Les symptômes d’une pathologie civilisationnelle s’accumulent.


Capture d’écran 2014-01-21 à 13.41.19C’est l’anarchie dans la gestion de l’Information, de l’Energie, de la Matière. C’est le naufrage de l’économie, de la finance, de la politique environnementale et de la cité, de la communication, de la sécurité sanitaire, de la vie sociale…

L’espace médiatique est occupé par:

  • les pulsions hormonales non contrôlées d’hommes politiques.
  • Le sort de la vraie fausse première dame.
  • Les jeux du cirque électoral.
  • Les «adoubements» de tel ou tel politique pour faire des listes électorales de conquête de pouvoirs et de «magots». Non! Ils ne sont pas qu’africains !
  • Des auto-proclamés humoristes «adeptes de cette sous-culture qui faisait dire à Charles Péguy (dans notre jeunesse): « On ne fonde, on ne refonde aucune culture sur la dérision. La dérision, le sarcasme et l’injure sont des barbaries» J-Cl Guillebaud.
  • Les résultats sportifs du PSG «quatarien» ou la météo du week-end……

Alors que le bateau coule on regarde le soleil qui se couche.

Tout ceci justifie la citation de José Ortega y Gasset philosophe et écrivain espagnol :

«L’Homme est l’animal pour lequel seul le superflu est nécessaire.»

Actuellement : compétition, performance, record, dépassement de l’autre, sont recherchés par les pays européens pour la «prospérité» de leur économie ; mais, dans chacun d’eux, la réussite des uns est liée au paupérisme des autres.

Celui qui paye les dettes n’est pas celui qui s’enrichit !

« Votre peuple, Sire, que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui vous a toujours été si dévoué, est en train de mourir de faim. Plutôt que de le saigner à blanc, vous feriez mieux de le nourrir et de le chérir ; la France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provisions. Vos sujets croient que vous n’avez aucune pitié de leurs souffrances, que vous n’avez d’autre souci que le pouvoir et la gloire. » Fénelon à Louis XIV.

Anne Perry a fait une étude sociologique et critique de l’Angleterre victorienne : banquier du monde, grandeur inégalée, toute puissance de son empire, mais enfermée dans ses principes, ses traditions. Elle évoque les bas-fonds, la pauvreté, une moralité mise en pièce. «Voilà une saga des mœurs où le voyeurisme dévoile la calomnie, où le mystère rend enfin le réel visible» Virginie Gatti.

Dans l’espace et dans le temps, l’histoire des civilisations nous livre des exemples innombrables où la quête de la grandeur génère pauvreté et souffrance.

De ce côté là, rien n’a changé.

«Qu’il s’agisse de l’économie, du sport, de la vie personnelle, de l’amour lui-même, nous voilà littéralement intoxiqués par un principe de compétition sans cesse plus impitoyable. Au sens étymologique du mot, qui est sans pitié.»  J-Cl Guillebaud.

Au Portugal, la diminution des dépenses de santé, la fermeture des écoles, la baisse des salaires, la vente des biens publics….ne donnent pas les résultats promis.

Cristina Semblano, enseignante d’économie portugaise : Paris-IV, Sorbonne, écrit :

«Chaque euro de déficit économisé au Portugal s’est traduit par une perte de 1,25 euro de PIB et une augmentation de 8,76% de la dette.».

Elle poursuit que si le chômage (20%), a diminué légèrement, c’est parce que les Portugais, conseillés par leurs dirigeants d’ailleurs, s’expatrient. Ils quittent en masse leur pays, à raison de 10000 personnes par mois. Bruxelles et le FMI demandent de diminuer encore le salaire minimum qui n’est déjà que de 485 euros par mois ! (toujours d’après C.Semblano dans Libération).

«On réduit les déficits publics en créant du chômage. Ainsi on alimente la crise, en favorisant la pauvreté, et en tirant les salaires vers le bas.» Xavier Timbeau, économiste de l’OFCE.

«Le miracle allemand» résulte de l’application de réformes présentées par le chancelier Schröder au Bundestag, le 14 mars 2003. Le programme visait à restaurer la compétitivité de l’économie grâce à une libéralisation du marché du travail, une baisse des prestations sociales et une réforme des retraites.

Le but recherché a été atteint, la «grandeur» est retrouvée ; la croissance est repartie à la hausse, tant au point de vue de l’économie globale que………

de la pauvreté individuelle.

Cette dernière a explosé en Allemagne au cours des dix dernières années. Dans un article signé Michel Verrier, à Berlin, on peut lire qu’on comptait 284000 SDF en Allemagne en 2012, 15% de plus qu’en 2010. Pour le Président de la Paritätische Gesamtverband :« Des régions entières sont plongées dans une spirale du déclin, la Ruhr en particulier, autrefois le poumon de l’Allemagne. Le taux de chômage ici est parmi les plus élevés, 13% officiellement mais 20% pratiquement si l’on intègre ceux qui suivent des stages de reconversion ou ont des petits boulots.»

Les chiffres statistiques (Destatis) indiquent qu’«une personne sur 7 vit dans la pauvreté en République fédérale, une personne sur 5 chez les 55-64 ans et les 18-24 ans, avec un revenu de 869 euros pour une personne seule, 1826 pour une famille avec deux enfants de moins de 14 ans.»

La «Pauvreté Intérieure Brute» en Allemagne était de 15,2% en 2012, un taux record.

Selon l’Insee, en France, elle représenterait environ 14% de la population.

Dans une société civilisée pleine de richesses, il est difficile de faire comprendre à certains, en particulier aux intéressés, que leur pauvreté est nécessaire à un enrichissement encore plus grand du pays !!

«Au plus profond de leur détresse, ces hommes et ces femmes redeviennent ainsi publiquement ce qu’ils sont : un reproche ou pire encore une impolitesse. Ils embarrassent. «Salauds de pauvres !» hurlait Gabin dans le film de Claude Autant- Lara «la traversée de Paris». J-Cl Guillebaud.

La dignité, l’humiliation, le dédain, l’exclusion, plus cruels encore, ne sont pas pris en compte !

Cette situation, immorale, est aussi un très mauvais calcul pour l’avenir de l’économie. Chômage, flexibilité de l’emploi, temps partiel, précarité, obligation d’un changement fréquent de résidence, difficultés d’accès au logement, incertitude du maintien de la politique nataliste… sont autant de contraintes qui favorisent l’éclatement des couples et la baisse de la natalité. L’Allemagne est sévèrement touchée ; en France, la dernière estimation est alarmante, depuis 2010 le nombre de nouveaux-nés ne cesse de baisser. L’Allemagne est obligée de renforcer sa force vive par une immigration importante. Ce n’est pas encore dans l’air du temps en France !

Heureusement, pour remonter le moral, pendant ces fêtes, les médias ont cultivé le paradoxe, ils ont remplacé la vertu des économies et de la rigueur par celle de la dépense festive, c’est-à-dire la cuisine politique par la cuisine gastronomique.

Les émissions culinaires se sont succédées à un rythme rarement atteint sur les ondes. Les repas à des prix «modestes» de 400 ou 500 euros (!), préparés par des chefs, dans des lieux enchanteurs, ont apporté aux téléspectateurs l’illusion du bonheur que certains pouvaient se payer.

Peut-être, comme distraction, a-t-on diffusé ces émissions lors des repas des Restos du cœur !!

– par Georges Vallet

crédit photo: herodote.net

Comments

  1. Comme d’habitude, les pensées déprimantes d’un éditorialiste de Sud-Ouest et d’autres prises au hasard des pages de Télé 7 Jours, servent de guide-chant désespéré à un misanthrope écologue et neurasthénique (ça va généralement ensemble) …Remettez-vous cher Georges, il y a des jeunes qui vous lisent (peut-être..) et qui n’ont pas envie de se suicider tout de suite.

    • Emmanuel Pène says:

      @Oscar +1

    • Georges Vallet says:

      C’est bien ce que je disais; quand le bateau coule, il ne faut pas dramatiser; il faut appliquer la méthode Coué et se remonter le moral en regardant la beauté du soleil couchant!

      • Non, il faut donner les commandes à des gens plus jeunes, plus dynamiques, plus compétents et surtout plus optimistes, afin de rechercher et définir des solutions qui leur paraissent compatibles avec leurs idéaux de vie, comme nous l’avons fait nous-mêmes avant eux. Mais sans les accabler d’une pseudo expérience et d’un pseudo-savoir qu’il leur faudra acquérir à leur tour à leur manière, mais qui ne doit en aucun cas servir de prétexte pour sombrer dans VOTRE désespérance..

        • Dorénavant seuls seront autorisés les propos positifs et les sourires béats. En effet, dans la guerre économique, l’atteinte au moral des ménages par des propos neurasthénico-écolo-misanthropiques s’apparente à un crime de guerre.

          Bref, écoutez Fun Radio 😀 !

    • Georges Vallet says:

      Mon cher Oscar,
      Décidément, on en apprend tous les jours!
      Je ne savais pas que Cristina Semblano, enseignante d’économie portugaise : Paris-IV, Sorbonne, que José Ortega y Gasset, que Xavier Timbeau, économiste de l’OFCE, que Michel Verrier, à Berlin, que le Président de la Paritätische Gesamtverband, que J-Cl Guillebaud, que les chiffres de Destatis (Statistisches Bundesamt (Destatis) est l’office allemand de la statistique.)….
      publiaient dans Télé 7 jours!
      Pour le savoir, c’est que vous n’avez pas les mêmes lectures que moi!

  2. Beaucoup trop d’inexactitudes pour rendre crédible cette vision partiale de notre monde.
    Regardons le verre à moitié plein:

    « Le nombre de personnes vivant sous le seuil d’extrême pauvreté [1] dans le monde s’est réduit de 1,9 à un peu moins de 1,3 milliard entre 1981 et 2008. Une évolution d’autant plus positive que dans le même temps la population mondiale s’est accrue. Du coup, le taux d’extrême pauvreté a été réduit de moitié : 22,4 % de la population mondiale vit aujourd’hui avec moins de 1,25 dollar par jour contre 52,2 % au début des années 1980. »

    Observatoire des inégalités

    • Georges Vallet says:

      Puisque vous affirmez que mes chiffres sont inexacts, c’est-à-dire ceux donnés par les auteurs cités, c’est que vous en avez la preuve indiscutable. Je suis prêt à le reconnaître si vous me fournissez les valeurs exactes issues de sources plus respectables, objectives et donc exactes que celles que je cite.
      Je me permets de vous signaler qu’il faudrait comparer aussi ce qui est comparable; je n’évoquais pas la population mondiale mais le cas, dans l’Europe: du Portugal, de l’Allemagne et de la France en rapport avec les mesures appliquées, préconisées par Bruxelles et le FMI.
      N’oubliez pas non plus que, du haut du verre à moitié vide, 15,2% de la population allemande et 14% de la population française (chiffres Insee) vous contemplent!

      • Référez vous plutôt à l’ Observatoire des Inégalités qui publie des données statistiques objectives plutôt qu’à des citations de bric et de broc qui visent à nous démontrer ce que vous savez déjà, à savoir que l’ Allemagne de Schröder qui a osé sacrifier un certain nombre de mythes qui prévalent encore chez nous, est un pays quasiment en faillite où prolifère la plus extrême pauvreté. C’est grotesque. Cette manière que vous avez, de donner à ce qui relève de vos opinions, un support pseudo scientifique étayé par des citations est cousue de fil blanc et détestable.

        Voir les seuils de pauvreté en Europe par pays: http://www.inegalites.fr/spip.php?article1194
        Voir les % de population pauvre par pays et par seuil en Europe: http://www.inegalites.fr/spip.php?article388

        J ‘ajoute que considérer que la France est « moins pauvre » que l’ Allemagne en omettant de comparer les revenus moyens ou de tenir compte des déficits que nous creusons pour rétablir « l’ égalité sociale » est parfaitement trompeur.

  3. Joël Braud says:

    José ORTEGA Y GASSET a dit aussi : »Etre de gauche ou être de droite, c’est choisir une des innombrables manières qui s’offrent à l’homme d’être un imbécile ».
    Ceci dit, votre vision de la situation de l’économie de certains pays, dont la France, semble désespérante. Il n’existe pas de moyen efficace pour surmonter la crise. Des statistiques récentes font apparaître que dans le monde, le nombre des riches a progressé. En France cette progression est de 2%.
    J’en retiens que les politiques sont incompétents.

    • Georges Vallet says:

      « J’en retiens que les politiques sont incompétents. »

      Je n’en suis pas aussi certain, je pense plutôt qu’ils sont prisonniers d’un contexte mondial qui laisse très peu de marge de manoeuvre; ajoutons à cela les oppositions
      qui, pour la conquête du pouvoir, détruisent systématiquement, et donc sans discernement, tout ce que propose ou a amorcé l’adversaire.

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