Alternatives Pyrénées : comment se sont rencontrés les rédacteurs dans la vraie vie ?

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Vous trouverez ci-joint le début d’une biographie collective qui vous permettra de mieux cerner les véritables êtres, palpables et indomptables rédacteurs, qui animent ce site. Ainsi, chers lecteurs, une fois sensibilisés à leurs conditions de survie face aux aléas d’Internet, cliquerez vous quelques étoiles supplémentaires en haut à gauche pour les remercier de leur dévouement…

Voici une quarantaine d’années, temps ancien certes, mais qui alors n’avait rien à envier aux seniors maladifs -qui vérifient à cet âge leur première crise-, j’écrivis un courrier au maire de Saint Pierre, capitale de l’archipel de Saint Pierre et Miquelon. Le maire nous (Martha et moi) répondit dans une très aimable lettre manuscrite, que nous serions les bienvenus, que le logement et l’emploi (nous n’avions, Martha et moi, aucun autre diplôme que celui de notre jeunesse aventureuse) seraient possibles, voire assurés. Ma compagne rabibocherait les filets de pêche pendant que je couperais le poisson en cale. La lettre était signée PYC.

Quand on sait que le sommet de Miquelon culmine à environ deux cents quarante mètres au-dessus de l’Atlantique, on peut se demander, (et je vous le demande), comment un homme qui signe une lettre non officielle car manuscrite peut vivre là et, de plus, devenir maire, à quelques encablures du cap de Terre-Neuve , où foisonnent les morues. De toute sorte. Les mêmes que l’on rencontre entre deux pas de danse dans la Marina béarnaise, qui est sans doute au Chaudron de la Fournaise ce qu’est le Tigre au papier. Durant quarante ans me hanta l’idée et m’enchanta le fait.

Alors que Jules S. avait choisi les transatlantiques qui accostent au sud de ce continent à taille de guêpe, aux formes féminines (qui auraient de grosses fesses en bas et d’énormes nichons en haut), mais la tête froide et les pieds glacés il avait choisi le plein Nord, les eaux du saint Laurent, la neige et le froid, l’accent infernal et les tabarnak de Jacques Cartier avec son blason. Mais l’époque voulut que notre aventure se lotit en Islande, à la pêche aux cargos. Et saint Pierre continua à vivre avec Miquelon, séparés par un court tombolo, territoire conservant sa magie, ses brumes, son île aux chiens, son tourisme nord américain.

Voici une quarantaine d’années, quand les contacts conservaient une philatélie, une trace écrite et sensible, nous entretînmes avec monsieur PYC une correspondance aussi officielle que la précédente. Il écrivit, à cette époque, un courrier que nous reçûmes à Londres (les facteurs distribuaient le courrier dans les squatts, pourvus d’un nom sur la boîte à lettres), qu’un ami à lui tentait sa chance à Hollywood, et que nous pourrions, si nous le voulions, obtenir son adresse, disponible à Las Vegas, grâce à un code tellement secret qu’il en avait oublié les clefs sur la porte. Incorrigible PYC.

Ce que l’on nommait jadis la correspondance donnait du monde des impressions, des sentiments, des timbres, et parmi les migrants que nous étions alors, celui d’entre nous qui arrivait à New York, croisant la statue de la Liberté, s’empressait avec quelques piécettes, d’en avertir les autres, par le biais d’une carte postale. PYC et son pote Oscar nous racontèrent longuement leur arrivée dans le Nouveau Monde. Depuis, ils renouvellent ces moments historiques chaque matin dans ces colonnes. Le parfum du bonheur. Celui du lecteur. Mais le charme traverse leurs écrits, leur bilinguisme danse sous nos yeux la biguine, et au fur et à mesure de leur relecture, ils se mettent à briller, peau frissonnante de l’intelligence, cuir tanné de vache du Soulor. Je plaisante. C’est à cause de Martha que je raconte ces histoires. Pour qu’elle s’abonne. Mais peut-être que PYC et Oscar sont de mauvais exemples…

Je vais lui parler de BB, quarante ans en arrière, quand il voguait sur les eaux du Mississippi. Sur ces eaux qui n’ont plus que le tumulte des écritures.

(à suivre,sauf si certains me poursuivent – en Justice-)

AK Pô

08 08 2014

Ptcq

Paris-New YorkIMGP3223

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