Cher bébé


bebeLe cas de la maternité d’Orthez qui fait la une des médias locaux est assez caractéristique du mal français, avec bien sûr les voyages touristiques du Conseil Général des Pyrénées Atlantiques…

Voilà donc une épreuve de force qui dure depuis plusieurs mois entre des usagers soutenus par les élus locaux et l’administration pour décider de la fermeture de la maternité d’Orthez. Pourtant le problème est d’une simplicité affligeante. Tout le monde sait que la France est en faillite et que des économies drastiques s’imposent, à commencer par les dépenses de santé inutiles ou de confort. Et voilà une maternité qui veut rester ouverte alors qu’elle réalise seulement un accouchement par jour. En face de cette réalisation, une équipe dédiée à ce nouveau-né qui comprend une quarantaine de personnes :

« Le personnel de la maternité compte une quarantaine de membres, dont 14 sages-femmes, des infirmières (dont une puéricultrice), des aides-soignantes, des auxiliaires de puériculture… Les sages-femmes travaillent par tranche de 12 heures, de 8h à 20h le jour, de 20h à 8h la nuit. Cette équipe est formée aux différentes positions d’accouchement et à l’allaitement maternel. Ici, on laisse le choix à la femme de son accouchement. » (La République du 11/09/20147)

Il est regrettable qu’une fois de plus quand un journaliste écrit sur un tel sujet il ne pose pas la question qui fâche : combien ça coûte ?

Que l’accouchement des économies est difficile en France…

– par Daniel Sango

Comments

  1. http://www.ina.fr/video/I06110349
    Bambino, bambino…

  2. Interessant ce classement des maternités de la région Aquitaine qui met la maternité de l’hopital de Pau au premier rang des maternités de niveau 3 de la Région Aquitaine. (apte à traiter des grossesses à complications) . Intéressant de comparer le taux de peridurales entre Pau (89%) et Orthez (34%) qui n’a que le niveau 1
    Oloron ne figure pas dans le classement .

    Au nom des femmes vous disiez cher Karouge ?

    http://maternites.doctissimo.fr/palmares-des-maternites/classement-aquitaine-niv2_3.htm

    • Je constate avant tout que nous avons les mêmes lectures, cher Oscar, et qu’à la clinique de Navarre, clinique privée (1706 naissances en 2013 pour 1396 dans le public), le taux de péridurale est de 90%. Etablissement classé formule 1.(comme les hôtels du même nom).
      La péridurale n’est pas forcément la panacée, est uniquement un choix offert à la femme enceinte, mais dont les risques thérapeutiques se sont de façon certaine amoindris depuis une dizaine d’année, voire plus, par un meilleur diagnostic de la princesse (qui, je vous le rappelle, venait jadis accoucher avec son petit balluchon calé dans le bec à la clinique des cigognes).
      Comme la plupart des lecteurs de ce site préfèrent parler « sports », je terminerai de vous gonfalonner avec les femmes pour ce soir du moins en délivrant straight on sur le Net la recette de la péridurale qui n’est pas à confondre avec la fiscalité de l’ uppercut :
      http://www.doctissimo.fr/html/grossesse/mag_2002/0222/gr_5179_peridurale_10questions.htm

      Nota : et pendant ce temps, BB en souriant accouche d’une montagne !

    • Et voilà ! Les bons sentiments ne font pas toujours bon ménage avec la réalité, hélas

      http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2014/09/29/orthez-la-maternite-fermee-apres-un-accident-d-anesthesie,1213059.php

      • Je ne défends pas plus que ça le maintien de la maternité d’Orthez, mais un cas particulier ne fait pas une statistique. Des accidents d’anesthésie il y en a régulièrement dans tous les hôpitaux.

  3. Helene Lafon says:

    Petit calcul : une future maman d’Orthez, dans une ambulance ou une voiture des pompiers toutes sirènes hurlantes, arrivera à la maternité de Pau entre 20 et 30 minutes mêmes aux heures de pointe. Une future maman de Bosdarros venant dans la voiture familiale, mettra autant de temps et plus aux heures de pointe lorsqu’il y des embouteillages depuis Gan et jusqu’à l’hôpital, celle d’Oloron, encore un peu plus tant que la 4 voies n’existe pas… D’où l’urgence de désenclaver les vallées Pyrénéennes. Un investissement très important certes mais avec un potentiel d’économies à chiffrer

    • Et les bébés crieront BAP BAP en s’éveillant au monde ! Je crois avoir entendu, il y a sans doute longtemps, que si les nouveaux nés braillaient à la naissance, c’était dû au fait que l’oxygène irritait (ou genre) leurs bronches. Avec BAP BAP, ils ne brailleront plus, ils chanteront Beth Ceu De Pau (version CO2). Comme les parturientes d’Orthez, de Salies, de Saut de Navailles, d’Hagetmau peut-être ! qu’on usinera à Pau dans un stress effrayant dû aux urgences -et au manque d’effectifs-. Arrêtez un peu avec vos coûts, vos économies, il s’agit ici d’endroits où l’on donne la vie, et cela n’a de prix que l’amour et surtout l’exemplaire professionnalisme des personnes, à tous les échelons, qui chaque jour réalisent de nouveaux miracles.

      • Bien sûr qu’il faut fermer la maternité d’Orthez, et c’est ce qui va se passer.
        Bien sûr que pour Oloron c’est un peu particulier car il y a une région au sud d’Oloron qui serait plus éloignée d’un centre palois.
        Bien sûr qu’il faudra utiliser dans ce cas des structures allégées.
        La France vit très au dessus de ses moyens et la rigueur n’a pas encore commencé.

      • Helene Lafon says:

        Quant au désenclavement lire l’analyse faite par de la République des Pyrénées du 10 septembre (version papier), « Faire reculer les déserts ruraux » et l’encadré, « Les critères sont nombreux : vieillissement, enclavement, absence de ressources financières », critères qui permettraient à Bedous (mais aussi à Nay !) de bénéficier d’aides spécifiques aux zones rurales qui se dépeuplent. Oui, bien sûr, Oloron n’est pas Bedous.

      • Il vous arrive de dire n’importe quoi Karouge. C’est même chez vous un genre poétique que vous cultivez et qui m’est en général fort agréable. Mais il peut aussi vous arriver d’être gonflant .
        Voyez-vous, moi je suis né dans la maison de mon grand-père. La sage femme alertée par une estafette à vélo qui avait parcouru les 15 km qui séparait notre maison du chef-lieu de canton, avait elle-même enfourché gaillardement le sien après avoir donné à manger à ses poulets, ce qui n’affolait personne. Ma grand-mère, ma tante et des voisines accourues avaient fait bouillir de l’eau et préparé des linges afin d’accueillir comme il se doit un nouveau béarnais, prompt à donner de la voix. Je ne sus que bien plus tard qu’il me faudrait aussi le faire contre ceux qui pensent que la lune n’a pas de prix au nom de la noblesse de leurs idées .
        Vous dites n’importe quoi, parce qu’à l’évidence, je préférerais naître aujourd’hui puisque c’est semble-t-il bien plus dangereux qu’autrefois, à cause du CO2 et de toutes les horreurs de la société industrielle que vous dénoncez avec constance, dans un service bien équipé, avec des praticiens formés aux situations exceptionnelles, capables d’intervenir en cas d’urgence assistés par du personnel dont la courbe d’expérience ne se limiterait pas à une naissance par jour et à 23 heures d’attente occupée à gérer des RTT. Comment s’étonner qu’aucun obstétricien ne soit intéresse par ce genre de projet ? Pensez-vous sérieusement qu’on puisse simplement maintenir un savoir faire scientifique durement acquis, avec aussi peu de patients au prétexte que l’air d’ Orthez serait plus pur ?
        Ce que les bonnes âmes se refusent à faire, ce sont des choix. C ‘est tellement plus facile de promettre la lune à tout le monde et de laisser les comptables et les ratiocineurs dans mon genre ou celui de Sango se dém.. pour trouver les moyens d’aller la faire descendre de son nuage. Laisser des maternités ouvertes là où elles ne le devraient pas c’est priver ceux qui en auraient besoin, en particulier dans les services d’urgence de moyens supplémentaires qui eux ne relèvent pas du confort mais de la nécessité vitale.
        Ceci dit, il y a également d’autres solutions. Si les oloronnais et les orthéziens veulent maintenir chez eux des structures particulières, il leur suffit tout simplement de les financer avec leur impôt, pour la part de coût qui dépasse celui constaté en moyenne ailleurs. Le bon air en prime et gratuitement. C' »est comme le bon sens, ça ne coûte rien.

        • @ Oscar : vous devriez écrire un conte pour enfants. Votre histoire est charmante. Vous y intégreriez un vieux ronchon gonflant opposé à un gentil ogre stylé genre Charles Perrault, entre autres personnages.
          Le tout nourri de cette morale (nécessairement vitale) :

          « On ne s'afflige point d'avoir beaucoup d'enfants,
          Quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands,
          Et d'un extérieur qui brille ;
          Mais si l'un d'eux est faible ou ne dit mot,
          On le méprise, on le raille, on le pille ;
          Quelquefois cependant c'est ce petit marmot
          Qui fera le bonheur de toute la famille. » 
          

          Au clair de la lune…

      • Vallet georges says:

        « Arrêtez un peu avec vos coûts, vos économies, il s’agit ici d’endroits où l’on donne la vie, et cela n’a de prix que l’amour et surtout l’exemplaire professionnalisme des personnes, à tous les échelons, qui chaque jour réalisent de nouveaux miracles ».

        Quel réconfort de lire des propos sensés; les économistes ne s’élèvent pas sur les coûts des engagements guerriers; ils ne réclament pas que l’on fasse des économies à ce niveau là; il est vraiment odieux de penser qu’on trouve toujours de l’argent pour tuer mais pas pour donner la vie!

        • merci de votre soutien, Georges :)= (la blague est un peu éculée, mais à propos ici, car en plus elle va gonfler Oscar ! pour le plaisir de tous et de chacun). Il faut dire que les femmes sont rares, sur ce site (hormis notre belle Hélène). « Rares » est bien faible ! Elles doivent être en train de gérer leurs 23 heures de RTT dans leur cuisine entre deux rototos…

          • Helene Lafon says:

            « Elles doivent être en train de gérer leurs 23 heures de RTT dans leur cuisine entre deux rototos… »
            Et les hommes eux, seraient-ils au bistrot comme dans les siècles passés à retricoter… le monde !

    • Et revoici les désenclavistes et leurs calculs foireux.
      En passant par Arbus en venant d’Oloron, on ne gagne pas une minute par rapport à la route actuelle RN134 Pau-Oloron qui passe par Gan, et on augmente la distance.
      La sécurité ne varie quasiment pas .
      Le tout pour 411 MEuro selon les délibérations du Conseil Général de Juin 2103,
      soit une route au double du prix d’une autoroute par kilomètre.
      (25 km de nouvelle route par Arbus alors que les 150 km de l’A65 (Pau-Langon) on coûté 1200MEuro)
      D’où je sors ça?
      D’un calcul élémentaire fait avec le dossier officiel du Syndicat mixte sur la LRPO (Liaison Routière Pau-Oloron) « Etudes E mise à jour des études de l’Etat »
      Dossier dans lequel on peut vérifier que le trafic actuellement diminue.

  4. Sud Ouest du 12/09 :
    « Un ultime mois de travail a été accordé jeudi à l’hôpital d’Orthez pour accoucher d’un service lui permettant de maintenir sa maternité. Depuis plus d’un an, cette maternité de niveau 1 cherche à recruter deux voire trois gynécologues, afin de se libérer des spécialistes intérimaires assurant les accouchements à des tarifs exorbitants. « Aujourd’hui, la gynécologie-obstétrique est une spécialité désertée », explique le Dr Pierre Garola, président de la communauté médicale de la clinique orthézienne »

    Ah! parcequ’en plus des 40 personnes il faudrait ajouter des spécialistes???
    Deux a trois spécialistes pour un accouchement par jour…
    Mon très cher bébé
    Pauvre France…

    • Vallet georges says:

      « Mon très cher bébé »
      Parce qu’un être vivant doit avoir un prix!!!!
      Voilà où en est rendu le corps humain, une marchandise!!!!!

  5. Orthez (suite)
    Le problème de base, incontournable: AUCUN médecin-accoucheur n’a accepté le poste en 18 mois. Alors il faut être lucide, comment garder une maternité?

  6. La question n’est pas combien cela coûte mais plutôt en quoi le déménagement sur Pau dans une méga usine à bébés de cette importante structure ferait des économies.
    A noter qu’Oloron ( la sœur jumelle d’Orthez) avait su passer le cap pour sa maternité avec l’appui de son ancien maire. De plus ces deux villes rentrent dans les clous avec environ 400 naissances par ans.

    la maternité est une médecine simple qui doit rester dans le territoire .c’est un enjeu très important de bonne gestion des dits territoires. Ce qui n’exclut pas une recherche de performance et de complémentarité pour les cas difficiles …

    Il est vrai que, traditionnellement, la gestion publique sur Orthez est plutôt défaillante.
    Comme le prévoit la nouvelle carte intercommunale le Béarn doit marcher sur ses trois pieds : Pau Oloron et Orthez ..et les oies seront bien gardées..et beaucoup d’oisons pourront courir dans le pré.

    • Posons le problème autrement. Comment justifier de la mobilisation de 40 personnes dont 14 sage-femmes pour s’assurer du geste le plus ancien au monde une fois par jour ou par nuit ? C’est l’autre mal français. Au lieu de prendre le problème avec pragmatisme, on se réfugie derrière du prêt à penser et à agir, à base de conventions et de normes, de particularisme local, de conquêtes sociales et de principe de précaution qui érigent l’exception en règle, au point que la seule réponse qui reste possible, c’est la fermeture complète d’un service que plus personne n’est capable de redimensionner.
      (Et ça ne fera guère que 400 mamans oloronaises qui regretteront qu’on n’ait pas construit une voie rapide entre Oloron et Pau…)

      • Helene Lafon says:

        +1… Et plus précisément, si on appliquait le principe de précaution aux enfants d’une famille, chaque enfant devrait avoir aux moins 3 pères et 3 mères…

      • Si je me rappelle bien il y a l’autoroute et même le TGV à Orthez et non à Oloron..comme quoi tout ne se résume pas à ces questions de route puisque la maternité d ‘Oloron roule parfaitement et que celle d’ Orthez est au bord du collapsus.

        D’accord avec vous pour simplifier les normes et faire preuve d’imagination…mais il parait tout de même plus simple de faire venir 2 obstétriciens de Pau que déménager plusieurs dizaines d’infirmières et obliger 400 orthéziennes à prendre la voiture voire l’ambulance pour accoucher à Pau.

        Il faut redescendre sur terre.Et Orthez comme Oloron sont des villes pleines de douceur de vivre ..Y naitre ne devraient pas être hors de portée …Et na ville de Pau et son hôpital n’ont rien à gagner dans l’affaire …

        • +1, PYC.
          Ces commentaires montrent bien que les intervenants sont des hommes qui ne se posent pas de questions de femmes. Juste des problèmes de coût, en y ajoutant la douceur des routes à soi-disant construire .

          Peyo :  » Le problème de base, incontournable: AUCUN médecin-accoucheur n’a accepté le poste en 18 mois »: pourquoi ? Parce qu’il y a pénurie de spécialistes, pénurie d’ophtalmos, de gynécos, de chirurgiens, d’anesthésistes, de médecins généralistes, d’infirmières, qui sait ?
          Moi, j’aurais écrit :  » Le problème de base, incontournable: AUCUN médecin-accoucheur n’a ETE TROUVE POUR le poste en 18 mois ».

          Alertez les bébés! : http://www.sudouest.fr/2014/09/12/maternite-d-orthez-un-delai-d-un-mois-pour-recruter-un-gynecologue-1669412-4329.php

          Après, la rationalisation du service appartient à celles et ceux qui le composent.

          • l'ours du bois says:

            alors la!!!!
            pil au VRAI problème…..
            numérus clausus pas mort;;;
            la suite dans dix ans, Je serais mort…. comme tout les praticiens en vie a ce jours (ou presque

            Plus un

    • « une méga usine à bébés de cette importante structure ferait des économies. »

      Rappelons que pour la maternité de Pau, il s’agirait d’accueillir chaque jour un petit oloronnais et un petit orthézien. Soit DEUX (2) bébés en plus des petits palois. Pas de quoi en faire une « méga-usine » à « usiner » dans un « stress terrifiant » des nouveaux-nés.
      Avec 1461 nouveaux-nés par an (dont 22% de césariennes) , l’ hopital de Pau est en dessous de la moyenne nationale qui est de 1494 accouchements par usine service

      http://www.journaldesfemmes.com/maman/maternite/hopital-de-pau/maternite-640000600!naissances

      • femmes du bassin de Lacq, du piémont oloronais, un seul mot d’ordre : faites en urgence des quintuplés ! mais accouchez au maximum le 25 décembre prochain, au risque que vos enfants ne naissent dans une étable ! (sans péridurale).
        Ouida et giddap !

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