España : Gracias a Su Majestad Juan Carlos *


JG iage 2Durante mi juventud, a finales de los años 50, solía ir a España con mi familia. En la frontera, los « tricornios » armados con ametralladoras nos daban miedo. El pais entero daba miedo. Todo estaba para reconstruir : Las curvas, en malas carreteras, nos daban el « tortícolis »…  en el sur, en Sevilla, los niños corrían detrás del coche pidiendo limosna etc.

En 1975, cuando el generalísimo Francisco Franco desapareció, usted supo con su moderación, su serenidad y su escucha, dar otra imagen de su pais y el pueblo español comenzó a creer en un futuro mejor. Con Adolfo Suarez se organizó una transición democrática . Años mas tarde España entro en la comunidad europea.

No todo fue fácil.  Recordemos la tentativa de golpe de Estado del Teniente General Tejero. Algunos de nosotros pudimos ver los tanques en Valencia.

Pero vd, nunca dio marcha atrás y gracias a su empeño, su pais, pudo « retornar » a su « ranking » dentro de los grandes de Europa.

Año tras año,  escuché su mensaje navideño. Siempre confortador, siempre en busca de un consenso nacional. No era cosa fácil entre los partidarios de un régimen militar, la ETA, los nacionalismos regionales, el atentado de Atocha etc. Frente a todas esas dificultades vd. llevo acabo, con dexteridad y eficacia su misión. Y pese a que en estos últimos años La Casa Real sea el teatro de « affaires », la nación española puede estarle agradecida.

Nosotros, europeos, podemos también felicitarnos que España haga parte de la union. España, un pais fuerte, con su propia cultura y « movida ». Antes de 1975, nadie hablaba de artistas, diseñadores, deportistas, industriales españoles. Cada uno puede medir la avanzada hecha por su pais durante su reino.

Gracias, Su Majestad, por su contribución a la España de hoy.

– par Bernard Boutin

 * voir traduction dans le premier commentaire

Communiqué de Sa Majesté le Roi aux espagnols, traduit en français par Le Courrier d’Espagne

Palais de La Zarzuela. Madrid, 02.06.2014

« Je me rapproche de vous tous, ce matin, grâce à ce communiqué, afin de vous annoncer, non sans une émotion étrange, une décision importante et les raisons qui m’ont poussé à la prendre.

Lors de ma proclamation en tant que Roi, il y a maintenant près de quarante ans, j’ai assumé le ferme engagement d’être au service des intérêts généraux de l’Espagne, avec le désir de voir les citoyens devenir les protagonistes de leur propre destinée et notre Nation, une démocratie moderne, pleinement intégrée à l’Europe.

Je pris donc avec enthousiasme la résolution d’être à la tête de la tâche nationale qui permit aux citoyens d’élire leurs représentants légitimes et de mener à bien cette grande et positive transformation de l’Espagne, dont nous avions tous tellement besoin.

Aujourd’hui, lorsque je regarde en arrière, je me sens fier de vous, donc heureux.

Fier, car nous avons réussi beaucoup de bonnes choses tous ensemble ces dernières années.

Et heureux, car vous m’avez appuyé afin de faire de mon règne, initié en pleine jeunesse et à une époque peuplée d’incertitudes et de difficultés, une longue période de paix, de liberté, de stabilité et de progrès.

Fidèle au désir de mon père, le Comte de Barcelone, de qui j’ai hérité le légat historique de la monarchie espagnole, j’ai souhaité être le Roi de tous les espagnols. Je me suis senti identifié et engagé eu égard à vos aspirations, je me suis réjoui de vos succès et j’ai souffert lorsque la douleur ou la frustration vous ont paralysé.

La longue et profonde crise économique que nous subissons a laissé de graves cicatrices au sein du tissu social, mais nous montre également la voie vers un chemin chargé d’espoir à l’avenir.

Ces années difficiles nous ont permis de faire un bilan autocritique de nos erreurs et de nos limites en tant que société.

Et, en contrepoids, elles ont également ravivé une conscience fière, de ce que nous avons su et savons faire, de ce que nous avons été et sommes : une grande nation.

Tout ceci a éveillé en nous un élan de renouveau, de dépassement, de correction de nos erreurs et d’ouverture d’une voie vers un avenir résolument meilleur.

Aujourd’hui, une génération plus jeune, pourvue de nouvelles énergies, décidée à entreprendre avec détermination les transformations et les réformes dont la conjoncture actuelle  a besoin, ainsi que d’affronter les défis de demain, avec une intensité et un dévouement renouvelés,  mérite d’être en première ligne.

Cet avenir sera forgé par une nouvelle génération qui réclame, de manière légitime, le rôle protagoniste, le même qui correspondit à la génération dont je fais partie, lors d’une conjoncture cruciale de notre histoire.

Aujourd’hui, une génération plus jeune, pourvue de nouvelles énergies, décidée à entreprendre avec détermination les transformations et les réformes dont la conjoncture actuelle  a besoin, ainsi que d’affronter les défis de demain, avec une intensité et un dévouement renouvelés,  mérite d’être en première ligne.

Ma seule ambition a été et demeurera toujours de contribuer au bien-être et au progrès, en toute liberté, de tous les espagnols.

Je souhaite le meilleur pour l’Espagne, à qui j’ai dévoué toute ma vie et au service de laquelle j’ai mis toutes mes compétences, mon enthousiasme et mon travail.

Mon fils Felipe, héritier de la Couronne, incarne la stabilité, qui est le signe distinctif de l’institution monarchique.

Lorsque j’ai eu soixante-seize ans le mois de janvier passé, j’ai considéré que le moment était arrivé de préparer la relève en quelques mois afin de laisser place à celui qui se trouve dans les meilleures des conditions en vue de garantir cette stabilité.

Le Princes des Asturies possède la maturité, la préparation et le sens de la responsabilité nécessaires à devenir le Chef de l’État en toute garantie et d’ouvrir une nouvelle étape d’espoir où l’expérience acquise s’alliera à l’élan d’une nouvelle génération. Il comptera à cette fin, j’en suis certain, sur l’appui inconditionnel de la Princesse Letizia.

En conséquence, guidé par la certitude de prêter le meilleur des services aux espagnols et une fois récupéré, tant physiquement qu’eu égard à mon activité institutionnelle, j’ai décidé de mettre fin à mon règne et d’abdiquer la Couronne d’Espagne, de manière à ce que le Gouvernement et le Parlement du Royaume d’Espagne rendent la succession effective conformément aux dispositions constitutionnelles.

Je viens ainsi de le communiquer officiellement ce matin au Président du Gouvernement.

Je souhaite exprimer ma gratitude envers le peuple espagnol, à toutes les personnes qui ont incarné les pouvoirs et les institutions de l’État au long de mon règne, et à tous ceux qui m’ont aidé à exercer mes fonctions avec générosité et loyauté.

Et ma gratitude à la Reine, dont la collaboration et le soutien généreux ne m’ont jamais fait défaut.

Je chéris et chérirai toujours l’Espagne au plus profond de mon cœur »

Source : Le courrier d’Espagne

Traduit par Sol Marzellier pour LCE

Comments

  1. Georges Vallet says:

    Cela me fait penser aux propos de Daniel Sango à propos des jardiniers fonctionnaires de Sers:

    « Quel est le coût de cette activité?
    Et pourquoi ne serait-elle pas complètement sous traitée? »

    Beaucoup d’espagnols y pensent!

    • Tout à fait d’accord, enfin non, je vais plus loin. Ceci est totalement anachronique incongru même. Une famille royale entretenue par ses « sujets » chômeurs…
      Idem pour l’Angleterre…et les autres.

  2. Helene Lafon says:

    Un bel hommage ! Un hommage mérité par un roi qui a su mener son pays vers la démocratie, un roi qui aujourd’hui sait se retirer.
    Quant aux affaires qui ont terni sa fin de règne, elles démontrent qu’il est difficile aux gens de pouvoir ou proche du pouvoir d’échapper à l’attrait de l’argent vite gagné. Attention, Cahuzac et compagnie, ce n’est pas une excuse, c’est un constat.

    • Le problème c’est moins « l’argent vite gagné », ( j’ai rarement rencontré des gens de pouvoir qui s’en servaient directement pour de l’argent) , que le sentiment d’impunité de ceux à qui leur entourage finit par faire perdre le sens des réalités, y compris quand il s’agit d’argent et sous les yeux de ceux qui n’en ont pas ou en voudraient d’avantage.
      A ce point de vue l’exemple de Cahuzac est emblématique. Il n’a pas fait de l’argent quand il était aux affaires. Il en a fait pour y parvenir quand il était dans l’implant capillaire et il a perdu le sens des réalités lorsqu’il a accepté ensuite pour satisfaire son besoin de pouvoir, une fonction qui inévitablement devait finir par le mettre en danger.

  3. Espagne : Remerciements à Son Altesse Juan Carlos

    Durant mon enfance, à la fin des années 50, j’allais régulièrement avec ma famille en Espagne. A la frontière, les « tricornes », armés de mitraillettes, nous faisaient peur. Tout le pays faisait peur. Tout était à reconstruire : les virages, sur de mauvaises routes, nous donnaient le « torticolis »… dans le sud, à Séville, les enfants courraient derrière la voiture en mendiant.

    En 1975, quand le Général Franco est décédé, vous avez su avec modération, sérénité et écoute, donner une autre image de votre pays et le peuple espagnol a commencé à croire en un avenir meilleur. Avec Adolfo Suarez, vous avez organisé une transition démocratique. Quelques années plus tard, l’Espagne a pu entrer dans la communauté européenne.

    Tout ne fut pas facile. Souvenons-nous de la tentative de coup d’Etat du colonel Tejero. Certains d’entres-nous ont pu voir les tanks dans les rues de Valence.
    Mais jamais vous n’avez reculé y grace à votre constance, votre pays a pu reprendre son rang parmi les grands d’Europe.

    Chaque année, j’écoutais votre message de Noël à la Nation. Toujours réconfortant, toujours à la recherche d’un consensus national. Ce n’était pas chose facile entre les partisans d’un régime militaire, l’ETA, les autonomies, les attentats de la Gare d’Atocha etc. Face à toutes ces difficultés, vous avez mené avec dextérité et efficacité votre mission. Et, malgré les affaires de ces dernières années, qui ont touché la Maison Royale, la nation espagnole peut vous être reconnaissante.

    Nous autres européens, pouvons aussi nous féliciter que l’Espagne fasse partie de l’Union. L’Espagne, un pays fort, avec sa propre culture et « movida ». Avant 1975, personne ne parlait d’artistes, de créateurs, de sportifs ou d’industriels espagnols. Tous, nous pouvons mesurer les avancées réalisées sous votre règne.

    Merci, votre Altesse, pour votre contribution à l’Espagne d’aujourd’hui.

    • Beaucoup de plaisir à lire un texte en espagnol…et de le comprendre sans traduction !
      « en el sur, en Sevilla, los niños corrían detrás del coche pidiendo limosna ». Itou sur la rocade de Valladolid, dans les années 90, et à Séville, à chaque feu tricolore. Tout comme à Lisbonne les enfants des rues sur la place du Commerce. Mais cette misère n’est-elle pas revenue dans les artères des grandes villes, avec le chômage et la Crise qui persistent ?

      • Helene Lafon says:

        Anecdote pour anecdote, années 80, Alicante, un enfant d’une dizaine d’années passe entre les tables d’un restaurant en terrasse en tendant la main. Les clients d’une des tables lui donnent un des petits pains présents sur chaque assiette avant même que les clients ne soient servis. L’enfant le prend et ostensiblement le jette dans le caniveau. C’est de l’argent qu’il doit ramener à ceux qui le « manage » et seulement de l’argent (je connais certains bistros où sans se cacher, « on » fait en fin de soirée, les comptes). Ce n’est pas l’enfant que je condamne mais ceux qui l’exploitent et le pervertissent.

    • +1

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