La France championne du monde!

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Alors que la place de la France régresse dans de nombreux classements, pour d’autres, elle reste en tête, comme celui des dépenses publiques, du nombre de fonctionnaires ou d’élus par habitants. Il en est un pour lequel elle occupe aussi la place de numéro un mondial, celui des jours de grève.
« Il ne semble pas y avoir d’équivalent à la France dans des pays comparables, c’est à dire démocratiques et industrialisés. En 2008, l’Observatoire du dialogue et de l’intelligence sociale dressait un palmarès européen. Frappant.
La France y était largement en tête des pays avec le plus grand nombre de jours de grève, avec deux fois plus de journées de conflit que son suivant, l’Espagne. Qui elle même comptait deux fois plus de journées de conflit que son suivant direct, l’Italie. La France totalisait quatre fois plus de jours de grève que l’Angleterre et trente fois plus que l’Allemagne ou l’Irlande, selon Jean-François Chantaraud, fondateur de cet observatoire qui publie régulièrement un « Etat social de la France ».
Et non seulement on a plus de journées de grève qu’ailleurs, mais les conflits sont plus longs et perturbant pour la société. » (France Info lundi 23 juin 2014)
Menée par une CGT d’une autre époque, motivée plus souvent par des arrières pensées politiques, les bataillons de travailleurs exploités montent au front. Les cheminots, champions du monde du statut le plus avantageux et anachronique, aux effectifs pléthoriques, les contrôleurs aériens, nantis parmi les nantis, les intermittents du spectacle dont le statut est si injuste que leur nombre augmente sans cesse, les employés de la SNCM, battus à plate couture par leurs concurrents de Corsica Ferries, …etc, jusqu’aux employés des transports publics palois.
Une lueur d’espoir cependant, The Economist calcule que le nombre de jours de grève pour 1000 employés est tombé de 164 à 77 entre 2005 et 2011.
 
 

par Daniel Sango

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14 commentaires

  • Cazamayou Cazamayou

    Il ne faut qd même pas oublier qu’aucune conquête sociale n’a été offerte sur un plateau d’argent par les classes possédantes, que bcp de pays nous envient nos avantages sociaux, que FOn a été créé que pour contrer le danger bolchevique ! Soyons à la hauteur de l’héritage des luttes de nos anciens, ne bradons pas le service public, ne faisons pas le jeu de ceux qui engrangent pendant que d’autres manquent de l’essentiel ! Merci de respecter mon message et de ne pas l’effacer ! Salut !

  • Pendant des années la CGT a canalisé une frange populaire très importante, essentiellement au profit du PC. Son influence s’est réduite à quelques ilots de résistance. Le reste des troupes est passé au FN. Un effet de balancier en quelque sorte.

  • DS: »Comment peut on expliquer que la France soit à ce point une anomalie en matière de dialogue social en Europe?
    Sûrement pas par une exploitation des travailleurs!!!
    Surtout quand on parle de la SNCF, des dockers, du syndicat du livre, etc…! »
    +1. Les syndicats ont rarement défendu l’emploi, mais certains avantages (souvent peu justifiés) ou lorsqu’un plan de licenciement menaçait, leur rôle a consisté généralement à faire monter les enchères concernant la prime de licenciement plutôt qu’à essayer de conserver les emplois.

  • il fut un temps, ou le slogan de Harlem Désir était « touche pas a mon pote »,
    maintenant, le même nous dit « touche pas a mon poste » (de travail)
    des conflits amenant a des grèves, oui, cela existe,
    mais trop c’est trop. et cela est depuis trop longtemps incompréhensible, donc insupportable
    lorsque Monsieur Hollande a été élus, j’ai dit « chouette, plus de grèves »….
    quelle désillusion!!!!!!

  • Le monde du « travail » est loin d’être facile pour celles et ceux qui le pratiquent. Ne croyez pas que ce soit aussi simple, aussi facile, de décider et de faire grève.
     » Menée par une CGT d’une autre époque, motivée plus souvent par des arrières pensées politiques, les bataillons de travailleurs exploités montent au front. » C’est exact, mais citez-moi un autre, un seul syndicat qui soit représentatif, qui reflète la réalité de la masse ouvrière, maître Sango.
    La CGT, comme d’autres syndicats (CFDT FO CGC etc), n’est que la partie émergée du malaise, de l’extrême précarité qui règne dans le monde du « travail », toutes catégories de base confondues (ouvriers, employés, ETAM, cadres, enseignants, personnel hospitalier etc etc…).
    Regardez les gens qui vont être licenciés, qui menacent de faire exploser les usines, qui se suicident, souvenez-vous des croix plantées devant Célanèse en 2009… il y a tant d’exemples, et ce n’est pas fini. Hélas !
    Les journaux, c’est bien, la réalité c’est pire.

    • Qu’il y ait de la precarité chez les demandeurs d’emploi, c’est tres certainement vrai. Mais parler de precarité dans le monde du travail en France aujourd’hui , dans un pays où ce sont justement les rigidités du marché de l’ emploi qui contribuent à son affablissement et donc à l’augmentation du chômage est un contre-sens absolu.

      • Oscar : « dans un pays où ce sont justement les rigidités du marché de l’ emploi qui contribuent à son affablissement et donc à l’augmentation du chômage est un contre-sens absolu. »
        Merci de développer éventuellement ce point, car la peur me vient de prendre sans y réfléchir (au tournant de ma vie) un giratoire à la manière anglaise, sur notre bonne rocade bouchonneuse.
        Nota : je ne parle pas de « précarité chez les demandeurs d’emploi », mais dans l’espace même des gens qui ONT un travail. D’autres mots seraient sans doute plus adéquat (et ma réaction encline aux synonymes). Donc, je m’en tiens à cette définition tronquée puisée dans Wikipédia, qui résume assez ma pensée : « La précarité est une forte incertitude de conserver ou récupérer une situation acceptable dans un avenir proche. »
        Comme quoi l’absolu est lui-même un contre-sens, car il englobe le néant, et parfois s’amuse à disparaître, dedans.

        • La précarité, nous naissons avec cher Karouge. La vie n’est-elle pas un instant précaire? Et avec elle toutes les constructions humaines ou naturelles. Les entreprises comme les arbres n’y échappent pas non plus. Elles naissent, se développent ou pas, grandissent puis meurent pour être remplacées par d’autres qui fleurissent à leur tour. La situation précaire de « ceux qui ont un travail » n’est en fait que celle des entreprises qui les emploient et qui sont par essence mortelles. Certaines par simple vieillissement, d’autres parce que « l’écosystème » dans lequel elles se sont développées a brutalement changé. D’autres enfin, parce qu’elles sont mal dirigées.
          Toute la difficulté du moment tient en quelques considérations simples:
          Le travail est un droit inscrit dans la Déclaration des Droits de l’ Homme et dans notre Constitution. Il est donc légitime que ce droit soit revendiqué et même exigé . La difficulté, c’est que ce droit est sans contrepartie et qu’on ne peut obliger en même temps un citoyen à travailler et à offrir du travail à celui qui n’en a pas.
          C ‘est donc au marché des offreurs et des demandeurs d’emploi de se réguler ou à l’ Etat de se substituer à l’absence d’offre, soit par une indemnisation soit par la collectivisation des moyens de production. On a vu les limites de cette dernière proposition, on en voit aujourd’hui l’ultime évolution dans les revendications catégorielles ou communautaristes qui en sont les avatars dégradés, dans un pays où plus de la moitié du PIB passe déjà directement ou indirectement entre les mains d’un Etat en faillite
          Mais c’est aussi à l’ Etat de créer les conditions du développement de nouvelles entreprises , plutôt que de s’acharner à maintenir en vie des entreprises en coma végétatif sous la pression de porteurs de banderoles et de candidats au suicide mediatique. Et pour y parvenir et ranimer ce qui nous manque le plus aujourd’hui dans ce pays, à savoir L’ESPRIT D’ENTREPRISE, cette ambition curieuse qui incite certains d’entre nous à se lever plus tôt le matin pour assumer une toute petite partie d’un destin collectif, parce qu’ils ont en tête un projet et l’ambition de le réussir, il lui faut créer un espace de liberté et d’initiative. Entre la poule et l’oeuf, il lui faut choisir l’oeuf quitte à livrer quelques poules au renard et à bousculer la vie confortable du coq. Alors si vous appelez celà de la précarité et qu’elle vous parait insupportable, moi je vous dis qu’elle est la condition de notre survie. Et j’ajoute que les organisations syndicales de ce pays, en s’opposant pour les plus archaïques d’entre elles à la moindre évolution, au moindre changement, sans jamais être à même de préparer un avenir certes difficile en sauvant ce qui peut l’être sous la pression de têtes brûlées et d’irresponsables incultes qu’elles ne parviennent plus à contrôler, nous précipitent dans l’abîme.

          • oscar: +1
            mourir ou s’adapter Charles Darwin l’à dit,
            et pourtant, il ne connaissait pas la superbe évolution des Baleines

          • « …et à bousculer la vie confortable du coq »
            Superbe image quand on sait qu’il est le seul animal a chanter les pieds dans la merde…

          • Merci pour votre réponse (pleine de diplomatie). J’aurais quelques points à préciser, mais le ferai par un autre biais dès que mon pistolet à bouchon sera rechargé.

    • Oui la CGT est une organisation d’une autre époque.
      Il faut bien se rendre compte que le monde syndical français est un microcosme (a l’image du monde politique) animé par des « permanents » à vie.
      Déjà comme le montrent les statistiques la France est un pays « anormal » mais dans ce pays , la CGT est une anomalie!
      Sa vision du monde reste celle de la lutte des classes. De plus elle est le prolongement politique des communistes et autres frontistes de gauche. Ses actions, en particulier en ce moment, sont pilotées par ces partis politiques qui n’acceptent pas le virage social démocrate de Hollande.
      Comment peut on expliquer que la France soit à ce point une anomalie en matière de dialogue social en Europe?
      Sûrement pas par une exploitation des travailleurs!!!
      Surtout quand on parle de la SNCF, des dockers, du syndicat du livre, etc…!

    • Lu et entièrement approuvé.

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