Sous les jupons d'Oloron, 80 années de plénitude

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http://cauhape.bernard.free.fr/chants_bearnais/A_Oulourou.htm

https://www.youtube.com/watch?v=Lr8fLPfU9D8

Oloron, à vrai dire, et malgré les chansons, est une vraie pucelle. Il suffit de parcourir ses rues sinueuses, toutes en rebonds, en largesses façadières, pour n’abandonner son pas qu’au baiser qu’elle vous tend, du bout de ses lèvres fraîchement désaltérées par le gave d’Aspe jusqu’à l’ataraxie : Oloron est une pièce de théâtre vivant. On s’y installe dans le velours velouté d’un fauteuil exotique, au  » Louxor », dans l’harmonie d’une garbure ou d’une simple soupe qui sent l’aillet et le gingembre, parfois l’herbe qui pend et sèche aux fenêtres des baudelairiens, et puis soudain, le drame se met en scène : commerces à vendre, immeubles à l’abandon, rues désertes, est-ce la chaleur, non, c’est le désamour d’une petite ville de province, un lieu qui n’ombre pas  cette illusion d’optique que mirifient les grands décideurs du « Progrès« , ces marchands d’illusions, qui percent les montagnes de trous de souris pour manger leur gruyère suisse dans des assiettes aux motifs d’ ors raffinés, qui se moquent, comme moi, de qui lève le blé, de qui moissonne, meule et pétrit, pourvu que le pain soit bon, comme Oloron se mange dès qu’on y goûte, la pâmoison.

Une vraie pucelle, sans aucun doute, mais qui connaît et chante tous les registres, du corps de garde au jazz novateur en passant par le slam et le bel canto, qui porte dans son cœur autant de poètes, d’écrivains, d’ aventuriers que de photographes réputés, une pucelle qui sait se faire aimer et, un jour viendra, aimera celles et ceux qui viendront dans ses bras, inondant les rues de vie, commerçants, artistes, marchands des quatre vérités en toutes saisons, femmes vivaces aux portugaises désensablées par le courant du gave qui chante et parfois meugle au pied des immeubles erratiques et pas tocs, hiératiques avant tout, mais chacun accrochant sa jardinière au balcon, plantant ses oignons de Trébons dans son jardinet, caressant les chats, promenant les chiens, montrant aux incrédules un ours sachant lire et écrire ( PYC ?), bref, un renouveau formel loin de ce que transpirent de nos jours les rues Révol et Louis Barthou.

A cette pucelle-la, en vieux Pulcinello, je veux déclarer mon amour, dussé-je attendre d’avoir, à mon tour, plus de quatre vingts ans…

http://vimeo.com/12016346

 pour les images : faites clic clac sur ce lien (car vous le valez bien)

-par AK Pô

16052014

Ptcq

IMGP2302

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3 commentaires

  • Michel LACANETTE

    Ce n’ est pas la plénitude qui règne à Oloron en ce moment, avec ce qui s’ y est passé aux dernières élections municipales. Pour preuve, il n’ y a qu’ à écouter ou lire les commentaires concernant la moindre réunion, ayant pour sujet la vie de la citée. Réunions, qui sont en permanence à la limite de tourner au pugilat.
    Pourtant, c’ est bien de plénitude et de recul que notre ville aurait bien besoin, surtout dans les prochains mois, qui seront décisifs pour l’ avenir d’ Oloron, avec le projet de contournement routier qui pointe son nez. Projet vieux de trente ans, qui va isoler un peu plus économiquement et culturellement Oloron, qui va entraîner un plus grand nombre de commerces à vendre, d’ immeubles à l’abandon et de rues désertes fortement dégradées, cela malgré les dénégations de nos responsables de tous bords politiques, qui nous encensent de louanges prometteuses.
    Souhaitons que nos Elus de la majorité et de l’ opposition auront un sursaut de plénitude et de recul pour donner à Oloron une dernière chance de s’ en sortir et ne pas la laisser succomber aux  » chants de sirènes » qui veulent lui offrir un paquet cadeau, pour l’ endormir définitivement dans leur giron. Oloron, mérite bien mieux que cela, si nos Elus de tous bords décident de s’ impliquer et de réagir sérieusement, pour ne pas succomber aux dangereuses sirènes.

  • chère madame PYC,,
    Pour la tristesse des yeux qui visitent nos sous-préfectures, pour les dégâts que procurent nos gaves quand à leur tour, à froides larmes, ils coulent de boues nos univers de plâtre, chère madame PYC, ne vous étonnez pas que mes larmes coulent et disparaissent dans ce drôle de gave qui régit notre vie, quand le bronze reluit en haut des piédestaux d’une splendeur passée.
    Nous avons grandi, nous avons vieilli. Les murs des villes suivent la même logique, moins impitoyable que pour nous, qui habitons, vivons, et disparaissons dans un arsenal de marbre taillé une fois pour toutes, ce nid d’amour au mitan du soleil disparu.
    J’ai fréquenté, voici plus de quarante ans maintenant, un jeune homme un peu fou, un peu magique, un jeune homme d’Oloron. Je ne citerai pas son prénom ici, et j’ignore son nom. Un soir que je dormais chez lui, il m’a montré une photo de sa mère, (encore vivante à l’époque), une photo de sa mère quand elle avait dix huit ans. Elle en avait plus de soixante, alors. Et, madame PYC, cette photo, je l’ai encore dans la rétine, plus de quarante ans après. Pourquoi, je ne sais pas. Cette femme était belle, à vingt ans, et quarante ans plus tard c’était le même coeur qui battait en vous disant ; « mais oui, petit, on va s’arranger, tu dormiras ici, où irais-tu, sinon ? »
    Madame PYC, avec un peu d’émotion, je retrouverais sans doute, entre deux ou trois façades, le domicile de cet ami d’alors ( ou son odeur alcoolisée de chameau). Mais l’essentiel réside dans cette anecdote un peu fragile : j’ai aimé Oloron par la vision de la photo d’une femme magnifique, jeune, (je crois que la famille venait d’Espagne, pendant ou suite à la guerre de 36) et l’amitié d’un fils qui me l’offrit au regard, et qui, je l’espère, a réussi sa vie (sans meubler ses vides) à Paname.
    https://www.youtube.com/watch?v=VQgSyUK08Rs

  • Cher monsieur Karouge
    Pour ce qui est de la tristesse des rue centrales d;Oloron c’est, me semble t’ il, le lot de toutes les villes .par exemple du quartier Carnot à Pau que j’ai pu qualifier de ville verte et grise.plus encore d’ Orthez .De plus Oloron souffre, comme Tulle ou Rome, d’être construite construite sur 7 collines et n’a pas de centre ce qui pour le commerce rend la situation un peu complexe.. Contrairement , par exemple,à Monein ou à Mauléon.deux cites proches vers lesquelles je vous invite à laisser courir vos pas et sur lesquelles il n’est pas impossible que je poste quelque chose. Deux villes construites sur deux grandes places particulièrement bien mises en valeur.
    De plus cette mélancolie fait partie du charme secret de la ville. Par contre la ville est particulièrement bien dotée au plan culturel: cinéma art et essai indépendant et dynamique, médiathèque plantée au milieu du gave qui a reçu l’équerre d’argent et grande salle de spectacle (salle jéliotte) festival de jazz résolument avant-gardiste qui débute bientôt.
    D’autant plus que notamment sous l’impulsion de quelques barbares venus du nord existent des projets très dynamiques et très bien bien construits pour dynamiser la ville sur des bases écologistes (cf oloron en transition) .En ces temps de disette budgétaire la solution peut également passer par là.Mais de cela vous en avez peut-être entendu causer dans la presse locale ..Et le feuilleton n’est pas fini.
    PYC
    qui s’intéresse aux jupes d’ oloron à celles des portugaises plus ou moins désensablées à toutes les jupes de filles mais encore à leurs robes la preuve:
    Un belle poule au mitan de mon lit
    Un nid de poule au mitan de sa robe
    Un nid d’amour au mitan de sa rose .
    PS: Une question pour les prochaines municipales en ces temps incertains de déconstruction des genres
    Oloron est’ elle une fille ?
    Oloron est(il un garçon ?

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