«Aube arrouye, Bent ou plouye» (1)


CaptureEn ce qui concerne le présent, c’est plutôt vent et pluie ! Le matin, au réveil, tout le monde voit rouge; la tempête au sens propre et au sens figuré, met notre pays en alerte orange. Des vents soufflent tous azimuts, des déferlantes de mécontents secouent la République, nous sommes submergés par la pluie et des hordes en colère… Heureusement, comme pour les geysers, l’eau retombe jusqu’à la prochaine vraie fausse nouvelle !
Les médias s’en donnent à cœur joie ; c’est bon pour leurs finances !

Ces zones de turbulences culturelles que nous traversons de plus en plus souvent, ont les mêmes origines que la pensée unique se refuse à admettre.

L’économie, soutenue par la politique, depuis le démarrage de l’ère industrielle, a choisi une voie dont les aiguillages retenus ont conduit à la situation actuelle.

> La première étape a vu naître deux courants de pensée qui ont divergé rapidement :

  • L’un voulait mettre les progrès de la technologie surtout au service du collectif social.
  • L’autre voulait mettre le progrès technologique surtout au service de l’enrichissement individuel ou corporatiste. Cette dernière a pris le dessus.

En plagiant Max Weber on peut dire :
« L’humanité est passée de l’économie pour le salut au salut de l’économie ».

> La deuxième étape, plus récente, montre que la gauche traditionnelle ne se dirige plus prioritairement vers le social mais le sociétal, le social restant la priorité de partis dits plus « à gauche ». Ce choix ne correspond pas aux priorités actuelles ; par contre, c’est un bâton pour se faire battre, le terrain idéal pour rallumer la sensibilité exacerbée de la droite sur ses valeurs ancrées dans la tradition conservatrice.

> La troisième étape, longtemps enracinée dans l’ombre des précédentes, prend son essor. Elle n’a rien à voir avec les autres, c’est une révolution conceptuelle; comme étaient l’héliocentrisme, l’évolution ou l’expansion de l’Univers; elle met du temps pour s’installer et changer les mentalités.

Les deux précédentes ne considéraient que des relations bilatérales entre l’économie et l’homme culturel ; cette dernière fait rentrer dans le jeu un troisième pilier, et acteur incontournable : l’environnement biologique et minéral : eau, planète, atmosphère, Univers.

C’est dérangeant car cela implique de changer les connaissances, les raisonnements, les modes de vie et les politiques. Les arguments résultent du mixage de résultats scientifiques et des constats de l’actualité ; les défenseurs sont de nouveaux arrivants et des déviants dissidents des partis traditionnels. Ils ont pris conscience que tout se tient et interfère en continu, c’est la complexité ; tous les problèmes actuels, qu’ils soient économiques, financiers, climatiques, atmosphériques, sociétaux, sociaux…ont une origine commune : le déséquilibre des flux (Energie, Matière, Information) entre les trois composants : Economie, Homme culturel et Environnement biologique et minéral.

Dans cet imbroglio, nos politiques sont débordés car une autre donnée s’ajoute ; la nécessité, imposée par l’électorat, de résoudre rapidement ces problèmes, accumulés depuis des siècles, pendant les quelques mois qui suivent les engagements électoraux, sous peine de chuter dans les sondages, d’être vilipendé et traité d’incapable !

La hiérarchie des exigences est refusée par la plupart des partis et par la majorité des citoyens, pourtant directement intéressés. Le travail d’instruction et d’éducation est colossal ; la résistance au changement est énorme ; les profiteurs de l’ancien régime ne veulent rien modifier !

L’actualité toute récente devrait pourtant déclencher une réflexion«raisonnable».

  • La répétition de ces tempêtes dévastatrices qui se prolongent dangereusement.
  • La publication des chiffres de l’Organisation météorologique mondiale qui signale que 2013 est la 6ème année la plus chaude depuis 1850. En France, janvier 2014 a été le mois le plus chaud depuis 1900. Si des chiffres isolés ne sont pas significatifs, les tendances le sont ; or, 13 des 14 années les plus chaudes depuis la révolution industrielle ont été enregistrées…ces 13 dernières années ! Quant à la mer, du fait de la hausse de la température, elle se dilate, son niveau a monté en 10 ans autant que durant tout le XXè siècle.

Pendant que les désastres progressent (qui va payer les dégâts de cette inconscience ?), que les causes sont connues, on récite comme des litanies, la nécessité de continuer et même de les amplifier, avec l’accord d’une grande majorité d’entre nous ! Il y a manifestement non assistance à population en danger !

Pendant ce temps, déconnectés de la réalité, nos ténors cherchent leurs «voix» !

Dans les régions, on ne parle que de combines pour prendre la place de l’autre et, alors que les attributions de l’Etat vont s’effondrer, on rivalise pour justifier des dépenses de prestige.

Dans les médias, on «balance» sur les ondes tout ce qui arrive, vérifié ou pas ; il faut absolument semer le doute, le discrédit….

On se délecte dans la zizanie.

L’espace politique et la rue sont occupés par des débats, des slogans et des mots qui s’entrechoquent. On s’étripe sur la PMA, le mariage des homosexuels, l’avortement, le « genre », la famille,…. pour conserver des valeurs ancestrales que l’évolution humaine, sur le terrain, a depuis longtemps balayées. La famille a subi, comme tous les domaines de la société, une fantastique mutation anthropologique : implantation dans l’utérus d’un ovocyte provenant d’une autre femme, cet ovocyte ayant préalablement été fécondé in vitro par du sperme congelé anonyme, séparant l’enfant de son géniteur, adoption d’enfants étrangers dont la parenté est plus qu’incertaine.

Vous avez dit filiation!

D’ailleurs, quand on constate les désaccords, séparations, rivalités, violences…, au sein des familles traditionnelles, on se demande si Napoléon III n’avait pas raison :

«On subit sa famille, on choisit ses amis. » !

L’urgence se trouve aujourd’hui au cœur de la convergence des NBIC, c’est-à-dire de la combinaison et du renforcement mutuel des nanotechnologies, des biotechnologies, de l’informatique et des sciences cognitives. Ce «small Bang» travaille à l’hybridation entre le naturel et l’artificiel.

Des créatures post-humaines pourraient être des êtres humains «améliorés» par les technologies, «l’amélioration» consistant:

  • à faire une sauvegarde génétique pendant qu’on est en pleine forme, et à mettre de côté pour se réinitialiser un jour. On sauvegarderait le disque dur !
  • à ralentir le vieillissement, à gagner des années de vie grâce à des techniques génétiques (retraites, magot de la grand mère de la famille traditionnelle).
  • à augmenter nos capacités cognitives. Une plus grande mémoire est-elle vraiment utile ?
  • à choisir le sexe et les «qualités» de la progéniture…..

Qui fixera le critère «d’amélioration» ? Qui fera ce choix pour les enfants : la «Famille» ou l’Economie ?

Après les plantes, les microbes, les animaux d’élevage, le génie génétique s’attaque désormais à nous, dans un but thérapeutique tout d’abord, puis pour améliorer et amplifier l’humain en modifiant son programme génétique, c’est-à-dire produire des HGM (Hommes génétiquement modifiés). Les projets pullulent comme le clonage reproductif, déjà en cours chez les plantes et les animaux ; il permet de s’affranchir de la reproduction sexuée et de s’auto-engendrer.

Pour les « trans humanistes » américains, techno-prophètes soutenus par de puissants lobbies industriels, notre patrimoine génétique n’est qu’une information comme une autre, que l’on peut sans tabou, copier, éditer voire réécrire. Et l’homme une machine, qu’il faudra améliorer jusqu’à la rendre pluri-centenaire, plus adaptable à l’économie, voire immortelle…! C’est déjà le projet d’une filiale de Google. Quant aux Chinois du Beijing Genomics Institute, ils séquencent les surdoués pour découvrir les gènes de l’intelligence !

Alors, Bayrou, Uriéta, Habib….ne serait-ce pas bonnet blanc, blanc bonnet, voire bonnet rouge ?????

La déferlante d’adrénaline de nos inconditionnels de la famille traditionnelle ne devrait-elle pas être utilisée pour des combats plus glorieux ?

(1) Aube rouge, vent ou pluie : V. Lespy. Dictons et proverbes du Béarn, page 219.

– par Georges Vallet

crédit photos : hominides.com

Comments

  1. « Dans cet imbroglio, nos politiques sont débordés car une autre donnée s’ajoute ; la nécessité, imposée par l’électorat, de résoudre rapidement ces problèmes, accumulés depuis des siècles, pendant les quelques mois qui suivent les engagements électoraux, sous peine de chuter dans les sondages, d’être vilipendé et traité d’incapable ! »

    Non, la donnée qui sous tend leur inaction c’est la priorité absolue placée sur leur ré élection. Ils savent bien qu’une réelle action pour résoudre les problèmes compromettrait leur ré élection.

    Par exemple une taxe carbone forte, utilisée pour la transition énergétique est une évidence, et personne ne s’y risque, même pas EELV qui préfère la rente des postes au parlement ou dans les ministères.
    Pauvre France!

    • Georges Vallet says:

      Ne soyons pas naïfs, la culture du Politique est centrée sur l’élection avant tout. Or, pour se faire élire, et éventuellement réélire, il ne faut pas promettre ce qui fâche mais caresser dans le sens du poil et promettre ce qu’une majorité potentielle souhaite, voire exige dans l’immédiat.

      Nous sommes tous drogués à la consommation d’Energie, de Matière, d’Information; il ne faut donc pas s’attendre à être élu en s’engageant à limiter cette consommation mais au contraire à la faciliter en diminuant le prix.
      Il faut absolument, paraît-il, baisser les impôts. Pour quoi faire? Pour justement consommer plus de matière, d’énergie, d’information! Voilà pourquoi la taxe carbone, également mon cheval de bataille, ne peut pas être promulguée! C’est aussi pour cela que les écologistes ont si peu d’élus et sont considérés comme des farfelus!
      Or, peu de gens veulent ou sont capables de tenir un autre raisonnement; il est nécessaire de situer le problème, comme tous le problèmes, dans la cadre d’un tout ou chaque élément retentit sur les autres. C’est pour cela que le monde de l’instruction est mal vu car son objectif est de faire raisonner sur le général et sur l’avenir, dans le cadre de la gestion de la complexité, et non sur la rentabilité immédiate.

      La résolution des problèmes ne peut donc pas se limiter à la critique des élus; il faut surtout faire notre autocritique. Elle passe par l’instruction et l’éducation; si on manifeste la nécessité et la compréhension du besoin de changer notre vie et donc l’approche de l’économie, nos candidats à l’élection, comme des petits toutous, se précipiteront pour promettre de nous satisfaire et ils se décarcasseront pour y parvenir afin de se faire réélire!

      • Les français sont instruits mais les politiques ont construit un système à toute épreuve:
        – Une organisation tellement complexe que personne ne peut comprendre qui fait quoi etr donc voter objectivement
        – surtout pas de pédagogie de la part des élus pour expliquer au citoyen leur action
        – un système d’élection qui favorise les deux grands partis, assurés de prendre le pouvoir alternativement puisque les français voteront fort logiquement contre le parti en place
        – un « parcours » qui permet au politique de ne jamais avoir de contact avec un emploi normal a condition d’être un godillot du parti.
        – des modes d’élection (scrutin de liste) qui permet d’obtenir une rente sans même faire campagne ou rencontrer des électeurs….le top!
        – Un cumul des mandats qui permet de laisser passer l’orage en attendant la nouvelle élection
        – un cumul dans le temps qui permet au sortant local (notoriété) d’avoir un avantage décisif sur tout entrant.
        – …etc

        Ce sont donc les mêmes dont la seule ambition n’est pas le bien général mais leur parcours, leur emploi de rentier de la politique.

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