son leader, le maire :
    – la « liste citoyenne » (en vingt points, rien que ça …),
    – le texte du 2/01/2014 signé Oscar.
    Le second a de loin ma préférence, même si ma sensibilité personnelle est plus proche du premier – et de toute façon cela a bien peu d’importance -, mais les deux ont un point commun, ils ont été écrits un peu tard : les lettres au père Noël doivent partir avant le 25 décembre !
    Mais, on peut toujours rêver : c’est gratuit, bon pour la santé, cela ne nuit pas au développement durable, à la bio-diversité, à l’éco-responsabilité citoyenne, … Bref, à tous ces pathos verbeux qui permettent de parler des problèmes sans les traiter, en se donnant bonne conscience.
    Mais, « Oscar » a raison, et la « liste citoyenne » a raison ; le plus dur reste à faire : trouver ce maire et l’équipe qui respecte les 20 « commandements ».
    Pierre Lafon.

    • Georges Vallet says:

      « c’est gratuit, bon pour la santé, cela ne nuit pas au développement durable, à la bio-diversité, à l’éco-responsabilité citoyenne, … »

      Je ne suis pas si sûr!

  11. Helene Lafon says:

    Merci Oscar pour cette analyse des enjeux de l’élection municipale à Pau. Bien entendu, je ne suis pas d’accord avec vous à 100% mais dans chacun de vos paragraphes, j’ai trouvé une idée forte que tout citoyen de notre bonne ville peut partager avec vous. Et pour aller à l’essentiel… Oui, il nous faut un maire jeune. Oui il nous faut un maire sachant trancher et décider au risque de fâcher certains de ses amis ou alliés car son pouvoir et sa légitimité, il ne la tient pas de quelques alliances politiciennes mais du vote des citoyens. Oui il nous faut un maire entouré de conseillers compétents et objectifs et non pas de technocrates ambitieux, parce que la gestion d’une ville est de plus en plus complexe et que son maire doit préserver le court, le moyen et le long terme. Oui, il nous faut un maire qui ait l’ambition d’être le Président de la Communauté d’Agglomération de Pau-Pyrénées parce que c’est déjà là que se joue l’avenir.
    Et tant pis s’il est, un peu, beaucoup, passionnément de droite !