L'hirondelle ne fait plus le printemps

hirondelle_rustique_dessin_na_1Beau temps et ciel dégagé sur les Pyrénées en cette fin d’après midi d’été. Un moment où l’on apprécie la douceur de l’air et l’arôme du Jurançon. Pourtant le vide du ciel et le silence étonnent.

Où sont donc les milliers d’hirondelles qui remplissaient le ciel d’été? Et les martinets qui se poursuivaient avec leurs cris stridents ? Leur population a diminué de 80% en dix ans.

L’été, lors des trajets nocturnes de ma jeunesse, après une trentaine de kilomètres en voiture, le pare brise et la calandre étaient couverts d’insectes et autres papillons. Aujourd’hui, plus rien. Plus d’insecte, plus d’hirondelle.

Et ces gros papillons de nuit que l’on trouvait posés au bord d’une fenêtre le matin ? Il est probable que beaucoup n’en ont jamais vu et n’en verront plus jamais, de même d’ailleurs que ces milliers de hannetons qui envahissaient tout l’été les marronniers, tournaient autour des lampadaires et auxquels on faisait subir quelques brimades, attachés à un fil à coudre.

Hirondelles, abeilles, anguilles ours saumons, papillons, insectes, … où êtes vous?

En cinquante ans on a vidé les océans, créé les continents de plastique et les marées vertes, pollué les sols, l’eau et l’air. Même les vers de terre, espèce discrète mais pourtant extrêmement utile, sont gravement atteints. Leur population est passé en 60 ans de 2 tonnes à 100 kg par hectare de terre agricole utile.

La campagne béarnaise à été complètement modifiée. D’une polyculture accueillante pour la vie on est passé à une monoculture intensive du maïs avec force engrais, désherbant, et pesticides, … et toutes leurs conséquences néfastes. Les agriculteurs ne sont plus les jardiniers du paysage.

 En cinquante ans l’homme a pillé la planète et brûlé une grande partie des ressources fossiles que la nature avait mis des millions d’années à fabriquer. Le rythme des disparitions d’espèces est plus rapide que celui des grandes extinctions massives que la terre a connu.

 Et cela se passe aussi près de chez nous.

 

– par Daniel Sango

Lire aussi:  « Ours, saumons, anguilles, même combat ! »  AP du 29 mrs 2010

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14 commentaires

  • Texte qui est loin de me laisser indifférent, vous devez vous en doutez!
    J’en partage, avec une grande tristesse, intégralement le bilan, mais cela me semble insuffisant d’en rester là, même si cela soulage de libérer son adrénaline.
    Si ce constat paraît insoutenable, surtout pour ses conséquences dans l’avenir, il convient d’en rechercher les causes et de faire des propositions pour en changer le cours.
    Une première chose; le Conseil Général n’est pas le seul responsable!(c’est un espace confidentiel!!)
    Le milieu scientifique a lancé depuis longtemps, dans l’indifférence générale, la contestation même, le signal d’alarme; tout est donc désastreux mais logique compte tenu du mode de vie qu’on nous impose et que l’on suit volontiers car cela flatte notre ambition.
    Ce milieu scientifique connaît les causes et distille régulièrement, à qui veut bien l’entendre, des suggestions d’actions mais elles sont incompatibles avec le milieu économique actuel, le seul qui détient la vérité, par définition!
    Celui qui est conscient du problème se trouve confronté à un dilemme cornélien.
    En ce qui me concerne, la seule issue n’est pas de suivre intégralement l’un ou l’autre; ce n’est pas une révolution, une rupture, car ce n’est pas possible après tant d’années d’addiction, renforcée par la politique de l’offre qu’on développe, mais un passage progressif, avec détermination et surtout concrétisation, assez rapidement quand même car le temps presse, vers un mode de vie compatible avec l’équilibre de notre santé mentale et physiologique et celle de nos enfants.
    Un exemple que vous me suggérez: vous évoquez la raréfaction des hirondelles (elles sont insectivores), les abeilles, les insectes, «Et ces gros papillons de nuit que l’on trouvait posés au bord d’une fenêtre le matin», c’est le grand paon de nuit dont la chenille vit sur les arbres fruitiers, l’aubépine,le frêne…)….
    Notre atmosphère, à la maison(contre les moustiques, les mouches, les fourmis…), dans nos jardins, sur les plantes des balcons, à la campagne du fait des traitements agricoles…est imprégnée en permanence de doses plus ou moins importantes de pesticides, insecticides entre autres; ces derniers, plus ou moins rapidement, par la concentration qui se fait dans la chaîne alimentaire, tuent les chenilles ou les petits moucherons, les moustiques, qui laisseront donc les hirondelles(et autres insectivores) sans nourriture….., de plus, ils permettent le développement de nombreux troubles chez l’homme: allergies, cancers…..
    Entre produire, consommer, jeter, polluer toujours plus, et vivre dans une atmosphère capable de maintenir un bien être intellectuel, physique et physiologique, il faut choisir.

  • « Les agriculteurs ne sont plus les jardiniers du paysage. »
    Je trouve curieux qu’on fasse des reproches aux agriculteurs qui seraient sans doute d’accord pour mieux jardiner nos paysages si ils étaient rémunérés pour le faire. Par qui ?
    D’autant que pour la plupart d’entre eux, ils ne font qu’appliquer de gré ou de force, des protocoles phytosanitaires qui leur sont imposés par Euralis ou Maïs-Adour qui n’ont plus de coopératives que le nom. Et là silence…

    • Mais si Oscar, certains agriculteurs sont « rémunérés » pour être les jardiniers du paysage et donc de la nature. On peut citer l’agriculture de montagne et tout près de nous, les vallées d’Ossau et d’Aspe. Pour dire vrai, ceux qui y sont agriculteurs, sont plutôt subventionnés que rémunérés. Ce qui doit leur sembler très injuste car une partie de leur activité consiste à entretenir la montagne y compris par l’écobuage si décrier par certains et dangereux parfois. Foin, pâturages, alpages, transhumance, veaux, vaches, moutons, et la montagne reste « propre », reste accessible à tous les promeneurs et randonneurs l’été, aux skieurs l’hiver. Et malgré tout quand vous connaissez et observez un lieu, un paysage de montagne depuis plus de 40 ans vous constatez que les prairies disparaissent et que les forêts gagnent. Pourquoi ? Parce que, même si le métier de montagnard agriculteur permet de vivre, il est dur et accaparant ce qui décourage, avec raison, les jeunes. Alors, jusqu’à quand une montagne praticable et ouverte à tous de 7 mois à 97 ans, en Pataugas ou même en tongs !

      • a Helène, message personnel (et a ceux qui me connaissent)
        suite a dysfonctionnement d’Orange, toutes mes coordonnées et historique sont effacées.
        mes nouvelles coordonnées sont même nom, suivis de ;;@sfr.fr merci

      • Les espaces cultivés ne sont pas des espaces naturels ! Les agriculteurs de montagne maintiennent une activité économique qui fait partie du patrimoine des vallées. Ils ont leur place bien entendu, mais ils n’entretiennent en rien la nature, qui d’ailleurs s’entretient très bien elle-même. Ils utilisent des espaces cultivés ou exploités chaque année. Tout au plus, leur passage avec le troupeau permet un entretien des sentiers qui servent également aux randonneurs.

        • RDV, le degré Zéro de la connaissance quand il écrit « ils [les agriculteurs de montagne] n’entretiennent en rien la nature, qui d’ailleurs s’entretient très bien elle-même. Ils utilisent des espaces cultivés ou exploités chaque année. Tout au plus, leur passage avec le troupeau permet un entretien des sentiers qui servent également aux randonneurs ».
          Bien non, ce sont nos ancêtres qui ont façonné le paysage avec leurs pratiques d’agro-pastoralisme . Et la disparition de ce mode de gestion très pragmatique signe au contraire la DISPARITION de nos horizons.
          Quand la Nature est abandonnée à elle-même , quand les estives ne sont plus pâturées, quand les prairies ne sont plus fauchées, quand l’écobuage n’est plus fait régulièrement, quand les fontaines d’altitudes ne sont plus entretenues, on voit disparaître « notre » montagne. Les paysages se ferment, les broussailles et les ligneux reprennent la place et adieu définitif à nos jolies estives.

          • Peyo, votre vision c’est de l’anthropocentrisme radical. Préférer les milieux « ouverts » des estives aux milieux « fermés » des bois et forêts, c’est juste une question de goût (un peu) et de conditionnement (beaucoup). C’est défendable, mais ce n’est rien de plus.
            L’idée que la nature doit être « entretenue » est juste absurde : la nature s’est très bien « débrouillée » sans l’intervention de l’Homme pendant des millions d’années, et continuera à se débrouiller très bien quand l’Homme se sera plus de la partie.
            La montagne ne « disparaît » pas quand elle n’est plus pâturée/écobuée/fauchée/etc : elle est toujours là, elle est juste différente. Les broussailles et ligneux qui apparaissent dans les prairies autrefois pâturées sont juste une étape vers le retour de la forêt et des grands arbres.
            Accessoirement, la prairie herbeuse est l’état naturel de la montagne au-dessus d’une certaine altitude. Donc même sans intervention humaine, les prairies herbeuses ne disparaîtraient pas totalement.

          • PierU: « Les broussailles et ligneux qui apparaissent dans les prairies autrefois pâturées sont juste une étape vers le retour de la forêt et des grands arbres. »
            Oui, 10 à 20 ans de broussailles et on retrouve une forêt commune. Evidemment, il ne faut pas voir ça à l’échelle d’une année ou deux !

  • C’est la faute aux pipistrelles du jardin de l’ours des bois qui gobent tous les insectes.. qu’il soit exproprié et le mode sera sauvé..
    Plus sérieusement on peut se demander si toute l’agitation politique sue nous connaissons ne sert pas à oublier ces données un peu terrifiantes.
    Alors une vie plus responsable et plus simple une simplicité volontaire surement.. mais il conviendra de ‘s ‘attacher, avec méthode et concertation, à la question du nombres des hommes.
    Avec 9 milliards d’hommes en 2050 la planète implosera (même si nous pensons que l’augmentation des hommes s’autorégulera d’elle même) mais dans des conditions terribles qui, d’ailleurs, commencent d’émerger .Avec 5 milliards (50 millions pour la France ?) et le degré de sophistication atteint le paradis serait terrestre.
    Pour le Béarn et le maïs tout à fait d’accord même s’il m’a semblé que des mesures environnementales simples comme la non plantation des limites de parcelles permettait de récupérer des fleurs oubliées comme les bleuets ou les coquelicots..

  • chaque soirs une nuée de pipistrelles vient se gorger d’insectes dans mon jardin.
    pas très nombreuses mais fidelles

  • Avec un Président  » normal » tout cela n’est que plus normal, donc circulez y a plus rien à voir. Ce qui n’ est pas normal et dont personne ne parle, c’ est que par exemple cette année au mois d’ Août nous avons fini de consommer notre capital régénération de la planète. Là, comme avec nos finances nationales, nous allons devoir vivre pendant cinq mois à crédit, en hypothéquant l’ avenir des générations futures, sans que personne en prenne conscience. Si ce n’ est que certains s’ en offusquent et disent que l’ on peut très bien vivre sans hannetons ou hirondelles, mais surtout pas sans voitures ou sans voyages en avion.
    La seule solution à tout ça, est d’ opter pour la simplicité volontaire, mais pas facile à mettre en oeuvre dans notre société de surconsommation où tout est rendu indispensable à la reconnaissance sacralisée de l’ individu.

  • Affligeant pour celui qui possède un brin de conscience écologique. Qu’en pensent les baragouineurs à la noix du PS ou de l’UMP (ou autres) ? Pas grand-chose.
    Reste la moyenne montagne (enfin, une partie), mieux préservée, malgré le massacre des ours, lynxs, bouquetins etc, et la haute montagne, qui vit surtout en été.
    Par ailleurs, personnellement, je suis particulièrement triste de la disparition des glaciers des Pyrénées.

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