Le « Pays de Béarn » de François Bayrou


be_yourself_sans_cadre

  Tout commencer et ne rien finir. C’est sans doute la caractéristique principale de nos politiciens professionnels, toujours les mêmes, qui occupent l’espace médiatique depuis des années. Ce qui compte ce n’est pas l’efficacité, mais l’agitation.

Ainsi donc François Bayrou lance « Le Pays de Béarn » une opération visant à en améliorer la notoriété, avec création à l’automne d’une « Association du Pays de Béarn ».

Les parrains en tribune avaient comme un air de famille : Lassalle, Lasserre, Sémavoine, Saint Pé, …  Cela ressemblait fort à une réunion départementale du MoDem.

Au delà de cette tare de naissance, la démarche pourrait paraître louable. Mais elle ne l’est pas car elle vise à masquer l’incapacité de nos politiques à gérer les structures légales existantes, à commencer par l’agglomération paloise.  Pour commencer à rendre attractif Pau et sa région ce sont aux politiques de montrer l’exemple de leurs capacités de gestion dans leurs fonctions. L’attractivité commence par une organisation locale performante. (Il faut rappeler au passage qu’aucune des entreprises majeures de la Région ne doit sa présence en Béarn à l’action des politiciens locaux).

Quand un œil extérieur regarde le secteur palois, que voit-il ?  Une agglomération incapable de s’organiser dans ses limites actuelles (l’exemple récent du CGR à Lescar n’en est qu’un exemple anecdotique) incapable de réaliser une mise en commun performante de ses moyens, avec plus de 1000 fonctionnaires supplémentaires en 10 ans alors que leur nombre aurait dû diminuer. Avec bien sûr des conséquences sur la fiscalité locale, Pau en étant le plus mauvais exemple.  Mais pire encore une agglomération incapable de s’organiser dans des limites logiques, celles du bassin de vie, avec la séparation du Nord de Pau (Serres-Castet, Montardon, Sauvagnon, Uzein, etc…) Bien sûr incapable depuis des décennies de se rapprocher efficacement de Tarbes, pourtant si proche, avec pour cerise sur le gâteau, la concurrence ubuesque de deux aéroports à 30 km de distance. Et puis, remarquons également qu’il existe un Pays du Grand Pau, avec son syndicat mixte et son Association, incapable d’ailleurs lui aussi d’y regrouper l’est de Pau.

Quand un chef d’entreprise regarde notre région, avec ses yeux de gestionnaire, il doit penser tout d’abord que venir s’implanter dans ce Cloche-Merle n’offre pas de grandes garanties…

Et puis, qu’est devenu le petit projet publicitaire « Pau Porte des Pyrénées », vous savez, la porte qui s’ouvre sur « la vie rêvée des villes »…

 

par Daniel Sango

Illustration: site béarn-pyrénées.tourisme64.com du Conseil Général

Comments

  1. Gildard Eric says:

    Ah cela serait facile… sortir les extrêmes et choisir au milieu ! Mais qui peut dire que chez les extrêmes : communisme ou extrême droite il n’y a pas du bon, des vérités, des idées, de l’amour, de la justice ? Et qui peut dire qu’en dehors d’eux il n’y a que du meilleur ? On vit hélas sur des clichés, des idées qui ne sont plus de notre temps ! Il est nécessiare de réinventer la « Politique » et de donner un cadre, un cap, un statut, à ceux qui seront volontaires pour l’appliquer. Il n’y a pas de depôt de bilan chez les politiques, alors que pour les entreprises… malgré les efforts, les sacrifices et la valeur des dirigeants c’est courant !
    Voilà ce qui n’est plus acceptable… Eric Gildard

  2. Vallet georges says:

    La critique est aisée mais l’art est difficile!

    «Tout commencer et ne rien finir. C’est sans doute la caractéristique principale de nos politiciens professionnels»
    «Les parrains en tribune»

    Le censeur a parlé.

    «L’incapacité de nos politiques»
    «Une agglomération incapable»
    «incapable de réaliser une mise en commun performante»
    «une agglomération incapable de s’organiser dans des limites logiques»
    «incapable depuis des décennies de se rapprocher efficacement de Tarbes»
    «son syndicat mixte et son Association, incapable d’ailleurs lui aussi d’y regrouper l’est de Pau.»

    Compte tenu de la répétition des «incapacités» et des jugements de valeur, il ne doit plus rester beaucoup de «capables» à vos yeux. Vous rendriez service en nous les signalant, cela permettrait de faire un choix judicieux dans l’avenir!

    «Quand un chef d’entreprise regarde notre région, avec ses yeux de gestionnaire, il doit penser tout d’abord que venir s’implanter dans ce Cloche-Merle»

    Quelqu’un que vous connaissez bien a dernièrement tenu les propos suivants:

    «Comment peut on imaginer un instant l’objectivité de l’article de GV?»!!!!!!!!

    Personnellement, je trouve l’intervention de Gildard Eric particulièrement pertinente:
    «Je pose toujours la même question : où sont les coupables , Les élus ou ceux qui les élisent ?»
    Je voudrais être «petite souris» pour connaître le contenu de vos derniers bulletins de vote!

    • «Je pose toujours la même question : où sont les coupables , Les élus ou ceux qui les élisent ?»

      Bien sûr ! Mais les électeurs sont ils vraiment responsables? Leur choix est il libre?
      La confusion provient de l’organisation mise en place par les professionnels de la politique, dont le seul but est celui d’être ré élu.
      Il est impossible pour un citoyen lambda de voter en connaissance de cause dans les élections régionales (commune, Département, Région) car il est impossible de comprendre qui est responsable de quoi, et les élus en sont bien heureux, c’est la prime à l’ancienneté et a la notoriété: parfait pour eux.
      Sans compter que l’élection de liste est encore meilleire, on n’a même pas besoin de venir déblatérer devant les électeurs, c’est le parti qui décide.
      Pour les présidentielles et législatives en remorque, c’est la foire aux mensonges et à la démagogie.
      Pas un pour présenter un programme sincère.
      Les Grecs utilisaient le tirage au sort, c’est une bien meilleure méthode! Pas d’élu à vie.

      Quant à la petite souris, c’est très simple:
      Vous éliminez d’office l’extrême droite et l’extrême gauche.
      Dans le groupe restant vous éliminez les pros de la politique qui ont passé leur vie à raconter des balivernes.
      En général il reste quelques petits nouveaux, là est le choix.
      S’il ne reste personne …le blanc s’impose.

      • Vallet georges says:

        « En général il reste quelques petits nouveaux, là est le choix. »

        En général les entreprises n’embauchent que ceux qui ont déjà de l’expérience donc qui ont fait la preuve de leur efficience, les électeurs devraient donc faire l’inverse!

        « le blanc » est le vote de celui qui ne veut pas prendre sa part de responsabilité car il ne propose rien; anonymement et volontairement, il critique et refuse tout.

        Nous sommes tous différents, nous avons des conceptions différentes, dans le contenu et l’orientation de l’efficience par exemple; le représentant élu qui réalisera exactement ses engagements n’existe pas car il n’est pas seul à décider; doit-on, pour cela le considérer comme « incapable »? Cette critique systématique et généralisée des élus est malsaine et ne contribue qu’à faire grossir justement les « extrêmes » que vous condamnez; des hommes et des femmes, dans tous les partis, cherchent à se dévouer et à servir la communauté, suivant leurs idées affichées, et non à se faire professionnaliser,au niveau des maires en particulier dont on veut diminuer le nombre! Ils sont déçus sans doute souvent mais ils sont utiles par le contre pouvoir interne qu’ils peuvent jouer.
        Que, en fonction des idées, on critique nominativement le comportement des uns ou des autres, c’est le jeu de la démocratie, mais que l’on mette tout le monde dans le même sac, c’est la fin de la démocratie.

        • Vous défendez une professionnalisation des élus. J’y suis personnellement opposé car c’est de là que viennent tous les dysfonctionnements : recherche à tout prix du cumul de manière a se prémunir en cas de non élection, discours démagogiques de manière à ratisser large, incapacité à décider en fonction des intérêts de la nation mais en privilégiant sa future élection, etc…
          Quant au vote blanc il devrait être comptabilisé et traduit un mécontentement sur l’offre. Il est tout à fait justifiable.

          • En ce qui concerne la classe politique paloise, DS a bien raison. Les grandes aberrations ne sont presque JAMAIS évoquées par les élus: sureffectifs à gogo (par rapport à une entreprise privée), dépenses folles dans le sport pro. C’est une raison suffisante pour les traiter de minables. Je parle même pas du plan d’urbanisme ou des transports en commun… Je n’oublie pas non plus les choses correctement réalisées, mais il y a bien trop d’aberrations.
            Quant au « contre-pouvoir interne » que pourraient jouer certains « petits élus » ou partisans, c’est un peu naïf. Le pouvoir politique est détenu par un tout petit nombre de personnes. Celui qui n’est pas d’accord avec une décision du chef (même si celle-ci est à l’évidence très nuisible), est immédiatement éliminé du groupe.

            • A propos des grandes aberrations, je retire deux personnes du lot: M. Bernos pour son intervention sur l’évolution des effectifs de l’agglo et E Schatz pour ses interventions sur le sport pro, il y a qqes années. Ca en fait 2. Il y a en sans doute quelques autres, mais il s’agit d’une tout petite minorité. Le reste: des opportunistes…

          • Vallet georges says:

            « Vous défendez une professionnalisation des élus.  »

            On joue encore avec les mots car le terme de professionnalisation peut signifier deux choses:
            Qui exerce «régulièrement» une profession, un métier
            Qui exerce une activité de manière «très compétente.»

            Vous savez très bien que la gestion, dans tous les domaines, en particulier celui de l’Etat, est de plus en plus compliquée et complexe, de plus en plus technique et ne peut être assurée que par des personnels d’un haut niveau de «compétence» et d’expérience; ceci justifie qu’elle soit confiée à des « professionnels ».

            Ceci ne veut pas dire que cette compétence doit être utilisée en continu toute la vie.
            Un chef d’entreprise emploiera en CDD un collaborateur dont le passé justifiera sa «compétence» mais, si pour une raison ou une autre, cette compétence (ce professionnalisme) ne convient plus ou pas, il ne renouvellera pas le contrat.

            Vous employez «professionnalisation» sous sa définition d’emploi régulier, continu; j’emploie le même terme sous l’autre sens: compétence, expérience.

            En ce qui concerne les élus, le CDD dure une mandature et le chef d’entreprise est l’électeur.

            On en revient donc à la responsabilité (culpabilité) de l’électeur!

  3. Il existe sans doute déjà un comité départemental au tourisme. Alors, à quoi bon une nouvelle structure ?? Il existe aussi le Pays du Grand Pau, les Pays de l’Adour. Pour quels résultats ??

  4. Emmanuel Pène says:

    Pays de Béarn est une bonne initiative car elle s’appuie sur une identité forte. Il s’agit maintenant de trouver le bon moyen, c’est à dire pas une usine à gaz, de faire avancer le bébé. Qu’on l’apprécie ou non, seule une personne de notoriété importante comme François Bayrou, qui plus est maire de la capitale, est capable d’entrainer des béarnais par nature très divisés et passifs

  5. Michel Lacanette says:

    On retombe là dans le travers de BAP qui avec son article récent « une ambition pour le Béarn et les Pays de l’Adour  » se permet de donner sa vision en ne tenant pas compte qu’ il y a des citoyens bien présents, qui ont aussi leurs mots à dire. Mais surtout, en tenant compte comme négligeable qu’ils apportent leur obole à tous ces projets onéreux, qui bien souvent ne correspond pas du tout à ce qu’ en attend la société, confrontée elle à la difficile réalité de la vie quotidienne.
    Alors, des projets oui, mais qui correspondent à des besoins réels des citoyens, mais également des projets pour préparer en concertation et non en  » petit comité » l’ avenir des générations futures et non pour concrétiser un passé dévolu.
    Il serait peut être temps que l’ ensemble des citoyens du département et non uniquement le Béarn, soient associés à un grand  » remue méninges », pour préparer l’ avenir.

    • Mon dieu le si aimable Béarn agreste et plutôt bien prospère dans une grande conurbation comme Shanghai Soweto ou Los Angeles une vrai vision d’horreur.:!!!!!

      Quant à nos amis basque je crains qu’il faille en faire son deuil. Décidemment nous ne sommes pas assez sexy pour eux. Alors se marier avec la Bigorre et rentrer en midi Pyrénées pourquoi pas ….

      Enfin je maintiens le Béarn c’est Pau et le piémont et la haute montagne .ce qui est bon pour le Béarn est pour Pau mais la réciproqué est fausse.

  6. je suis globalement d’accord avec monsieur Sango..
    .sauf la sempiternelle évocation de l’entrepreneur forcément intelligent et perspicace. Cela dit ce dont souffre le Béarn et Pau en particulier c’est sans doute d’un excès d’atouts même au plan économique ( total lacq messier etcc..) .Et également d’une classe politique, pas pire qu’une autre, très moyenne et fort peu renouvelée.

    mais faisons crédit et laissons sa chance à l’archange de Bordères notamment pout améliorer le système labarrère que mlc n’a pas réussi à casser. Sinon ce sera pour le prochain maire de gauche. C’est vrai il y a du travail et il y a urgence …

    Quant au pays c’est une aimable plaisanterie électorale un peu comme les caméras de surveillance . cela dit d’une manière ou d’une autre il convient de faire exister le Béarn dans sa complexité en ne le réduisant surtout pas à la seule ville de Pau .
    .

    • larouture says:

      « il convient de faire exister le Béarn dans sa complexité en ne le réduisant surtout pas à la seule ville de Pau . »
      Je pense que Pau est la priorité du Béarn. L’effort financier devrait être concentré sur Pau (et un peu sur l’agglo). Pau a besoin de grands équipements et d’habitants pour rayonner. Tout investissement à Pau sera plus rentable que partout ailleurs en Béarn. Et c’est tout le Béarn qui profitera des retombées.
      Jusqu’à présent les efforts ont surtout bénéficié à la périphérie, politiquement surreprésentée. Le développement périurbain illustre ce bénéfice. Ce n’est pas l’évolution actuelle vers une conurbation qui s’étendrait de Tarbes à Orthez en débordant vers Oloron ou en remontant vers Thèze qui permettra au Béarn (et la Bigorre) de se renforcer.

  7. larouture says:

    L’article me renvoi à la série M. Bean. L’illustration certainement. Mais pas seulement.

  8. Gildard Eric says:

    Je pose toujours la même question : où sont les coupables , Les élus ou ceux qui les élisent ?
    Qui est coupable ? L’ouvrier Chinois qui fabrique à 3 sous de chemises ou ceux qui les achétent ?
    Et si un jour on arrivait à désigner le peuple coupable ?

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