Budget des communes, transparence SVP!

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PicsouAP s’est toujours fortement impliqué pour que règne la transparence dans nos institutions et particulièrement dans la dernière campagne municipale sur Pau, comme le rappelait Bernard Boutin (Les nouvelles pratiques municipales, voir AP du 5/10/2009 « Nouvelles Pratiques Municipales : Verre à moitié plein. Verre à moitié vide » par BB et DS). Aujourd’hui, il faut le constater, les choses ont peu avancé.

Pourquoi donc, avec une grande unanimité, les municipalités refusent-elles de publier leurs budgets détaillés et leurs comptes administratifs ?

Un rapide tour des différents sites Internet des principales communes de l’agglomération montre que la transparence en matière budgétaire n’est pas de mise.

Dans certaines communes on trouve sur le site un volet identifié Budget où on retrouve une présentation des grandes lignes budgétaires (Pau, Jurançon).

A Lescar on trouve la présentation faites aux Conseillers pour la présentation du budget, mais là aussi point de détail.

Quant au Compte Administratif (réalisations) au mieux vous trouverez quelques informations très générales dans un des comptes rendus du conseil municipal, lors de son approbation.

Pourquoi toutes ces municipalités ne mettent-elles pas en ligne ces documents ?

Ce sont les seuls documents qui permettent réellement d’analyser les budgets, en particulier lorsqu’on s’intéresse à un type de dépense, grâce à la présentation croisée par fonction.

Il y a cependant une petite exception : la CDAPP présente bien le compte administratif 2012.

Mais pourquoi ne pas donner les budgets 2013 ? Et pourquoi ne pas donner ces documents pour la ville de Pau ? Monsieur A. Lavignotte, partie prenante dans les deux entités, ne manquera pas de répondre.

En 2013 le budget de la ville de Pau est de 147 millions d’euro, et celui de l’agglomération de 115 Millions d’euro dont la très grande majorité concerne la ville de Pau.

Aujourd’hui les affaires communales n’ont pas de sens si on ne les considère pas dans le périmètre intercommunal.

C’est vrai que la campagne actuelle passe complètement sous silence cette dimension, et cela ne gène pas nos candidats, ni les médias …

Ce serait quand même un comble si les citoyens commençaient à comprendre comment fonctionne le mille feuille, lui qui permet toutes les gabegies !

Pourtant la loi impose de permettre l’accès à ces documents. C’est vrai que c’est là que peuvent être mis à jour une partie des dysfonctionnements dans la gestion. Sans ces documents, il est impossible de débattre sérieusement de l’action d’une municipalité. Mais nos politiques de tout bord n’ont pas envie d’aller sur ce terrain glissant, il y aurait peut être des citoyens capables de décrypter un budget…

Dire que dans certains pays les citoyens ont accès sur Internet aux notes de frais des élus…

Le verre de la transparence est toujours à moitié vide.

Alors, Messieurs les Maires et candidats, vous engagez-vous à mettre immédiatement sur vos sites Internet les budgets complets et les comptes administratifs de vos communes ?

Quand les citoyens s’éveilleront…

– par Daniel Sango

« Nouvelles Pratiques Municipales » AP du 22 Octobre 2007

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7 commentaires

  • L’adage dit : « qui détient l’information, détient le pouvoir »
    On peut objecter qu’à l’heure d’internet, tout est disponible. C’est vrai.
    Dieu merci nous sommes plutôt bien favorisés en France à ce niveau là. Voir trop même (cf. les rapports du sénat, de l’assemblée, du conseil d’état, de la cour des comptes, des chambres régionales des comptes, du CESE, et aussi des think tanks de gauche et de droite : terra nova, fondapol….)
    Beaucoup d’informations pour les initiés donc. Mais combien sont-ils en France ces initiés ?
    L’existence même de ces rapports est méconnue du grand public.
    Les politiciens doivent faire de sérieux efforts pour désacraliser et expliciter tout ça.
    C’est un devoir moral (qui doit donc s’imposer à notre conscience avant tout).
    On retrouve d’ailleurs les mêmes problèmes en entreprise : le cadre moyen part en formation 3 ou 4 fois dans l’année (il est donc hyper formé) quand à l’employé moyen il part seulement une fois par an. D’ailleurs quand il a le projet (ou la folie) de demander un CIF c’est pour lui le début des ennuis…

    • A Pau (et dans bien d’autres villes), on est encore assez loin de souffrir du trop d’informations au niveau municipal.
      Après je ne crois pas que ce soit le rôle des politiques de désacraliser et expliciter. Du moins par uniquement. Ca devrait être aussi le rôle des médias… Et là…

      • Un cadre d’entreprise n’a pas vocation à laisser sa place à son employé ou son agent de maîtrise. Sans l’accepter, je peux comprendre ici la rétention d’informations.
        Mais au niveau politique je persiste et signe : c’est aux politiciens de faire ce travail de pédagogie en priorité.
        Pour Robespierre le député par exemple devait n’avoir qu’un mandat de 2 ans et non renouvelable. : « J’ai de la confiance en des représentants qui, ne pouvant étendre, au-delà de deux ans, les vues de leur ambition, seront forcés de la borner à la gloire de servir leur pays et l’humanité, de mériter l’estime et l’amour des citoyens dans le sein desquels ils sont sûrs de retourner à la fin de leur mission »
        Une fois fini donc, le travail peut et doit continuer dans le partage…ou le retour d’expérience comme on dit en management de projets.
        Pour les médias…

        • Bien sûr que les politiques devraient faire de la pédagogie sur tous ces sujets. Mais bien souvent, ceux qui seraient de bonne volonté sont trop le nez dans le guidon pour prendre le temps. Quant aux autres… Et la plupart finissent par se reposer sur leurs services communication, qui font de la… communication. C’est à dire une information partielle, enrobée, orientée.
          La disponibilité de l’information brute est indispensable. Elle est parfois complexe à appréhender, mais elle est complète et neutre. A charge de ceux qui peuvent et veulent l’interpréter de le faire (y compris les politiques), et d’en faire la pédagogie pour les autres.

  • Cet article tombe à propos. Aujourd’hui 27 janvier 2014, le Groupe d’Etat contre la corruption (Greco) du Conseil de l’Europe, vient de remettre un rapport où sont dénoncées en France des lacunes dans la lutte contre la corruption. A lire.

  • Tu as raison Daniel de soulever le problème de la Transparence mais curieusement il semble que les Français se soient lassés de demander des comptes jusqu’au jour où…
    Oui ta question est tout évidente : Alors, Messieurs les Maires et candidats, vous engagez vous a mettre immédiatement sur vos sites Internet les budgets complets et les comptes administratifs de vos communes?
    On vous a déjà demandé cela il y a 6 ans. Avant les dernières municipales…

    • Ces histoires de transparence, me rappellent mon service militaire, il y a 45 ans ! J’étais dans un service d’espionnage de bureau. On tenait à jour les dossiers concernant les fusées russes et américaines, Concernant les russes, on avait peu d’informations et on avait le temps de les analyser. Coté américains, ll y avait déjà tellement de revues, de rapports, qu’il fallait classer, découper, coller,…qu’on avait plus le temps de les analyser. On croulait sous les papiers. Et au total, je crois qu’on savait plus de choses sur les russes que sur les américains. Le  » trop d’informations » était une arme contre le savoir. Pour cacher l’information, je crois que le trop est plus efficace que le rare.

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