Contribuable, mon frère !


 imagesL’observatoire des finances locales vient de publier le 16 juillet 2014 son rapport sur les finances des collectivités locales. Cette structure présidée par André Laignel fournit ici une étude inquiétante pour les contribuables que nous sommes. On en parle peu et pourtant…

 En 2013 les dépenses totales de collectivités locales sont de 233,6 milliards d’euros. Ils affichent une progression de 3,2% par rapport à l’année précédente. De combien était l’inflation en 2013 ?

 Sur ce total, les Régions représentent 28,7 milliards, les Départements 72,4 et les Communes (dont communautés d’agglomération et communautés de communes) 132,5 milliards.

 Lorsqu’on se penche sur la nature des dépenses on constate que les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 2,9% et représentent 162,5 milliards tandis que les dépenses d’investissement ont, elles, augmenté de 4 % et totalisent 71,1 milliards d’euros.

 Et là où on s’aperçoit que la démocratie a ses limites c’est lorsqu’on apprend que, avant les élections municipales, les dépenses ont cru de 7,9%. Contribuables j’utilise votre pognon pour me faire réélire.

 Entre 2009 et 2013, les dépenses de personnel n’ont cessé d’augmenter :

  • 2009 : 45,5 milliards
  • 2010 : 46,35
  • 2011 : 47,23
  • 2012 : 48,63
  • 2013: 49,89

Il n’y a pas de raison pour cette sinistre progression de 9,64 % ne s’arrête, ne serait-ce que parce que les nouveau rythmes scolaires vont entraîner une augmentation des embauches.

 D’ailleurs, les effectifs des collectivités locales qui étaient de 1 667 900 en 2006 sont passes en 2012     à 1 912 800. Soit une progression de 14,70%. Cela s’appelle, parait-il, du clientélisme.

 Une bonne nouvelle cependant, c’est ce 27 juillet que nous, les contribuables, fêtons le « jour de la libération fiscale ». Cela veut dire que jusqu’à ce 208ème  jour de l’année, la totalité de nos revenus était allée alimenter les caisses de l’Etat et des collectivités territoriales. Maintenant nous disposons de l’intégralité de ce l’on gagne. Nous sommes, selon les études, le pays d’Europe où cette durée est la plus longue. De quoi être fier de si bien servir la communauté à hauteur d’ailleurs de 56% du PIB.

 Réjouissons-nous également de savoir que selon la récente déclaration de revenus imposée aux élus, c’est Georges Labazée qui a la palme des mieux rémunérés du Béarn avec 8000 euros mensuels.

 Alors écoutons-les poliment nos politiciens lorsqu’ils nous disent qu’ils vont baisser les impôts. Poliment oui, car c’est notre nature et que la politesse n’empêche pas le scepticisme. Mais, sauf en période révolutionnaire, les impôts n’ont jamais baissé.

 La conclusion appartient à Henri Queuille « Toute réforme fiscale consiste à supprimer les impôts sur des choses qui étaient taxées depuis longtemps pour les remplacer par de nouveaux plus lourds sur des choses qui ne l’étaient pas ».

 

                                                                                                                      Pau, le 29 juillet 2014

               Par Joël BRAUD

Comments

  1. Un modèle(?) de gestion du personnel qui laisse pantois:

    http://www.acteurspublics.com/2014/07/23/l-impossible-bilan-des-35-heures-dans-la-fonction-publique

    L’exemple étant censé venir d’en haut , on peut craindre le pire au niveau des collectivités de base.

  2. Le clientélisme ne date pas d’aujourd’hui. Un bon poste contre la carte d’un parti…
    Par contre, ce qui est nouveau depuis une bonne vingtaine d’années, c’est que ces emplois sont de plus en plus nombreux et de plus en plus « partiellement fictifs ».

  3. JB:  » Alors écoutons-les poliment nos politiciens lorsqu’ils nous disent qu’ils vont baisser les impôts. Poliment oui, car c’est notre nature et que la politesse n’empêche pas le scepticisme. »
    Poliment ou pas, ne surtout pas se taire. (D’ailleurs, méritent-ils cette politesse ? Mais peu importe). Le dire, sur ce site ET en réunion publique haut et fort. Coincer le roitelet et sa bande qui essaient d’enfumer la salle et de noyer le poisson dès qu’une remarque dérangeante est formulée. Un maire a des obligations, contre des indemnités conséquentes dans une ville de taille moyenne. Gérer correctement la ville en fait partie. Devant une aberration, ne pas donner un simple point de vue… lui demander, EXIGER, lui donner un ordre.

  4. larouture says:

    Ce qui peut être vu comme du clientélisme, peut également être vu comme du traitement social du chômage.

    • C’est un argument souvent avancé : ce seraient des chômeurs de plus…
      Sauf que le cliquet fonctionne, et que dans une période d’augmentation d’activité on ne renvoie pas ces fonctionnaires dans le monde du travail…ils sont a charge de l’Etat jusqu’à leur mort.

      • larouture says:

        L’importance du secteur public et social a amorti les effets de la crise en France. Mais la crise se prolongeant, le poids de ce secteur est un handicap.
        Il me semble que, avant les élections présidentielles de 2002, M. Jospin espérait une amorce de reprise économique. Elle n’est pas venue. M. Chirac avait basé tout son programme sur une reprise économique. Elle ne s’est pas davantage manifestée. M.Sarkozy a persuadé tout le monde qu’il fallait aller la chercher. On sait ce qu’il en est advenu.
        Pendant ce temps, le nombre de fonctionnaire ou assimilés (secteur semi public parapublic et autres…) n’a cessé de croitre.
        Et en plus, l’Allemagne refuse toute relance et les pays du Sud qui sont forcément sous sa coupe, ne peuvent pas infléchir cette politique.
        La France qui représente un poids économique non négligeable en Europe peut se permettre de jouer l’inertie. C’est- à-dire se réformer à son rythme.
        A condition qu’elle le fasse vraiment…

    • « Ce qui peut être vu comme du clientélisme, peut également être vu comme du traitement social du chômage. »
      Il y a pléthore d’investissements utiles à faire, en matière d’urbanisme notamment, ce qui créerait de l’emploi utile, au lieu d’avoir un personnel pléthorique dans les collectivités locales, recruté principalement par clientélisme.

  5. Michel LACANETTE says:

    Cela n’ est que la confirmation de ce l’ on savait déjà, c’ est bien de le dénoncer, mais le peuple préfère bien plus cela, que d’ avoir à se préoccuper de problèmes qui le dépasse. Nos dirigeants jouent sur du velours.
    Ce qui est grave, c’ est que rien ne sera fait pour que ça change. Tant que la Cours des Comptes n’ aura pas de pouvoir d’ action et que nos hommes politiques auront la sagesse d’ acheter la tranquillité politique avec nos impôts, rien ne changera….
    D’ autant que l’ Euros permet de masquer et noyer les problèmes dans le creuset européen, malgré des promesses de comblement des déficits . D’ où la déconvenue persistante entre la France et l’ Allemagne.
    Seule peut être, une augmentation importante du coût du loyer de l’ argent emprunté provoquera une réaction salutaire, mais il faudra que beaucoup d’ eau passe sous les ponts et que le peuple ne soit plus sensible aux promesses des « matins qui chantent »….

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