La saga du Grobus: on change tout mais on fait la même chose

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Donc le Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) a désormais un tracé et un budget. 51 millions d’€ qui seront pour l’essentiel financés par le SMTU (94% du coût total).

Nicolas Patriarche a annoncé avec une satisfaction à peine voilée et en bon Raminagrobus, que la Ville de Pau économiserait grâce à la nouvelle définition du tracé urbain environ 14M€ par rapport au budget de l’équipe précédente. Donc en gros on fait la même chose pour moins cher en réduisant un peu le site propre de notre BHNS Place des Halles où il devra cohabiter avec les voitures si j’ai bien compris. Les riverains qui devront subir les travaux de rénovation des Halles échapperont donc à la restructuration simultanée de la voirie. Toujours ça de gagné.
En revanche, on attend encore de explications sur la légitimité de cet investissement et des prévisions honnêtes sur ses perspectives de trafic.
J’avais, dans une série d’articles, établi un certain nombre de faits à partir des données très partielles qui sont rendues disponibles par Idélis et qui tendent à rendre parfaitement inutile la réalisation de ce projet, même avec des perspectives de croissance du trafic très optimistes. Voir en particulier cet article

Il nous avait pourtant semblé lors de la campagne électorale que ce projet serait réexaminé à la lumière de son utilité réelle pour la ville face au coût de sa réalisation. Je n’avais pour ma part que peu d’ illusions cependant. Il n’en a aucune et personne n’est dupe des perspectives flamboyantes annoncées par le SMTU pour le justifier. Mais il a bien une fonction quand-même, équilibrer un trou sans fond dans le budget d’ Idelis. Et nous touchons là du doigt une des facettes d’un mal français dont on aurait pu espérer que les circonstances actuelles et le renouvellement des élus auraient permis qu’il soit au moins identifié avec franchise par celui qui ne se prive pas de les dénoncer au plan national.

Ce dont le SMTU avait réellement besoin, ce n’est pas du Grobus. Mais plutôt d’une copieuse augmentation du « versement transports » ponctionné sur les entreprises de l’agglomération et qui est passé de 1.05% à 1,8% de leur masse salariale. Soit un prélèvement supplémentaire de 12 millions d’ € par an sur les résultats des entreprises paloises. Autant de moins pour leur compétitivité si elles sont confrontées à la concurrence à l’export par exemple . Autant de plus qui sera ajouté, quand elles le pourront, dans leurs prix et qui sera donc payé par les consommateurs ou les budgets publics. Mais cette augmentation brutale n’était rendue possible du point de vue réglementaire que si notre agglomération s’engageait avec ferveur sur la voie du transport durable en site propre avant 2015. Les travaux commenceront donc en décembre, comme prévu. En y renonçant, le SMTU se serait retrouvé sans maillot de bain à marée basse. Une perspective insupportable pour ceux qui sont habitués aux eaux tourbeuses de l’économie mixte. A droite comme à gauche.

J’y vois une double illustration de notre inconséquence publique. D’une part des élus qui se pensent roublards en profitant de textes règlementaires qui leur donnent tout d’un coup les moyens de dissimuler la gestion calamiteuse d’un service public (sureffectifs, productivité lamentable, mafias syndicales) par une taxation discrète qui ne touche pas directement leurs électeurs. Et d’autre part un Etat obèse et omniprésent qui se mêle de fixer de manière centralisée une taxe à vocation locale (le versement transport) en l’assortissant de conditions aberrantes et qui ne sont applicables qu’aux grandes villes. Mais sans interdire aux plus petites d’en abuser.

Donc, nous sommes sauvés. Le SMTU pourra continuer à subventionner la gabegie d’ Idelis, à couvrir ses insondables deficits et sa gestion lamentable mais profitable pour Veolia et ses crocodiles. Il faudra auparavant dépenser inutilement 50 millions d’€ de plus. Mais promis, nous aurons un Grobus « haut de gamme », car désormais tout ce qui touche le centre ville doit l’être, ce qui réjouira les habitants de l’ Ousse des Bois enfin respectés et qui pourront donc aller en ville en carrosse..

En passant et sur la base du trafic actuel, ces 12 millions d’ € supplémentaires ne représentent « que » 3,55€ par voyage de plus. Une paille. Dans l’ancienne STAP, les subventions publiques s’élevaient à 1.6€ par passager…Les bus étaient aussi vides qu’aujourd’hui mais nettement moins « haut de gamme » c’est sûr.

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15 commentaires

  • Dans la Rep d’aujourd’hui. Monsieur le Maire indique au cours d’une réunion publique

    Au regard des financements du réseau de transport, l’équipe municipale se devait de respecter les délais. « Si nous avions trop attendu, précisait François Bayrou, nous aurions eu moins de subventions et c’est le contribuable qui aurait dû mettre de sa poche ». De fait, les travaux devraient débuter avant la fin de l’année.

    Dans le cas ou Monsieur le Maire nous prendrait pour des innocents, nous le renvoyons aux différentes explications sur le sujet du versement transports et des engagements pris à l’occasion de sa majoration parfaitement injustifiée face à ce projet. C’est formidable la politique. Ça permet de jouer sur les mots sans s’étendre trop sur les explications. Mais sur A@P on explique quand-même
    Certes, si le projet ne se fait pas, le contribuable devra mettre la main à la poche. Mais ce sera d’une part pour rembourser d’autres contribuables (les entreprises paloises) qui ont payé et continueront à le faire. Et d’autre part pour combler les déficits dûs à la mauvaise gestion de la Stap qui sonrt poussés sur le tapis grâce à la mane du versement transports
    http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2014/10/24/bus-a-tres-haut-niveau-de-service-une-ligne-sous-tension,1216608.php

    • Stricto sensu, les subventions dont parle FB sont celles de l’Etat. Le versement transport est une taxe, mais sans doute mélange t-il allègrement les deux.
      Une belle perle quand même, puisqu’il parle du contribuable local qui aurait dû payer à la place du contribuable national et des entreprises paloises.
      YU avait fait le même coût pour la médiathèque. Il fallait la construire absolument et vite, sinon, « on » aurait perdu la subvention de l’Etat.

      • Non, l’essentiel du financement est autonome et obtenu grâce au doublement du versement transports. Cette autorisation d’augmentation qui pouvait être comprise entre 0 et 0,8% de la masse salariale des entreprises de l’agglo, avait une en contrepartie un engagement de commencement des travaux avant la fin 2014. Evidemment s’il n’y a pas de BHNS, il n’y a pas de subventions non plus.
        L’augmentation du VT represente 12 millions par an. Il aurait suffi de ne l’augmenter que de moins de la moitié pour financer sans problèmes un projet de 50 millions d’€
        Ou va le reste ??

        • C’est vrai. Même si la subvention de l’Etat était de 40%, ça ferait 20 M€, comparés à 12 M€ x 30 ans = 360 M€. Le reste rogne les marges des entreprises pour aller dans une SEM opaque… Les transports en commun ne peuvent pas être rentables mais ils doivent être optimisés. Un moyen de remplir les bus est également un urbanisme concentré autour de pôles et au lieu d’être dispersé + des parkings relais.
          Mais bon, un politicien est un spécialiste en élections. Une fois élu, il gère (pour nombre d’entre eux) à la petite semaine et selon son humeur.

        • La piètre performance du réseau de bus (le taux de remplissage des bus) est la conséquence de l’étalement urbain. D’ailleurs, fallait-il agrandir le réseau de bus tel que qu’il l’a été ? N’est-ce pas un encouragement supplémentaire à l’étalement ?? Les zones d’activités auraient dû être concentrées autour d’un point central desservi par des bus. Ce n’est pas le cas et « on » a laissé faire n’importe quoi. De plus, on peut voir sur un terrain certains bâtiments de bureaux à 1 étage seulement, voir que le rez de chaussée + un parking voiture + un parc autour de cela, mais le pb est national.
          Comme dit Oscar, « le mal est fait ». Maintenant, on fait quoi ? On continue à alimenter un gouffre (ce qui sera le cas tant que la ville sera gérée par un roitelet) ? On ramène le réseau à ce qu’il était avant agrandissement ? On incite à la densification, comment ? On crée des pistes cyclables dignes de ce nom pour qu’une personne puisse se déplacer sans avoir besoin d’un char d’une tonne (parce que le bus, c’est foutu, trop cher dans ces conditions d’urbanisme). Pour certains qui habitent pas trop loin de leur lieu de travail, il est possible d’utiliser ce moyen de transport, en prenant du plaisir lorsqu’il fait beau et en serrant un peu les dents lorsqu’il pleut.

          • A noter que malgré tous les défauts que l’on peut trouver au BHNS palois, il a au moins vertu urbanistique : la réalisation concrète d’un site propre est un signal envoyé aux investisseurs immobiliers que la ligne est pérenne. Une ligne de bus classique peut être modifiée, supprimée, etc… C’est beaucoup moins probable une fois qu’un investissement a été fait pour créer un site propre. En gros la ville est censée se densifier le long d’une telle ligne (bien sûr à condition que la politique d’urbanisme suive!).
            Cet effet est bien sûr encore plus important avec une ligne de tramway.
            De ce point de vue, la décision de Bayrou de réduire les portions en site propre est un contresens.

          • Les pistes cyclables pourraient être ouvertes aux usagers de scooters électriques, voire thermiques, avec une limitation à 25 km/h, le vélo électrique étant déjà un intermédiaire entre le vélo et le scooter électrique. Evidemment, il faut qu’il y ait des amendes dissuasives possibles contre ceux qui rouleraient à des vitesse folles.

  • A lire dans Sud Ouest
    Ligne D du tramway de Bordeaux : le tribunal administratif invalide le projet.
    Le tribunal administratif a annulé les arrêtés préfectoraux portant les déclarations d’utilité publique de la ligne D du tramway et du tram-train de Blanquefort.

    Et pour Grobus (BHNS) tout aurait-il été fait dans les règles ?

    • Si je lis bien, dans le cas de Bordeaux l’enquête d’utilité publique avait pointé des lacunes dans le projet. Le tribunal a donc suivi le rapporteur public en donnant tort au préfet qui avait quand même signé la déclaration d’utilité publique.
      Il me semble que dans le cas de Pau, l’enquête d’utilité publique a été favorable, donc une contestation ne pourrait pas s’appuyer là-dessus.

  • Certes M. Bayrou a « compris » les palois. Mais la thèse cohérente que vous développez omet de considérer que la clé de toute cette problématique est la valeur du foncier.
    Le BHNS peut être vu comme une solution palliative pour réorganiser la ville, accroitre sa densité ainsi que son attractivité; C’est-à-dire tendre vers une ville d’au moins 90.000 habitants. (A noter aussi que la suppression du tracé par la rue Carnot peut signifier que ce secteur ne sera pas réhabilité avant longtemps).
    Evidemment toute solution palliative prête le flan à la critique (cf. l’exemple de bonnets rouges).
    Mais comment contourner les obstacles de la rétention foncière en agglo et du dumping en périphérie ? Ces pratiques ne sont-elles pas contraires aux principes du libéralisme ?

    • Pour être clair et répondre en même temps aux coups (bas) de Dudule qui me dépeint comme l’héritier direct des Frères Wright et de Léon Bollée, il n’est pas du tout dans mon intention de m’opposer en quoi que ce soit au transport collectif urbain. Ni à sa nécessaire amélioration pour plus de confort et de facilité d’utilisation.
      Mais à condition que celà se fasse dans la transparence et avec des objectifs quantifiables et vérifiables. Et pas à n’importe quel prix et en prenant prétexte d’une disposition règlementaire visant à favoriser le transport en site propre sur un axe nord-sud dont rien ne prouve qu’il est réellement justifié à Pau, pour venir combler des déficits d’exploitation considérables d’un réseau qui n’atteint pas ses objectifs et qui persiste à faire circuler sur de nombreuses lignes, des bus presque vides.

  • -Oscar a du talent, c’est à ça qu’on le reconnait. Son style souvent plaisant est toujours travaillé.
    -Mais Oscar prend des libertés avec les faits :
    « les bus étaient aussi vides qu’aujourd’hui… »
    Oscar ne prend pas le bus, il prend l’avion. Il est vrai que dans le bus de l’aéroport, le chauffeur manque souvent de compagnie. En revanche sur les lignes 1 (Auchan) et 3 (centre scientifique Total) quand Oscar écrit que les bus sont vides, sa myopie devient évidente.
    -Alors que toutes les villes essaient d’améliorer la vie des habitants de leur centre en favorisant le transport en commun, les pistes cyclables en limitant l’usage de la voiture, Oscar livre un combat d’arrière-garde : Faire le boulevard des Pyrénées en voiture, quel pied !
    Le credo instillé par Oscar est évident , « C’était mieux avant » , quand Fangio et Behra venaient tourner à Pau, quand Labarrère régnait sur la cité royale, quand….
    Finalement, il y a aussi du Zemour dans Oscar

  • Ca alors !! François Bayrou aurait-il instrumentalisé le « trambus » pendant sa campagne, en faisant croire qu’il était contre ? Je ne peux pas le croire…
    « Nicolas Patriarche a annoncé avec une satisfaction à peine voilée et en bon Raminagrobus, que la Ville de Pau économiserait grâce à la nouvelle définition du tracé urbain environ 14M€ par rapport au budget de l’équipe précédente. Donc en gros on fait la même chose pour moins cher en réduisant un peu le site propre de notre BHNS Place des Halles où il devra cohabiter avec les voitures si j’ai bien compris. Les riverains qui devront subir les travaux de rénovation des Halles échapperont donc à la restructuration simultanée de la voirie. Toujours ça de gagné. »
    Même pas, cher Oscar, même pas… Ces 14M€ correspondaient en gros à des travaux de voirie et de rénovation urbaine faits le long du tracé.
    Ces 14M€ sont donc maintenant sortis du dossier trambus, devenu grobus. Bien. Mais qui peut croire un instant que les abords des halles, la place Marguerite Laborde, la rue Carnot, etc, n’ont pas besoin d’être refaits et ne le seront pas dans les quelques années à venir ? Personne, évidemment : ces 14M€ seront dépensés, parce qu’il le faudra bien à un moment si on veut retrouver une ville qui ressemble à quelque chose.

    • Il y a sans doute une explication. Dès lors que le Grobus voit son site propre se réduire, pour moi à juste titre, la question de la légitimité du supplément de taxe imposé aux entreprises paloises au titre du versement transport se pose de plus en plus, avec le risque d’une action qui la contesterait. Alors on réduit un peu la voilure J ‘ai noté d’ailleurs que prudent, François Bayrou prévoyait éventuellement de consacrer pleinement au Grobus l ‘ Avenue Napoléon Bonaparte qu’il partagerait avec les vélos !! J ‘attends d’ailleurs avec impatience que FB nous fasse une démonstration dans le sens de la montée. Evidemment une ânerie de plus parfaitement inutile sur cette avenue fort peu fréquentée mais bien pratique, qui démontre s’il en était besoin que toute cette histoire a été montée de toutes pièces par Duchateau et la gestion précédente pour repeindre en tout neuf une Stap poussive et extrêmement mal gérée. Et que plus personne aujourd’hui n’ose revenir en arrière.
      C ‘est ce qu’on appelle une sortie par le haut..
      Rappelons les chiffres: 6 km de soit-disant BHNS pour 50 millions d’ €
      Sur la Cote Basque, le projet équivalent Chrono1 et 2 propose 24 km pour 140 millions d’ € financés avec la même contribution transports de 1.8%
      http://www.chrono1et2.fr/les-acteurs-du-projet/les-partenaires-financiers.html
      TROUVEZ L’ERREUR !!!

  • Que dit le Medef Béarn et Soule ? Rien pour ne pas se fâcher avec le maire de Pau ?
    Intéressant ces articles (Oscar, JB, DS et autres), mais y a t-il des réunions publiques d’information du maire, Président de la CDA, de la députée, des conseillers généraux et régionaux ou cours de laquelle un citoyen engagé peut s’ériger contre une aberration ? Si oui, il serait intéressant que les auteurs de ces articles et d’autres y participent. Un conseil, si je puis me permettre, n’employez pas la méthode douce, (j’ai donné) ça ne sert à rien avec ces personnages. Une seule chose, face à ces spécialistes de l’enfumage, les coincer et leur faire rendre gorge sans quoi toute remarque est balayée d’un coup de langue de bois et reléguée aux oubliettes.

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