En Dabán ! En avant !

imagesIl n’y avait pas de distribution de coucougnettes au chocolat, ni de phrases assassines comme certains les aiment lors des campagnes électorales. Mais on se bousculait à l’entrée de l’hôtel de ville de Pau en ce 4 avril et il fallait jouer des coudes pour pouvoir entrer ou accéder aux écrans.

 En Dabán ! C’était le cri de ralliement de Gaston Fébus, repris par Martine Lignières-Cassou, et aujourd’hui par François Bayrou. L’homme est rayonnant. Nul doute que cette journée est un accomplissement pour lui.

C’est Michèle Etcheverry qui préside la séance. Elle rappelle les résultats des élections, évoque sa nostalgie, l’attente des habitants des quartiers, et tout spécialement du quartier rive gauche, d’être écoutés. Elle fait procéder au vote, qui désigne François Bayrou comme maire par 40 voix, 8 blancs et un nul.

Dans son discours, François Bayrou ne manque pas une occasion d’une citation. Cette fois ce sont « Les silences du colonel Bramble » d’André Maurois et sa traduction du célèbre poème de Kipling, « If » qui affirme que  triomphes et désastres doivent être traités avec détachement. Il assure que pour lui cette journée n’est pas un triomphe et que contrairement à la légende, il a connu dans le passé plus de succès que de défaites. Il rend hommage à ses prédécesseurs, tout particulièrement à Louis Sallenave et André Labarrère. Il cite la notice de Wikipedia sur le premier, soulignant le rôle de rassembleur de cet homme du centre.  Il ne manque pas de rappeler ce qui le rapprochait du second qu’il qualifie de « flamboyant » et si épris de sa ville. « Je n’ai aucune querelle à vider, aucune rancune » assure-t-il. Il affirme aussi vouloir être le maire de tous. Il juge la situation de la ville inquiétante pour les impôts et saine pour ce qui est de son bilan financier. Il retient trois mots. « Attention », pour tous, car il n’y a pas de petites attentes et de grandes attentes. « Affection » Le petit gars de Bordères que j’étais a connu le délaissement ; aussi je veux faire de la solitude et  du délaissement mes ennemis. « Ambition » car je veux le meilleur pour nous. Nous avons inventé la démocratie il y a mille ans, la cour de Jeanne d’Albret a été des plus brillantes, notre Henri le plus chéri, notre ville le rendez-vous de l’Europe au 19ème siècle, l’aviation a pris son essor ici et la ville a excellé dans bien des domaines au cours du 20 ème siècle. Certes, nous avons des limitations financières. C’est pourquoi il nous faut faire preuve d’imagination et d’innovation en ce 21ème siècle. Je compte sur l’opposition, sur vous les parlementaires d’ici, M. Habid et Mme Espagnac, pour nous aider.

En Dabán !

 David Habib répond en évoquant d’abord ses souvenirs, en particulier cette première rencontre au Parlement de Navarre en mars 1992, où fraîchement élus, nous étions l’un et l’autre fort émus. Il ajoute que la tâche sera rude, notamment avec les baisses prévisibles des dotations de l’Etat aux collectivités locales, mais qu’il souhaite au nouveau maire « beaucoup de bonheur et de succès ».

 Olivier Dartigolles prend la parole en commençant par féliciter François Bayrou de son succès. Il le relativise rapidement en soulignant l’importance de l’abstention et de la peur du lendemain chez bien de nos concitoyens. « Pour beaucoup, il est minuit moins cinq ». Il en profite pour asséner son opposition aux orientations du gouvernement. Il conclut : « Vous pouvez compter sur ma combativité et ma vigilance. Je vous souhaite bonne route. »

 La séance se termine avec un vote définissant le nombre d’adjoints, 14 plus 4, puis par l’énoncé des rôles attribués à chacun d’eux.

S’il n’était exclu que l’on mêle nos chères têtes blondes aux questions politiques, on pourrait imaginer que cette séance, toute empreinte de dignité républicaine, soit un sujet d’étude ou d’éducation. Hélas, les abstentionnistes ne profiteront guère de l’exemple, vraisemblablement.

                                                                                                                      Jean-Paul Penot

Voici quelques extraits caractéristiques du poème « If ».

Un lecteur obligeant apportera peut-être la version d’André Maurois …

If you can keep your head when all about you

Are losing theirs and blaming it on you,

If you can trust yourself when all men doubt you,(…)

If you can dream_and not make dreams your master ;

If you can think and not make thoughts your aim ;

If you can meet with Triumph and Disaster

And treat those two imposters just the same (…)

If you can talk with crowds and keep your virtue,

Or walk with Kings _nor lose the common touch,

If neither foes nor loving friends can hurt you,

If all men count with you but none too much, (…)

Yours is the Earth and everything that’s in it,

And_which is more_you will be a Man, my son !

 Rudyard Kipling (1865-1936)

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5 commentaires

  • Deux remarques : la phrase historique de Gaston Febus n’est pas En daban (en avant) mais Febus daban (Febus arrive).
    Sur la composition de l’exécutif : il vaut mieux être ancien socialiste qu’UMP. Les anciens socialistes ou de la liste de Martine Lignières ont tous des délélgations conséquentes, l’UMP a le sport, moins le tour de France…
    Enfin, la parité : aux hommes les finances et la sécurité, aux femmes le social, la petite enfance, le périscolaire et les jardins. C’est une carricature de machisme, qui n’est pas propre d’ailleurs à Pau, ni même aux maires hommes. Regardez le journal, c’est le cas pratiquement partout.

    • Si vous voulez reconstituer la phrase de Fébus, c’est « Febus Aban ». En Daban n’est pas attribué à Fébus particulièrement, mais c’est une phrase de combat béarnaise, donc adaptée aux circonstances.
      Je ne partage pas votre analyse sur l’exécutif : la délégation aux sports est stratégique car c’est un des postes les plus médiatiques, idéal pour bien se placer pour de prochaines échéances. Pascal Boniface et Odile Denis ont négocié leur poste lors de leur ralliement, ce qui n’est pas le cas d’Anne Castera qui du coup a un poste moins important. Je n’ai pas compté mais il doit y avoir 7 ou 8 UMP dans les conseillers municipaux, ce qui est quand même pas mal pour une liste qui était initialement créditée de 8% d’intentions de vote

  • Actuellement ont lieu les élections au sein des conseils municipaux. Les chiffres de 36.700 maires et d’environ 100.00 adjoints vont être vraisemblablement reconduits, en dépit de la mise en place des intercommunalités.
    Certes le coût par commune est faible et l’enveloppe est fixe. Des susceptibilités peuvent ainsi être réglées et des marques de reconnaissances accordées. Mais en cumulant, le coût n’est plus négligeable : Les indemnités des maires et adjoints représentaient en 2011, ~1,2 milliards de Euros. Il faudra également ajouter le coût des vice-présidences des intercommunalités.
    A Pau, 14 adjoints de plein exercice et 4 adjoints de quartier. Soit un de plus que sous Mme Lignières-Cassou (cf. La Rép du 5/04). On aurait pu penser à une diminution du nombre d’adjoints voire une réduction des indemnités. Sans aller jusqu’à 25% comme à Grenoble, 5% serait acceptable et cohérent avec des engagements précédents.
    En attendant le regroupement des communes.
    http://www.contrepoints.org/2013/12/24/151059-remuneration-des-elus-locaux-le-dessous-des-cartes

  • If ou « tu seras un homme, mon fils » , le poème mis en français (plus que traduit) par André Maurois
    « http://ralph.davidovits.net/tu-seras-un-homme/mon-fils.html</>

  • Des mots, toujours des mots…
    Sûrement pas un sujet d’étude.
    Attendons donc les actes de F Bayrou, à la tête de cette armèe mexicaine.

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