L'enjeu sécuritaire

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imagesDans ce domaine les candidats à l’élection municipale de Pau ont formulé des projets pour améliorer la sécurité des Palois. Ces projets sont divers mais tous entraînaient une facture d’investissement assez élevée. François Bayrou qui va se retrouver vendredi dans le fauteuil de maire de Pau, propose d’augmenter le nombre des policiers municipaux de façon conséquente. Mais que peut-on en attendre réellement ?

 Son programme comporte au chapitre portant sur la sécurité,  pas moins de six rubriques.

 –        Rétablir le climat de confiance paisible.  Sous cette forme plutôt langue de bois, on pressent  cette lutte si difficile contre le sentiment d’insécurité. Il s’agit en effet davantage d’un ressenti que d’une réelle insécurité qui elle repose sur des infractions dûment constatées. Il faut donc rassurer. A ce propos justement lorsqu’on s’adresse aux commerçants, principalement ceux des halles de Pau, on apprend que le climat est calme et que certaines personnes seules, âgées, voient en la présence des SDF aux alentours comme une grave cause d’insécurité. Leur présence n’est pas rassurante mais en vérité, sauf à dire que leur façon de faire la manche est parfois agressive, ils ne sont pas à l’origine de nombreux délits. Leur présence inquiète, il s’agit d’un ressenti.

 –        Assurer le devoir de police. Il s’agit là de revenir à la police de proximité qui a depuis 2003 été abandonnée par Sarkozy. Elle serait organisée en collaboration avec la police nationale et permettrait une présence 24h sur 24 – 365 jours par an. Cela suppose un renforcement important de la police municipale qui, en raison du volume actuel de ses effectifs, ne peut répondre à cette exigence. On ne voit pas très bien la manière dont la collaboration entre police nationale et police municipale pourrait se mettre en place étant donné que la police de proximité a été abandonnée par la police d’Etat. Il faut, c’est évident, réhabiliter l’îlotage.  Cette évolution n e reposerait donc que sur le seul effort de la municipale. Par contre ce qui est positif c’est que cette collaboration entre les deux services de sécurité devrait être organisée au plus haut niveau. Il y aura espérons le, une renaissance du CLSPD (Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance).

 –        Atteindre au moins un policier municipal pour 1500 habitants. L’effectif actuel de la police municipale se situe à 15, il faudrait donc recruter 40 policiers municipaux supplémentaires. Ce n’est pas rien et cela a un coût qui doit être évalué. Quant au rôle des agents de surveillance de la voie publique que François Bayrou souhaite plus large et plus valorisé, tout à fait d’accord, mais en considérant que ce rôle fait actuellement partie des missions de la police nationale. Peut-être retrouverait-on enfin l’époque des îlotiers qui se déplaçaient à pied et avaient pour mission de rencontrer et rassurer leurs concitoyens. Cependant, il faut s’interroger pour savoir si c’est à la police municipale de remplir un espace délaissé par la police nationale.*

 –        Equiper la ville de caméras de surveillance. L’effet dissuasif de ce dispositif est acquis mais dans des proportions qu’il est impossible de chiffrer. Cependant sur le plan répressif, il faut bien reconnaître que les caméras de surveillance dites de vidéo protection n’apportent rien à l’enquête judiciaire dans la mesure où ce n’est que très exceptionnellement qu’elles permettent l’identification d’un délinquant. D’autre part, comme certains élus l’envisagent (Le Canard enchaîné du 2 avril 2014), la mise en place d’un comité d’éthique est organisée.  A Rennes, par exemple, il existe, mais son fonctionnement semble plus théorique que réel. Une usine à gaz de plus.

 –        Organiser des travaux d’intérêt général. Oui bien sûr sauf à démontrer que cela n’existe pas déjà.

 –        Améliorer l’éclairage la nuit. Là, rien de bien innovant, il s’agit en réalité de parfaire l’entretien et le fonctionnement des installations déjà en place.

 Actuellement toutes les grandes et moyennes villes ont créé des polices municipales qui ont vocation à se développer constamment. Les maires trouvent en ce moyen une réponse électorale aux préoccupations des leurs administrés. Mais la sécurité relève du pouvoir régalien de l’Etat.

Pau, le 2 avril 2014

Par Joël Braud

 

 *Voir à ce propos, la position de Michel Destot (juillet 2010) député maire de Grenoble et président de l’association des maires des grandes villes de France qui considère que c’est à l’Etat de gérer les problèmes de sécurité. Il proposait d’ailleurs un Grenelle de la sécurité

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6 commentaires

  • «Atteindre au moins un policier municipal pour 1500 habitants. L’effectif actuel de la police municipale se situe à 15, il faudrait donc recruter 40 policiers municipaux supplémentaires»
    «Equiper la ville de caméras de surveillance».
    «Améliorer l’éclairage la nuit.»
    Voilà de bien bonnes initiatives.
    Tout cela, bien sur, s’ajoutera aux autres engagements utiles pris pendant la campagne; des dépenses «importantes» en perspective qui pourront, cela a été promis, se faire en baissant les impôts tous les ans pendant 5 ans!
    Viens voir les comédiens
    Voir les musiciens
    Voir les magiciens
    Qui arrivent……

  • Et les petits merdeux de 15 ans à qui APPARTIENT la place Clémenceau le soir. Ils vous font comprendre que si vous stationnez sur leur territoire de vente de shit, vous allez avoir des problèmes… On les laisse faire la loi ?

  • L’ours du bois sort ses griffes…

  • la présence des SDF aux alentours comme une grave cause d’insécurité. Leur présence n’est pas rassurante mais en vérité, sauf à dire que leur façon de faire la manche est parfois agressive, ils ne sont pas à l’origine de nombreux délits.
    certes, ce n’est pas un délit, Mais…. se faire insulter quand on a pas un « clope » a donner ce n’est pas rassurant,
    se faire dégueuler sur les chaussures, c’est pas la sécurité quand même

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