G. Labazée : zéro en mathématiques !

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    Nos politiques, à tous les échelons de notre invraisemblable millefeuille orientent leur communication, ne montrant que le côté avantageux de leur action. Les campagnes électorales évitent le sujet des équilibres financiers alors qu’ils sont aujourd’hui mauvais. On parle toujours de ce que l’on va dépenser, mais jamais de la façon dont on va le financer, et ne parlons pas du cancer des coûts de fonctionnement générés par chaque nouvel investissement ! Une illustration parlante par le Président du Conseil Général et ses orientations budgétaires 2014.

« Et bien oui, sans effets d’annonce, je peux dire que nous sommes fiers de ce que nous faisons pour le Département des Pyrénées-Atlantiques et que nos successeurs pourront prendre modèle sur nous, d’autant que nous le faisons sans augmentation de la fiscalité, ce qui est signe d’une excellente maîtrise par les services et les élus et en particulier le Vice-Président en charge des Finances. »

C’est ainsi que s’exprimait Georges Labazée Président du Conseil Général en présentant les orientations budgétaires 2014 du Conseil Général devant ses pairs le 13 février dernier. Comment est-il possible de tenir un tel discours mensonger dans une période ou chaque élu, à chaque échelon de notre invraisemblable millefeuille a une responsabilité dans la faillite de notre pays ? Ce qui est plus grave c’est que pas un seul journaliste ne relève cette supercherie pour informer les citoyens.

Premier mensonge, véniel mais pernicieux. Vos impôts locaux vont bien augmenter, car si le taux du Conseil Général reste identique, la base d’imposition sera augmentée automatiquement entraînant une hausse de l’ordre de 2% des impôts locaux, comme chaque année…

Le second mensonge est un vrai mensonge car les droits de mutations allant au Conseil Général vont augmenter de 18,4% (pas mal !) passant de 3,8 à 4,5%. Il faut rajouter que rien n’obligeait le département des PA à procéder à cette augmentation. Rien ne l’obligeait non plus à le voter pour 2014 beaucoup de départements ne l’ont pas encore fait (la hausse interviendra alors en 2015 ou pas du tout) Les droits de mutation rapportent entre 80 et 90 millions d’euro au CG, ce sera donc une augmentation de 15 millions d’euro des impôts (Le CG en percevant une grande partie le reste allant au fond de péréquation qui harmonise les recettes entre les départements plus ou moins « riches »)

Le troisième mensonge, le plus gros, le plus dangereux est le mensonge favori de nos « boni menteurs » qui conduit la France à la faillite.

Le Conseil Général empruntera 75 millions d’euro pour équilibrer son budget 2014. Mais monsieur Labazée, c’est quoi ces 75 millions d’euro ?

Ce sont nos impôts supplémentaires, différés, pour les dix ans à venir ! Et ce seront finalement près de 90 millions d’euro d’impôts supplémentaires qu’il faudra bien débourser. Et ceci sans compter les 45 M€ empruntés en 2013 qui seront 52 millions d’euro d’impôts supplémentaires.

Il y eut quand même une voix pour critiquer cet endettement irresponsable, mais votre réponse fut que le département des PA n’est pas plus endetté que les autres… C’est avec cet argument scandaleux que la France est aujourd’hui en faillite après trente années de gabegie où elle n’était pas plus endettée que l’Espagne ou l’Italie. Cette situation est d’autant plus insupportable que le cancer est toujours le même, dénoncé mille fois : coûts de fonctionnement, augmentation du nombre des fonctionnaires et donc de la masse salariale. Voici son évolution ces dernières années:

2009: 82,8 M€   2010: 87,1 M€   2011: 93,4 M€   2012: 96,8 M€   2013: 102  M€   2014: 110  M€*  (*estimation)

Soit une augmentation de 33% depuis 2009 !

En France, l’augmentation de la productivité est de l’ordre de 1% par an ce qui veut dire que le Conseil Général devrait supprimer 25 postes par an rien que par le simple effet de l’augmentation de la productivité. On voit donc la distorsion gigantesque et inadmissible.

G. Labazée, probablement sur le mode humoristique affirme :

« En parallèle, nous réalisons également des économies grâce à une gestion serrée en matière d’emploi, des ressources humaines et des frais de fonctionnement. Nous avons embauché 150 agents en 3 ans, y compris des titularisations de personnels précaires. 75 agents de l’État ont également été transférés au département. Le nombre de 2 500 agents du Département ne devrait plus bouger. »

Formidable, il réalise des économies en dépensant plus ! Décidément, G. Labazée mérite bien zéro en mathématiques !

Ce qui est encore plus extraordinaire, c’est que le Conseil Général emprunte pour dépenser de l’argent dans des domaines qui ne sont pas de sa compétence. C’est le deuxième cancer de notre millefeuille: la « clause de compétence générale » qui permet à tous de s’occuper de tout. Ainsi, le Conseil Général finance :

– le développement économique (4,8% de son budget soit 40 M€) alors que c’est la Région qui a cette compétence avec les intercommunalités et les communes

– les clubs sportifs professionnels

– les événements culturels hors de sa compétence

– les stations de ski

– les associations (environ 1500 associations subventionnées)

– …etc.

Il faut aussi citer les magnifiques voyages d’étude comme le récent voyage d’une importante délégation du Conseil Général en Argentine pour visiter la réserve tropicale d’Iguazù qui a, c’est une évidence, de nombreux points communs avec le Parc National des Pyrénées!  ( « Indignez vous! » AP du 22/4/2013) et les rencontres de la coopération décentralisées franco argentines alternativement à Buenos Aires et Biarritz ( « Tango à gogo au Conseil Général » AP du 19/11/2012)

« Et bien oui, sans effets d’annonce, je peux dire que nous sommes fiers de ce que nous faisons pour le Département des Pyrénées-Atlantiques et que nos successeurs pourront prendre modèle sur nous,… »

Oui, s’il continue et si ses successeurs prennent modèle sur lui, dans très peu de temps le Conseil Général sera en faillite car il faut bien se rendre compte que le déséquilibre budgétaire est très important par rapport aux possibilités de recettes, d’autant qu’en plus, la tendance à l’endettement est à la hausse: 45 M€ emprunté l’an dernier, 75 M€ en 2014 !

Il est regrettable que les média locaux ne jouent pas leur rôle de contre-pouvoir en débattant de ces anomalies. A cause de ce manque d’information, les citoyens, déjà profondément endormis, font de beaux rêves à la place du cauchemar de la réalité.

Quand les citoyens s’éveilleront…

   – par Daniel Sango

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