Un Tour à Maubourguet

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Un Tour à Maubourguet (de notre envoyé spécial John Carpenter, du New York Times)

Malgré tous les efforts réalisés dans nos colonnes pour promouvoir cet événement qui fera date dans les annales (et ce sans perdre les pédales), il faut bien constater que seules deux personnes s’y sont intéressées . Raison pour laquelle il nous fallait envoyer sur place un reporter digne de ce nom : John Carpenter. Voici donc le compte rendu qu’il nous a fait parvenir :

«  J’ai atteint ce bourg de 2500 habitants un beau matin de juillet en descendant l’Adour depuis Tarbes, à la rame. Ayant amarré ma barque sur le rivage, je me mis en quête d’informations auprès des riverains, nombreux à cette époque à promener leurs enfants et animaux domestiques sur la digue aménagée qui longe le fleuve. L’on me conseilla, pour une meilleure approche, de porter la moustache, non à la turque, mais plutôt en guidon de vélo, et de prendre comme prénom Rafaël, ce qui attirerait sans conteste l’amitié du nouvel édile (élu à 100%) Jean Nadal, comme de ses collaborateurs, eux-mêmes convertis à la moustache (en pinceau, aristocratique, magicienne -éviter la camionneur cependant, très mal vue jusqu’à la création de la voie de contournement-).

C’est par les canaux parallèles à l’Adour que l’on pénètre avec le plus grand plaisir et étonnement dans cette cité charmante. Les moulins en forment de magnifiques jalons, bordés de jardins arborés et fleuris. Ici, pas de hauts murs misérables qui masquent la vue du chaland. J’ai, pour ma part, eu traversé Maubourguet des centaines de fois (lorsque j’étais correspondant à la Semaine des Pyrénées Aduriennes), pour aller vers Aire ou Marciac, prenant la route principale qui fend la ville et l’asphyxiait voici quelques années encore par son intense trafic routier, le passage des poids lourds dont les gaz d’échappement grisaient les façades et n’incitaient pas à la halte sous l’allée ombragée du centre où sommeillent quelques bistrots. La création de la rocade a redonné ses poumons à la ville, par un passage très atténué des camions.

Cependant, ne nous égarons pas, le sujet dont il est question ici traite du Tour de France et de cet événement que constitue le départ d’étape depuis une bourgade dont on peut légitimement se demander si elle pourra accueillir toutes les caravanes, camions, vélos, motos, de ces gitans sponsorisés à outrance, ainsi qu’une foule dense venue applaudir ses idoles descendues des Pyrénées (Hautacam) en deltaplane. La réponse est claire : oui. Et c’est en pratiquant les rues et voies parallèles à la RD 835 que l’on s’étonne avec bonheur des espaces existants, de leur mise en valeur par des travaux de voirie et des aménagements paysagers (bassins et murs végétalisés) tout à fait réussis, pertinents, qui s’ajoutent aux jardins et balcons fleuris par les habitants, créant une harmonie générale étonnante et plaisante.

Mais ce qui est le plus inattendu reste la profusion de platanes aux dimensions et formes exceptionnelles qui jalonnent la ville, accompagnent les cheminements et les canaux de leur présence majestueuse. Maubourguet est la cité des platanes, leur centre cultuel. Ces arbres ancestraux restent de facétieux pendards : « Les fruits sont des akènes, généralement velus réunis en boules pendantes qui mûrissent à l’automne. » (wikipédia) et il faudrait être aveugles pour ne pas deviner dans leurs troncs fendus la présence de lutins tintinnabulant dans les profondes cavités. Tout l’art du promeneur réside dans le fait de prendre des chemins de traverse pour accéder au cœur de la cité. Je voulus interviewer Jean Nadal, le nouveau maire, mais, m’apprit-t’on, il était parti à la pêche sur l’Adour avec ses prédécesseurs (Guilhas et Glavany), formant la bandiera rosa dite des 3 Jean, à bord d’une barque qui ressemblait étrangement à la mienne. Il ne me restait plus qu’à voler une bicyclette pour rentrer chez moi (à Pau) et me rendre à la pharmacie, où une queue s’était formée, constituée essentiellement de cyclistes venus avec leur (fausse) ordonnance s’approvisionner en EPO et autres oxygénateurs à Pacherenc et Tariquet avant de reprendre la longue route qui les emmènerait à Paname, en passant par Bergerac, jusqu’à l’officine de Géo l’Hoir et André Frédérique, rue Montorgueil (1er arrondissement).

Ainsi, raconte-on dans le Vic Bilh, se bouclera la 101 ème édition du Tour de France. Alors roule, ma poule, on l’a échappée belle !

 by John Carpenter (du NYT) »

Traduit en mauvais français par :

AK Pô

060714

Pour les photos, c’est ici : Maubourguet 2014

 

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6 commentaires

  • Lu avec beaucoup d’émotion le reportage de john Carpeenter sur Maubourguet, ma petite ville natale que j’ai quittée depuis quelques années pour vivre dans la capitale mais où j’ai plaisir à revenir bien que je ne connaisse plus guère de monde. Les allées, le Bouscarret, les rives de l’Adour, le vieux lavoir … Merci pour raviver en moi tous ces souvenirs.

  • John Carpenter peut etre content oui ! 🙂

  • Merci à John Carpenter pour ce reportage magistral sous les platanes de Maubourguet qui ont vu tant de jeunesse dont la mienne y danser et y chanter sous leur aimable protection lors des Fêtes de la fin août. Fêtes d’autant plus joyeuses qu’elles étaient souvent les dernières d’une longue série estivale et qu’elles annonçaient aussi, hélas, la fin des vacances. Une précision cependant pour ce cher John, Maubouguet est bigourdane et entretient avec le Vic-Bilh béarnais des relations qui bien qu’amicales doivent cependant être considérées comme internationales. Avec pour rencontre au sommet, le derby ovale Lembeye-Maubourguet, toujours très coloré ( comme le pif des joueurs). Autant vous dire que le départ du Tour de Maubourguet en direction de Marciac est vu depuis Lembeye dont la célèbre cote a été outragée pour ne pas avoir été préférée à la « Saubole » qu’il empruntera avant de la rendre à Marciac, comme une éniëme provocation alors même que le dernier marchand de vélo de la cité a mis la clé sous la porte depuis au moins deux ans. Il y a bien quelque chose qui a déraillé à Maubourguet.

    • Ce vieux John Carpenter vous envoie ses congratulations. Il espère que vous lui offrirez d’autres opportunités d’articles, avec doux points de chute. (Madiran, par exemple, pour la grande réconciliation ).

      • Bonjour, je travaille à la Mairie de Maubourguet sur le Tour de France et nous aimerions savoir s’il est possible d’avoir les coordonnées de John Carpenter, est-ce qu’il est toujours dans les parages?
        Merci
        Aurélie

        • J’espère Aurélie que vous remettrez au grand John un badge Presse, un accès au parc VIP ( Very important platanes) et que vous négocierez pour lui une place dans une des voitures suiveuses, afin qu’il nous conte par le menu, l’attaque de la Saubole par les troupes de Maubourguet, la traversée de votre voisine Marciac à qui cette année vous mettez un coup sur le pif mais qui ne vous en veut presque pas et surtout la montée de la redoutable cote de Tourdun, que je fus le seul jusqu’à présent à gravir en (poussant mon) vélo
          (un lundi de Pentecôte)

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