Le terrain, le terrain !

pauaerienLes élections peuvent être une période de rêve (peut-être pas pour celles et ceux qui font du porte-à-porte et qui sont sur les rotules). Or le rêve est essentiel pour notre sommeil et notre veille (pas pour vous?). Mais il faut glisser vers l’éveil et penser à des actions plus précises.

Pour les électeurs et peut-être aussi les équipes, cette campagne aura été l’occasion de mieux connaître la ville. Les partisans de François Bayrou qui ne fréquentent pas les milieux hippiques auront découvert un bâtiment rénové et plus pimpant dans l’hippodrome. Les partisans de David Habib auront pu se rendre compte que l’emplacement de la foire exposition est précieux mais que tous les halls ne sont pas du dernier cri. Les candidats ont jeté un coup de projecteur sur les anciens bâtiments de la SERNAM et fait des propositions qu’il faudra confronter au caractère particulier du lieu qui peut être propice à de nouvelles activités, éventuellement en lien avec un développement du transport inter-modal. Le débat organisé sur le site de La République a pu faire découvrir à certains palois le Centre multimédia et son fonctionnement. Helioparc, sa pépinière d’entreprises et ses laboratoires sont apparus de manière positive dans les discours électoraux ainsi que des laboratoires de l’Université (IPRA, IPREM, pôle juridique et économique…). S’il est probable que plus d’un palois reste hésitant sur la localisation de la coulée verte, il leur a été donné l’occasion de réaliser qu’il peut y avoir des quartiers populaires à Pau jouissant d’un urbanisme agréable et aéré et qu’avant de songer à émigrer vers des communes éloignées du centre avec ce que cela suppose de temps perdu en trajets et de pollution supplémentaire on peut viser aussi la ville.

Quelle que soit l’équipe qui emportera la majorité de la municipalité et de l’agglomération, il faudra passer d’un projet à un plan d’action échelonné dans le temps. Revenir sur le terrain s’imposera. Prendre la mesure des possibilités et des contraintes aussi.
Dans un premier temps il faudra faire un recensement du patrimoine bâti de l’agglomération et évaluer son utilisation afin de penser à une réorganisation plus rationnelle et plus économe. Il faudra faire preuve d’imagination pour reconvertir l’ancienne caserne des pompiers, la tour des halles (propice pour le commissariat de police?), l’ancienne bibliothèque (qui pourrait être partagée entre l’Ecole des arts et de la communication et une extension du musée), la villa Formose, la Miséricorde (qui s’adapterait plus à un logement étudiant qu’à une école d’art), l’emplacement de l’ancienne cuisine municipale et de l’école des infirmières, qui pourrait devenir un quartier étudiant. Des lieux comme le musée d’art contemporain de Billère ou l’école des métiers ne sont pas faciles à trouver. Mais ils méritent que les palois les découvrent. Vous avez sûrement des idées pour compléter…
Ce n’est pas le rôle d’une municipalité de prendre à bras le corps la terrible question de l’emploi. Mais un rôle incitatif peut être rempli. Par exemple, en liant cette question à la nécessaire rénovation urbaine. Ouvrez les yeux vers les toitures et les arrière-cours et constatez combien sont vétustes bien des immeubles du vieux Pau. Pourquoi ne pas créer une interface entre propriétaires, artisans et architectes ? Les solutions sont techniques et les uns comme les autres auraient intérêt à partager en matière d’isolation, de réhabilitation. Un espace de conseil et d’aide aux démarches en matière d’aides et de choix pourrait jouer un rôle dynamique.

Il faudra penser au rôle de la fête dans la ville. Une ville joyeuse est une ville qui vit et qui attire. Des initiatives des années passées comme les séances de cinéma et de musique pendant l’été ne doivent pas être abandonnées.
C’est au sens propre, et non au sens figuré qu’il faut replacer les questions du plan de circulation et de transports en commun sur le terrain. Ces questions méritent une réflexion et une concertation approfondies, sans a priori. Il faudra y revenir

– par Jean-Paul Penot

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3 commentaires

  • Bonjour.
    Je crois surtout que le réel problème est que l’on ne peut pas entrer en voiture dans le centre ville de PAU.
    Je crois vraiment que la réelle action attendue, est une profonde simplification de la circulation des voitures à PAU
    Un exemple très concret et très frappant est le suivant: en venant de la route de Tarbes on approche d’un grand rond point près du centre Bosquet qui déjà nous jette hors du centre ville via une profusion de sens interdits.
    Sans compter l’illogisme de celui qui a tracé le sens de circulation et l’incompétence de ceux qui ont validé ce bazar, ce non sens circulatoire, concrètement toute personne âgée ayant des difficultés de locomotion, sans sa voiture, est déjà exclue de la ville.
    C’est une aubaine pour les grandes surfaces qui se frottent les mains. Elles ont des grands parkings et concentrent les commerces. Elles font le contraire de la ville de PAU et accueillent ceux qui ont du pouvoir d’achat et ont besoin d’un accès facile aux commerces.
    Je ne serais pas étonné que ces grandes surfaces fassent du lobbying pour conserver cet avantage économique.

    • Il y a une grande part d’irrationnel sur ces sujets : dans les centres commerciaux de la périphérie, il ne m’a jamais semblé que l’on pouvait entrer en voiture dans les galeries marchandes et se garer devant les boutiques.
      Aller à Lescar Soleil un samedi après-midi par exemple, c’est l’assurance de rencontrer des bouchons pour y accéder (suivant d’où on vient), de tourner et de s’énerver pour trouver une place de parking, et finalement de pas mal marcher pour rejoindre les boutiques. Le tout dans un environnement qui n’est quand même pas franchement génial.
      Et votre exemple d’accès au CV par la route de Tarbes est quand même bien mal choisi, car c’est l’accès le plus facile : comme vous le dîtes on arrive directement au rond point proche de Bosquet… et donc au parking Bosquet. De là, la place Clémenceau est à 5mn à pied, et quasiment tout le centre-ville est dans un rayon de 15mn de marche.
      Après, c’est vrai par contre que le voies de circulation au-delà de ce rond point sont assez incompréhensibles.

      • Oui, beaucoup d’irrationnel.
        Un point psychologique important est sans doute le parking, qui est payant, contrairement à Quartier Libre.
        Si la « gratuité » des bus fait doubler la fréquentation, on peut imaginer, à l’inverse, que le parking payant (même si c’était que 1€ ou 10 centimes) rebute un grand nombre de personnes, même si cela représente peu par rapport au coût d’une après-midi de shopping et de détente. Maintenant, remplir les parkings du CV par des tarifs très bas serait contradictoire avec l’idée de parkings relais.
        Maintenant, on en revient toujours au principal, qui est la rénovation du centre-ville, afin que celui-ci soit SEDUISANT, pour les résidents comme pour les chalands.

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