Ras-le-bol fiscal

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imagesAu cours de la campagne électorale pour les municipales paloises, les candidats ont souvent été questionnés sur  les impôts locaux, bien plus souvent d’ailleurs qu’eux-mêmes n’ont abordé le sujet. Ils se sont contentés de dire qu’ils baisseraient les impôts locaux ou qu’ils les maintiendraient à niveau. Mais pourquoi donc toutes les villes du Béarn ne sont pas soumises aux mêmes obligations dans ce domaine ?

 Comparaison n’est pas raison mais elle permet souvent de se situer sur le socle des contraintes fiscales. Ainsi je compte dans mes relations, une personne domiciliée à Oloron-Sainte-Marie qui occupe un logement en tous points comparable au mien. La taxe foncière à laquelle elle est soumise s’élève à 830 € tandis que celle que j’ai le devoir de payer s’élève à 1770 €.

Alors pourquoi tant de différence, plus du double ?  Aurait-on oublié le principe républicain de l’égalité de tous devant l’impôt ?  Le citoyen d’Oloron-Sainte-Marie ne serait donc pas comparable à celui de Pau ? Les électeurs ne comprennent pas.

Interrogés sur ce sujet, les candidats aux municipales de Pau prennent un air gêné pour dire qu’ils n’expliquent pas vraiment une telle différence de traitement. Ils s’engagent ou promettent pour l’un une baisse des impôts ; pour l’autre une baisse de ces mêmes prélèvements de 1% par an  et pour le troisième de maintenir les taxes sans les augmenter. J’ai comme un doute surtout lorsque je constate qu’en six ans ma taxe foncière a augmenté de 18,5 %. Combien faudra-t-il de décennies pour que le Palois ne soit pas davantage ponctionné que l’Oloronais ? Ils reconnaissent cependant qu’il existe un véritable ras-le-bol.

A Pau le rêve de grandeur de certains élus nous a conduits à posséder des équipements qui reviennent chers et qui sont, pour certains, du niveau du luxe. Leur utilité est souvent sujette à critiques.  Les politiques se sont targués d’agir pour le bien être de leurs administrés on va les croire. Et enfin soulignons que ces équipements qui  ne profitent pas qu’aux seuls Palois (ce qui après tout est tout à fait normal) ont été pour la plupart financés par les contribuables de Pau.

Alors à quand une réforme de la fiscalité où les élus locaux  seraient contraints de respecter des règles communes à toutes les collectivités territoriales ?

Pau, le 24 mars 2014

Par Joël Braud

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16 commentaires

  • Je voudrais revenir sur mon propos qui n’est pas de dire que nous ne devons pas payer d’impôt ou que nous sommes trop lourdement taxés, mais de dire que tous à revenus égaux et conditions de vie identiques, nous soyons sollicités à la même hauteur dans l’effort de solidarité. Il ne me parait pas acceptable que ce soient des élus locaux qui décident du montant des prélèvements sans autre contrainte que leur bon vouloir. La décentralisation a ces effets qui font qu’il faut que le pouvoir central lui fixe des limites.

    • Le pouvoir central fixe effectivement des limites, et compense des déséquilibres.
      Mais ce sont aux électeurs locaux d’approuver ou refuser la politique et la fiscalité menée.
      On en revient à la problématique de base : électeurs non imposables

    • Il y a là deux effets qui se combinent :
      Celui de la taille de la ville. Comparer Oloron (12000 habitants) à Pau (80000 habitants) n’est pas forcément pertinent. Le niveau moyen d’imposition locale croit avec la taille de la ville : un petit village ne propose souvent pratiquement rien comme services ou équipements, et n’a donc pas grand chose à financer par l’impôt. Au-delà d’une certaine taille, toutefois, le niveau d’imposition n’augmente plus vraiment, car ensuite les effets d’échelle peuvent jouer. A ce jeu, Pau a la taille qu’il ne faut pas : suffisamment grande pour devoir commencer à financer des grands équipements, mais pas assez pour les répartir sur une population importante.
      La politique paillettes de Pau pendant très longtemps, qui a consisté à accumuler les palais et autres équipements dispendieux. Oloron est certainement plus vertueuse, mais attention quand même avant d’encenser Oloron : de 2003 à 2012, sa dette a quadruplé ! Donc Oloron a maintenu un niveau d’impôts locaux très raisonnable (en dessous de la moyenne des ville de même taille) en mais en choisissant de s’endetter. Sur la même période, Pau s’est plutôt désendettée.

  • Mais quand ouvrira t-on enfin le procès des 35 années de Labarrere au lieu de porter aux nues le souvenir d’un grand maire?

    • Mais personne n’en a le courage, Brunérie !
      Pire, ceux qui devraient ouvrir ce procès, je les soupçonne non seulement de ne pas avoir le courage de le faire, mais même de réellement penser que Labarrère a été un grand maire.

      • PierU nous sommes d’accord!
        Personne ne veut toucher a la mémoire du grand homme, pire, tous s’en revendiquent.
        Il ne disait jamais non a une embauche de complaisance, a un logement, a une place en crèche, a une subvention pour une association…
        Résultat des courses:
        Des impôts locaux démesures, des services municipaux notoirement incompétents car recrutés sans critères objectifs, des Palais somptueux autant qu’inutiles, et j’en passe…
        Remettre cette ville dans le bon sens est un défi.

        • Vous auriez mieux fait de le dire un peu plus, plutôt que de tenir des propos lénifiants pendant 6 ans.

          • Entièrement d’accord. Serait-ce que le vent aurait tourné ? Certains sont aussi légers que des girouettes..

      • Oui, à force de raconter des conneries pour plaire à l’électorat, ceux-ci finissent par en être complètement imprégnés et à croire en partie à ce qu’ils racontent. C’est « neurologique », même si le fond de ces personnes reste malhonnête.

      • Je suis de ceux qui continuent à penser que pendant ses deux premiers mandats, André Labarrere fût un bon maire (tout comme je le pense d’ailleurs de Louis Sallenave). Et pourtant, je n’ai jamais rien demandé : ni une embauche de complaisance, ni un logement, ni une place en crèche, ni une subvention pour une association… J’ai bien dit ses deux premiers mandats. Après, le clientélisme a perduré et l’homme a changé. Il s’est moins préoccupé de ses concitoyens et beaucoup plus de laisser une marque de son passage. La folie des grandeurs jusqu’à l’aveuglement.

  • En discutant avec un élu Palois, j’ai eu droit à un raccourci pénible mais de belle facture sur le montant des impôts locaux…grosso tu trouves que les impôts sont trop élevés et pas en rapport avec le service rendu et tu as droit à un « tu es contre la sécu »…fermez le banc.

    • J’ai également eu pour expérience des réponses de petits merdeux, de tartufe, du type « Si vous critiquez certains points, c’est que vous n’aimez pas la ville ». C’est ça qu’on a, et qu’on aura à nouveau à la municipalité. Ca vole bien bas et ça profite bien de ses avantages personnels.

  • C’est du Habib dans le texte ça non ?

  • Ce sont les conséquences de la décentralisation: chacun fait ce qu’il veut chez lui. Aux électeurs de sanctionner les maires dépensiers!
    Mais il y a un hic.
    Dans notre pays un foyer sur deux ne paye pas d’impôt locaux (ni sur le revenu d’ailleurs)
    Ces électeurs là n’en ont rien à faire du niveau des impôts…
    D’où la nécessité de l’élargissement de la base imposable même si ce n’est que pour des montants faibles.
    Il y a d’ailleurs bien d’autres raisons à ces différences, en particulier le niveau des taxes locales (ex TPU des intercommunalités) lièes à la présence ou pas d’activités économiques taxables.
    Mais en compensation existe aussi les peréquations qui sont là pour atténuer les différences par transfert des communes riches vers les communes pauvres.
    Ceci dit pour Pau c’est la conséquence d’investissements ruineux, associés à des coûts de fonctionnement toujours plus élevés, et a un clientélisme qui a gonflé les rangs des employeé municipaux.

    • Oui, ce n’est pas de la faute des Oloronais si Pau s’est payée autant de dépenses somptuaires et si l’agglo a créé un millier de postes sans que le contribuable ne voit de services supplémentaires. C’est la faute d’une liste d’élus bien identifiés qui devraient se retrouver derrière les barreaux pour dilapidation d’argent public à grande échelle.

    • «Dans notre pays un foyer sur deux ne paye pas d’impôt locaux (ni sur le revenu d’ailleurs)
Ces électeurs là n’en ont rien à faire du niveau des impôts…»
      Tout à fait d’accord, mais ces foyers qui ne payent pas d’impôts locaux ni sur le revenu, payent les impôts indirects du type TVA quand ils payent tous leurs achats, par exemple pour se nourrir ainsi que leur progéniture! Or, ce n’est pas rien.
      «D’où la nécessité de l’élargissement de la base imposable même si ce n’est que pour des montants faibles.»
      Cela revient donc à faire payer plus ceux qui ont moins car ils sont plus nombreux, pour faire payer moins ceux qui ont plus!
      Si je partage la rigueur mathématique du raisonnement, je n’en partage pas la rigueur morale!

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