LGV : les dindons de la farce


schema_trois_lots_527Manuel Valls, accompagné de son secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, est venu récemment inaugurer le viaduc de la LGV sur la Dordogne, un ouvrage qui mettra Bordeaux à deux heures de Paris à partir de 2017. A cette occasion, les Toulousains ont appris avec satisfaction que la ligne Bordeaux – Toulouse était confirmée, avec une mise en service prévue en 2024, mettant ainsi la ville rose à 3 heures de la capitale.

Et  le sud de l’Aquitaine ? Rien ou pas grand-chose si ce n’est une desserte de Dax prévue dans l’enquête publique pour mise en service en 2028. Bayonne et Pau seraient-ils les dindons de la farce ? On rappelle que la communauté de communes de Pau et le conseil général des Pyrénées Atlantiques avaient, fin 2013, annoncé la suspension de leur financement au projet Tours-Bordeaux, en attendant des clarifications sur la desserte du sud de la région. Des clarifications qui ne viennent pas tandis qu’augmentent les incertitudes pour le Béarn et le Pays Basque. En effet, comment imaginer que Bordeaux étant à deux heures de Paris, Pau en reste à 5 heures ? Sommes-nous condamnés à l’éternel sous-développement ?

Pendant ce temps-là, le Président de la région aquitaine Alain Rousset s’entête à vouloir rouvrir la ligne de chemin de fer Oloron – Bedous pour un coût de 102 millions d’euro, payés intégralement par la région, et pour un trafic au plus de quelques dizaines de passagers par jour, et ce malgré l’opposition de nombreux élus de la vallée, bien plus inquiets par l’état calamiteux de la RN 134. Un curieux sens des priorités…

 

Par Emmanuel Pène – le 16 septembre 2014

twitter @epene64

Comments

  1. larouture says:

    Remettre en cause le projet de réhabilitation de la voie ferroviaire Oloron-Bedous revient à remettre en cause l’accord qui s’est négocié (monnayé) au niveau du Conseil Régional autour de ce projet.
    L’accord pour basculer sur un autre projet ne sera pas forcément automatique. Les autres Aquitains, comme les autres Béarnais ont aussi leurs priorités et les ressources diminuent. Au mieux, ils sauront encore monnayer un nouvel accord. Avec un dindon de la farce.
    Toute cette agitation n’est donc qu’à destination locale, en vue des prochaines élections.

    Une justification de ce projet ferroviaire est la limitation des gaz à effet de serres et les engagements des États ainsi que la réduction de la part du routier dans les transports. Ce projet a été élaboré dans une situation de croissance du prix de pétrole. Les contestations en cours s’appuient, entre autre, sur une situation où le prix du pétrole est raisonnable, ce qui rend les projets d’alternatives au routier moins attractifs.
    J’y vois une analogie avec la situation budgétaire de la France. Quand les recettes fiscales étaient au rendez-vous, il était toujours temps de faire des économies.

    • Il est regrettable que ce projet de réhabilitation de ligne ne s’inscrive pas dans un projet plus vaste de tourisme vert en vallée d’Aspe et en Aragon.
      Il y a une région formidable pour cela et le train, très pitoresque, devrait en être la colonne vertébrale.
      Avec bien sûr une interdiction des camions en vallée d’Aspe.

      • En ce qui concerne le tourisme vert, une… voie verte peut-être à la place de la ligne de chemin de fer. Celle-ci ne serait pas aussi fréquentée que Lourdes-Pierrefite, mais elle peut avoir du sens et le coût être supportable.

    • Il me semble que cet « accord régional » n’a pas de sens dans la mesure où il s’agit d’une problématique au minima France-Espagne, du fret ferroviaire.
      Quant au train touristique, ce serait un atout pour la vallée, certes, mais à quel prix !
      C’est un projet qui n’a tout simplement aucune chance d’être réalisé.

    • Laurent Virmoux says:

      Tout à fait d’accord avec toi, Emmanuel.
      La réhabilitation de la ligne ferroviaire Pau Canfranc, n’est qu’un cadeaux fait aux verts de ROUSSET.

      En effet, à l’heure des économies absolument indispensable, comment peut-on trouver sérieux d’investir 100 millions d’Euros, pour une ligne qui sera …déficitaire.

      On a pas fini de payer les gabegies de nos élus !

      • Emmanuel Pène says:

        Eh oui Laurent, c’est la république des cadeaux, magouilles et autres arrangements

        • Ce n’est pas un cadeau, c’est du cinéma… jusqu’à faire inscrire une ligne de 100 M€ dans le plan d’investissement régional. Rousset sait très bien que ce projet ne sera jamais réalisé. Le budget global a été évalué à 800 M€, il me semble, autant dire qu’il dépasserait allègrement le milliard d’euros, comme si cela allait sortir du chapeau ! Les « opposants » à ce dit-projet peuvent dormir tranquilles, tout comme ceux de la Traversée Centrale des Pyrénées.

  2. Il n’y a pas de dindons de la farce, tout ce qui se passe n’est que pure logique, et tout était parfaitement prévisible.
    La LGV arrive à peine à équilibrer ses coûts sur les grandes liaisons.
    Il n’y aura jamais de LGV dans un cul de sac et donc jamais à Pau

    Par contre, comme je l’ai toujours écrit depuis des années, la LGV arrivera à Dax puis sera reliée à l’Espagne. Quand? Peut être dans dix ans pour Dax, ou plus…

    La liaison de Pau vers Paris ou Bordeaux s’améliore et cela continuera.
    Ceci n’a jamais constitué d’ailleurs le moindre handicap.

    Quant au coût, il est normal que les PA et Pau participent puisque la situation va en s’améliorant. Pure logique là aussi.

    • De toutes façons, toutes les LGV au sud de Bordeaux, que ce soit vers Toulouse ou vers Dax/Bayonne, peuvent bien être confirmées par Valls et reconfirmées par Hollande, le président de RFF, ou le Pape, ça reste du vent intégral tant que les financements ne sont pas trouvés.

      Et vu la situation économique actuelle, et vu le temps qu’il a fallu pour trouver les financements pour la LGV Tours-Bordeaux alors que cette section sera plus rentable que ne le seront jamais les sections Bordeaux-Bayonne ou Bordeaux-Toulouse, les financements pour ces dernières ne sont pas prêts d’être trouvés.

      • Réaliste et libéral. C’est nouveau mais c’est bien. 🙂

      • Ca pousse, ça pousse quand même côté espagnol. Et l’Europe va devoir ouvrir des lignes de crédit supplémentaire sur les projets transfrontaliers si elle veut retrouver un minimum de sens. Je parle pour Perpignan-Montpellier (sur un axe à plus forte densité de traffic que Bordeaux-Irun, qui ne viendra probablement que bien plus tard), projet à dimension internationale, qui a le plus de sens parmi d’autres.

    • « La liaison de Pau vers Paris ou Bordeaux s’améliore et cela continuera. »
      Pas tout à fait, car la LGV Bordeaux -Dax, bien plus longue que la voie ferroviaire actuelle Bordeaux-Dax ne diminue pas le temps de trajet, avec de plus un arrêt à Mont de Marsan.
      Pour aller en TGV de Pau à Bordeaux en 35 minutes comme l’a promis Poulit, un gourou béarnais , il suffit de prendre le TGV à Mont de Marsan pour aller à Bordeaux.

  3. « En effet, comment imaginer que Bordeaux étant à deux heures de Paris, Pau en reste à 5 heures ? »
    En effet, Pau étant à 2h de Bx et Bx à 2h de Paris en 2017, on ne peut pas imaginer qu’on en reste à 5 heures !
    Plus sérieusement, Pau n’étant ni une grande ville, ni sur un grand axe, cette ville ne recevra pas de LGV. Elle peut par contre demander une desserte TGV plus fréquente ou connexion corail à Bx. Ce ne sera pas non plus le cas, pour des raisons géographiques, pour Clermont-Ferrand, Nice ou encore Limoges pourtant de taille plus importante. Mais nombre de politiques et autres édiles ne résistent pas au plaisir d’associer leur nom à un faux-projet prestigieux, puisque le bon peuple ne connaît pas les chiffres.
    Je croyais que le tronçon Oloron-Bedous avait été officiellement abandonné, de toutes manières, ce n’est que du cinéma. Rousset ira bien faire couper quelques ronces sur la voie à la veille d’une élection, s’il a besoin de la clientèle écolo, mais ça n’ira pas plus loin.

    • l'ours du bois says:

      Ce ne sera pas non plus le cas, pour des raisons géographiques, pour Clermont-Ferrand, Nice ou encore Limoges pourtant de taille plus importante.

      Limoges sera bientôt en aquitaine….
      Périgueux sera aussi en aquitaine……
      ne reste plus a ROUSSET de relier Pau a Limoges par Périgueux en TGV.

      Préemption des terrains construction de lignes;

      la ligne sera construite en 2150

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