Messieurs les candidats, êtes-vous au courant ?


Petit à petit, doucement et sans bruit, la voiture électrique progresse en France. 5300 ventes en 2012 et 7800 en 2013 ce qui est à la fois peu en volume mais beaucoup en taux de progression. Les offres des constructeurs s’élargissent et il est désormais possible de prétendre rouler autrement qu’en consommant localement de l’énergie fossile. Les autonomies des véhicules atteignent ou dépassent désormais couramment les 150 km, ce qui couvre largement beaucoup de déplacements urbains ou domicile-travail. Le jeune constructeur américain Tesla propose même une grande routière toute électrique très performante, capable, grâce à son énorme batterie d’atteindre 450 km. On s’arrache la Tesla S dans les beaux quartiers en Californie.

A cette autonomie croissante vient s’ajouter un très grand confort d’utilisation. Silence, absence de changement de vitesse, douceur des commandes qui n’exclut pas de bonnes reprises, grâce à la disponibilité immédiate du couple important du moteur électrique qui équipe ces voitures. Bref un monde automobile, nouveau, apaisé et propre qui doit pouvoir convenir parfaitement pour une auto à usage urbain, même s’il s’agira le plus souvent de la seconde voiture d’un ménage aisé, puisque la voiture propre reste encore chère, même en intégrant son faible coût énergétique. (Environ 1.5€ pour 150 km de recharge en heures creuses)

Notre bonne ville de Pau s’était gargarisée de présenter en première mondiale un GP électrique fort original et se voulait ainsi pionnière de ce segment. Elle en fit même une condition pour le maintien de son Grand Prix. Les amateurs se sont trouvés assez partagés quant aux résultats sportifs de l’opération, mais reconnaissons que cela en valait la peine quand-même et que jusqu’à présent personne n’a fait mieux. Il est dommage cependant que l’organisation d’un véritable Championnat du Monde de monoplaces électriques, la Formula E, qui débutera cette année n’est pas jugé utile de faire étape à Pau. Affaire de gros sous et d’image. Tant pis pour eux.

Après toute cette effervescence électrique, on aurait pu imaginer que nos élus se soient donnés un tant soit peu les moyens de joindre quelques actes symboliques à leur parole toujours très abondante. Et que par exemple, Pau se soit dotée de quelques bornes de recharge rapide en centre-ville, soit sur les  emplacements des ridicules et inutiles voitures (Diesel) d’ Idelib, soit dans ses parkings. Dans d’autres villes, les grandes surfaces jouent également le jeu et proposent des bornes de recharge rapides sur leur Parking. C’est d’ailleurs le cas du Leclerc d’ Oloron. Chez nous, rien. Circulez au mazout Messieurs Dames, c’est tellement mieux. Evidemment dans ces conditions, les concessionnaires palois regardent les voitures électriques que leur envoient leurs constructeurs en chien de faïence et se désolent de ne pas les vendre.

Bref, même s’il n’est pas question de considérer la propulsion électrique comme une solution universelle en l’état, ni même comme un moyen de transport parfait du point de vue écologique, il n’en est pas moins vrai qu’il serait de l’intérêt d’une ville comme Pau de proposer une alternative au tout collectif Diesel qu’ elle s’apprête à mettre œuvre avec son Bus-Tram, à ceux qui voudraient tenter de se déplacer proprement et en silence en ville, en ayant le sentiment d’y être encouragés.

Alors, qu’en pensent nos candidats ?

À propos Oscar

Il suffit de passer le pont...

Comments

  1. il serait de l’intérêt d’une ville comme Pau de proposer une alternative au tout collectif Diesel qu’ elle s’apprête à mettre œuvre avec son Bus-Tram

    Le mode de propulsion des futurs bus n’est pas déterminé au stade actuel.

    • Au sujet de la Formule E, c’est plus Pau qui avait besoin de la FE, que que la FE de Pau…

      • Pour la petite histoire, ce projet est pourtant né à Pau. Mais cette idée au départ française n’a pu trouver ni financement, ni circuit, ni promoteur en France et a été reprise par des investisseurs espagnols. Il lui reste aujourd’hui à démontrer sa viabilité technique et sportive, la préférence ayant été donnée à de grandes villes (Londres, Las Vegas, Mexico, etc..) plutôt qu’à des circuits historiques en ville, ce que nous pouvons bien sûr regretter, comme nous pouvons regretter en général notre incapacité à mondialiser nos initiatives. Les pilotes et les téléspectateurs eux, regretteront le vieux circuit de Pau ou de Monaco lorsqu’ils auront à parcourir les virages à angle droit des grandes villes américaines ou chinoises. Sans intérêt..

        • Pau ne correspond pas vraiment au standing visé par ce championnat, vu la liste des villes choisies. Monaco déjà plus. D’ailleurs Monaco est dans la liste, je vois.

  2. Georges Vallet says:

    Texte intéressant car il introduit du nouveau et de l’utile dans la constitution d’un programme pour les candidats. On attend en effet avec intérêt les réactions des uns et des autres autrement que par des manifestations d’une «sensibilité privilégiée» annoncées sur ce problème!

    Sans aucun doute la voiture électrique et, ne pas les oublier, les deux roues à moteur dont on ne parle pas, serait une solution très positive pour diminuer efficacement la pollution des échappements en ville, transports en commun tout particulièrement. C’est une solution pour un air propre qui dynamiserait aussi le nombre des piétons et des cyclistes.

    Il est en effet inadmissible que l’équipement en bornes de recharge ne soit pas programmé et en début d’équipement.

    D’accord aussi pour confirmer que ce n’est pas la solution universelle; cela ne résoudrait pas le problème des difficultés de la circulation en ville, ni celui de la pollution liée à la fabrication industrielle des véhicules.

    Cela suggère aussi deux remarques d’une orientation différente:
    L’augmentation de la consommation électrique qui en résulterait, si cela se généralisait, nécessiterait la construction de nouvelles centrales nucléaires donc des dépenses colossales qui feraient grimper le KW h et les risques sanitaires liés aux retombées du nucléaire, ou alors il faudrait assurer ce surplus avec des énergies renouvelables..

    L’autre inconvénient à solutionner est celui qui résulterait de la disparition du bruit du moteur.
    C’est un vrai paradoxe car, d’un côté ce serait merveilleux de supprimer ces bruits parfois insupportables des autos, motos et autres deux roues motorisés et, de l’autre, le danger de ne plus les entendre . L’oreille ne serait plus l’organe à privilégier en ville mais l’oeil, ce qui justifiera une fois de plus qu’il faudra avoir bon pied bon oeil pour y circuler .

    A Stockholm, un péage urbain voté par référendum dès 2007, a permis de réduire la pollution atmosphérique et de développer des transports en commun non polluants (La Voie E.Morin).
    Dans cet état d’esprit je fais la proposition que tous les prétendants à la gestion de Pau et de son agglomération fassent préalablement, pour s’initier, un stage à Copenhague ou à Stockholm.
    Un joli projet pour une future équipe de l’Agglomération paloise!!!

    • Les constructeurs ont pris en considération la question du bruit de fonctionnement des VE ou plutôt de leur silence. Certains modèles sont en effet équipés d’un diffuseur de bruit d’ailleurs programmable qui intervient en dessous de 30km/h et produit des sons doux mais audibles.(Pas un bruit de Moped sans pot d’échappement, ni l’horripilant beep-beep des engins de chantier)
      Pour ce qui concerne l’augmentation de la consommation électrique, il y a une voie intéressante à creuser, c’est celle qui utiliserait le parc de VE comme un moyen de stockage d’électricité renouvelable. En gros les producteurs d’énergie renouvelable, éoliennes ou autres viendraient remplir les batteries des VE lorsqu’ils produiraient de l’électricité en surcapacité. Puis viendraient y puiser en cas de besoin lors des périodes de sous-capacité. Le propriétaire d’une voiture qui lui même serait équipé d’une borne les reliant à des réseaux d’énergie renouvelable leur « louerait » sa micro capacité de stockage et pourrait ainsi rouler à moindre coût tout en exploitant mieux sa batterie pendant les périodes d’immobilisation de sa voiture.. En cas de pénurie totale, un petit générateur inboard tel que celui présenté sur la BMW I3 permettrait d’éviter l’immobilisation de la voiture. Une manière de contourner intelligemment la question de l’impossibilité de stocker de l’énergie électrique et de rouler cette fois vraiment propre.
      J ‘espère néanmoins cher Georges que les néo-libéraux ne vont pas mettre leurs grosses pattes griffues sur cet intéressant projet 🙂

  3. Bernard Salsé says:

    En Chine, les voitures électriques, les navettes électriques, les grands bus de ville électriques, commencent à fourmiller. Ils ont pris des parts ou la majorité des parts dans des entités fournissant les matières premières nécessaires aux batteries. Et effectivement nous, nous avons le Bus Tram, un retour des bus des années 50

    La navette de 20 places électrique à moins de 4 000 euros HT nous rattrape, et pour 64 millions combien peut on en acheter ? 16 000 ! Une par famille paloise ! Une voiturette tranquille pour la ville, une MaoTic pour la vie en cadeau. On importe 16 000 chinois, ils nous les fabriquent et les conduisent.

    Et nous nous BusTramisons! Et c’est même pas un produit français !

    • Oscar: « faible coût énergétique. (Environ 1.5€ pour 150 km de recharge en heures creuses) ».
      L’efficacité du moteur électrique par rapport au moteur thermique… On la retrouve dans tous les appareils… Récemment, j’ai pu comparer la consommation d’un karcher électrique et d’un karcher thermique: le coût était également de 1 à 8 environ (certes l’appareil étant branché directement sur le secteur). C’est clair que ça propose une avancée écologique (si l’on s’en tient à ce paramètre, reste à voir le coût écologique de fabrication de la voiture électrique et les coûts de recyclage…)