Intermittents du spectacle : une croissance permanente


intermittents grève    Les intermittents ayant par construction de nombreux temps libres, il n’est pas étonnant de les voir souvent dans la rue. Mais leur agitation est-elle justifiée ?

 

Leur situation, au niveau de leur système particulier et privilégié d’indemnisation chômage a fait l’objet d’une négociation. Un accord a été signé par les partenaires sociaux, patronat, CFDT, FO, et CFTC.

Cet accord, valable pour l’ensemble des salariés du privé, vise a essayer de maîtriser le déficit énorme de l’UNEDIC, le système d’indemnisation chômage (4 milliards de déficit/an, cumul de dette de 20 milliards). Dans cet accord, toutes les catégories font un effort en vue d’assurer la survie du système général.

Il faut tout d’abord bien voir que le système appliqué aux intermittents du spectacle est un système extrêmement avantageux. Les cotisations de cette catégorie sont de 240 millions d’euro et ils perçoivent 1,3 milliards d’euro, c’est à dire que pour 1 euro cotisé, le retour est de 5,5 euro. Ce chiffre est à comparer à une catégorie tout à fait semblable, celle des intérimaires pour lesquels le retour est de 3 euro pour 1 euro cotisé. Ceci est dû, entre autres, à une durée d’indemnisation plus longue, jusqu’à deux fois plus longue. Et le montant des indemnisations est aussi plus élevé, 1805 euro/mois en moyenne contre 1123 euro/mois pour la moyenne des indemnisés (Rapport parlementaire). En fait, l’effort demandé aux intermittents dans le cadre de l’accord représente 100 millions d’euro. Normal dans la conjoncture actuelle. (source : A Molinié IFRAP)

D’ailleurs leur système si injuste n’a pas l’air de rebuter les « artistes ». Ils étaient 19100 en 1974, 28750 en 1984, 68900 en 1994, 105826 en 2009 a être indemnisés. Bizarre, non ?

Il faut dire que le système ratisse large, dans les artistes associés on peut trouver, au delà de la vision commune de l’artiste, tous les corps de métier techniques, plus ou moins associés, jusqu’au chauffeur de l’artiste ou au videur du service d’ordre. Les employeurs ont eux aussi utilisé un maximum ce filon pour imputer une partie du travail de préparation sur ce système.

Il est clair qu’une remise à plat est nécessaire, en commençant par sortir du système tous les emplois annexes qui relèvent du régime des intérimaires et en obligeant les employeurs à respecter strictement les règles.

Autre anomalie, ce système, justifié par la fumeuse exception culturelle française, n’est financé que par les travailleurs du privé. Pourquoi ? Pourquoi les fonctionnaires (donc l’Etat) ne participeraient pas ?

On pourrait aussi mettre à contribution les artistes vedettes aux revenus important qui soutiennent avec une grande unanimité leurs intermittents.

Une solution bien plus juste consisterait cependant à supprimer ce régime, les artistes étant assimilés, comme le veut la logique, aux intérimaires. D’ailleurs en Europe il n’existe pas de système particulier de ce type.

Et les français approuvent à 60% la suppression du statut particulier des intermittents (sondage des 11 et 12 juin par Tilder, LCI, Opinionway )

 

 

par Daniel Sango  

Comments

  1. l'ours du bois says:

    ce jour, le festival d’Avignon va démarrer…. sur une gréve!!!!!
    cela me rappel un autre combat, Mai 1968 ou l’on pouvais voir, inscrit par les mêmes personnages: » FERME POUR CAUSE D’INUTILITÉ »….

    Pour demain, le programme affiché sera peut être  » annulé pour manque de travail »????

  2. Article 5*
    Très intéressants: les chiffres, et un point de vue équilibré sur les efforts à fournir: par les intermittents mais aussi par les très riches, parce que si tout le monde ne doit pas avoir les même revenus, il arrive un moment où les écarts n’ont plus de sens, (je dirai -c’est une appréciation très personnelle et un ordre de grandeur- au-delà d’un facteur 20 ou 50 pour les cas exceptionnels).
    Concernant la « culture » en général, elle est presque toujours subventionnée. Alors, trop, ou pas assez ou pas comme il faut ? Il me semble tout de même qu’il soit normal de subventionner « ce qui élève », par exemple: le (bon) cinéma d’auteur, qui fait réfléchir, apprend des choses. Il est probable que sans subventions, cela n’existerait pas. Mais la frontière entre culture de base et divertissement est parfois floue et à l’appréciation de chacun. Le sport pro est également très subventionné, et trop à Pau par rapport aux autres villes.

  3. l'ours du bois says:

    LES EMPLOYEURS PROFITENT LARGEMENT DU SYSTÈME;
    rien que de plus vrais…. mais les plus gros pourvoyeurs d’employé intermittent ne serai ce pas les communes????? pour les festivals dit « gratuit ». où les rémunérations sont transformées en fournitures de matériels?????

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