Orthez Municipales 2014 – Questions à Yves Darrigrand, tête de liste "Oser Choisir"

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IMG_4328A Orthez, Bernard Molères, maire PS, ne se représente pas. Emmanuel Hanon, 1er adjoint chargé des finances de la ville depuis 6 ans, tentera en mars d’assurer sa succession. Il trouvera sur sa route deux candidatures : celle de Bernard Cazenave qui était présent, en 2008, sur la liste du maire précédent Thierry Issartel. Il trouvera aussi Yves Darrigrand, associé à Bernadette Prada, bien connue des Orthéziens puisque élue à la ville de 1989 à 2008. Yves Darrigrand, tête de liste « Oser Choisir » et candidat sans étiquette, répond aux questions d’AltPy.

AltPy – Quel regard portez-vous sur la mandature qui s’achève ?

Yves Darrigrand – Je mets en regard le programme de l’équipe municipale il y a 6 ans et la réalité de la situation aujourd’hui. Au programme 5 postes d’investissement lourds : plaine des sports, maison des associations, le pôle santé, la dynamisation(sic) et le contournement. Aucun n’a été réalisé. Seul, le dossier du contournement de la ville a avancé dans ce qu’il avait de moins urgent. Le centre ville est en déshérence avec des magasins qui ferment chaque mois. Le seul investissement (considérable) qui a été réalisé est celui d’un cinéma mal situé et qui, surtout, ne figurait aucunement dans les priorités annoncées. Sa réalisation a porté l’endettement de la ville à un niveau record. Dans le même temps, la fiscalité directe locale (Taxe d’habitation et taxe foncière) a bondi de 33%, atteignant un niveau insupportable pour beaucoup d’Orthéziens.

AltPy – Quels sont les principaux grands enjeux auxquels est confrontée la ville d’Orthez (en dehors du thème de l’emploi) ?
Yves Darrigrand – L’enjeu n°1 est celui de la revitalisation du Centre Ville qui doit tenir tête à deux grands pôles commerciaux périphériques et qui s’enfonce dans une paupérisation (habitat) et une désertification économique alarmantes. Nous avons placé ce problème au cœur de notre programme.
L’enjeu n°2 est de permettre aux Orthéziens de rester à Orthez : l’augmentation des taxes locales est un élément d’exil vers les communes environnantes avec lesquelles le différentiel de taux est considérable.
L’enjeu n° 3 est le désendettement durable de la ville par un contrôle rigoureux des dépenses et une recherche plus ardente de subventions pour les chantiers de rénovation de la ville.
L’enjeu n°4, plus large, tient à la fusion des communautés de communes d’Orthez et de Lacq. Effective depuis le 1er janvier 2014, elle a été mal préparée et exige aujourd’hui qu’Orthez se fasse entendre dans un dialogue empreint de respect et d’équité.

AltPy – Quelles réponses comptez vous y apporter ?
Yves Darrigrand – La revitalisation du centre ville est un travail de longue haleine. La réponse est forcément plurielle. La première réponse, incontournable, est de sortir les poids-lourds en transit du centre ville (Place d’Armes) : pour cela il n’y a qu’une solution qui n’a pas été mise en œuvre avec l’énergie qui convient : la réouverture d’un échangeur d’autoroute à l’Ouest d’Orthez ( la Virginie). Nous nous y attaquerons dès le lendemain des élections. .Mais il faut en même temps engager des chantiers aussi bien sur l’esthétique de la ville (voirie, places à aménager, rénovation du patrimoine) que sur l’activité culturelle, artistique, et sur l’accompagnement des acteurs économiques ( commerçants, artisans, industriels…). Nous mettrons en place un pôle élus-professionnels pour assurer l’accueil, l’accompagnement et l’implantation de ces activités.
Enfin, nous nous sommes engagés à ne pas augmenter les taux communaux pendant la durée de notre mandat.

AltPy – L’emploi est la préoccupation première des français et donc des Orthéziens. Elu, quelles actions souhaitez-vous engager pour favoriser la création d’emplois ?
Yves Darrigrand – Sur ce sujet, tous ceux qui se sont engagés dans des promesses ont du faire machine arrière ! Mais comment ne pas imaginer que la revitalisation de la ville, l’implantation de nouvelles activités, l’animation culturelle, artistique, touristique (Orthez dispose de beaux atouts !), le projet de rénovation du site de la Minoterie (aujourd’hui friche industrielle négligée par les élus) , le développement des circuits commerciaux pour les producteurs locaux ( maraîchers …) ne créent pas une dynamique nouvelle et porteuse d’espoir dans le domaine de l’emploi ?

AltPy – En quoi votre méthode de gouvernance serait-elle différente de celle de l’équipe municipale actuelle ?
Yves Darrigrand – Notre équipe rassemble suffisamment de talents pour nous permettre d’envisager un mode de gouvernance différent. Nous comptons réduire le nombre d’adjoints (7 au lieu de 9) et répartir des délégations ciblées au plus grand nombre de conseillers pour que le terrain des préoccupations soit mieux couvert, l’écoute de la population plus précise, les décisions mieux informées et mieux suivies.

AltPy – Quel rôle êtes-vous prêt à donner à l’opposition municipale ?
Yves Darrigrand – L’esprit de notre équipe est un … esprit d’équipe ! nous partagerons avec les conseillers d’opposition qui l’accepteront le partage des tâches et des responsabilités, dans le souci du bien commun. Nous le ferons parce que nous n’avons pas de parti pris idéologique ni de tutelle politique contraignante.

AltPy – Quelle place donnerez-vous au conseil de quartier, référendum d’initiative populaire ou toute autre méthode pouvant amener les citoyens à participer à la vie de la cité ?
Yves Darrigrand – Orthez est une ville de 11000 habitants. Les réunions de quartier organisées par l’actuelle équipe municipale ont lassé les participants. Rien ne s’y passe. Nous réfléchissons à l’idée de donner à chaque quartier d’Orthez la possibilité de se munir d’un Conseil de Quartier qui rassemblerait les questions, les projets, les attentes et les présenterait au Conseil Municipal qui aurait ainsi une vue d’ensemble permettant de hiérarchiser équitablement les projets pour la durée du mandat.
Je n’imagine le référendum d’initiative populaire que sur une question lourde qui surviendrait en cours de mandat, n’aurait pas été formulée pendant la campagne et ne figurerait donc pas dans le programme qui engage les élus. Il ne faut donc ni en faire l’excellence de la démocratie ni en exclure la possibilité. Le referendum doit respecter l’élection.

AltPy – Comment envisagez vous la place de votre ville dans le cadre de la Communauté de Communes de Lacq-Orthez ? Quelle est votre position par rapport à la Présidence de celle-ci ?
Yves Darrigrand – Orthez est la commune la plus importante de la CCLO. Elle est nantie d’une richesse historique, patrimoniale, culturelle qui aurait dû en faire la « capitale » de la CCLO. En réalité, pour des raisons politiques qu’il appartiendra à chacun de discerner, la fusion
s’est pratiquée sur le mode de la jonction : Orthez rejoignait Mourenx/Lacq, la petite CCO rejoignait la grande et riche CCL. La marque symbolique forte de ce que nous disons est inscrite dans le logo de la CCLO qui a gardé, intact, le logo de la CCL … en y joignant simplement le O. Nous tenons à la fusion, c’est à dire à la naissance d’une entité nouvelle, véritablement nouvelle où chacun va pourvoir être entendu et faire valoir sa personnalité. Nous allons dans cette nouvelle entité avec un désir vrai d’entente, de compréhension réciproque, d’équilibre et pour tout dire d’équité.
En conformité avec ce que je viens de dire, il nous semble juste que, comme dans l’immense majorité des Intercommunalités (ex : PAU !), la présidence revienne à un élu de la commune la plus peuplée… Nous le proposerons.

AltPy – Question ouverte au sujet de votre choix
Yves Darrigrand – Extension urbaine ou rénovation urbaine ?
Il faut choisir parce qu’on ne peut pas tout faire…
Notre mandat sera celui de la restauration de notre ville. Nous n’avons pas dans notre programme de construction prestigieuse. Nous voulons faire revivre des friches industrielles qui isolent la ville de sa gare ( site de la Minoterie) ; nous voulons valoriser un patrimoine historique remarquable et mal mis en valeur ( ex : la maison Jeanne d’Albret). Nous voulons réparer les places défigurées par un manque d’entretien ou par le tout voiture. Et surtout nous voulons remettre au cœur de la ville l’activité qui fait battre son pouls et réjouit ses habitants. Beaucoup de notre travail depuis un an s’est attaché à cela. Nous avons l’équipe pour le réussir !

– propos recueillis par Bernard Boutin

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11 commentaires

  • M. Darrigrand – une fois en poste – a visiblement oublié sa promesse de faire revivre le centre ville. Nous essayons actuellement d’implanter un établissement secondaire à Orthez Centre Ville et nous avons à faire à une bureaucratie extraordinaire qui demande autorisation sur autorisation et qui nous fera – malgré un investissement de plusieurs milliers d’Euro – repartir d’Orthez avant même d’avoir ouvert le magasin. C’est bien de promettre. Mieux vaut tenir. Nous ne pouvons que mettre en garde les entreprises de s’installer au centre ville d’Orthez. Et de surcroît, ce brave Maire ne répond à aucun courrier mais signe un tas de documents administratifs pour empêcher le commerce. Drôle de ville, la ville d’Orthez… Un commerçant lésé qui ne recommencera plus à Orthez…

  • La liste de Yves Darrigrand dans la Presse : c’est ICI

  • Pierre Yves Couderc

    Monsieur Jean-Pierre cremer, qui doit savoir de quoi il parle, et monsieur « webmaster oser choisir » ont certainement des avis et des idées très pertinentes.
    Il faudra néanmoins rétablir , tout d’abord,les finances dans une grande déliquescence et le déficit (‘historique) du management communal avant de penser à engager des restructurations (utiles ) comme le centre ville.
    Comme monsieur PYC s’était permis de le rappeler la solution viendra du kidnapping du kidnappeur soit la CC de Lacq encore assise sur de très confortables rentes industrielles (ex TP devenue CET) .D’autant que le petit David en affrontant le Goliath palois a libéré des espaces . les mouches ont changé d’ânes …les loups ne sont pas encore rentrés dans la ville..

  • cremer jean-pierre

    Bravo à Yves Darrigrand qui dit clairement l’état dans lequel est tombé depuis de longues années la ville que nous appelions dans ma jeunesse Orthez-la-jolie et qui a été défigurée progressivement par l’abandon à la facilité de l’étalement urbain et du tout voiture symbolisé par les zones commerciales immondes qui l’entourent. Le diagnostic et le programme proposé sont tout à fait pertinents et adaptés et l’absence d’étiquette politique donne de la crédibilité. Merci Yves Darrigrand et bonne chance.

  • Si vous souhaitez rester informé de l’actualité d’Yves Darrigrand, deux adresses:
    osezchoisirorthez.com
    facebook.com/oserchoisirorthez
    cordialement

  • Pierre Yves Couderc

    Orthez est une ville qui avait beaucoup d’atouts. En particulier sa situation (TGV et autoroute(????) ),qui avait tout pour être un centre de gravité du département entre les deux grands pôles de Pau et de Bayonne. Il lui reste l’atout de servir de refuge aux exilés immobiliers de la côte basque chassés par le prix du foncier et le rêve du tout balnéaire.
    Elle paie également la médiocrité historique de ses maires au moins depuis Jacques Destandau et, corrélativement, la médiocrité de son administration. Papy Molères et son feutre à la Labarrère n’ayant pas relevé le niveau… Ses finances sont les pires du département.
    Sa chance et sa planche de salut, c’est d’être kidnappée par la CC de Lacq qui a un très fort répondant financier. A terme elle finira, forcément, d’en devenir la capitale. Soit un amusant retournement historique puisque, en 1962, la ville de Mourenx avait été créée, ex nihilo, suite au refus d Orthez de devenir la capitale des champs gaziers nouvellement découverts.
    Comme quoi les déterminants historiques ont la vie dure.
    Fébus où êtes vous ?

  • Conforter son rôle de centralité avec une économie basée sur le local et développer le tourisme sont les perspectives principales d’Orthez. La place d’Orthez dans la CCLO est secondaire.
    Orthez, comme la plupart des villes, subit l’engouement pour les périphéries. L’effet de la côte, pour les (petits) revenus solvables s’arrête au niveau de Salies ; celui de Pau à Lacq (cf. Notaires et immobilier).
    La présence d’infrastructures de transports performantes ainsi que de tous les services drainent une population précaire en centre ville (cf. Pact).
    Orthez soufre de sa position dans une vallée étroite. L’urbanisation pavillonnaire qui s’est développée depuis les années 70 a bloqué tout accès facile Est-Ouest , voire Nord-Sud. La voie ferrée avec des TGV qui « frôlent » la tour du pont-vieux, constitue une coupure préjudiciable à la vie urbaine. La dernière image que gardent les pèlerins de St Jacques en quittant Orthez est celle d’une rue particulièrement glauque, la rue du pont-Vieux,
    L’espace (ancien monastère) entre le centre ville et la gare a été aménagé dans les années 90 pour la voiture et sans aucun soucis de faire lien entre ces deux lieux. Des aménagements s’imposeraient.
    Le positionnement du cinéma est certainement discutable. A-t-il été posé là où il y avait de la place ou peut-il renforcer une polarité ? C’est tout l’espace hétéroclite (parking, Mc Do par exemple) qui se trouve derrière les halles et ce cinéma qu’il faudrait réaménager pour faire un lien entre la périphérie Ouest et le Centre.
    La place du Foirail est encore préservée. Mais son aménagement parait se faire au coup par coup, sans projet d’ensemble.
    La périphérie est dominée par Intermarché à l’Est et Leclerc à l’Ouest. Le projet, maintenant bien avancé, de déviation Nord-Est (dit centre) est davantage un projet d’extension d’un boulevard commercial que d’une rocade.
    La priorité donnée à ce projet s’explique par le soutient qu’il a bénéficié de la part de tous les groupes politiques depuis plus de 20 ans. Maintenant que c’est pratiquement acquis, focaliser sur l’ouverture de la Virginie n’est pas très original.
    Tout espace susceptible d’abriter une activité au pourtour du centre est aménagé (y compris ZA Naude). Les déplacements des chalands augmentent davantage que l’activité commerciale.
    La liaison vers Dax (plus de 6000 veh./j et 250 PL) ainsi qu’un accès facilité à l’A10 ont été délaissés pour longtemps (pour cause d’A65).

    • @larouture:
      je vous réponds sur les axes est-ouest « voire » nord-sud, que vous dites bouchés par des constructions pavillonnaires:
      -pour l’axe est-ouest, la position d’Yves Darrigrand, qui en fait sa priorité puisqu’elle va de pair avec la revitalisation du centre-ville étouffé parles camions, la solution existe, et a déjà été testée, c’est la réouverture d’un échangeur ou demi-échangeur à la Virginie pour les poids lourds en transit.
      pas original, puisque déjà fait auparavant en effet, mais salutaire !
      _ pour l’axe nord-sud, au delà des constructions pavillonnaires que vous citez (lesquelle ? c’est l’ancienne route de Dax avec des bâtisses et autres fermes parfois pluriséculaires qui balisent cette voie) c’est plutôt la configuration géographique de cet axe qui pose problème. une solution existe par la déchetterie, mais elle aurait un coût très important…
      ce que l’on peut dire, c’est que ce n’est pas tant dernier axe, vecteur d’échanges et de commerce avec les Landes (et les Landais limitrophes) qui pose problème mais bien l’axe de transit tout camion entre Bayonne et Pau qui apporte le plus de nuisances.
      la revalorisation patrimoniale, commercial et touristique (foirail, rues du centre, liaisons avec la Moutète etc.) seront à prendre en compte mais dans une réflexion globale, et non plus au coup par coup comme cela a été fait par les majorités municipales successives soucieuses de « laisser leur empreinte »… pour quel résultat ?
      et pourquoi ne pas, également, ouvrir le dialogue entre commerçants du centre et de la périphérie pour évoquer une politique commerciale et touristique non plus opposée mais COMPLEMENTAIRE en réfléchissant à une offre différente…
      un changement de mentalité est indispensable (accueil des touristes, déplacements dans la ville, zones de stationnement, rue piétonne, places…)
      la tâche est rude, mais en prenant les choses par le bon bout et avec résolution, la situation orthézienne s’éclaircira. Yves Darrigrand a cette volonté.

  • Pas grand chose à se mettre sous la dent dans ce programme. Je laisserai de côté le problème des centres historiques, leurs maisons insalubres et le petit commerce qui se meurt, maladie assez générale et pour laquelle aucun vrai remède n’est proposé.
    Par contre Orthez est confronté a un vrai problème, celui de l’intercommunalité et là, comme partout d’ailleurs les analyses des politiques sont affligeantes.
    L’intercommunalité bâtie par Habib n’est pas une intercommunalité mais une baronnie.
    Elle ne répond pas au but primordial qui vise a regrouper les communes pour en faire une gestion mutualisée, a partir d’un bassin de vie cohérent, avec aterme la disparition des communes.
    Et la première question, la seule qui vaille a poser à un candidat à une Mairie est: que voulez vous faire dans l’intercommunalité? (Quel contour, quel programme, quelle mutaulisation, combien d’économies visez vous?)
    Là, c’est grotesque, le seul objectif est d’être le baron à la place du baron.
    Pourquoi faire???????

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