Destruction de terres agricoles à Sauvagnon

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Bruscos

ZAC du Bruscos (photo La République)

La destruction de terres agricoles se poursuit dans le Nord de Pau. Après le projet de nouvelle route totalement inutile entre Sauvagnon et l’aéroport, c’est la ZAC du Bruscos qui va voir le jour.

La destruction de terres agricoles est pourtant dénoncée par tous les élus de toutes les strates de notre mille feuille, tous les agriculteurs, presque tous les citoyens et pourtant cela continue…

Qui sont donc les coupables? (réponses dans vos commentaires…)

Voilà donc une nouvelle ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) de 20 Ha qui va voir le jour. La République du 12/09/2014 nous en informe, mais son article mérite bien un éclairage complémentaire. Cette zone d’activité concerté rassemble toutes les tares possibles et imaginables et pourtant elle est passée au travers du parcours administratif… comment est-ce possible ?

Car cette zone se situe sur des terres agricoles de tout premier plan. La lande du Pont Long qui est une zone où les terres sont parmi les meilleures de France, susceptibles par exemple de produire le maïs sans irrigation. De plus, cette partie de la plaine était (un peu) protégée, réserve de chasse avec sa zone humide du Bruscos. Et ce n’est pas tout, au moment où l’on cherche à protéger la faune locale en créant des trames vertes qui permettront des déplacements, ce projet de ZAC est cité comme exemple de ce qu’il ne faut pas faire par l’AUDAP ( Agence d’Urbanisme Atlantique et Pyrénées) dans son étude fournie au Pays du Grand Pau pour l’élaboration du SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale ) En effet elle va fermer le seul passage existant entre la plaine de Sauvagnon et la lande du Pont Long.

Pire encore, le document de l’AUDAP : « Organisation des activités économiques et aménagement du territoire » du 23/3/2010 fait un inventaire de la situation des zones d’activité du Pays du Grand Pau.  Il existe 70 ZAE pour 1025 Ha, 32 projets à court et moyen terme, 150 Ha supplémentaires d’ici 2013, 413 Ha supplémentaires d’ici 2020 soit un rythme de création 2 à 3 fois plus élevé que le rythme de consommation et donc entre 24 et 30 ans d’avance !!!

Et ce n’est pas tout, ces chiffres ne tiennent pas compte des friches disponibles dans les zones d’activité actuelles.

Une étude récente faite par l’agglomération de Pau et dont les résultats ont été publiés dans La République indique qu’il existe sur l’agglomération 174 Ha de disponible ce qui correspond à 30 ans de consommation pour l’agglomération paloise selon Mme Laban Winograd !

Et que disent les agriculteurs concernés ?

« la CCLB a entamé dès 2010 des négociations avec les propriétaires fonciers pour acquérir les terrains. Un quart du périmètre a été acquis à l’amiable. Le reste des acquisitions s’opère actuellement par la voie d’une procédure d’expropriation. » (La République du 12/09/2014)

Vous avez dit Zone d’Aménagement Concerté ?

 par Daniel Sango

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14 commentaires

  • La CCLacq-Orthez vient d’annoncer l’ouverture de la ZAC « Eurolacq 2 » à Artix sur 29 Ha .
    Avec Eurolacq 1, le Bruscos, Thèze (Miossens Lanusse), Garlin et autres, les collectivités locales affichent leur détermination pour l’emploi.
    A noter que la première annonce d’implantation sur
    « Eurolacq 1 » concerne une grande surface commerciale (l’idée est de stopper l’évasion vers Lescar). Le redressement productif est donc bien en marche à Artix, comme ailleurs en Béarn…

  • Chaque collectivité veut développer sa ZAC en mettant en avant le développement économique de son secteur et donc l’emploi alors que de nos jours la localisation de l’emploi et du domicile est très souvent dissociée pour de multiples raisons.
    Les collectivités se livrent donc une concurrence forte en jouant principalement sur le prix des terrains et en conséquence font payer à leurs contribuables le déficit entre le prix d’achat et d’aménagement du terrain et le prix de vente car souvent ces terrains sont vendus en dessous de leur prix de revient.
    Une saine gestion des ZAC au niveau du pays du Grand PAU éviterait un gaspillage des deniers public et des terres agricoles car souvent les entreprises, avec raison, font jouer la concurrence mais s’agit t’il vraiment de concurrence quand c’est le contribuable qui en paye le prix.

  • On va pouvoir organiser une partie de chasse au liquide laissé par M Sauvagnac et sa bande.
    Et les chèvres seront confiées au Festin.
    Les paysans se trouvant cul-nul
    Quand à Oscar on va lui donner des leçons
    1 En Agriculture et Agronomie
    2- Dans l’ Industrie Servicielle
    3- Dans les services tout court
    Un siècle plus tard il n’ a toujours pas compris la base à savoir l’ interêt de ne pas tout concentrer au même endroit et fluidifier les territoires
    Pauvre France…..tu touches le fond..

  • Dans un article paru il y quelques semaines, M. Mimiague indiquait : « Nous avons de la chance d’être sur un territoire où il n’y a pas de friches industrielles. On est donc obligés de développer de nouvelles zones pour répondre aux besoins de place qu’ont les entreprises telles que la MAP (sous-traitance aéro). »
    L’article de la Rép du 12/09, indique : « Dès 2008-2009, une première étude socio-économique a fait apparaître un manque de terrains disponibles à venir sur les zones d’activité existantes. Cinq ans après, ce constat s’est avéré exact car la zone d’activité du Pont-Long est aujourd’hui entièrement commercialisée. —- . Le site retenu revêt une vocation économique depuis 1990, date du classement des terrains dans le document d’urbanisme de la commune de Sauvagnon. » CQFD.
    Dans SO du 05/01/2013, M. Mimiague demandait la création d’un pôle métropolitain béarnais.
    J’ajouterais que M. Mimiague représente les maires à la Commission Départementale de la Consommation de Terres Agricoles. C’est-à-dire qu’il est d’abord l’avocat de toutes les demandes des communes ; notamment des petites communes rurales qui ne sont pas des plus farouches à s’opposer à l’étalement urbain.
    Alors le Bruscos, voire le Pont-Long… Même la FDSEA en a fait son deuil. Quant aux friches, c’est dans l’agglo qu’elles se situent. De toute façon, cette situation résulte de la loi du marché et constitue le prix à payer pour faciliter la créativité.
    Par conséquent M. Mimiague a fait preuve de talent et de pragmatisme. Il a bâti une véritable polarité. Il a su profiter de la proximité de Pau tout en gardant son indépendance vis-à-vis de l’agglo. Il a rassuré les périphéries rurales. Il a même pu imposer à M. Bayrou sa candidature à la Vice-Présidence du Grand Pau.
    Un vrai poisson- pilote qui pourrait bien s’imaginer qu’un rémora peut diriger un requin.

    • Toute l’aberration de l’aménagement du territoire à la française est résumée dans ces quelques lignes.

    • Pour compléter le machiavelisme de nos élus, il faut rajouter que M Mimiague était Président du Pays du Grand Pau, en charge de l’élaboration du SCoT. Le SCoT est le document d’urbanisme au niveau du Pays du Grand Pau (pas encore signé) dans lequel les signataires jurent leurs grands dieux qu’il faut combattre l’étalement urbain, et dont les chiffres que je cite sont issus des documents techniques préparatoires…
      Il faut mettre en exergue la responsabilité de tous nos élus dans l’organisation territoriale actuelle qui voit le nord de Pau et son aéroport être rattaché a une improbable et fantômatique intercommunalité.
      Alors quand je les entends parler d’organisation avec Tarbes ou autre, il y a de quoi s’insurger de leurs mensonges et leur incompétence.

      • Ceci dit, il n’est pas complètement aberrant de concentrer les zones d’activité autour de l’aéroport .

      • Les élus sont quand même tranquilles. A part qqes réunions d’information, à ne surtout pas rater, car c’est pour le citoyen la seule façon de s’exprimer de manière visible et officielle, le citoyen n’a pas le droit de s’exprimer lors des séances du conseil municipal, du conseil départemental, du conseil régional… Alors, bien sûr, donner la parole à tout le monde serait temporellement impossible, mais cela sied bien aux politiciens.

  • Je ne peux qu’être d’accord tant je trouve indécent cet étalement d’entrepôts et autres surfaces de distribution autour de Pau, alors que certaines zones plus centrales sont en train de devenir des friches industrielles (induspal, Berlanne, ..)
    Toutefois, je ne suis pas d’accord avec Daniel sur un point : si on doit concentrer les zones de production pour mieux les valoriser et les gérer, et maintenir des surfaces agricoles, on doit bien les desservir, que ce soit par la route ou le fer. Il en va de leur efficacité et de l’attractivité de notre territoire.

  • « La destruction de terres agricoles est pourtant dénoncée par tous les élus de toutes les strates de notre mille feuille, tous les agriculteurs, presque tous les citoyens et pourtant cela continue… »
    Dénoncée mais en réalité tout le monde s’en fiche ou y trouve son compte. Les agriculteurs touchent le jackpot, les élus sont des grimaciers, les citoyens-consommateurs vont se jeter dans la prochaine grande surface de produits pas chers et de mauvaise qualité. La distribution prend un espace fou, celui-ci pourrait être divisé par 4 en faisant un magasin sur 4 niveaux (parking inclus). La question: oui ou non à l’étalement urbain ? ou plutôt, quel étalement urbain ?

    • Je crois qu’il faut faire la distinction entre 2 choses: les plans locaux de développement qui devraient favoriser un développement intelligent (qui est d’ordre local) et non anarchique et la densification de l’espace (qui est d’ordre national). Pourquoi pas un système de bonus-malus sur la densification de l’espace. Au niveau local, c’est toujours le même chantage à l’emploi. Une grande surface (par exemple) souhaite s’implanter à un certain endroit et fait savoir à l’élu du coin que s’il refuse, elle ira ailleurs et qu’il perdra une occasion de « créer » des emplois (« créer » étant un bien grand mot puisqu’il s’agit plutôt dans ce cas d’emplois déplacés…).

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